Ben Affleck a utilisé l'intelligence artificielle dans Animals. Pas pour la musique. C'est la première chose à noter, parce que la rumeur va plus vite que les faits : rien, dans les déclarations d'Affleck ni dans l'annonce de Netflix, ne relie l'IA à la bande originale du film. Ce qu'il a dit est à la fois plus large et plus vague.

Ce qu'Affleck a dit, et ce qu'il n'a pas dit
À l'événement Screentime 2026 de Bloomberg, fin septembre, le réalisateur et acteur a reconnu avoir eu recours à l'IA "pour beaucoup de choses" dans son thriller Netflix. Il n'a pas précisé lesquelles. Montage, effets visuels, post-production, voix : aucune de ces pistes n'est confirmée par une source, et Affleck n'a pas détaillé les tâches concernées.
Sa ligne de défense tient en une formule : le film reste, selon lui, "très humain" malgré cet usage. Autrement dit, l'IA est présentée comme un outil parmi d'autres, pas comme une signature artistique.
Une sortie Netflix, le 9 octobre
Le film arrive sur la plateforme, et c'est Netflix France qui l'a annoncé : Animals, nouveau thriller de Ben Affleck, est daté au 9 octobre. Le pitch officiel tient en une phrase tendue : "Quand leur fils est enlevé, un candidat à la mairie de Los Angeles et sa femme sont prêts à tout pour le sauver. Mais à quel prix ?"
L'annonce ne mentionne ni IA, ni fenêtre en salles. À ce jour, aucune sortie en salle n'est confirmée : le film est attendu en streaming sur Netflix. Et comme il n'est pas encore disponible, il n'existe ni note critique ni avis spectateurs pour trancher sur le résultat.
InterPositive, l'autre pièce du dossier
L'usage de l'IA dans Animals ne se lit pas isolément. Plus tôt dans l'année 2026, Netflix a racheté InterPositive, la start-up d'IA d'Affleck, pour près de 600 millions de dollars selon les informations rapportées. Le montant exact circule dans la presse spécialisée sans être confirmé par une source financière officielle.

La logique est simple : quand une plateforme achète l'entreprise d'IA d'un cinéaste et distribue ensuite le film de ce même cinéaste, l'expérimentation n'est plus un accident de production. Elle s'inscrit dans une stratégie.
La musique, justement
C'est là que la prémisse initiale dérive. Parler d'un tournant pour la composition musicale au cinéma supposerait que l'IA ait écrit la partition d'Animals? Aucun élément ne le soutient : le crédit musical semble revenir à un compositeur humain, et rien n'indique que la musique du film ait été générée.
Le vrai tournant, tel que les faits le dessinent, est ailleurs : une star hollywoodienne assume publiquement un recours large à l'IA dans un film de studio, sans en détailler l'usage, pendant que la plateforme qui le diffuse vient de racheter sa start-up. C'est une bascule dans le discours et dans l'économie de la production, pas dans l'écriture musicale.
La confusion n'est pas anodine. Sur la musique, l'IA est déjà un terrain juridique miné, entre générateurs de chansons, clonage vocal et batailles de droits d'auteur - un dossier bien réel, mais distinct de ce que fait Affleck ici.
Ce qu'il faut retenir avant le 9 octobre
Animals débarque sur Netflix le 9 octobre, sans passage en salles annoncé. L'IA y a servi à "beaucoup de choses", selon son réalisateur, qui refuse d'en dire plus et insiste sur le caractère humain du film. La musique, elle, n'est pas concernée par ces déclarations.
La suite se jouera dans les crédits et dans les mois à venir : si les studios communiquent de moins en moins sur l'endroit exact où l'IA intervient, c'est peut-être là, dans le silence, que le tournant se mesure le mieux.