
Ce conte, écrit par Lewis Carroll en 1865, n'en est pas à sa première adaptation ! La petite curieuse est devenue un « monstre » de la littérature de jeunesse et a inspiré, inspire et inspirera des générations d'artistes pour des siècles et des siècles !
Le Révérend Dodgson était-il conscient de l'impact que son récit aurait dans les siècles suivants ? Ça, personne ne peut le supposer... Cela dit, la réponse devient évidente lorsqu'on se demande si Alice a eu un impact sur l'art contemporain. La réponse est bien sûr OUI ! Et pas qu'un petit oui...
Comme je le disais précédemment, Alice n'en est pas à sa première adaptation : de nombreux téléfilms, des films (dont celui de Disney), des chansons (cf les Beatles ou même Marilyn Manson...), des peintures, etc.
Sur quoi repose le succès d'Alice ?
Je ne peux, évidemment pas, entrer dans ce genre de discussion qui s'avèrerait extrêmement longue et intense. Quelques éléments de réponse cela dit : de l'humour, un monde imaginaire et fantastique, des personnages pas toujours attachants mais intéressants, des références que les enfants de l'ère victorienne comprenaient (les comptines, les poèmes, les personnages...) et que les enfants et adultes de tous les autres temps et pays se sont appropriés par extension tant leurs pouvoirs « magiques » sont forts, pas de morale lancinante et trop explicite, une héroïne assez « réaliste » qui permet une identification efficace... La liste est encore longue !
Cela posé, d'autres thèses, bien différentes, se sont greffées sur ce conte. Je ne vais pas les juger, chacun est libre de penser et réfléchir sur son livre préféré après tout !
Les champignons ingérés par Alice : sont-ils hallucinogènes ? Cela expliquerait-il le « pays des merveilles » ? L'emprise de l'opium sur Lewis Carroll, pour ne citer que deux articles que j'ai pu trouver...
Enfin bref, une œuvre riche qui ne cesse et ne cessera d'inspirer !

Ce que nous réserve Tim Burton
C'est l'un des, si ce n'est LE rendez-vous de l'année 2010. Tout le monde l'attend.
Mais à quoi s'attendre exactement ? Alice sera interprétée par Mia Wasikowska, le Chapelier fou par Johnny Depp (évidemment...) et Helena Bonham Carter s'occupera du rôle de la Reine Rouge.
Tout d'abord, mettons les choses au clair : la Reine Rouge EST un personnage inventé par Lewis Carroll. Ce n'est pas une invention made by Burton, non non non. Le personnage de la Reine Rouge apparaît dans De l'autre côté du miroir (Through the Looking-Glass), la suite des aventures d'Alice, écrite en 1871. Il en est de même pour la Reine Blanche (interprétée par Anne Hathaway), ainsi que pour Tweedle Dee et Tweedle Dum qui, si je m'en souviens bien, se livrent bataille De l'autre côté du miroir.
Cela étant, je ne saurais pas dire si le personnage de la Reine rouge correspond à la Reine rouge (une pièce d'échec de De l'autre côté du miroir) OU la Reine de cœur (d'Alice au pays des merveilles), car les deux sont... Rouges.
Enfin bref. Le Chat du Cheshire est bien sûr de la fête, comment l'oublier ? Enfin bref, les ingrédients sont là...

Une suite ou une réinterprétation ?
Eh oui, exit l'histoire originale de Carroll : Tim Burton recrée le conte. En vérité, ce n'est pas une adaptation au sens strict, dans la mesure où ce film est censé être une sorte de suite aux deux contes.
La bande annonce et les résumés que j'ai pu trouver le proclament : Tim Burton envisage une Alice âgée de 19 ans. Sa famille (très victorienne) la somme de se marier ; effrayée, la petite fille devenue jeune fille s'enfuirait pour retrouver le fameux Lapin Blanc pour retourner au Pays des Merveilles. Là-bas, elle apprend que, pendant son absence, la Reine rouge a pris le pouvoir, tyrannisant tous les habitants du Pays des Merveilles. C'est (bien sûr) à Alice, (le messie pratiquement) de rétablir l'ordre...
BON. SOIT. OK.
On ne peut malheureusement pas en dire de trop à l'heure qu'il est... Je ne peux pas d'ores et déjà critiquer de façon plus que virulente ce film que je n'ai bien sûr pas vu.
Cela dit, je dois dire qu'un tel scénario me laisse perplexe et assez pessimiste.
Premières impressions sur l'esthétique
Tout d'abord, et cela n'a pas vraiment de rapport avec le scénario, les images du film ne m'inspirent pas vraiment. Je trouve les décors assez resplendissants, tout à fait ce que j'imagine du Pays des Merveilles. Par contre, les personnages, eux, ne me disent rien du tout. Cette vision assez psychédélique d'Alice au pays des merveilles me laisse songeuse (c'est déjà ça).
Je dois dire que je n'aime pas la tête de Johnny Depp là-dedans : bon OK, le Chapelier EST fou, mais pourquoi a-t-il l'air d'un monstre radioactif ? Personnellement, je n'adhère pas du tout à une idée psychédélique du Wonderland... Je trouve assez déplacé de penser que les champignons d'Alice sont hallucinogènes et que de ce fait, tout le Wonderland soit déjanté, foufou et partiellement drogué ! Si on regarde la Reine rouge, elle a une tête énorme et est, pour le coup, monstrueuse. Bon la Reine de cœur ou la Reine rouge EST tyrannique et monstrueuse, mais je trouve que là, la métaphore va un peu loin. Même remarque pour Tweedle Dee et Tweedle Dum : deux œufs comme têtes et un corps-ballon. Bon... De ce que je vois des BA et affiches, le film ne m'a pas l'air « agréable à regarder ». Cette exubérance ne me plaît pas trop.
Connaissant un peu Tim (c'est un pote), cela ne m'étonne pas trop, lui qui semble aimer les mondes un peu noirs et déjantés. N'oublions PAS qu'Alice au pays des merveilles est, dans l'imaginaire collectif, un conte rempli à 89% de sexe (Alice est-elle si... innocente et sage ?), de violence et de folie... Cf mon ancien article sur AAPDM : des blogs entiers sont consacrés à cette nouvelle Alice qui soit tue le Lapin Blanc, soit se fait violer par le Chapelier fou, etc... Je jure que c'est vrai ! Et si j'ai cité Marilyn Manson, ce n'est pas pour rien : celui-ci a dans l'idée de réaliser un film sur ce sujet, alors là encore : à quoi s'attendre ?
Tout ça pour dire que connaissant un peu l'univers « Burtonien » ET l'imaginaire qui s'est greffé sur le conte,... Bah je ne peux que m'attendre à une nouvelle adaptation qui irait dans le sens d'un conte un peu perverti...
Après, je peux me tromper, et j'espère me tromper ! Mais au vu des résumés et BA, c'est ce que je ressens.
Eh puis bien sûr, créer une suite à Alice au pays des merveilles relève du défi : le conte est tellement populaire qu'une suite catastrophique serait parfaitement mal vue par le public.
Sur ce, je vous convie moi aussi le 7 avril...