
C'est Mac Brazel, un fermier, qui trouve par hasard, le 14 juin, lors d'une ronde, des débris à une petite dizaine de kilomètres de sa maison de ferme. Il revient sur les lieux le 3 ou 4 juillet, selon les dires, accompagné de sa femme et de ses deux enfants. Il observe alors sur place du caoutchouc, du papier métallique, du carton et des bâtons. Mais ce n'est qu'après avoir entendu parler des soucoupes dont avait parlé Kenneth Arnold qu'il se décide à aller témoigner de sa découverte au shérif de Roswell, George Wilcox, le 6 ou 7 juillet. Il qualifie alors sa trouvaille de disque volant.
Que s'est-il réellement passé à Roswell en 1947 ?
Le shérif George Wilcox contacte ensuite la Roswell Army Air Field. Le Major Jesse A. Marcel, travaillant pour l'armée de l'air, se rend sur les lieux du crash en compagnie de Mac Brazel. Ensemble, ils tentent de reconstituer les débris, puis le Major Jesse A. Marcel emporte le tout avec lui à Roswell.
Arrive ensuite une journée riche en événements. Le 8 juillet, le Pentagone envoie une équipe spéciale à Roswell et l'Armée dément la thèse d'un crash de vaisseau extraterrestre. En effet, n'ayant pas retrouvé de moteur ou de mécanisme de propulsion parmi les débris, cette hypothèse est écartée. En revanche, il se pourrait très bien selon l'Armée que l'engin retrouvé soit un ballon-sonde, lancé le 4 juin 1947 et jamais récupéré, d'après un rapport de recherche paru dans Skeptical Inquirer (janv/fév 95).
Alors que penser des matériaux retrouvés soi-disant extraordinaires, que l'on peut tordre en tous sens et qui reviennent à leur forme initiale ? De deux choses l'une : ou le Major Jesse A. Marcel a enjolivé les faits (mais reste encore le témoignage de Kenneth Arnold à expliquer), ou l'Armée tient à cacher un certain nombre de choses.
D'autant plus que ce même 8 juillet, Grady Barnett et quelques étudiants auraient trouvé les débris d'un second crash alors qu'ils effectuaient un relevé pour un prochain programme d'irrigation. Selon eux, il y avait même de petits corps d'êtres gris, ayant de grosses têtes et de grands yeux noirs. La Police Militaire s'empresse de camoufler l'affaire sous le motif de Sécurité Nationale.
Qui est l'entité EBE et quel est le Projet Sigma ?
On parlera d'autres éventuels crashs, comme ceux du 13 février et du 25 mars 1948 aux alentours d'Aztec au Nouveau-Mexique (on aurait retrouvé, paraît-il, parmi les débris de ce dernier 16 morts). Plus surprenant encore : en 1949, un crash survient aux alentours de Roswell avec 1 survivant. Un officier de l'Air Force l'aurait emmené à Los Alamos, lieu qui à l'époque abritait les installations les plus sûres des forces armées américaines.
Le survivant serait un humanoïde "reptiloïde", comprenant des caractéristiques propres aux insectes. On l'aurait nommé EBE (Extraterrestrial Biological Entity) et il proviendrait d'un système d'une étoile double. Sa planète serait désertique et son soleil aurait menacé de disparaître. EBE aurait lui-même dit que ceux de sa race rendaient visite à la Terre depuis 25 000 ans et qu'ils avaient des bases souterraines dans différents pays. Il aurait même parlé de la réincarnation et de la survie de l'âme.
Alors bien sûr, si pour certains la simple venue d'un extraterrestre sur notre Terre semble invraisemblable, la communication avec les "gris" semble encore plus saugrenue (et le discours sur la réincarnation pourrait être compris comme le remède à l'éternel mal-être de l'Homme quant à la mort). Sauf que cette communication aurait fait l'objet de recherches et d'un projet tout entier, parmi les nombreux projets de l'opération MAJESTIC 12 fondée en septembre 1947 par le président Truman. Le projet en question fut baptisé Projet SIGMA. En 1951, EBE serait tombé gravement malade et le 18 juin 1952, il meurt à Los Alamos pour un motif inconnu. Tout ce qui touche à EBE serait noté et rassemblé sous le code "Yellow Book".
L'autopsie de l'alien : une supercherie ou une réalité ?
Beaucoup plus tard, un nouvel événement retentit lorsque l'AFP annonce la projection d'un film provenant d'un ancien militaire de l'US-Air Force en avril 1995 à Londres. Le film serait une autopsie d'extraterrestre datant des crashs de Roswell. Autant dire qu'il attire bien vite la curiosité... puis les foudres. En effet, les journalistes parlent de supercherie ; si les actes semblent être authentiques, on remet cependant en cause le sujet. On dit bien vite qu'il s'agit en fait d'un enfant atteint de progéria, de polydactilie ou d'hydrocéphalie.
On dit aussi que le film ne daterait pas de la fin des années 40/débuts des années 50 car les images seraient trop nettes. Pourtant, dans une lettre, Kodak aurait reconnu que le film datait bien de cette époque. On dit également que normalement, les caméras qui filment les opérations sont fixes et non mobiles comme il en est question ici. Le corps ne correspondrait pas aux témoignages : les témoins parlent de 4 doigts à chacune des mains, le film en montre 6.
On peut également se questionner sur la provenance de ce film. Selon Nicolas Maillard, qui travaille dans la déclassification de documents officiels, le film aurait été filmé par un certain Jack Barnett et les droits revenaient à Bill Randle. Ce dernier les aurait vendus à Ray Santilli, celui-là même qui a diffusé le document.
Seulement voilà : l'identité du cameraman est trouble. Il existe bien un Jack Barnett qui vit en Floride, mais ce ne serait pas le "bon". Le vrai Jack Barnett serait mort en 1967 ou 1969 (encore selon les dires !!). Mais le cameraman, lui, est bien vivant ! Celui-ci aurait utilisé le nom de ce Jack Barnett pour se protéger.
Il y a un autre bémol de taille quant à cette autopsie : Philip Mantle dit avoir vu plusieurs fois le film, dont une fois en mars 1995, soit un mois avant sa projection officielle, et selon lui, il n'est pas question du même film ; en mars, le film était de mauvaise qualité, en noir et blanc et sans son. En avril, il revoit le film et le trouve très clair.
Stanton Friedman a enquêté et a conclu que cette autopsie était fausse : il remet aussi beaucoup en cause les propos de Philip Mantle. Certains affirment qu'il existe peut-être bien un film authentique mais que ce n'est pas celui qui a été rendu public. Le film serait maintenant en la possession de la CIA (organisation qui, d'après un rapport de William Cooper, ex-agent de la Naval Intelligence, et de George Segal, fut fondée entièrement pour dissimuler l'existence des extraterrestres).
Que faut-il conclure de l'affaire Roswell ?
L'histoire de l'autopsie aura finalement réussi à conforter les sceptiques. Car il y a pourtant bien des détails troublants dans cette affaire, bien au-delà de la folle médiatisation qui en fait une simple attraction touristique. Les témoignages disant avoir vu des corps d'êtres non-humains ou bien calcinés lors de crashs, ceux racontant les étranges visions qu'ils perçurent, d'engins allant à une vitesse incalculable, avec une lumière jamais vue et sans aucun bruit. De simples hallucinations ? Des découvertes non révélées par l'Armée de l'air à l'image du ballon-sonde ?
Et pourquoi le Pentagone lui-même envoie une équipe à Roswell ? Pourquoi la Police Militaire classe l'affaire Sécurité Nationale lorsqu'un groupe de gens prétend avoir vu des corps gisant apparemment suite à un crash et qui n'auraient rien d'humain ? Pourquoi ces questions restent sans réponse ? Sûrement sont-elles trop dérangeantes pour que les gouvernements veuillent nous cacher les réponses (qu'elles relèvent du terrestre ou de l'extraterrestre).
La médiatisation aura été bien regrettable dans cette affaire : les journalistes avides de scoops et les faux témoins l'ont complètement dénaturée. Peut-être est-ce pour cela qu'il vaudrait mieux laisser cette affaire de côté et passer à des témoignages qui vaudraient peut-être plus la peine d'être pris en compte.
Car il semble que certaines personnes aient réellement vu des êtres, peut-être pas extraterrestres pour ne pas choquer les plus réticents, mais du moins ne ressemblant en rien à tout ce que l'on a pu voir jusqu'à maintenant. Si les témoins des crashs relatifs à Roswell ne semblent avoir vu que des petits gris morts, exception faite d'EBE, d'autres les auraient vus vivants. C'est ce qui m'amènera à prochainement vous proposer un article sur Filiberto Caponi, un italien qui aurait eu la chance d'observer plusieurs fois une créature, photos à l'appui.