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Papa Noël a bien evolué...

Une analyse satirique et impertinente de l'évolution du Père Noël : des jouets high-tech au marketing agressif, plongée acide dans notre société de consommation.

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Ahh, Noël, cette belle tradition visant à faire croire à de joyeux bambins que le gentil Père Noël va leur apporter de nombreux et beaux cadeaux car ils ont été sages toute l'année. Derrière cette magnifique image niaise et puérile de « l'âge de l'insouciance », tout le monde sait que le Père Noël est une magnifique excuse pour les parents afin d'éviter d'avoir à avouer la vérité : « Putain, on est fauché à cause de toi, petit con !! »

Mais derrière cette belle fête de Noël, censée célébrer la naissance de Jésus — qui est, qui plus est, né aux alentours du 6 avril plutôt que du 25 décembre, mais bon... — se cache la plus sombre des corruptions et industries... MUAHAHAHA... (au passage, je précise que je suis totalement athée et que je ne ferai donc aucun favoritisme envers telle ou telle religion).

L'évolution du Père Noël à travers le temps

« Petit papa Noël, quand tu descendras du ciel, avec tes joujoux par milliers, n'oublie pas mon petit soulier... » Qui n'a jamais entendu cette désormais légendaire mélodie que les jeunes chantaient en chœur dans la cour de récréation ? Qui n'a jamais rêvé de voir Papa Noël descendre de la cheminée pour déposer les cadeaux au pied du sapin ? Qui n'a pas déjà préparé un petit verre de vin avec un biscuit sur la table pour le Père Noël, juste avant d'aller accrocher sa chaussette pointure 84 à la cheminée, puis aller se coucher ?

Oui mais voilà : aujourd'hui, la tradition semble bien avoir changé, j'irais même jusqu'à dire (ouais carrément !!!) qu'elle se perd. Les gens changent, les mœurs aussi, et les petits ont bien évolué...

En effet, il semblerait que la jeunesse ait une mentalité particulièrement évolutive, et parfois même, semble être raccordée à l'actualité... Les chants de Noël se démodent, les jouets évoluent, le Père Noël vieillit, et George W. Bush bombarde l'Irak. Ainsi va la vie, n'est-ce pas ?

Bref, récapitulons certaines évolutions de cette magnifique tradition :

  • Aujourd'hui, le Père Noël ne descend plus par la cheminée pour mettre les cadeaux au pied du sapin. Désolé de vous décevoir : les HLM ne possèdent pas de cheminées... De plus, il en avait marre du pitbull sans muselière qui lui déchirait le cul à grands coups de canines, croyant que ce vieux monsieur à la barbe blanche était l'ancien locataire venant réclamer le loyer...

  • Les jolis cadeaux n'ont pas réchappé à cette évolution : là où nos parents demandaient un camion de pompier rouge avec une grande échelle (pour la somme dérisoire de 10 balles) pour aller sauver la Barbie de sa sœur, les petits d'aujourd'hui envoient un mail au Père Noël pour lui exiger le nouveau robot de la destruction de la mort qui tue, avec double canon photonique... Ou bien la nouvelle poupée de terroriste taliban, avec en exclusivité tout son attirail de combat anti-américain ! (pour la modique somme de 199,99 $).

Pour ce qui est des filles, nous sommes passés de la banale poupée à bras et tête articulés, munie d'une fente au niveau de la... bouche (pervers...) pour y insérer une tétine, à la poupée à alimentation nucléaire, thermo-formée, douée de parole, marchant, dansant, faisant la cuisine, le café, avec certains bonus intéressants, tels que la capacité à péter et roter à tout va quand bon lui semble... (ce qui n'est pas pour plaire aux parents, qui ne savent plus à qui ils doivent coller des torgnoles...).

  • Quant aux chants de Noël, ils ressemblent désormais plutôt à : « Petit papa Noël, quand tu sortiras de la cheminée, t'as intérêt à avoir mon FAMAS 5.56 F1 pour de vrai, sinon j'te jure, je vais t'déchirer. »

  • Et pour finir, Nike et Adidas ne font pas de chaussettes pointure 84, donc on oublie la chaussette sur le radiateur de l'appart...

Le marketing : le vrai père de Noël

Le Père Noël, et son immense usine de jouets en tout genre, lieu où il fabrique lui-même les PlayStation qu'il apportera aux petits enfants le 25, avec ses lutins pour l'aider... Et bien non monsieur, ceci aussi n'existe plus dans les esprits des enfants.

La preuve, c'est que quand on leur pose la question : « Et où est-ce qu'il les fabrique tous ces jouets le Père Noël, mon petit ? » les enfants répondent négligemment :

« Le Père Noël, ben il achète les cadeats à Carrefour, et même qu'il dispose d'une réduction de -10 % sur les boîtes de Tonneaux Breton, et même qu'il a la carte Leclerc, et qu'après, ben il charge tous les jouets dans sa nouvelle Renault Modus, et il va les distribuer par le biais de ©TNT (\"TNT, Partenaire Officiel du Père Noël\" => vu sur TF1). »

En même temps, même le Père Noël a le droit d'évoluer me direz-vous...

Bref, pas la peine de le nier, le père de Noël (va vraiment falloir qu'on me le trouve celui-là...) est une machine de consommation de la société moderne !

Pourquoi les Pères Noël se multiplient dans les grands magasins

À Noël, les Pères Noël se multiplient. On ne peut plus tourner la tête sans sentir le regard de l'un d'eux posé sur vous, tel une menace croissante au cœur d'une société de consommation où personne ne veut plus consommer pour mieux assurer sa retraite par épargne (putain de cours de SES à la con, ça pollue...).

Franchement : quelle grande surface n'a pas son Père Noël ? Aucune, et c'est normal : qui dit Père Noël dit jouets, dit gosse qui braille, dit parents qui se tirent une balle après avoir acheté la dernière console high-tech de Nintendo...

Il est temps de donner un exemple du clonage de masse de Père Noël :

Il y a quelques jours, alors que j'achetais une boîte de Tonneaux Breton à -10 % à Carrefour, je vis le Père Noël en train de faire le travail terrible du « bisou à la chaîne » : en effet, ce travail consiste à installer Papa Noël sur une chaise en carton-pâte dorée, entouré de coton synthétique reproduisant la neige, planter un sapin dans le carrelage du hall, emballer 3 boîtes de carton vide avec du papier cadeau rouge, et faire passer les enfants devant Papa Noël, qui leur fera un bisou, leur demandera s'ils ont été sages cette année (d'ailleurs, quelle que soit la réponse, il répondra « c'est bien mon enfant, voici ta récompense... »), et leur offrira une boîte de Tonneaux Breton à -10 %, avant de les renvoyer dans les bras de leurs parents...

Devant tant de tendresse, je sentis mon âme d'enfant renaître, et décidai donc de faire la queue pour voir Papa Noël ! Lorsque mon tour vint, Papa Noël me dit tout bas gentiment à l'oreille : « Écoute-moi bien grand con, je joue mon job, alors tu dégages et tu fermes ta gueule sinon je te * »... En effet, Papa Noël a bien changé avec tout ce temps (néanmoins, j'y ai gagné une deuxième boîte de Tonneaux Breton à -10 % moi !)

Je décidai donc de sortir, lorsque je vis, stupéfait, le Père Noël avec son sac dans le dos, tentant d'escalader le bâtiment de la « Banque Populaire », pointé férocement par de vilains policiers en bas, devant le regard ébahi de jeunes spectateurs, déchirés entre le conflit de leurs deux idoles : Papa Noël et messieurs les policiers... Choqué par ce spectacle, je cours, perdu au milieu de ce monde de fous, avant de m'arrêter devant... Un Papa Noël brandissant un carton « 1 euro pour manger »... Suite à cette ultime rencontre, je décidai alors de me pendre emballé dans du papier cadeau rouge et blanc à l'aide de la guirlande de mon sapin.

Mais Noël, ce n'est pas seulement son Père, c'est aussi les retrouvailles, la bouffe, l'amour, la bouffe, le bonheur, la bouffe, le sourire des enfants, la bouffe, et autres événements très importants, tels que bouffer la dinde aux marrons de mamie...

Noël et les inégalités sociales à travers les cadeaux

C'est bien connu, Noël, c'est l'occasion de faire plaisir aux autres en offrant des cadeaux. Là encore, on peut observer une évolution notable des mœurs : les cadeaux, avant, se résumaient à une orange et un dessert après le souper.

Aujourd'hui, les cadeaux dépendent de la classe sociale des parents et de leurs catégories socio-professionnelles : pour parler plus clairement, la quantité d'oseille quoi !!

En effet, là où le gamin d'un ouvrier à la chaîne chez Renault dira à ses copains qu'il a eu le dernier « Action Man » pour son Noël, le fils du directeur de Carrefour lui, dira qu'il a eu la toute dernière console à accélérateur graphique protonique, et une boîte de Tonneaux Breton à -10 %...

Le pauvre gamin, fils d'ouvrier, ne comprendra donc pas pourquoi Papa Noël a donné mieux à ce garçon, et moins à lui... Ce qui ramène à une certaine forme de discrimination et de différenciation envers certaines familles, qui n'ont pas le même statut social que l'autre famille, dont les parents ont été classés dans la catégorie « cadres et professions intellectuellement supérieures » par l'INSEE.

Conclusion sur l'évolution de Noël

Pour récapituler, je dirais que le Père Noël est aujourd'hui un vieil homme persécuté, contraint à faire le travail du « bisou à la chaîne », à dévaliser des banques, et à mendier pour pouvoir acheter des boîtes de Tonneaux Breton à -10 % chez Carrefour, ainsi que des cadeaux pour les enfants, en les choisissant selon la liste officielle du classement des catégories socio-professionnelles de l'INSEE...

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kyuden
kyuden @kyuden
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