Image 1
Buzz

Les trois maris de FATOU...

Fatou mène une triple vie avec trois amants : un haut fonctionnaire, un commerçant et un étudiant. Quand une visite inattendue provoque une scène de cachettes hilarante, son secret risque d'éclater au grand jour.

As-tu aimé cet article ?

Image 1
Image 1

Un philosophe bien connu, Descartes, déclarait : « Le bon sens est la chose la mieux partagée au monde. » C'est vrai, mais les événements de la vie courante nous font croire qu'au-delà du bon sens, il y a la haine, les injures, l'argent, la misère et surtout le sexe.

Fatou fait partie de cette catégorie de femmes photogéniques, sensuelles, à la poitrine généreuse, qui font rêver plus d'un. Pour son frère Soulémane, un « camion de Fatou » suffirait à effacer de nos mœurs la pédérastie. Quelle vertu thérapeutique !

Toujours est-il que Fatou — Fatou de Paris ou miss Fatou, selon le degré d'acculturation des uns et des autres —, convoitée à longueur de journée, finit par céder non pas aux avances d'un seul homme, mais de trois, à qui elle jurait fidélité. Le premier, monsieur Gaston Abdoulaye, est un haut cadre de la fonction publique ; le second, Salifou, est un commerçant ; et Bill, le dernier, plutôt beau garçon, est un étudiant. Si Abdoulaye et Salifou ignorent tout des fréquentations peu orthodoxes de Fatou, Bill, le favori de la jeune dame, est au courant de sa liaison avec M. Abdoulaye.

Désormais, Fatou la caissière procède au blanchiment d'importantes sommes d'argent proportionnelles à la bourse des différents « sponsors ». C'est le moins qu'on puisse dire. Le plus difficile pour elle, c'est de calmer l'ardeur des pulsions sexuelles de ces messieurs qui en demandent davantage au fil des jours. Aussi Fatou a-t-elle l'air plutôt comblée, sinon accablée d'un emploi du temps fort chargé. Elle ne procure qu'endettement et jouissance à ces trois « aveugles » jusqu'au jour où une scène digne de la plus drôle des comédies françaises se produisit chez elle.

En effet, arrivé la veille, Abdoulaye (le haut cadre) quitta de bonne heure sa « fiancée » pour de longs mois. À peine sorti, la jeune fille appela un de ses amants ; Bill accourut sans plus tarder en se disant : « Quand va-t-elle enfin se débarrasser de cet aristocrate gênant ? » Seulement, deux heures après que ce dernier fut arrivé, Fatou reconnut le ronflement de la moto de Salifou, le brave commerçant qui avait pris l'habitude de lui rendre des visites inopinées. Pour ne pas irriter le courroux de Bill, elle fit passer le nouveau venu pour l'amant que Bill connaît pour en avoir entendu parler.

— Kaye ! s'exclama-t-elle. C'est sûrement Abdoulaye. Il a dû oublier quelque chose. Pose ce grand panier près de la porte centrale et cache-toi dedans. Il ne se doutera de rien et il te sera facile de t'échapper au cas où...

Bill exécute sans plus tarder. C'est ainsi que, pour éviter toute indiscrétion, Fatou prétexta un malaise et invita aussitôt son hôte à la rejoindre dans sa chambre. Pendant qu'ils y sont, la voiture d'Abdoulaye — le vrai, cette fois — se gare devant la maisonnette. Fatou reconnut les pas de celui-ci dans la véranda. L'heure est à l'improvisation ! Nos jeunes tourtereaux quittent la chambre pour attendre l'entrée du Boss qui n'hésite pas à s'interroger sur la présence douteuse de Salifou :

— Qui c'est celui-là ? demande-t-il à Fatou. À peine suis-je sorti que des gens s'introduisent chez moi ?!

— C'est mon cousin Ali qui vient d'arriver du village, explique-t-elle. Voilà même le grand panier qu'il a apporté.

Abdoulaye n'est certes pas de bonne humeur pour avoir manqué son vol, mais aussi, il est jaloux et se méfie des fréquentations de Fatou : « Sortez de chez moi, tonne-t-il, et emportez avec vous ce sac à merde. Je sais pas ce que vous faites en ville ! L'air du village est pourtant si frais et les terres si fertiles là-bas... » Salifou pose délicatement la cachette de Bill sur sa tête et sort en murmurant : « Qu'est-ce que c'est lourd ! »

S'étant ravisé, Abdoulaye rappelle son « cousin » pour lui filer du pognon pour son transport. C'est alors qu'une voix sourde s'élève de son soi-disant panier, lui conseillant ceci : « Si tu veux rentrer chez la Fatou aux trois maris là, dépose-moi d'abord ! »

Je déteste écrire cowboys au féminin, encore moins fréquenter les amazones.

As-tu aimé cet article ?
ddnat@france-jeunes.net
11 articles 0 abonnés

Commentaires (0)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...