
L'arc-en-ciel de mes émotions
Le bleu du ciel — La légèreté de certaines journées qui filent comme le vent caresse les voiles d'un bateau.
Le bleu marine — La profondeur de l'océan, l'inaccessibilité de mon vrai moi qui se refuse à éclater, ou ne serait-ce qu'à se montrer bien souvent, bien trop souvent.
L'ocre, le bordeaux — La douleur assainie, le sang qui fait mal mais qui se répand gracieusement comme une vague de peinture froide mais belle.
Le mandarine — La fraîcheur et l'éclat, la joie qui parfume les petits moments de bonheur, celle qui enivre le cœur, l'espace d'un instant, instant de vie, d'enfance, d'insouciance.
Le jaune — L'intensité de la flamme, la couleur exacte de mon amour... Perdu. La couleur du Soleil qui éclairait mes nuits...
Le vert-de-gris — Ma couleur préférée. Pourquoi ? Aucune idée. C'est la couleur du métal qui vieillit, du froid qui se fait tendre, la couleur des ténèbres qui s'oxygènent, de la vie qui emprunte la couche de la mort, la couleur des rêves qui sommeillent encore, la couleur du désir cherchant un dehors...
Le vert pomme — Un peu comme la mandarine, c'est la virginité, l'innocence et la naïveté. Tout il est beau tout il est gentil, le monde sourit et en moi il vit, aussi.
Le gris — Le gris est le blanc et le noir ; non, le blanc et le noir sont gris. La couleur de la tristesse mais aussi de la pureté, la couleur des belles photographies et des souvenirs soyeux, la couleur de mes songes et celle des maux qui me rongent, la couleur la plus ambiguë, celle des paradoxes, la couleur qui définit tout et qui dans ses nuances peut représenter toutes les autres... En monochrome.
Voici les couleurs de ma vie : il y a le bleu, le jaune et le rouge, les couleurs primaires. Mon âme a ainsi le potentiel pour créer toutes les couleurs... Que l'arc-en-ciel s'étoffe et se répande un peu plus sous ma voûte étoilée...
[les goûts et les couleurs]...
La nuit, miroir de l'âme
Je me suis rendu compte que j'écris toujours la nuit mais jamais sur la nuit, c'est étrange ; peut-être me fait-elle peur, peut-être me tient-elle trop bien à la gorge pour que je la dévoile...
La nuit, la route est plus longue. La nuit, les chats sont gris. La nuit, la fraîcheur est la bienvenue. La nuit, il fait jour quelque part. La nuit, la musique est plus douce. La nuit, la fête est plus engageante. La nuit, les baisers sont plus sucrés. La nuit, les mots sont plus tendres. La nuit, la violence est plus lâche. La nuit, le jour est plus désiré. La nuit, les rêves naissent. La nuit, les cauchemars blessent. La nuit, la nuit se tait.
La nuit est une petite fille, les étoiles sont sa famille. La nuit sautille et virevolte dans sa cour ; le ciel est témoin de sa gaieté, de la prestance de ses jeux enfantins. La lune, délicieuse fée de lumière, peint les songes de la nuit. Les yeux tournés vers les astres en restent ébahis. Parfois le pinceau dérape, une étoile file vers le cimetière des étoiles, là-bas très loin dans l'univers. Les hommes font un vœu, lui souhaitent de retrouver une autre nuit, pour jouer avec elle aussi, avant de s'éteindre. La nuit nous protège, jette le voile de sa douceur sur les toits de nos âmes comme un pêcheur lancerait son filet sur ses poissons. Poisson lune, pâleur de rune, la nuit est là, vit et s'en va.
L'aurore la suit, parfois la remercie, la lune s'attarde encore un peu, elle n'aime pas être celle à qui on dit au revoir. Les nuages disent maintenant bonjour aux étoiles qui, elles, préfèrent se dissimuler derrière le rideau bleuet du matin.
La nuit est finie, elle me manque déjà...
[Elle ne nuit pas à la santé au moins...]
Quand le rêve devient cauchemar
On m'avait dit que les rêves étaient beaux, qu'ils disaient de beaux mots.
Je l'ai cru.
On m'avait dit que le temps était court, qu'il rendait l'âme à l'amour.
Je l'ai cru.
On ne m'avait pas dit ce que le rêve de cauchemar était.
Là, dans ses bras, son visage qui sourit. Des mots tendres, des pensées d'amande. Un éclair, une trêve.
L'instant d'après, le bain saumâtre, l'eau ocre, le pas lys, sang. La mort qui te regarde, tes yeux qui se détournent de toi.
On ne m'avait pas dit que le rêve de cauchemar durait, que toutes les nuits, la rivière de ta vie coule et s'enfonce dans le puits.
On ne m'avait pas dit et j'ai décru.
Difficile à comprendre sans vivre ces nuits d'angoisses. Le mieux est de ne pas avoir à comprendre...
Que la vie me surprenne, que l'automne revienne.