
7h48 : Je viens de me taper 10 minutes de marche, et j'arrive enfin devant les portes de mon collège. Smouick, smouack, smock, et tout le reste, ce sont les bises baveuses du matin, je dois bien en faire une bonne quarantaine.
Arrivée au collège et sport d'endurance
8h00 : Sonnerie stridente et vieille comme le monde. On voudrait bien discuter encore 2 minutes avec ses copines, à se raconter le dernier texto d'untel ou du week-end, mais déjà les pions attaquent. Deux ou trois se chargent de circuler dans la cour pour pousser les gueulantes habituelles : « RANGEZ-VOUS LÀ !! ALLEZ, C'EST FINI LA DISCUSSION ! IL FAUT QUE JE VOUS PRENNE VOS CARNETS OU QUOI !! ??? »
Et bien sûr, on commence par le sport, endurance. Le plus beau sport de la terre. Boooh allez, juste deux heures d'endurance, hein, on est jeunes, beaux et endurants après tout !
Allez, on prend le bus. Silence mortel.
On arrive tels des grands sportifs sur l'herbe encore mouillée. Et là, il y a les moustiques qui n'attendaient que ça. Chacun a (au moins) 20 moustiques collés à sa tête, ses bras, son dos, etc. Il y en a de temps en temps qui prennent des baffes, ils ne comprennent pas, mais on dit : « Mais tu avais un moustique ! »
(je suis sûre qu'il y en a qui doivent bien en profiter, pas vrai ?)
Et là je ne vous fais pas un dessin, on court, on court, et on court. Il y a toujours la petite crise d'asthme, le petit vomi ou encore la cheville foulée. Allez, 2 à l'infirmerie. Et le prof impitoyable : « Mais ce n'est pas grave, c'est simulé... »
9h45 : Ahhh, délivrance ! Enfin le bus. Manque de chance, c'est juste celui où il n'y a pas de place assise... Dommage, on est 70. Collés les uns aux autres, à chaque virage le bus manque de faire un tonneau, la buée commence à venir sur les vitres, et ça sent bon le chien mouillé.
10h05 : On arrive juste à la sonnerie ! Vite on boit, on fait pipi popo, on traverse la cour histoire de chercher un banc de libre, entre temps on fait 4 ou 5 bises qu'on aurait oubliées le matin. Juste le temps de poser nos postérieurs sur le banc, que... ça sonne. On se range pour aller en physique.
Le cours de physique : interrogation surprise
Là, on attend, tiens c'est super, la prof est en retard.
Quand tout à coup, le sol se met à trembler : la prof de physique qui court les 100 mètres. Naaaooon pas ça !!! Mettez vos casques ! Éboulement !
10h11 : On entend les mouches voler. On sait très bien que la prof va interroger ceux du début de la liste (ouf !), donc ceux qui n'ont pas appris leurs phrases, aïe.
« LA DÉFINITION DE LA VITESSE ! LA DÉFINITION DE LA TRAJECTOIRE !! » ça coupe le silence, net. Avec la bonne voix bien aiguë.
Après 5, 6 ou 10 zéros, enfin il y a un élève qui a appris comme il pouvait et qui peut avoir un point (la prof note tout sur 1 et à la fin ça fait une note sur 10, évidemment). Tiens, c'est quand même bizarre, voyons, on ne peut pas remettre en cause la prof qui enseigne depuis 10 ans à ce collège, et comme par hasard, c'est normal s'il n'y en a que 3 sur 400 qui chaque année ont la moyenne... Ce sont les élèves qui sont nuls, pas la prof.
Sinon pendant qu'elle s'embrouille avec tous ses calculs que personne n'écoute, on remarque que c'est toujours la même jupe qu'elle porte, oui celle avec les fleurs vertes. Et on repense aux anciens qui nous disaient qu'ils avaient collé un chewing-gum sur sa jupe, et que deux semaines après, il y était encore...
Le contrôle de flûte en musique
11h05 : Après 3 zéros dans le même cours, place à la musique. C'est bien la musique, on va me dire. C'est cool, relax, il ne faut pas bosser. Et ben nan, tout faux. Aujourd'hui il y a contrôle de flûte (et de chant). Alors bon il y a toujours le prof frimeur qui s'la joue, encore un jeune de 30 ans qui croit que tout lui est dû, qui nous appelle affectueusement « mes très chers enfants » ou qui ne manque pas de nous dire qu'à notre âge, on n'est que des légumes. Merci monsieur.
Ensuite le prof dicte à la malheureuse Marion les 500 lignes qu'elle doit copier pour oubli de flûte : « J'aime schtroumpfer de la salsepareille avec mes amis bleus les Schtroumpfs, oh qu'ils sont gentils mes amis. »
Vous me direz, j'exagère. Pas du tout. Et encore cette phrase ce n'est pas une des pires. Donc après cela, qui a bien duré 10 bonnes minutes, on en revient au contrôle. Le prof sort sa graaaande règle jaune (qu'il a appelée Justine) et la fait tourner. Elle tourne, tourne... elle ralentit de plus en plus, et là elle s'arrête sur... moi. Le prof, content que ce soit (juste) moi, me dit d'un air sadique : « Ahhhh... Mlle * (je ne dis pas mon nom lol) »
Toujours avec mon air de « encore moi ! c'est pas possible ! », je me traîne jusqu'à devant son bureau.
« Ooooooh Happy day ! OOOhhh Haaaappppypypypypyp daaayYyayaydkjgkk »
Et là mes mains ne sont plus que terminaisons nerveuses, les sismographes pourraient prévoir un grand tremblement de terre. Quant à la voix... Vous imaginez bien. Alors on a toujours les yeux braqués sur nous, et les murmures : « oooh t'as vu comme elle tremble... oooh... »
Et puis la graaande copine pour vous remonter le moral, qui se marre, qui plus nous regarde, plus éclate de rire...

L'interrogation surprise en histoire
13h45 : Ahhh... un peu de repos. Histoire. Moi je suis tranquille, j'ai déjà été interrogée, il n'y a pas longtemps en plus. Je peux m'endormir. Mais la voix lointaine du prof me trouble dans mon sommeil :
-
C'est qui Lucie **** ?
-
Euuh baah c'est moi j'crois.
-
Et bien, vous êtes interrogée.
-
Ah ben monsieur j'ai déjà été interrogée, dis-je calmement.
Et là, je ne sais pourquoi, le prof, qui est dans la force de l'âge (je le vois bien dans ses radotements perpétuels), et bien je le vois devenir tout rouge, commencer à me crier dessus, comme quoi il déteste qu'on remette en cause son autorité. J'essaie de me défendre faiblement en disant que je ne savais pas, ou que je m'excusais si je lui avais fait du tort, mais vu qu'il me hurlait un bon gros « TAIIIIIS TOI, TAIS TOI JE T'AI DIT !!! », je n'ai pas insisté. Donc j'ai répondu, ça s'est passé.
Mais la torture n'est pas finie (mouahahahah).
Pour une fois que je décidais de pas m'endormir sur le cours, d'écouter ce que ce vilain Hitler a fait, le prof passe dans les rangs, je ne sais pourquoi. Et là, il s'arrête devant moi, me prend violemment mon cahier (sans se soucier de la phrase que je copiais) et commence à me dire qu'en ce moment, je suis vilaine, tu es vilaine en ce moment, qu'est-ce que tu as en ce moment, tu es très vilaine, mais tu es vilaine (radotements).
Donc pour une fois que j'avais pris des notes au crayon, il me met un petit 15 sur 20 en disant que je devrais soigner ma présentation. Et il signe.
L'élection des délégués de classe
14h40 : Vie de classe. Débordements intempestifs. Aujourd'hui, c'est l'élection des délégués ! Alors là, ça a tout surpassé. Mon dieu. La prof a demandé que chacun des élèves qui avaient mis leur prénom au tableau fasse un discours ! (et bien sûr tout le monde a dû improviser) ma parole. L'heure de fous ! C'était vraiment typique, on croirait presque que c'était irréel.
On a tout eu :
- la militante pour les droits des citoyens, disant qu'il fallait voter pour elle parce qu'elle n'avait peur de rien ni de personne.
- La redoublante, qui a tout vu, tout vécu, qui raconte que la prof de physique, quand on la connaît mieux, elle peut être gentille...
- Ma copine qui s'est inscrite pour rigoler, et qui dit clairement d'une voix forte : « NE VOTEZ PAS POUR MOI, SURTOUT PAS ! j'ai fait ça pour le fuuun (prononcez feaan à la parisienne) y en a ici qui méritent d'être délégué, mais pas moi !! » (et tout ça devant la prof de plus en plus sidérée)
- Puis t'as le grand intello, qui va faire un discours simple, mais qui nous fait bien marrer en nous étalant son curriculum vitae : « alors moi j'ai été délégué suppléant en cinquième (d'ailleurs ça sert à rien) » ajouta-t-il tout bas.
- Et j'ai gardé le meilleur pour la fin... Déjà, c'est le gars qui vient juste de griffonner un petit discours sur une feuille. Il arrive, prend la craie et marque à côté de son prénom : « Pierre, (dit Sticule) »
La prof ne comprend pas le grand jeu de mot. Nous oui. Il commence à lire sa feuille : « Mes chers concitoyens, la situation de la France est dramatique ! Nous traversons une grande crise financière, et un trou dans la démographie ! Je peux apporter la solution à vos problèmes, alors moi je dis : VOTEZ STICULE ! »
Bon notons qu'il a eu le droit à une heure de colle pour sa fin de jeu de mot. La classe, hilare, ne pouvant plus s'arrêter de rire, chaque mot était pure dérision...
La sonnerie de fin de journée
15h35 : Oh nooon, déjà fini... Je dois aller porter mon cahier de physique à la vie scolaire, pour qu'elle me note la correction (je n'espère plus rien, ayant déjà eu la glorieuse note de 1,5 sur 10) d'ailleurs j'ai encore eu une bulle. Voilà, je montre mon carnet, je prends une bouffée d'air et... je suis libre !
i>Voilà, c'est fini, c'était une journée de cours, je vous promets que je n'exagère pas, rien n'est fictif, alors des fois, on se pose des questions... J'espère que vous avez eu le courage de tout lire, et si oui, je suis ouverte aux critiques, même à ceux qui s'amusent à passer chaque article à la loupe pour faire ressortir THE défaut, et travaillez bien ! (hein, mes trèèès chers enfants... AHAHAHAHAH)