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Le Ragnarök ou le Crépuscule des Dieux

Plongez dans la mythologie nordique : d'Yggdrasil l'Arbre-Monde aux neuf mondes, découvrez la genèse du Ragnarök et l'enchaînement de Fenrir, le loup géant fils de Loki.

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Yggdrasil : l'Arbre-Monde de la mythologie nordique

Ce chapitre a pour vocation de vous présenter l'univers dans lequel cette histoire va se dérouler. Premier pas dans un monde imaginaire qui peut sembler complexe au premier abord, mais qui est pourtant fondamental dans la mythologie nordique — ou plus précisément scandinave (Danemark, Norvège, Suède et Islande).

Comment traiter d'une légende scandinave sans évoquer le mythique Yggdrasil ? Ce terme peut paraître déconcertant, mais il vous deviendra vite familier.

Yggdrasil est un arbre. Rien de plus, disent certains : un if pour les uns, un frêne pour les autres. Oui, Yggdrasil est un végétal, mais pas n'importe quel arbre : il est « l'Arbre de l'Univers, de la Vie et du Temps », et celui-ci ne meurt jamais.

Pour les Vikings, le monde est constitué de couches superposées maintenues ensemble par cet arbre gigantesque. Ratatosk, un écureuil, va et vient constamment entre les hauteurs et les profondeurs de l'arbre. L'aigle Lerad vit tout là-haut dans les cieux, perché sur ses branches. Il est le « bras droit » du dieu Odin : il surveille le monde d'en haut et rend compte au grand dieu de tout ce qui s'y passe. Mais dans les profondeurs du monde, là où plongent les racines d'Yggdrasil, des monstres démoniaques et malfaisants le rongent, car la mort d'Yggdrasil provoquerait la chute des Dieux.

Les trois racines d'Yggdrasil et leurs secrets

La première racine puise les minéraux dont Yggdrasil a besoin dans la source glacée de Hvergelmir, à Nifelheim (l'un des neuf mondes soutenus par l'arbre) ou « le Pays des Brumes ». De ce pays ont coulé jadis les fleuves empoisonnés (Elivagar) qui ont rempli le vide originel existant avant la rencontre du Feu du sud et des Glaces du Nord, avant la création de Ymir le géant et des premiers Dieux. Ce vide est connu sous le nom de Ginnungagap. Mais Nidhogg, le serpent mangeur de morts, ronge la racine de l'Arbre Universel pour se remettre des indigestions causées par trop de morts ingurgités.

La seconde racine arrive près du puits de Mimir en Jotunheim, « le Pays des Géants ». Ce puits est gardé par la tête de Mimir et constitue une source inépuisable de sagesse et de savoir, dont Mimir s'abreuvait jadis grâce à la corne de Gjallar. Odin vint un jour s'abreuver à cette source pour acquérir la sagesse nécessaire à sa puissance divine, mais Mimir lui demanda son œil gauche en gage. Odin, devenu le fameux dieu borgne, se pendit ensuite aux branches d'Yggdrasil durant neuf jours et neuf nuits et étudia en hurlant les runes gravées dans le sol avant de retomber au sol, rempli d'un savoir ultime et infini.

La troisième et dernière racine plonge dans le puits d'Urd à Idavoll, dans le domaine des Ases (l'une des deux races de dieux scandinaves) où les dieux tenaient conseil quotidiennement. À ce puits se tiennent les Nornes Urd, Verdande et Skuld qui filent inlassablement la tresse du destin de l'univers : la première connaît le passé, la suivante observe le présent et la dernière distingue l'avenir. Conscientes des périls qui menacent le monde et de l'importance du frêne qui seul assure sa stabilité, les Nornes sans trêve puisent de l'eau de la source et, l'ayant mélangée à de la terre, en appliquent la boue là où Nidhogg laisse les traces de sa morsure dans l'écorce. De cette eau qui est apportée sur le tronc et en retombe est issue la rosée du matin dont se nourrissent les abeilles dont le miel permet la confection de l'hydromel, boisson prisée des Dieux et de leurs servants. Rien pourtant ne peut arrêter les dommages causés par le serpent de Nifelheim, ni empêcher plus haut les quatre cerfs Dain, Dvalin, Duneyr et Durathror de brouter l'écorce de l'arbre sacré parmi les branches duquel ils courent.

Les habitants d'Yggdrasil

Toujours plus haut, la ramure d'Yggdrasil est animée du va-et-vient perpétuel de l'écureuil Ratatosk qui voyage du pied aux frondaisons de l'arbre où vit l'être le plus élevé de l'univers, le suprême aigle entre les yeux duquel se tient le faucon Vedrfolnir. Amusé, l'écureuil sert de messager, colportant entre Nidhogg et l'aigle les invectives qu'ils s'échangent. Dans le feuillage du frêne universel vivent en outre deux humains discrets, Lif et Lifthrasir qui, quand se déchaîneront les forces cosmiques du Crépuscule des Dieux, échapperont à la destruction et peupleront un monde régénéré.

Ainsi sont les neuf mondes que soutient le grand frêne universel Yggdrasil : Muspellheim (pays du feu), Nifelheim (pays des brumes), Gottheim ou Asgard (pays des Ases), Vanaheim (pays des Vanes, seconde race de dieux), Jotunheim (pays des géants), Svartalfheim (pays des elfes noirs), Alfheim (pays des elfes blancs), Helheim (pays des morts) et Mannheim ou Midgard (pays des hommes).

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Fenrir : le loup géant fils de Loki

Loki le Géant du Feu, le géant espiègle et malin, s'accoupla avec une géante en Jotunheim, nommée Angerboda. De cette union démoniaque naquirent trois enfants, et non des moindres concernant l'avenir du monde et des habitants d'Asgard : les Ases.

Le premier fut Fenrir, un loup qui se révélera puissant et agressif. Jormungand, le serpent immense, fut le second. L'horrible Hel, au corps moitié sain, moitié pourri, était la troisième.

Les Ases savaient que ces enfants leur feraient courir un grand danger et que leur destin était scellé par leur main ; ce destin auquel les dieux ne pouvaient échapper et que l'on nommait « Ragnarök ».

Ainsi, Odin exigea qu'on lui présente les trois enfants maudits de Loki. Ce qui fut fait. Par la main d'Odin, Jormungand fut jeté dans l'océan en Midgard (monde des humains). Celui-ci, tellement grand, enroulerait la terre et se mangerait sa propre queue, et ses mouvements seraient à l'origine des tremblements de terre. Hel, par son aspect horrible, fut envoyée en Helheim (monde des morts) pour y étendre son règne infernal et accueillir les âmes des femmes, des morts de vieillesse ou de maladie (car les âmes des braves morts au combat allaient au Valhalla, le grand banquet des Dieux — mais cela sera traité un peu plus tard).

Fenrir était poursuivi par la prophétie. Celle-ci disait qu'il serait l'adversaire futur d'Odin. Ainsi, le dieu borgne choisit de le garder auprès de lui pour mieux le contrôler.

L'enchaînement de Fenrir par les Dieux

Seul Tyr, le dieu du courage et de la guerre, osait s'en approcher. Fenrir était fort, trop fort, et grandit de façon inattendue. Pour cette raison, les dieux fabriquèrent Lödin, un lien si fort qu'il devait retenir Fenrir. Mais le loup ne se laisserait pas attacher si facilement. Les dieux lui lancèrent donc le défi de le mettre lui-même pour tester sa force. Fenrir, sûr de lui, mit le lien et le brisa avec une facilité déconcertante.

Ainsi Dromi fut forgée, une chaîne deux fois plus forte. Le même défi fut lancé, et les Dieux cette fois étaient sûrs de gagner et que Fenrir serait maintenu. Mais celui-ci se débattit tant que Dromi se rompit.

Les dieux ne perdirent pas espoir et demandèrent aux elfes noirs de forger un lien avec leur art de la forge. De l'alliance de six ingrédients magiques (le bruit d'un pas de chat, la barbe des femmes, la racine des montagnes, le tendon d'un ours, la salive des oiseaux et le souffle des poissons), Gleipnir prit forme d'une bande de soie mais d'une force immense.

Mais Fenrir ne se laisserait pas berner par un lien à l'apparence si faible. Les Dieux, sûrs d'eux, lui promirent la liberté s'il se libérait du lien. En effet, cela voudrait dire que rien ne pouvait défier la force du loup... même pas les dieux. Fenrir n'y croyait pas un mot, mais pour ne pas paraître faible et lâche, il accepta le défi. Plus il se débattait, plus le lien devenait fort. Énervé par le fait qu'il allait rester attaché le restant de ses jours, Fenrir arracha le bras jusqu'au coude de celui qui lui mit le lien : Tyr.

Les Dieux, rassurés et satisfaits, rirent aux éclats et accrochèrent le lien à un rocher solide. Mais Fenrir tentait déjà de rompre le lien avec ses crocs aiguisés. Pour contrecarrer son plan, les Éternels plantèrent une épée dans son palais dont le pommeau repose sur sa lèvre.

Fenrir resta ainsi, la gueule béante, d'où sa bave coulante forme un fleuve empoisonné nommé Von.

Mais le loup sait ce qui adviendra par la suite et se contente de lancer des regards de haine aux dieux.

... À SUIVRE

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Nemesis Divina @ragnarök
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