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La véritable histoire du petit chaperon rouge

Oubliez le conte doucereux : découvrez la véritable histoire du Petit Chaperon Rouge, une version trash où la grand-mère affamée a plus d'un tour dans son sac...

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Il était une fois une petite fille de village, la plus jolie qu'on eût su voir ; sa mère en était folle, et sa mère-grand plus folle encore. Cette bonne femme lui fit faire un petit chaperon rouge, qui lui seyait si bien, que partout on l'appelait le Petit Chaperon Rouge.

Non, non, non ! Je dis non ! Ce n'est pas du tout comme ça que c'est arrivé ! Un chaperon ? Mais bien sûr, et pourquoi pas un voile islamique, pendant qu'elle y était ?

Si cette gamine délurée portait un chapeau rouge, c'était simplement parce qu'elle était sado-masochiste et qu'à côté de chez elle se trouvait un champ rempli de taureaux !

D'ailleurs, c'est pile-poil au moment où le Petit Chaperon, qui en vérité s'appelait Marie-Josiane, tentait de se faire « bousculer » par l'une de ces bêtes féroces, que sa mère l'appela :

— Marie-Josiane ! Ramène tes fesses par ici ou j'te jure que tu vas douiller ta race !

Ainsi parlait sa mère.

Marie-Josiane ramena donc ses fesses auprès de sa mère, car elle n'avait aucune envie de douiller sa race. Sa mère, donc, était âgée d'une centaine d'années, ce qui était relativement rare, à une époque où l'espérance de vie ne dépassait guère les trente ans.

— Qu'est-ce que tu veux ? demanda la jeune fille. Abrège, j'ai autre chose à foutre...

— Primo, tu me parles autrement, espèce de petit friture imberbe ! Deuzio, tu sais que ma mère, ta mère-grand, s'est toujours pas décidée à clamser, et que l'héritage déchire sa race. Tu vas donc aller l'aider à rejoindre le Père Lachaise, et lui porter cette galette bretonne farcie à la mort aux rats, ainsi que cette plaquette de beurre de chèvre, périmée depuis dix ans. Avec ça, si elle y passe pas, je promets de manger le caleçon de ton père et de danser la lambada affublée d'une ceinture de casseroles en compagnie de Boutros Boutros-Ghali en scaphandre !!!

— Quel courage ! s'exclama Marie-Josiane. D'accord, je vais aller intoxiquer la vieille.

— Ne passe pas par la forêt ! prévint sa mère. Tu sais bien que la DDE, ces empaffés, n'ont toujours pas ramassé les restes du suicide collectif de la secte des adorateurs des barquettes Trois Chatons à la framboise !

— Bien sûr maman !

Mais la jeune fille n'était pas très obéissante. Disons plutôt que la perspective de voir de ses yeux les cadavres en décomposition des trente-trois membres de la secte la ravissait, car elle n'était pas seulement maso, mais aussi nécrophile.

Elle outrepassa donc les recommandations maternelles et s'engagea dans le petit chemin forestier.

Alors qu'elle avançait doucement, sans hâte aucune...

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D'ailleurs, comme elle se presse pas trop, j'ai le temps de vous préciser deux-trois trucs :

Je dois tout d'abord dire que la grand-mère n'était pas du tout au courant que la gamine allait venir, car à cette époque-là, bien sûr, il n'y avait pas le téléphone. Et en plus, elle était malade depuis bientôt trois semaines, la grand-mère, trois semaines qu'elle n'avait pas mangé, ne pouvant guère se déplacer à cause de son extrême vieillesse (et oui, si la mère a déjà cent ans, je vous laisse imaginer quel âge avait la mère-grand !).

Donc, la grand-mère crevait littéralement la dalle, et elle se serait enfilé n'importe quoi. Or, en fait de téléphone, la mère-grand, qui vivait dans la forêt depuis des années et des années, s'était faite amie avec les petits animaux, et surtout avec les oiseaux, avec qui elle avait appris à parler le « cui-cui », dont elle savait saisir les moindres méandres grammaticaux et orthographiques.

Justement, alors que la mère-grand venait de se lever, un petit merle vint se poser sur le rebord de la fenêtre.

— Pitié, dit la mère-grand, va chercher de l'aide, je sens que je vais crever d'ici deux minutes et un tiers de quart de seconde !

— Cui cui cui cui cui cui cui cui ! répondit le merle ! Ça voulait dire : « Te casse pas, mamie, je viens d'apercevoir ta petite fille, l'autre tache qui se fait monter par des taureaux. Elle était en train de faire des trucs pas très catholiques avec des macchabées dans la forêt, mais je suis sûr qu'elle se dirige par ici. »

Alors, la grand-mère, poussée dans les derniers retranchements de son esprit par la faim et la maladie, décida de faire une chose ignoble, une chose dont elle ne se serait jamais crue capable. Elle avait décidé... de manger sa petite fille !

Oui, elle la dévorerait !

Seulement voilà, si elle le faisait comme ça, chez elle, tous les animaux pourraient la voir, et donc la dénoncer. Et la vieille ne voulait pas finir pendue sur la place du village ! Alors elle décida de se déguiser, afin de tromper tout le monde. Et quoi de mieux qu'un déguisement de loup ?

Il se trouvait justement qu'elle en avait un dans son placard ! Joyeux hasard, me direz-vous. Mais non, pas du tout, car elle avait fait du théâtre dans sa jeunesse et avait gardé deux ou trois costumes sympathiques.

Elle venait de finir d'enfiler son costume quand on sonna à sa porte.

— Tire la bobinette, cria-t-elle, et la bobinette cherra.

— Qu'est-ce que c'est que ce charabia, mamie ? C'est quoi une bobinette ?

— Heu... Tire sur le truc et... Une bobinette c'est une espèce de... Enfin quoi, merde, tu sais pas ouvrir une porte ?! (C'est vrai, on s'emmerde toujours à dire cette phrase quand on raconte le Petit Chaperon Rouge, alors que bon, on la raconte à des gamins, et ils savent pas du tout ce que c'est qu'une bobinette ou une chevillette, d'ailleurs même les adultes ne le savent pas !)

Marie-Josiane entra et vit, dans le lit de sa grand-mère, un loup affublé d'un bonnet de nuit. Mais elle était tellement niaise, et tellement sous le choc de ce qu'elle venait de faire avec les suicidés de la secte, qu'elle n'y prit guère attention et s'approcha du lit.

— Regarde, mère-grand, je t'apporte à bouffer, c'est ma mère qui l'a fait.

— Pose ça là-bas, je suis sûr que ta mère a encore voulu m'empoisonner !

Le Petit Chaperon Rouge haussa les épaules.

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— Mais, dit la grand-mère, viens donc t'allonger à côté de moi, j'ai bien froid.

— Comment peux-tu avoir froid, avec tous les poils que tu as ? s'indigna Marie-Josiane. Tu veux que je t'épile ?

— Non, non, viens plutôt, ma petite !

Elle vint donc, et lorsqu'elle se fut allongée près de sa mère-grand, elle ne put s'empêcher de remarquer :

— Grand-mère ! J'avais jamais vu mais... tes oreilles, comment elles sont longues !

— Heu, c'est..., c'est parce que, heu... C'est pour mieux t'entendre, mon enfant !

— Bah ! Grand-mère ! Oh la vache, t'as vu les yeux que t'as ? On dirait des yeux de bœuf, la vie de ma mère !

— Bah oui, heu... C'est pour mieux te voir, mon enfant !

— Ah, ok, mais heu... et tes dents ? T'as vu tes dents ? Comme tu as de grandes dents !

— C'est pour mieux te manger !

Là-dessus, la grand-mère se jeta sur Marie-Josiane et, avec son dentier en fer forgé (elle l'avait fait faire chez le même dentellier que Joey Starr), lui démantibula le visage. Au bout de trois minutes, il ne restait plus de la pauvre innocente que quelques viscères putréfiés et autres organes vitaux, qui n'étaient plus vitaux pour personne.

Malheureusement, passait par là un chasseur, et les cris immondes de la pauvrette s'étaient entendus par-delà les bois et les champs.

Le chasseur défonça la porte sans se soucier des bobinettes et des chevillettes, et trouva à ses pieds un loup au ventre rond et les débris de la jeune fille.

Sans réfléchir, il se saisit de son couteau, découvrit le ventre du dit loup — qui en fait était juste la fermeture Éclair du déguisement — et il en sortit une grand-mère !

— Mon dieu, dit la grand-mère, vous m'avez sauvé ! Marions-nous !

— Heu... j'ai déjà une femme et douze enfants, mais ravi de vous avoir aidé, dit le chasseur.

Ils ne se marièrent donc pas et n'eurent aucun enfant.

Moralité... J'ai beau chercher, j'en vois aucune.

La semaine prochaine, je vous raconterai la véritable histoire de cette raclure de Cendrillon.

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elodelu
elodelu @elodelu
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