
La rentrée universitaire de La Rochelle, quel moment intense ! Les nouveaux étudiants arrivent dans une nouvelle ville, dans un nouveau cadre, mais c'est l'administration et les professeurs qui en perdent leurs orientations. En effet, je dirai même qu'ils en perdent leur latin. Il suffit de faire une expérience : prenons trois étudiants, envoyons-les un par un au secrétariat pour poser exactement la même question : « Quels sont les prérequis que je dois avoir ? » Ces trois étudiants sont tous dans le même parcours d'études, bien évidemment. (Pour tous ceux qui l'ignorent, les prérequis sont des matières que l'on doit avoir obligatoirement validées pour pouvoir suivre toutes les matières du semestre suivant. Si par exemple vous n'avez pas validé la physique, vous ne pourrez pas faire la physique du semestre suivant.) Or, ces trois étudiants vous rapporteront trois réponses différentes.
Je dois dire que les professeurs sont moins « rebelles » que les secrétaires du secrétariat de la licence : ils ne donnent qu'une seule version, mais qui diffère totalement de celle de nos chères secrétaires.
Prenons maintenant le cas d'un étudiant ou d'une étudiante (ne soyons pas sexistes) qui veut se renseigner sur ses prérequis. Lors de la réunion de rentrée, on lui annonce qu'il ou elle n'a qu'un seul prérequis et — comme par hasard — il ou elle a validé cette matière. Vous imaginez sa joie : pas besoin de faire son deuxième niveau en deux ans, mais peut-être bien en un ! « Ouais trop fun », comme on dit. (Version des professeurs.) Puis, un peu plus tard, ce même étudiant demande confirmation auprès de notre fameux secrétariat licence, et la réponse est complètement différente : « Il n'y a pas qu'une matière considérée comme prérequis. »
C'est à ce moment précis que l'arrêt cardiaque ou l'accident vasculaire cérébral se produit pour la moitié des étudiants de deuxième année, car cette moitié n'a pas réussi les examens du semestre dernier. Merci, M. le Président, de compatir à notre douleur.
Vous allez sans doute me demander pourquoi ils passent en deuxième année s'ils n'ont pas réussi à valider toutes les matières de la première année. Je m'explique : un étudiant accumule, lors de son parcours, un certain nombre de crédits (60 par an). Par exemple, trois crédits correspondent à une matière validée. Imaginons qu'un étudiant ait 44 crédits (un crédit acquis est un crédit gardé) : il devrait refaire son année pour quelques crédits. L'université lui permet donc de passer en deuxième année.
Il y a donc panique à bord, les cerveaux sont en ébullition dans l'amphithéâtre. L'étudiant doit choisir quelle version croire ? Celle qui l'arrange, ou encore une autre que notre chère administration sera heureuse de nous faire savoir après traduction de son latin ?
Je crois qu'il est nécessaire d'instaurer dans cette chère université un système de communication beaucoup plus fonctionnel. Cela permettrait d'éviter de vider les amphithéâtres et les salles de cours pour cause de maladies cérébrales.