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Il y a eu un crime à l'Amarre aux Diables

Evelyne Leleu, serveuse à l'Amarre aux Diables à Périgueux, disparaît après avoir réclamé son salaire. Ses patrons, Nicolas Benoit et Marc Labessouille, cachent un crime atroce.

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Périgueux

Badigeonné d'acide, le visage du cadavre se boursoufle, se brouille, s'efface ; les doigts, trempés dans le même liquide corrosif, s'y dissolvent. Désormais, les traits méconnaissables, les empreintes digitales gommées, la morte ne peut plus être identifiée. Même si d'aventure on la retrouvait, comment saurait-on qu'il s'agit d'Evelyne Leleu, la serveuse de l'Amarre aux Diables ? L'homme qui vient de la poignarder, dans cette fermette du hameau de Chancelade, près de Périgueux, se dit sans doute – comme bien d'autres avant lui – qu'il a de bonnes chances d'échapper à la justice... Il s'appelle Nicolas Benoit. Evelyne Leleu travaillait dans son bar.

Plus tard dans la nuit, ce 3 janvier, le cadavre est enfermé dans des sacs en plastique et transporté dans une voiture stationnée devant la fermette. Nicolas Benoit s'installe à l'intérieur. Son ami et associé Marc Labessouille, venu l'aider à se débarrasser du corps, s'y trouve déjà. La voiture démarre et s'éloigne dans l'obscurité froide, vers le tombeau que les deux hommes ont choisi pour leur employée...

« Evelyne ? On l'a ligotée dans la cave », osent-ils plaisanter !

Au matin, les yeux bouffis par le manque de sommeil, Marc procède à l'ouverture de l'Amarre aux Diables. L'établissement, situé rue de la Sagesse, dans le centre historique de Périgueux, frappe surtout par la discrétion de sa façade dépourvue d'enseigne. Il n'en va pas de même pour Nicolas. À 33 ans, ce personnage extravagant aux longs cheveux bruns retenus par un catogan porte la plupart du temps un pantalon noir moulant et une chemise blanche à jabot qui lui valent le surnom de « d'Artagnan des temps modernes ».

Comme chaque jour, Marc Labessouille prépare la salle aux murs d'un bleu délicat, meublée de petites tables en bois et de canapés de velours rouge. Les deux associés semblent détendus. Nico et Marco, comme tout le monde les appelle, ont même l'indécence de plaisanter avec ceux qui s'étonnent de ne pas voir la serveuse dans le bar...

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rejanede14ans
rejanede14ans @rejanede14ans
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