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Buzz

Genre la fille qui parle à son cerveau...

Monologue déjanté d'une fille qui dialogue avec son cerveau égaré, entre chronique d'une journée de lycéenne et délire nocturne.

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Cerveuuuuuur, reviens ! Allez, s'teuplaît, déconne pas, t'es caché où ? Allez, putain, fais pas chier, reviens vieux, j'ai besoin de toi là...

D'accord, tu te sens un peu délaissé. Je sais qu'on collabore pas souvent tous les deux, mais là j'ai besoin de ton aide, tu sais... Allez c'est bon, j'te demande 5 minutes, tu m'éclaires vite fait, j'ai des questions à te poser. Promis, après j'te lâche et tu peux t'en aller bronzer aux Caraïbes pendant 6 mois, avec un cocktail, une p'tite ombrelle et une super gonzesse. Allez, s'teuplaît... Réponds.

Tu sais, c'est pas toujours facile la vie sans toi. J'aurais jamais dû t'échanger contre une paire de lunettes de soleil. Je regrette, tu sais, mais faut dire qu'avant tu passais le plus clair de ton temps à bouffer des chips devant la télé, à te saouler ou à pioncer... Je pensais pas que j'aurais besoin de toi, tu vois... Mais bon, là j'ai besoin d'un coup de main. C'est le bordel, mon gars.

Enfin, je me doute que ça t'emmerde, d'être un cerveau masculin dans un corps de fille, mais bon j'ai pas choisi non plus, hein. Et puis les cerveaux à la naissance, c'est ni repris ni échangé. Enfin moi j't'aime bien comme t'es, mais c'est pas ma faute si t'es là, quoi.

Moi, à choisir, j'aurais pas eu de cerveau... C'est vrai, quand t'en as pas, la vie est plus simple. Sauf que pour certains trucs il te manque, mais uniquement si t'en as déjà eu un... Pas de cerveau, pas de problèmes, lol... Pis j'aurais pas eu de cœur non plus, parce que ça, putain, ça crée des problèmes mais en plus ça les résout pas. Ça laisse le boulot au cerveau, et il s'est tiré, ce con. Quitte à choisir, un cerveau et pas de cœur, y aurait plus rien eu pour me briser les noix... Pardon, j'en ai pas. Bref.

Tout ça pour dire : allez, reviens, j'ai besoin d'un coup de main... Je sais pas où t'es caché, mais si tu te montres pas et que j'te trouve, ça va chier pour ta gueule, cousin. Je vais te torturer, t'as intérêt à être plutôt coopératif, mon pote. Mais bon, salaud va, je sais que tu vas me prendre la tête. Enfoiré.

Que personne ne bouge, j'ai égaré mon cerveau...

Bon allez, faut que j'arrête de parler à mon ami imaginaire. J'ai passé l'âge, là. J'ai pas de cerveau, j'ai pas de cerveau, c'est comme ça, faudra bien s'y faire un jour... Lol.

NP : Le bruit du ventilo – qui est presque pas pire que le bruit du frigo...

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Le bruit du frigo ?

7h36. Ça sonne pour la quatrième fois. Je me lève, comme toujours j'suis en retard. Je trébuche sur une bière abandonnée là – putain la chance, j'ai pas marché dans la pizza. Passage salle de bain éclair, j'attrape des fringues l'air pas trop sales, un élastique, pas le temps de se coiffer. Je sors l'eau du thé qui tentait désespérément de chauffer dans le micro-ondes pendant ce temps-là. J'ai la tête dans le cul, je la renverse et je me brûle. Putain, 7h51, je devrais déjà être partie. Elles sont où les clés ? Y a quoi dans mon sac ? Enfin ça on s'en fout. J'ai même pas faim, c'est pour les lâches d'abord. Je maîtrise mon corps. Je coupe la musique qui tourne depuis hier soir.

7h56. Je claque la porte, j'suis à la bourre, comme toujours. Démarre la caisse, musique, marche arrière, trottoir, démarrage en burn en bas d'la côte, j'ai pas le temps, bordel. Feu rouge. Poubelle. Feu rouge. Tractopelle. Feu rouge. Accélération, rond-point, créneau raté, j'suis garée.

08h03. Ça sonne, je devrais déjà être en haut. Tant pis, je cours. Physique. À la bourre, tu dégages. Je reviens, pas d'excuse pour la dernière fois, tu dégages. Je me casse. Je marche, m'achète une bière, la musique, je me cale sur la plage. Y a rien, y a personne, il fait froid. J'use le temps.

09h58. Je me pointe devant le lycée. C'est la pause clopes des drogués, c'est l'heure du nicotinage des p'tits poumons. Deux trois conneries – salut, ça va, moyen, t'abuses, le prof de maths et sa moto – on rentre. Oui, on prend de la drogue le matin. Vous aussi ? Normal, t'es prof. Alcoolique. Ouais, les pâtes au miel et alors ? Nan, j'fais pas l'exo. Ouais, j'ai la flemme. On s'en fout.

11h57. On sort. On va bouffer, putain y a du monde. J'ai pas ma carte, bordel, j'ai plus un rond, j'ai la flemme. Tant pis, je mange pas. L'habitude...

12h02. Direction gestion, bifurcation billard, on reviendra pour le français.

13h12. Trop tard pour le français. Tiens, salut toi là-haut à ta fenêtre, on monte squatter ? Et si on amène un pack, c'est bon ? Alcool, drogue. Musique.

Merde 16h47, cours de gratte bientôt. Salut, je trace. J'arrive à la voiture : feu explosé. Tant pis. Salut Rudy, ça va ? Nan, j'ai pas ma gratte, mais tu me prêtes la Strat' ? Noir Désir, AC/DC, les Guns, je maîtrise pas mais je me fais plaisir...

18h13. Toute seule chez moi. J'ai la dalle mais c'est pas l'heure. J'allume le PC, y a personne. Déprime sur canapé, guitare, séries débiles.

21h. Téléphone... J'te nem. Nem. Nem nem. Nemoureuse.

23h et quelques miettes. Je trouve un paquet de chips derrière mon canapé, je bouffe ce qu'il en reste devant le PC. Y a plus que les fous à c't'heure-ci... Musique.

01h16. Y a plus personne sur MSN. J'écris un article de merde sur mon blog, un truc super long que personne ne lira. Musique...

03h01. Dans mon lit, y a plus rien, plus d'musique, j'entends plus rien, que l'bruit du frigo. Je mets ma tête sous l'oreiller pour l'oublier... Et voilà, j'ai froid, et je renverse ma bière sur l'oreiller, persécutée par ce bruit sourd et envoûtant...

03h58. Quand tout à coup, je deviens fou, et je me jette par la fenêtre...

Ta gueule !

Avertissements

Tout ceci n'est que pure fiction ou presque. Toute ressemblance avec moi-même serait presque totalement fortuite. Aucun animal n'a été maltraité pendant le tournage de cet article. Toutes les cascades ont été réalisées par une fille à l'envers et ne doivent en aucun cas être reproduites dans votre salon, sinon ta mère elle va gueuler. Par ailleurs, l'auteur tient à s'excuser par avance de sa nullitude, de son humour pourri, de son imagination limitée, et de son élan créatif provoqué par l'ennui et le stress d'aller chez le coiffeur demain.

Miaou.

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nwasett teubée
nwasett teubée @nwasett teubée
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