
Ce qui va suivre est en quelque sorte un guide de la répartie. Cette scène se passe dans un supermarché. Il vous arrive souvent, comme à tout le monde, de vous faire prendre votre place par quelqu'un ? Et ce même quelqu'un vous énerve et vous ne pouvez pas, retenu par votre manque de répartie, le lui dire ?
Ce dialogue va vous apprendre à vivre.
— Je crois que c'est à moi.
— Je ne crois pas.
— J'étais là avant...
— Cela vous donne-t-il le droit de faire ce que bon vous semble au mépris des autres ?
— Il semblerait que oui.
— À l'évidence, non. Tout dépend en fait de si la personne se laisse faire ou non.
— Mais je ne vous demande pas votre avis.
— Dans mon cas c'est non.
— Vous allez faire preuve de civisme et me rendre ma place.
— Vous draguez avec les grands mots.
— Cela vous amuse-t-il de m'humilier ?
— Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.
— Vous parlez dans un vocabulaire que je parviens tout juste à comprendre.
— J'utilise les expressions de la culture française.
— Vous prenez cela comment ?
— Comme un compliment. C'est défendu ?
— Je reconnais que non.
— Mais vous m'en voulez.
— Vous, vous pensez que vous pouvez me dire n'importe quoi car vous ne me reverrez jamais.
— J'avoue que cela a quelques côtés exacts.
— Nous discuterons plus tard de l'exactitude de mes propos. Détrompez-vous. Il n'appartient qu'à moi de décider de vous rencontrer à l'avenir.
— Voyez-vous cela ?
— Je vous répète que vous ne semblez pas cerner ma supériorité.
— Vous êtes grotesque.
— C'est formidable.
— Peut-on dire, alors, que le grotesque et le précieux se sont disputés ?
— On peut dire cela mais je ne vois pas en quoi cela peut-il nous aider à résoudre notre querelle.
— Plaît-il ?
— Je ne le vois pas.
— L'humour, grotesque.
— Eh bien vous semblez pourtant cerner le sujet.
— Donc cela peut nous aider à résoudre notre querelle.
— Je dirais plutôt dispute.
— Le mot vous dérange ?
— Il est insultant.
— Vous choisissez.
— Ah ?
— Oubliez. Ne choisissez rien du tout.
— Je n'ai pas la faculté d'oublier ce qui vient de se passer. Et de toutes façons mon choix est fait.
— Alors passez.
— Non, c'est vous.
— Cela dit c'est normal.
— Vous étiez là avant.
— (Il paye) N'est-ce pas.
— Que ma gentillesse ne vous rende pas arrogant.
— Bonne journée.
— Il est 20h60.
— Pour moi tout commence.
— Au revoir.
— Au revoir. (Il part)
— (Murmuré) Et choisissez de me revoir.
S'évader parmi ses rêves d'enfants lorsqu'on est adulte relève de l'irresponsabilité. On devient enfermé par son âge. C'est cela que je veux à tout prix éviter. Me voilà déchiré entre une envie de grandir pour assouvir mes envies professionnelles, et une envie de rester naviguer avec ces trains dont aucun horaire n'est fixé.
Rien ni personne n'a jamais réussi à créer artificiellement l'état d'esprit dans lequel se trouve quelqu'un qui ne veut pas grandir. Quelqu'un comme les autres. Les rêves reproduisent la routine. Il est finalement banal de voir un tel type de personnes. On en déduit alors que le rêve est le seul système humain à pouvoir recréer cette ambiance. C'est le sommeil. On ne doit pas tenter d'expliquer le rêve. On doit laisser cela aux enfants. Ils leur doivent bien cela. Ainsi, il est logique que dans le sommeil on puisse retrouver cette transe. Et l'envie de dormir pourrait être expliquée par cette envie de retrouver son jeune âge.
Ainsi on pourrait, selon mes absurdités, n'être attiré par le repos, non par la fatigue, mais parce qu'en y allant, on retrouverait quelque chose auquel on tient plus qu'on ne le croit, chaque soir.
Si ce n'est pas une théorie exacte, ce dont je suis tout à fait apte à concevoir, cela l'est pour la vie. Reportez ce que cette théorie expose sur le rêve à la vie et projetez ces idées sur un fond blanc, puis noir. Réfléchissez de la façon qu'on appelle : méditation. À vous.
C'est à vous et à vous seul, en tant qu'unité, de changer le monde.