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Aedes albopictus, vecteur du Chikunguya.

L'Aedes albopictus, ou moustique tigre, est le vecteur du chikungunya. Retour sur cette maladie qui a frappé La Réunion en 2005-2006 et sur les moyens de s'en protéger.

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En quelques semaines, ce moustique est devenu l'ennemi à abattre sur l'île de La Réunion. Ce petit insecte est la cause de nombreuses maladies dans le monde. Il est pourtant présent sur toutes les latitudes. Enquête sur l'animal le plus potentiellement dangereux du monde.

Qu'est-ce que l'Aedes albopictus, moustique vecteur du chikungunya ?

L'Aedes albopictus est le moustique vecteur du chikungunya. Il appartient à la famille des Culicidae, comme l'Aedes aegypti, l'Aedes fowlori africanus ou encore l'Aedes mansonii. Ce moustique est recouvert d'une multitude d'écailles. On le différencie très facilement des autres grâce à son habit noir annelé de blanc.

Comme chez tous les moustiques, seule la femelle de l'Aedes albopictus pique pour sucer le sang. Elle attaque au crépuscule et au petit matin, quand on s'y attend le moins. Ce sang va servir de réserve à ses œufs qu'elle pondra isolément.

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Comment se reproduit le moustique tigre ?

Deux possibilités s'offrent à elle pour sa ponte de 10 à 300 œufs :

  1. Elle les dépose dans de l'eau stagnante. Les œufs flotteront grâce à une mince poche d'air.
  2. Elle les dépose à même le sol et les œufs pourront se développer dès le contact avec l'eau. Ils peuvent rester dans cet état pendant plus de deux ans.

Au bout de 2 à 3 jours dans l'eau, les œufs éclosent et le moustique atteint son stade larvaire. Il évoluera ainsi pendant 4 à 10 jours, adoptant une position oblique dans l'eau. Ces larves iront surtout au fond pour chercher leur nourriture dans la vase.

Puis, elles mueront pour devenir des nymphes, pendant 2 à 10 jours. Leur régime est déjà carnassier : elles peuvent même se manger entre elles.

Vient ensuite la transformation finale. Les moustiques peuvent alors vivre pendant deux mois. Et le cycle recommence.

On peut remarquer le caractère exceptionnel qu'ont ces moustiques pour résister à la mort : en plus de pouvoir « hiberner » en tant qu'œuf pendant plus de deux ans, ils sont capables de survivre à la dessiccation et peuvent devenir de dangereux prédateurs pour les autres insectes dès 6 jours.

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Le chikungunya : une maladie tropicale dangereuse

Les moustiques sont souvent les vecteurs de maladies qui peuvent avoir de graves complications. Par exemple, la dengue, le paludisme, la fièvre jaune ou d'autres arbovirus sont des maladies tropicales qui peuvent être transmises par les moustiques, en particulier par l'Aedes.

Le chikungunya est encore une maladie peu connue. Pourtant découvert en 1953 en Tanzanie, ce virus n'a jamais été l'objet d'une étude visant à trouver un vaccin. Le seul traitement prescrit aujourd'hui est des anti-inflammatoires et du paracétamol.

La maladie n'est pas mortelle en elle-même, mais elle peut entraîner des méningo-encéphalites chez le nourrisson et affaiblir fatalement les personnes âgées. Sa forme la plus courante donne juste des boutons, de fortes douleurs articulaires et de la fièvre.

L'épidémie à La Réunion en 2005-2006

La maladie n'est pas nouvelle. Elle est déjà présente en Asie du Sud-Est, dans le sud de l'Inde et en Afrique de l'Est. On a recensé 400 cas aux Comores en avril 2005. Jusque-là, La Réunion était épargnée. Pourtant, en février 2006, on parlait de 130 000 cas et 77 morts liés à la maladie dans cette île qui n'abrite que 710 000 habitants.

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Quelles mesures contre le chikungunya ?

Le 26 février 2006, Dominique de Villepin a déclaré lors de sa visite sur l'île que des moyens seront déployés et qu'une équipe de scientifiques recherchera un vaccin. Pendant ce temps, les opérations de démoustication se multiplient.

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