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Bons Plans

L'Ecosse

L'Écosse, terre de brumes et de légendes : un récit de voyage authentique entre lochs mystérieux, habitants chaleureux, whisky et traditions inoubliables.

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Il y a comme ça quelques destinations où je meurs d'envie de me rendre.

L'Égypte, pour tout l'héritage antique qu'elle continue de nous léguer. Le Canada, pour la majesté de ses paysages et la renommée de son accueil. Les États-Unis, pour eux-mêmes — je veux voir et connaître ce pays, c'est tout.

Et puis, et puis... il y a l'Écosse.

Pour beaucoup de choses : ses paysages, ses habitants, ses whiskies, sa musique et que sais-je encore ?

Arrivée en Écosse : premiers pas à Helensburgh

En octobre 1996, j'ai eu l'immense chance de faire une escale à Helensburgh, une petite ville côtière à environ 30 km de Glasgow. Ce n'était pas la meilleure saison pour y aller, mais ne faisons pas la fine bouche : je réalisais l'un de mes rêves.

Accompagné de trois bons collègues, nous franchissons le premier écueil : la langue ! En ce qui concerne l'anglais, nous étions puissamment armés : trois d'entre nous maîtrisaient assez la langue de Shakespeare.

Par contre, la surprise vint de là où on ne l'attendait pas : l'accent. À couper au couteau, et c'est peu de le dire ! L'Écossais roule le R comme c'est pas permis. Il nous a fallu un peu de temps pour nous y accoutumer.

Deuxième écueil : la location de voiture. Arrivés vers 16h30, nous n'avons trouvé notre bonheur qu'à 20h00 ! Et encore, nous avons dû attendre notre véhicule à l'hôtel. Les formalités d'usage réglées — dont une caution de 5 000 pounds —, nous prenons la route direction Oban, dans le sud-ouest du pays.

Je ne vais pas vous retranscrire au kilomètre près notre parcours, mais je vais vous parler de l'Écosse en général.

Paysages d'Écosse : brumes, lochs et landes mystérieuses

Cette terre de légendes et de mystères est régulièrement représentée dans les brumes, desquelles émergent des silhouettes fantomatiques de châteaux en ruines. C'est exactement ça !

Pour vous donner une idée (et même si je sais que le Connemara est une région d'Irlande), réécoutez le début de la chanson de M. Sardou. Ajoutez-y une palette de couleurs stupéfiante en automne : le vert des pâturages côtoie le mauve et le jaune des bruyères, le tout sous un ciel si gris qu'il en devient presque bleu acier.

Voyez ces forêts ancestrales aux mille parfums et couleurs. Imaginez qu'un vent tourbillonnant souffle et pousse cette brume épaisse et humide qui se déchire en lambeaux sur l'un des innombrables lochs qui parsèment la contrée.

Ah, les landes de bruyères battues par les vents, les prés d'herbes hautes ondoyant sous la brise marine... Imaginez tout cela et vous serez encore à cent lieues d'approcher la beauté mystérieuse des paysages d'Écosse.

Quand je suis allé là-bas, je m'étais fait une idée de ce que j'allais trouver comme paysages. On dit souvent qu'on a toujours tendance à idéaliser les endroits qu'on voudrait découvrir sans les connaître. L'Écosse s'est révélée être exactement — voire plus belle encore — ce que j'en avais imaginé.

Amoureux de ces terres de légendes ? Assurément !

Les Écossais : un accueil chaleureux et convivial

Ils sont incroyablement accueillants et apprécient énormément les Français. Il n'est pas rare d'entamer une discussion au bord du chemin, comme cela nous est arrivé sur un lieu propice à la prise de photos. En repartant, simplement en disant bonjour à un couple de personnes dans la bonne cinquantaine, nous sommes restés près de 20 minutes à écouter le circuit qu'ils venaient de faire et à raconter le nôtre.

Laissez-moi encore vous raconter comment, perdus en pleine nuit du côté de Kyle of Lochalsh, je suis allé frapper à la porte d'une maison isolée :

« Hello, excuse me but we're French and we're a little bit... lost... »

Je vous laisse deviner la réaction d'une mère de famille française en pleine campagne, la nuit, qui verrait débarquer quatre grands gaillards lui raconter qu'ils cherchent leur chemin. Eh bien, c'est bien sûr...

Là, nous avons été invités à entrer !

Derrière la maman, le père jouait sur un tapis avec un petit gamin pas très vieux ! Nous n'avons pas pu accepter l'invitation car, à ce moment-là, nous commencions franchement à être à la bourre. Mais c'est pour vous décrire un peu l'état d'esprit.

Dans les pubs, c'est un peu la même chose. Laissez bien en évidence votre accent français. Pas de honte — le leur est pire que ce que vous pouvez imaginer ! À chaque fois, on a entamé des discussions sur l'Angleterre (ils peuvent pas les encadrer !), la France, Paris, la Côte d'Azur, la Bretagne (dont ils se sentent très proches), etc.

Par contre, dire que les Écossais attachent beaucoup d'importance à l'argent n'est pas une légende. Dans quasiment toutes les relations où l'argent entre en jeu, le sérieux est de mise et l'accueil dans les magasins s'en ressent un peu. Mais rien de grave dans le tableau général.

Une rencontre avec la police écossaise

En tout bien tout honneur, je précise. Car nous étions perdus (ben oui, encore une fois !) et nous nous étions arrêtés, moteur tournant, sur un trottoir dans une petite bourgade dont le nom m'a totalement échappé. Les vitres embuées alors que nous tentions désespérément de mettre cette fichue carte routière dans le bon sens, nous n'avons pas vu arriver à notre hauteur les forces de l'ordre locales.

Un coup de gyrophare (sans les sirènes car à minuit l'Écossais dort) nous a quelque part interpellés. Très courtois, contrôle d'identité, explications — « we're lost, you know the way to... » etc. Ils nous ont remis dans le droit chemin et nous avons repris notre route.

Pubs et whisky en Écosse : traditions et conseils

Attention, à minuit — sauf exception — tout ferme. Attardez-vous à prendre quelques photos des devantures de ces établissements, il y en a de magnifiques.

L'ambiance générale qui règne à l'intérieur est plutôt bon enfant. Nous en avons fait plusieurs où nous avons été stupéfaits de voir de l'épaisse moquette au sol et du mobilier hallucinant, notamment à Fort William au pied du Ben Nevis (le plus haut sommet d'Écosse avec ses 1 350 m). Aucune brûlure de cigarettes ou chewing-gum collé. Il faut voir le respect qu'ont les gens de ces endroits. On prend des leçons de savoir-vivre là-bas.

Bières et whisky : que boire en Écosse ?

Attention avec les bières ! Nous n'avons pas compris tout de suite que ces énormes envies d'uriner qui nous prenaient toutes les cinq minutes étaient dues à la bière. Sommes-nous stupides, me direz-vous ? En fait, les bières à la pression — les draught beers — sont différentes de chez nous. En France, la pression est fournie par une bouteille de CO2 ; en Écosse, le fût est mis sous pression à l'air. Cet air s'échappe très vite et ne vous laisse que quelques bulles à coincer sous la dent. L'impression qui en ressort est que les bières sont plates ou éventées... et fortement diurétiques ! Et puis, ne faites pas comme nous : nous avons goûté la « Carling » qui s'avéra être du... cidre !

Il vaut mieux alors se tourner vers la grande production qui fait la réputation de l'Écosse : le whisky.

Ce nectar divin et subtil (c'est mon avis !) se trouve être très abordable dans les pubs. On peut y déguster les « grands crus » pour quelques piécettes, alors qu'en France il faut dépenser moult euros ! Profitez donc d'un séjour comme celui-ci pour apprécier ce breuvage à sa juste valeur.

Ne songez pas à en ramener en France. Les taxes à l'exportation sont telles que vous paierez la bouteille plus cher que chez nous. Les importeurs ont depuis quelques années fortement diversifié leur offre et il est maintenant possible de trouver une vaste gamme de produits en grande surface. À moins de tomber sur un petit bijou...

Dans les villes, les policiers sont toujours présents à l'heure de fermeture aux sorties des pubs pour veiller au grain. Aucun débordement à signaler d'ailleurs. Les Écossais, même éméchés, restent courtois et corrects. Vous êtes d'ailleurs gentiment invités, à l'entrée des pubs, à ne pas afficher vos préférences en matière de clubs de football. Un panneau « No football colors, please » est là pour vous y inciter. Un peu comme si, à Marseille, on vous demandait de ne pas afficher votre appartenance à un club de supporters !

Où manger en Écosse ? Conseils gastronomiques

Il fallait un point un peu négatif. Le voilà.

Le rythme de vie en Écosse est très différent du nôtre. Le dîner du soir est pris vers 17h30-18h00. Vers 20h30, il devient très difficile de trouver un restaurant ouvert. Cela nous est arrivé à Glasgow où nous avons fini par dénicher une pizzeria dans laquelle l'un de nous (pas moi) a failli trouver l'amour. Mais bon, c'est une autre histoire et il lui appartiendra de vous la raconter. De fait, les festivités nocturnes commencent plus tôt et terminent plus tôt. Difficile de trouver un endroit ouvert bien après minuit. Point ici de grande gastronomie — ou bien sommes-nous passés à côté.

Le déjeuner sur le pouce

Les Écossais ne lui accordent pas, semble-t-il, une grande importance. C'est le règne des fast-food et des fish'n'chips. Je vous conseille ces derniers : l'ambiance fast-food pour commander du poisson et des pommes de terre (préparées de différentes façons) a de quoi surprendre au début. Chez nous, le poisson est plutôt servi dans des restaurants avec des couverts « tordus ». Attention, ils ne sont pas tous de qualité égale.

Il y a aussi une foule de restaurants indiens, héritage du passé colonial de la Grande-Bretagne. Nous avons tiré le mauvais numéro à Fort William. Une catastrophe. Mais bon, il me faudrait trois pages rien que pour vous narrer cette histoire. Je pense que nous n'avons pas eu grande chance sur ce coup-là.

Le breakfast écossais : une institution

J'en arrive donc au petit-déjeuner : le breakfast ! Une institution dans les pays anglo-saxons. En découvrir la teneur et s'attabler pour y festoyer vous fera comprendre sans détour pourquoi les Écossais n'ont pas faim le midi.

N'hésitez pas un seul instant : gavez-vous.

C'est pas bon pour le taux de cholestérol, mais on s'en fout — on va pas y habiter à vie. On y est en séjour ! Bacon grillé, saucisses grillées, œufs brouillés, pain, cakes, gâteaux divers, thé, café, confitures (les fameuses « marmelades » à l'orange, au citron et j'en passe...), etc.

Quand je vous dis qu'ils ne mangent pas le midi, vous comprenez maintenant. Ça correspond chez nous à un repas complet. Et avec ça, je vous garantis que vous êtes armés jusqu'au soir !

Hébergement en Écosse : Youth Hostels, B&B et hôtels

Attention, c'est cher. Très cher.

Il y a trois types d'hébergement possibles :

  • Les Youth Hostels (ou équivalent). C'est un peu le style des auberges de jeunesse en France. Le confort semble correct, d'après ce que j'en ai appris. Je n'ai pas testé. C'est le meilleur marché.

  • Les célèbres B&B (Bed and Breakfast). Dans le prix est compris le « tidèj » et la chambre — d'où Bed and... Les prix sont assez élevés mais vous avez ainsi la possibilité de partager un moment la vie des gens du cru, toujours riche d'enseignements. Avec un peu de chance, le breakfast s'apparentera à ceux décrits plus haut. Dans tous les cas, il est copieux. C'est le mode d'hébergement que je conseille. À Oban, nous avons eu une chambre pour deux qui devait faire dans les 35-40 m² ! Par contre, pensez à préparer votre voyage et à réserver à l'avance.

  • Les hôtels. Chers, mon fils, très chers... Pensez à garnir le portemonnaie avant de partir si vous choisissez ce mode d'hébergement. À prestations équivalentes avec ce qu'il y a en France, il faut compter au bas mot 30 % de plus. Souvent la déception est grande car la chambre n'est en plus pas toujours au « top », notamment dans les hôtels de moyen standing. À noter que le prix grimpe en flèche dans les grandes villes. Je déconseille.

Transports en Écosse : trains, routes et conduite

Les trains

Pas de bla-bla : ils sont vieux, poussifs et pas souvent à l'heure. Bon, quand on est en vacances, les horaires... Mais en plus, ils sont chers. Si vous y allez à plusieurs entre amis, louez une voiture. Vous aurez une bien meilleure autonomie.

Routes et conduite à gauche

Elles sont belles et régulièrement entretenues, mais... étroites. J'y ai essayé la conduite à gauche... 200 mètres ! Ma modestie légendaire m'a permis de rendre le volant à un ami largement plus expérimenté que moi dans le domaine.

Par contre, les Écossais sont d'une courtoisie sur la route qui donne matière à réfléchir aux Latins que nous sommes. Céder une priorité à des touristes en balade est quelque chose de courant là-bas. À tel point que, loin de toute agressivité routière, on se prend à faire de même et les politesses peuvent parfois durer un petit moment.

Une petite anecdote concernant les panneaux de signalisation routière. Il en existe un là-bas que je n'ai jamais vu en France : c'est un panneau triangulaire qui signale un danger. Vous voyez celui qui signale une école avec ses deux enfants qui se tiennent par la main ? Remplacez les enfants par deux personnes âgées avec cannes qui se tiennent par la main. On les trouve à l'entrée de certaines agglomérations et aux abords des hospices. La première fois, on se demande si on n'a pas rêvé...

Mon avis sur l'Écosse : bilan de voyage

Si j'ai aimé ?

Je répondrai que c'est le meilleur séjour que j'ai pu faire à l'étranger. Même la météo exécrable n'a pu entamer mon émerveillement. Il pleut par période toute la journée une sorte de bruine ou de crachin. Pas réellement gênant pour se promener, mais à la fin ça mouille. (Ben oui, c'est de l'eau...) Je crois sincèrement qu'il faut savoir apprécier cette pluie et ses nuages bas. Ils font partie du tableau comme le soleil sur la Côte d'Azur. Sans eux, l'Écosse ne serait peut-être pas aussi mystérieuse et perdrait, pour moi, une partie de ce qui lui confère tout son charme.

Je vous conseille d'y aller ?

Je serais tenté de vous crier oui. Seulement, il se peut que nous n'ayons pas les mêmes sensibilités. Si vous vous êtes un tant soit peu reconnu dans mes écrits, foncez. Si vous doutez, allez cueillir d'autres informations et faites-vous votre idée.

Une dernière chose : munissez-vous du Guide du Routard « Écosse », il y a énormément de choses utiles dedans. Il nous a accompagné sans défaut tout le temps de ce séjour.

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jpwankenobi
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