
Eve Hibbits, 31 ans, originaire de Brilliant dans l'Ohio (nord-est des États-Unis), a fait l'actualité pour une raison pour le moins surprenante. Cette mère de famille est accusée d'avoir mis en danger la santé de sa fille de deux ans et de ses jumeaux de 10 mois. Au cœur de la polémique : des coups de soleil attrapés par les enfants alors qu'ils passaient la journée à l'extérieur. Si les faits ne sont pas contestés, la gravité de la réponse judiciaire interpelle, d'autant plus qu'elle risque théoriquement jusqu'à 15 ans de prison.
Coups de soleil sur enfants : un verdict médical peu alarmant
Les brûlures ont été causées lors d'une longue journée passée en plein air lors d'une fête locale. Pourtant, contrairement à ce que l'on pourrait craindre, le bilan médical s'avère rassurant. Selon le Trinity Medical Center, l'hôpital qui a pris en charge les trois jeunes enfants, la situation n'était pas jugée critique.
Keith Murdoch, porte-parole de l'établissement, a précisé que les petits patients souffraient de brûlures au deuxième degré. Toutefois, il a immédiatement remis les faits en perspective en expliquant que la structure traitait chaque année environ 65 000 cas de coups de soleil. La majorité de ces cas incluent effectivement des brûlures au deuxième degré, ce qui suggère que bien que douloureux, ces dommages sont malheureusement courants et généralement pris en charge sans drame.
Pourquoi le shérif a-t-il emprisonné cette mère ?
Malgré ce contexte médical, le shérif local, Fred Abdalla, reste fermement persuadé que sa décision d'incarcérer Mme Hibbits était justifiée et nécessaire.
« Non, ce n'était pas exagéré », a-t-il déclaré fermement mercredi sur la chaîne de télévision ABC. « Trop souvent, les forces de l'ordre interviennent trop tard, quand un enfant est assassiné ou enlevé... Mon souci, c'est de protéger les enfants », a-t-il insisté. Pour justifier son intervention, il a évoqué fièrement plusieurs cas d'enfants retirés à leurs parents au cours du mois dernier dans son comté, se positionnant en rempart contre la négligence parentale.
Une détention qualifiée de « rappel à l'ordre »
Si Fred Abdalla maintient sa position sur le bien-fondé de l'arrestation initiale, il a cependant admis qu'il était inutile de prolonger indéfiniment la détention de Mme Hibbits.
« C'était un rappel à l'ordre. C'était juste un rappel à l'ordre », a-t-il ajouté. Il a par la suite estimé que la justice devrait ordonner rapidement sa remise en liberté conditionnelle, laissant entendre que l'objectif premier n'était pas de punir lourdement cette mère, mais de l'alerter sur les dangers potentiels.