L'article est un peu long, mais ce serait bien si vous réussissiez à aller jusqu'au bout afin de mieux me comprendre...
Depuis les années 70, notre monde évolue. On assiste de moins en moins à des guerres étatiques, mais davantage à des « micro-guerres » dues à des minorités ethniques, politiques ou religieuses. Bien sûr, je ne contesterai pas la guerre du Golfe, ni celle du Kosovo et encore moins celle en Afghanistan, mais plutôt l'émergence d'un nouveau « type de guerre ». Non, non, il ne s'agit pas de la guerre éclair que vous avez apprise maintes fois en histoire, ni de la guerre des tranchées « qui n'est plus à la mode »... Mais d'une « nouvelle guerre » appelée terrorisme.

Définition et aspects du terrorisme
Terrorisme : 1. Hist. Politique de terreur des années 1793-1794 en France. 2. Cour. Emploi systématique de la violence pour atteindre un but politique (prise, conservation, exercice du pouvoir...) et, Spécialement, ensemble des actes de violence, attentats, prises d'otages qu'une organisation politique commet pour impressionner un pays (le sien ou un autre).
Ainsi, le terrorisme se caractérise par une minorité de populations d'une même origine ethnique, politique ou (depuis peu) religieuse défendant des causes souvent contestables, parfois légitimes (indépendances, luttes contre l'Occident ou les sociétés capitalistes, refus d'un gouvernement équitable ou d'un coup d'État, refus de la répression, de la soumission, du néo-esclavagisme, de la mondialisation...). En gros, des contestations en tout genre.
Qu'y a-t-il de plus normal que de contester ce qui nous déplaît ? Et c'est là que tout se gâte... Car le terrorisme n'a pas toujours été mal perçu. En effet, lors du mandat (ou plutôt du coup d'État) de Pinochet, les opposants au régime étaient traités de « terroristes ». Du « taggueur » de rues au véritable civil armé, en passant par le lanceur de pierres, tous étaient considérés comme tels. Car les terroristes étaient au départ dépourvus de techniques sophistiquées et n'avaient autre issue de résistance que les attentats demeurant dans la violence.
Terrorisme et Résistance : où tracer la limite ?
Ne pouvons-nous pas, ainsi, considérer les résistants de la Seconde Guerre mondiale comme des terroristes ? Si l'on se réfère à la définition, d'une certaine manière : oui. Alors, comment ce mot a-t-il autant évolué ? N'y a-t-il pas des limites ? N'est-il pas barbare de confronter des innocents à une mort soudaine, sans qu'ils n'aient une quelconque relation directe avec les enjeux de cet acte ? C'est ce qui est malheureusement arrivé aux victimes du World Trade Center, ou à celles de Madrid.

C'est alors que la définition même du terrorisme change de couleur. Perçu comme des actes lâches et inhumains par certains, le terrorisme peut en quelque sorte conserver toutefois le même aspect que pour les résistants de la Seconde Guerre mondiale, mais à une échelle nettement moins importante ! Pas de panique, je m'explique. Ces résistants, perçus comme « crétins » aux yeux des partisans du Régime de Vichy, utilisaient — tout comme l'ETA par exemple — des moyens d'action qui peuvent être considérés comme violents pour l'époque, ralliant les attentats afin de parvenir à leur fin : la libération de la France face aux Nazis (objectif pour la postérité dirons-nous) et l'indépendance des Pays Basques (objectif majoritairement perçu comme absurde mais pourtant malheureusement ancré chez certains Basques).
Alors, si les techniques utilisées sont les mêmes, si les deux sont considérées comme étant terroristes, pourquoi sommes-nous si fiers de nos chers concitoyens résistants et pourquoi éprouvons-nous (pour les plus raisonnables d'entre nous) un certain mépris face aux terroristes basques ou aux réseaux islamiques comme Al-Qaïda ?
Pourquoi le terrorisme menace-t-il nos sociétés aujourd'hui ?
La réponse est simple et complexe à la fois. Elle se détermine en fonction de notre « camp ». Car on peut bel et bien parler de deux camps indirects aujourd'hui : le monde ultra-capitaliste dominé par les États-Unis et ses opposants, à savoir certains pays islamiques luttant indirectement contre l'Occident.
Ainsi, pour nous, il devient inconcevable de tuer massivement des hommes sans but apparent. La seule « excuse » que l'on pourrait attribuer aux terroristes, c'est qu'ils ne possèdent aucun moyen de s'exprimer, ou du moins, c'est ce qu'ils nous font croire. En réalité, on en est loin. Car les « taggueurs » de rues et les lanceurs de pierres sont de petits joueurs face aux terroristes ultra équipés d'aujourd'hui. Ceux d'hier, qui ne pouvaient guère (sans mauvais jeu de mots) se faire entendre, le peuvent aujourd'hui, et aucune solution n'est mise en œuvre ou n'a été trouvée jusqu'alors. Vous en avez une ? Tenez-moi au courant !

Mentalités, opinion publique et lutte antiterroriste
Il s'agit alors d'un problème de « mentalités ». Car des « kamikazes » sont prêts à donner leur vie pour ce en quoi ils croient. Quelle absurdité pour nous les Occidentaux ! Se tuer pour sa religion ? Pfff... Et à moins d'un changement de mentalité (ce qui est loin d'être gagné), l'Occident sera confronté à une « menace fantôme » (non, non, ça n'a rien à voir avec Star Wars !) qui pourra durer et durer... sans que personne ne puisse accuser directement un pays d'en être coupable. Ainsi, nous devrions « pouvoir lutter et condamner avec la plus grande fermeté ces actes barbares » disait le projet de loi pour la peine de mort. Mais à quel prix ?
Est-ce l'exécution des dirigeants extrémistes du Hamas qui va décapiter le mouvement islamique afin de l'affaiblir ? Est-ce la prise du pouvoir par les Américains en Irak qui va ralentir le terrorisme ? C'est pourtant ce que deux hommes, Bush et Sharon, croient fermement en prétendant « éteindre l'incendie » (je ne m'étendrai pas sur les véritables causes, à la limite du « douteux »).
L'intervention américaine : échec ou succès ?
Pourtant, les Américains n'étaient pas condamnés. Au début en tout cas. Beaucoup d'Afghans se félicitent du départ des Talibans, et pas mal d'Irakiens fêtent encore la disparition de Saddam Hussein. Peut-être existe-t-il d'autres pays islamiques où certains rêvent d'être délivrés par les Américains de leurs despotes ? Quoi qu'il en soit, l'armée américaine a été incroyablement incompétente. Enfin bref, revenons sur le phénomène « de mode » qu'est le terrorisme et sur son antagonisme qu'est l'antiaméricanisme.
Beaucoup s'imaginent que le fait de contester George W. Bush revenait à s'opposer à la guerre. Car le monde ne prend en compte que l'impérialisme et l'idéologie hégémonique américaine et se détourne ainsi de cette lutte discrète et maladroite antiterroriste. C'est une erreur de jugement !
D'autres, en France, pensent à rétablir la peine de mort pour combattre ce fléau. Dans tous les cas, on est, selon moi, loin de LA solution antiterroriste. Pourtant, nous devons réagir. Et certains, ainsi, affirment bien faire en se basant sur des spéculations douteuses et en utilisant des méthodes néfastes et dévastatrices.

Terrorisme international : comprendre l'islamisme radical
Mais bon, « il ne faut pas se tromper d'ennemi. La grande menace vient de l'émergence d'un terrorisme international, né de l'affirmation d'un islamisme radical qui s'est manifesté d'abord en Afghanistan et au Pakistan, ensuite en Algérie, puis en France et aux États-Unis, sans que jamais alors ne soit évoqué le problème israélo-palestinien. »
(Cf l'article de Jean Daniel : « Les incendiaires » dans Le Nouvel Observateur n° 2059 du 22 ou 28 avril 2004 : à lire absolument !)
Ainsi, j'éviterai de « trop » donner mon point de vue en ce qui concerne l'exécution du Cheikh Yassine et de son successeur Abdel Aziz al-Rantissi, mais il est indéniable que quiconque lutte contre le terrorisme lutte contre TOUS les terroristes (ça paraît évident mais pas tant que ça), donc ne peut soutenir ces deux hommes.
Et c'est là que certains froncent les sourcils, je vous vois déjà ! Certains n'approuvent peut-être pas la politique de Sharon, mais sans encourager pleinement les auteurs des actes terroristes ! C'est compliqué tout ça !
Sharon, Arafat et le conflit israélo-palestinien
Alors que faire ? Fallait-il tuer ces deux hommes ? Selon moi, certainement pas ! (J'insisterai sur le « selon moi » lorsque je donnerai mon avis.) Cet acte relève du radicalisme de Sharon et de son manque de diplomatie. Comme Premier ministre d'Israël, on a vu mieux : Yitzhak Rabin (qui a été malheureusement victime d'un funeste dessein à cause d'un homme qui n'était pas en faveur de la paix). Enfin, quoi qu'il en soit, on n'est pas là pour contester la politique de Sharon, il n'est pas arrivé au pouvoir par hasard, il sait certainement ce qu'il fait et pense être juste.

Du côté d'Arafat : il aurait peut-être dû incarcérer le Cheikh Yassine plus tôt. (Et oui, il l'a fait trop tard, beaucoup trop de Palestiniens ont adhéré à sa « politique » et le considèrent comme Mahomet en Palestine.) Contrairement à Arafat qui n'est qu'un « petit pion » sur l'échiquier israélo-palestinien.
Cependant, ce dernier a gagné en diplomatie, en tentant de réunir glorieusement l'opinion publique avec lui. (Regardez tout le cinéma (et c'est peu dire) autour de la diffusion de « La Passion du Christ » à Arafat : « celui-ci se dit ému et troublé... »)
Enfin bref, que de stratégies sans failles afin de réunir l'Occident de son « côté », de se faire passer pour un bouc émissaire et ainsi faire passer Sharon pour un politicien « prêt à tout » (ce qui n'est pas peu dire non plus) !
Médias, opinion publique et amalgames dangereux
On peut ainsi rester sur une note sans fin, montrons l'importance des médias sur l'opinion publique... Mais bon... c'est un autre débat !
Bref, vous l'aurez compris, j'essaie de peser mes mots afin d'éviter d'intolérables incompréhensions, car le débat est houleux. Donc je tente (tant bien que mal) de rester objective (j'entends déjà des protestations !).
Car cette guerre a duré trop longtemps et sa complexité s'est aggravée. Car il s'agissait (au départ) d'une lutte en faveur de la création d'un État palestinien (il en est toujours autant certes) mais qui malheureusement va au-delà de cet aspect géographique.
Car, outre le problème inépuisable de territoire, il y a chez certains une haine flagrante entre les deux peuples qui s'étend au Moyen-Orient mais aussi sur toute la planète !
Combien de fois a-t-on déjà entendu : « T'es pour les Israéliens ou les Palestiniens ? »
C'en est presque insupportable d'entendre des gens qui croient encore que tout est noir ou blanc, que tout est basé sur le pour et le contre et qu'un des deux camps est fautif et l'autre pas... Si c'était si simple...
D'énormes amalgames sont ainsi faits, mélangeant Arabes avec Palestiniens, Palestiniens avec islamistes, Juifs avec Israéliens ! Enfin, c'est le « bordel » total qui est à l'origine d'une intolérance croissante !
Bref, passons... ce n'est pas le thème. Je pense m'être étendue quelque peu sur le sujet. Je m'excuse d'avance. Je poursuis donc sur le terrorisme.

Patriotisme absurde et solidarité religieuse
Sans pour autant tourner la page totalement, le terrorisme s'éveille par l'ignorance des gens. (Mais qu'est-ce qu'elle raconte celle-là ?) Bon, pour faire simple, on peut remarquer chez les terroristes islamistes un « patriotisme de religions ». C'est-à-dire que sous prétexte d'adhérer au même mouvement spirituel, ils se donnent raison entre eux. Bien sûr, je ne généralise pas. Beaucoup de musulmans (Dieu merci) blâment les actes terroristes de Madrid mais pourtant peuvent rester muets quant à ceux administrés aux colons israéliens.
Pourquoi défendraient-ils les musulmans qui sont à l'origine d'actes terroristes comme les extrémistes palestiniens et ne soutiendraient-ils pas les attentats de Madrid ? Question de point de vue. (Cf la première partie, comme quoi le terrorisme n'est pas toujours mal perçu !)
Ainsi, il n'est pas rare de voir des musulmans soutenir la cause (si absurde soit-elle) d'extrémistes eux aussi musulmans mais certainement plus conservateurs. Encore une absurdité atroce et un amalgame horrible ! Comme si le fait d'avoir les mêmes croyances supposait une appartenance à une même famille, donc à un soutien ! De la même façon, on peut être juif et ne pas soutenir la politique de Sharon, comme on peut être français et ne pas soutenir Chirac ! On peut même être féministe et ne pas soutenir une multirécidiviste ayant tué beaucoup d'hommes ! (même s'ils l'ont mérité ! ;)) (ok ok j'exagère, ceci est à plus grande échelle...)
Conclusion : vers une solution ?
Enfin bref, les causes de ce terrorisme croissant passent d'abord par ce patriotisme infernal, par cette recrudescence des armes employées et par notre incapacité à régler un tel phénomène malgré les esquisses mal interprétées (mais parfois douteuses) des dirigeants de ce monde. Alors, faut-il employer la violence pour parvenir à ses fins, passer par la guerre pour parvenir à la Paix ? C'est un autre débat.
Ce terrorisme vise certes l'Occident, mais il s'agit surtout d'un appel à l'islamisme radical, d'un chemin vers des résistances contre l'Occident, la mondialisation, l'évolution des mœurs, et c'est une route infinie vers la violence et l'intolérance dans tous les pays du globe.
Dans un prochain article, je traiterai le problème de la peine de mort, qui se fait pour l'instant discret à l'Assemblée nationale, mais qui vise à être rétabli pour les auteurs d'actes terroristes. Est-ce vraiment une solution ?
Je m'excuse d'avance pour les fautes d'orthographe. Sinon, j'espère avoir été impartiale ; maintenant, si cela n'a pas été le cas, je ne prends nullement parti pour un quelconque groupe politique, pays, idéologies... J'aimerais ainsi éviter les réponses houleuses. D'ailleurs, tous les commentaires qui auront un intérêt quelconque pour le débat ou qui donnent leur opinion sur l'article seront acceptés, sauf ceux qui seront insultants. J'espère que vous le comprenez, je prends des précautions, faites-en autant !
Merci à ceux qui sont arrivés jusqu'à la fin ! :D