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Tempête, surcharge et négligences

Le naufrage du ferry Le Joola a fait plus de 730 morts. Un bilan lourd imputé à un cumul de fautes, à la surcharge et à une violente tempête.

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Les autorités sénégalaises disent s'accrocher au « plus petit espoir », tout en sachant qu'il faudrait maintenant un miracle pour retrouver même un nombre « infime » de rescapés supplémentaires dans la coque du navire, encore explorée par des plongeurs.

Dimanche soir, le nombre de survivants s'élevait à 63, sur un total de 796 passagers présents à bord. Le dernier rescapé, selon l'armée française qui participe aux secours, a été évacué samedi matin vers Banjul.

Bilan humain : combien de victimes ?

Environ 350 corps auraient été récupérés. Ce chiffre de 796 personnes à bord est par ailleurs considéré par de nombreux Sénégalais comme trop précis pour être exact. Il correspond à une liste de passagers ayant payé leur billet, mais ne prend pas en compte de nombreux enfants, ni les personnes montées sans billet.

Causes du naufrage du Joola : surcharge et négligences

Le président sénégalais lui-même, Abdoulaye Wade, a indiqué que des passagers n'avaient pas de billets. Il a reconnu que le navire, dont l'équipage était constitué de militaires, était surchargé. Le jour de son naufrage, le bateau « penchait », affirment tous les témoins.

Le président, reconnaissant la « responsabilité de l'État », a répété dimanche qu'il attendait d'ici lundi soir les premiers résultats de l'enquête. Celle-ci porte sur « les éléments techniques sur le bateau », les « réparations effectuées », les « conditions d'embarquement des passagers », « ce qui s'est passé en mer » ou encore « l'organisation des secours ».

Le navire, qui assurait la liaison entre la Casamance (sud du Sénégal) et Dakar, avait « un tirant d'eau trop faible ». Il était « trop haut, trop lent », avait aussi admis samedi M. Wade. Celui-ci s'était adressé à la population pour calmer une foule en colère venue demander des comptes et réclamer la démission du ministre des Transports.

Un « cumul de fautes », ajouté à une violente tempête, a provoqué la catastrophe, avait déclaré M. Wade.

Nationalité des passagers à bord

Les passagers du navire étaient principalement sénégalais, mais plus d'une quarantaine étaient étrangers, issus d'une dizaine de pays : vingt Bissau-Guinéens, dix Français, trois Espagnols, deux Belges, deux Néerlandais, deux Suisses, deux Nigérians, un Libanais et un Burkinabè.

Prise en charge des rescapés

Les rescapés ont été pris en charge par les services de secours et soignés dans différents hôpitaux de Dakar. Ils sont pour la plupart dans un état physique correct, mais très choqués et traumatisés par leur expérience. Pour beaucoup, c'est aussi la perte de proches avec lesquels ils voyageaient.

Identification des victimes : un défi difficile

Outre l'assistance aux rescapés, la récupération des corps des victimes, leur identification et leur restitution aux familles s'annoncent extrêmement difficiles. Jusqu'à présent, les corps retrouvés ont été acheminés vers Dakar ou Banjul, ou étaient en voie de l'être.

Le gouvernement a promis aux familles qu'elles pourraient récupérer les leurs dès qu'ils seraient identifiés. Depuis samedi, des photos de victimes sont affichées dans six endroits de Dakar, notamment à l'Hôtel de Ville. Des familles tentaient dimanche d'y reconnaître leurs proches.

Toutefois, le président Wade a suggéré dimanche que les corps impossibles à identifier soient inhumés dans un même cimetière, une sorte de mémorial aux « naufragés du Joola ». Les familles et les chefs religieux seront consultés sur ce point, a-t-il précisé.

Dimanche, troisième jour de deuil national, était pour tout le pays une journée de prières et de grande tristesse. Pour de nombreuses familles, c'était aussi un moment de colère face aux « fautes » évoquées par le président.

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julgates
julgates @julgates
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