
Hier soir, je me plantais devant ma télévision, histoire de zapper un petit coup. Je tombe sur « Mots croisés » sur France 2 alors qu'un débat fait rage au sujet des derniers événements dans les cités parisiennes. À la base, trois jeunes de cité, ayant eu peur d'une intervention de police, ont pris la fuite. Ils se sont alors cachés dans une centrale EDF et sont morts électrocutés. Les habitants de la ville de Clichy-sous-Bois sont sous le choc et les jeunes provoquent des émeutes pour crier leur mécontentement. La police intervient évidemment… et envoie une grenade lacrymogène à l'intérieur de la mosquée de Clichy-sous-Bois alors qu'elle est pleine de fidèles (environ 500 personnes).
La population continue les émeutes durant encore trois nuits et le mécontentement s'étale sur les cités voisines.
Émeutes urbaines : qui sont vraiment les victimes ?
La question est de rigueur. Je m'explique. Pour Nicolas Sarkozy, les victimes sont les forces de l'ordre qui, selon lui, ont été agressées par des voyous. Il ajoute même que les CRS « ont essuyé des tirs de gros calibres ». Jets de pierre contre gaz : l'équilibre existe-t-il vraiment ? Je ne prône évidemment pas une guerre entre les CRS et les jeunes de cités, mais je prône plus de tolérance et plus de compréhension envers ces derniers.
Beaucoup de gens affirment que les jeunes de cités ne sont que des bons à rien et qu'ils sèment le trouble dans notre paisible France. À ces gens-là, je réponds qu'il y a certes une minorité provocatrice et déviante qui tente d'entraîner d'autres jeunes dans ses mic-mac. Le fait déjà d'avoir mis ces personnes d'origine étrangère — le plus souvent arabe ou portugaise — dans des HLM aux quatre coins de la ville, cela équivaut en quelque sorte déjà à une différenciation. Cette différenciation a malheureusement mené vers une discrimination.
Pourquoi les jeunes des cités ont-ils peur de la police ?
Les jeunes d'origine étrangère ont peur de la police. Doit-on avoir peur de la police dans un pays qui se dit démocratique ? La police française demande à tous ses citoyens de respecter les lois et les règles républicaines, et ceci est bien normal. Mais un Arabe, par exemple, qui se retrouve en plein contrôle d'identité tous les jours de la semaine alors que Pierre et Marie passent comme une lettre à la poste devant le commissariat, va commencer à se poser des questions.
Pourquoi la police fait-elle l'amalgame entre un Arabe et la violence ? Pourquoi les Arabes sont-ils plus victimes de bavures policières que les Français d'origine française ? Les policiers ne seraient-ils stressés et ne feraient glisser leur gâchette sans faire exprès que quand un Arabe se pointe en face ? Cette peur de la police, il faut la dépasser au plus vite. Aucun citoyen ne doit avoir peur des forces de l'ordre qui sont là pour le protéger.
Responsabilité des jeunes : quels efforts fournir ?
Les jeunes doivent changer d'attitude face à la police. Plus question de considérer un policier en costume bleu marine comme une provocation. Il est présent pour assurer l'ordre et la paix, et non pas pour semer le trouble. Seulement 5 % des policiers sont des idiots qui seraient en capacité de commettre des bavures (selon l'émission de France 2 hier soir). Comme tous les corps de métier, on ne contrôle pas tout. Je reconnais tout de même qu'un idiot armé peut faire plus de dégâts…
Beaucoup de médiateurs dans les cités dans lesquelles se sont produites toutes ces émeutes ont fourni un travail extraordinaire en essayant de parler aux jeunes et aux familles afin de comprendre et d'extérioriser leur haine autrement que par des jets de pierre. Aujourd'hui encore, beaucoup de familles refusent de recevoir Nicolas Sarkozy.
Conclusion : des efforts partagés des deux côtés
Des efforts doivent être fournis de part et d'autre. Les torts sont partagés à mon avis, même si Nicolas Sarkozy a usé de mots trop crus et trop sévères pour parler d'êtres humains et surtout de citoyens français au même titre que lui !