Infographie du ministère de l'Intérieur sur les vols de véhicules et d'accessoires.
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Réseau de vols de véhicules en Loire-Atlantique : 60 voitures volées pour alimenter le grand banditisme

Démantèlement d'un réseau criminel en Loire-Atlantique : 60 voitures volées pour 2 millions d'euros, un commanditaire pilotant depuis sa prison via Telegram, et des adolescents recrutés comme main-d'œuvre.

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Le 24 juin 2026, la Section de recherches de Nantes a révélé les résultats d’une enquête qui a duré près d’un an. Soixante véhicules dérobés, un préjudice estimé à deux millions d’euros, et un commanditaire qui dirigeait l’ensemble depuis sa cellule de prison. Derrière ces chiffres se cache une organisation criminelle d’une sophistication rare, où des adolescents recrutés sur Telegram servaient de main-d’œuvre à bas risque. Les voitures volées ne finissaient pas sur le marché de l’occasion : elles alimentaient des enlèvements, des règlements de comptes et des trafics liés à la cryptomonnaie. 

Infographie du ministère de l'Intérieur sur les vols de véhicules et d'accessoires.
Infographie du ministère de l'Intérieur sur les vols de véhicules et d'accessoires. — (source)

Un commanditaire derrière les barreaux

Le parquet de Nantes avait ouvert une enquête en juillet 2025, face à ce que les autorités qualifient de « recrudescence significative » des vols de véhicules commis après des home-jackings. Les auteurs s’introduisaient la nuit au domicile des victimes pour dérober leurs clés, avant de repartir au volant de la voiture. Le mode opératoire était toujours le même : rapide, chirurgical, sans violence inutile. Mais derrière ces vols en apparence isolés, les enquêteurs de la Section de recherches ont perçu une logique, une architecture criminelle, un cerveau.

Le commanditaire recrutait ses « mules » via messageries cryptées depuis la prison

L’élément le plus frappant de cette affaire est l’identité du commanditaire présumé. Il s’agit d’un détenu qui pilotait le réseau depuis sa cellule. Selon les informations recueillies par Yahoo News et 20 Minutes, cet homme recrutait de « très jeunes exécutants, souvent mineurs », qu’il formait aux techniques d’effraction. Il les orientait vers les secteurs à cibler, leur donnait des instructions précises via les messageries cryptées et les réseaux sociaux, puis les mettait en relation avec les acheteurs des véhicules dérobés. 

Un gendarme motocycliste en intervention lors du démantèlement du réseau de vols de véhicules.
Un gendarme motocycliste en intervention lors du démantèlement du réseau de vols de véhicules. — (source)

Le mode opératoire décrit par Ouest-France est d’une efficacité redoutable : « barillet arraché, quelques secondes pour fracturer une porte, entrer, subtiliser les clés ». Les équipes opéraient de nuit, souvent le week-end, et pouvaient dérober plusieurs véhicules en une seule sortie. Le commanditaire, placé en garde à vue le 16 juin 2026, a depuis été mis en examen pour vols en bande organisée et participation à une association de malfaiteurs. Les opérations menées entre août 2025 et juin 2026 ont permis l’interpellation de trois équipes distinctes, totalisant seize individus. Au total, dix-huit personnes sont mises en cause dans cette soixantaine de vols.

Des véhicules volés utilisés pour des enlèvements et règlements de comptes liés à la cryptomonnaie

Ces voitures n’étaient pas destinées à être revendues à des particuliers sur le marché de l’occasion. La finalité était plus sombre. Comme le rapporte Ouest-France, les véhicules volés alimentaient des équipes criminelles impliquées dans des fusillades et des rapts liés à la cryptomonnaie. Certains étaient « écoulés au profit d’équipes criminelles impliquées dans des faits de grande criminalité sur le territoire national et en Europe », précise la gendarmerie. 

Un échangeur autoroutier engorgé la nuit, illustrant la densité du trafic et la circulation des véhicules.
Un échangeur autoroutier engorgé la nuit, illustrant la densité du trafic et la circulation des véhicules. — (source)

Les voitures servaient de ressource logistique essentielle pour le grand banditisme : véhicules banalisés pour des enlèvements, berlines rapides pour des règlements de comptes, ou simples « voitures poubelles » utilisées lors de trafics de stupéfiants. Les enquêteurs ont établi un lien direct entre ces vols et des affaires de kidnapping liées à la cryptomonnaie, un phénomène qui prend de l’ampleur en France et dont nous avons déjà parlé dans notre article sur l’enlèvement du patron de Binance France. Ce réseau illustre comment le vol de véhicules est devenu une brique essentielle de l’économie criminelle moderne.

Le rôle des messageries cryptées dans la coordination des vols

Les enquêteurs de la Section de recherches de Nantes ont mis au jour un système de communication sophistiqué. Le commanditaire utilisait des messageries cryptées — Telegram, Signal, WhatsApp — pour donner ses instructions sans laisser de traces exploitables par les services de renseignement pénitentiaire. Chaque équipe disposait d’un canal dédié, avec des codes de communication variables pour éviter les interceptions. !PROTECTED_4

Ce mode de fonctionnement rappelle les livraisons par drone observées dans les prisons françaises, où des détenus recevaient téléphones, drogue et armes via des appareils pilotés à distance. Comme le rapportait Le Monde en octobre 2023, ces livraisons concernaient « téléphones, cartes SIM, cocaïne, armes blanches mais surtout de la résine de cannabis ». Dans le cas du réseau de Loire-Atlantique, le commanditaire n’avait pas besoin de drone : les messageries cryptées lui suffisaient pour orchestrer les vols depuis sa cellule, sans jamais avoir à entrer en contact physique avec ses exécutants.

Panneau de la Gendarmerie.
Panneau de la Gendarmerie. — (source)

Home-jacking à Nantes : pourquoi les Peugeot, Renault et Toyota sont les nouvelles cibles

Le démantèlement de ce réseau intervient dans un contexte local tendu. En 2025, la ville de Nantes a enregistré 104 home-jackings, soit le double de l’année précédente. Un chiffre qui a poussé la police nationale à tirer la sonnette d’alarme dès janvier 2026.

Philippe Jos, directeur de la police : « Nos voleurs ont pris de mauvaises habitudes »

Interrogé par Actu.fr le 17 janvier 2026, Philippe Jos, directeur interdépartemental de la police nationale en Loire-Atlantique, ne mâche pas ses mots : « Nos voleurs ont pris de mauvaises habitudes. » La formule résume une réalité préoccupante : les home-jackings sont passés d’une cinquantaine en 2024 à plus du double l’année suivante. Et le phénomène ne se limite plus aux grosses berlines allemandes. Fini le temps où seules les Mercedes, Audi et BMW intéressaient les voleurs. Désormais, les véhicules de milieu de gamme — Peugeot 3008, Renault Mégane, Citroën C5 Aircross, Toyota RAV4 — sont tout aussi ciblés.

Les vols ont lieu de nuit, le plus souvent le week-end, et les auteurs sont rarement violents. Leur objectif est la rapidité : pénétrer dans le domicile, attraper les clés, repartir. En quelques secondes, la voiture a disparu. Les secteurs les plus touchés sont les zones pavillonnaires de la métropole nantaise et les communes périphériques, où les maisons avec garage et allée privée offrent des cibles faciles.

Toyota RAV4, Renault Mégane, Clio 4 : le Top 10 des modèles les plus volés en France en 2025

Le palmarès 2025 des véhicules volés, publié par France Assureurs en février 2026, confirme cette tendance. Avec 64 088 vols de véhicules toutes catégories enregistrés l’an dernier (dont 44 104 voitures particulières), la France reste un terrain de jeu lucratif pour les réseaux criminels. Le Top 10 est dominé par le Toyota RAV4 V, suivi du Hyundai Tucson IV, du Toyota C-HR, de la Renault Mégane IV et de la Renault Talisman. La Peugeot 508 II, la Peugeot 5008 II et la Citroën C5 Aircross complètent ce classement. 

Véhicule de la Gendarmerie après une intervention.
Véhicule de la Gendarmerie après une intervention. — (source)

Selon les données d’Auto-Infos, qui s’appuie sur les chiffres du ministère de l’Intérieur, 125 200 véhicules ont été déclarés volés en 2025, soit une baisse de 9 % par rapport à 2024. Mais ce recul global cache des disparités régionales importantes. La Loire-Atlantique se classe au 14e rang des départements les plus sinistrés, derrière les Bouches-du-Rhône, le Nord et le Rhône. Les modèles populaires chez les jeunes conducteurs — Renault Clio, Peugeot 208, Peugeot 3008 — figurent également en bonne place dans les statistiques, ce qui explique pourquoi les réseaux criminels s’y intéressent de près.

Pourquoi les voleurs changent de cibles

Plusieurs raisons expliquent cette diversification des cibles. D’abord, les systèmes antivol des berlines allemandes se sont améliorés, rendant leur vol plus complexe. Ensuite, les pièces détachées des modèles de milieu de gamme sont plus faciles à revendre sur le marché parallèle, où la demande pour les Toyota RAV4 ou les Renault Mégane reste forte. Enfin, les réseaux criminels privilégient désormais les véhicules discrets, qui ne se font pas remarquer dans les quartiers résidentiels. Une Peugeot 3008 garée dans une allée pavillonnaire attire moins l’attention qu’une Audi A6.

Comment le crime organisé recrute des mineurs sur Telegram pour voler des voitures

L’un des aspects les plus inquiétants de cette affaire est le profil des exécutants. Derrière les home-jackings et les vols de véhicules, on trouve de plus en plus souvent des adolescents, parfois âgés de 13 ou 14 ans. Pourquoi un jeune accepte-t-il ce travail dangereux, et comment les réseaux parviennent-ils à les recruter ? 

Démantèlement d'un réseau de vols de câbles télécoms en Loire-Atlantique : deux tonnes de câbles volés saisis.
Démantèlement d'un réseau de vols de câbles télécoms en Loire-Atlantique : deux tonnes de câbles volés saisis. — (source)

Les 13-17 ans représentent 29 % des interpellations pour vols de véhicules

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon Auto-Infos, les mineurs de 13 à 17 ans représentent 29 % des interpellations dans le cadre d’enquêtes pour vols de voitures. Une proportion massive, qui s’explique par la stratégie des réseaux criminels. Le 11 février 2026, une opération mobilisant 50 gendarmes a permis le démantèlement d’un gang d’adolescents en Loire-Atlantique. Trois jeunes — un de 17 ans et deux de 16 ans — étaient spécialisés dans le home-jacking. Leur bilan : 32 vols de véhicules, pour un préjudice estimé à 800 000 euros. Les secteurs ciblés couvraient le pays de Retz, le Vignoble nantais, la Vendée et le Maine-et-Loire.

Le profil de ces jeunes est varié. Certains sont des mineurs isolés, d’autres sont en situation irrégulière, d’autres encore viennent de familles défavorisées. Mais tous partagent le même mode opératoire : ils revendent les véhicules « pour une bouchée de pain sur les réseaux sociaux », comme le souligne Actu.fr. Le commanditaire du réseau démantelé en juin 2026 recrutait ses « mules » via Telegram et les messageries cryptées, en leur promettant des sommes d’argent rapides et faciles. Pour un adolescent en quête d’autonomie financière, l’offre peut sembler tentante.

Excuse de minorité et récidive : le cadre juridique qui attire les réseaux vers les ados

Pourquoi les réseaux criminels ciblent-ils systématiquement les mineurs ? La réponse se trouve dans le code pénal. Comme l’explique Info-Société, le cadre juridique français offre une protection particulière aux jeunes délinquants. Pour les 13-16 ans, l’excuse de minorité s’applique de plein droit : elle divise par deux les peines maximales encourues. Pour les 16-18 ans, l’atténuation est facultative, mais le juge ne peut écarter l’excuse de minorité qu’en cas de récidive ou de circonstances graves, et encore faut-il que le parquet démontre ces éléments.

En dessous de 13 ans, la présomption de non-discernement est irréfragable : seules des mesures éducatives peuvent être prononcées. Résultat : un adolescent de 15 ans impliqué dans un vol en bande organisée encourt au maximum 7,5 ans de réclusion criminelle, contre 15 ans pour un adulte. Un calcul criminel parfaitement rationnel, qui fait des mineurs une main-d’œuvre idéale à bas risque pour les commanditaires. Comme le montre l’affaire du gang d’ados démantelé en février 2026, ces jeunes sont souvent déjà « défavorablement connus » des forces de l’ordre, mais cela ne suffit pas à dissuader les réseaux de les recruter.

Le rôle des réseaux sociaux dans le recrutement

Telegram, Snapchat, Instagram : les plateformes utilisées par les jeunes sont devenues des viviers de recrutement pour le crime organisé. Les commanditaires créent des groupes privés où ils diffusent des offres de « petits boulots » bien rémunérés. Un adolescent qui cherche à gagner de l’argent rapidement peut tomber sur une annonce promettant 500 euros pour « récupérer une voiture et la conduire à une adresse ». Le piège se referme vite. Une fois que le jeune a commis un premier vol, il est compromis et peut être menacé ou contraint de continuer.

Assurance auto et marché de l’occasion : comment les voleurs de Loire-Atlantique plombent ton budget

Les conséquences de ces vols ne se limitent pas aux victimes directes. Chaque home-jacking, chaque véhicule dérobé a un impact sur l’ensemble des automobilistes, et en particulier sur les jeunes conducteurs. La facture de l’assurance auto ne cesse d’augmenter, et la Loire-Atlantique n’est pas épargnée.

La surprime vol/incendie passe de 6 % à 9 % : chaque home-jacking aggrave la note collective

Selon LegiPermis, les primes d’assurance auto ont augmenté de 4 à 6 % en 2026, pour la troisième année consécutive. L’un des principaux facteurs de cette hausse est la surprime CatNat — le supplément appliqué aux garanties vol et incendie. Depuis le 1er janvier 2025, cette surprime est passée de 6 % à 9 %. En clair, chaque sinistre lié à un vol ou à un incendie fait grimper la note pour tous les assurés de la région.

À cela s’ajoute la hausse du coût des réparations, qui a bondi de 6 % en 2025. Les pièces détachées sont plus chères, la main-d’œuvre aussi. Et comme les vols massifs dans un département tirent les statistiques vers le haut, les assureurs répercutent cette hausse sur l’ensemble de leurs clients, y compris ceux qui n’ont jamais été victimes d’un vol. C’est le principe de la mutualisation : quand le nombre de sinistres augmente dans une zone, les primes augmentent pour tout le monde.

Jeunes conducteurs : pourquoi la facture d’assurance dépasse déjà 2 100 € et comment l’alléger

Pour les jeunes conducteurs, la situation est encore plus tendue. En 2026, la prime moyenne pour un conducteur de moins de 25 ans dépasse les 2 100 euros, selon LegiPermis. Un montant qui peut représenter plusieurs mois de salaire pour un étudiant ou un jeune actif. Mais il existe des solutions pour réduire la facture.

La première est de comparer les assureurs. Les tarifs varient du simple au double selon les compagnies, et certains proposent des offres spéciales pour les jeunes conducteurs. La deuxième est de choisir un modèle simple à réparer, dont les pièces sont facilement disponibles. Les voitures populaires comme la Renault Clio ou la Peugeot 208 sont souvent moins chères à assurer que des modèles plus rares. Enfin, augmenter la franchise volontaire permet de réduire la prime mensuelle, à condition d’avoir de côté de quoi payer la franchise en cas de sinistre.

L’impact des vols se fait aussi sentir sur le marché de l’occasion. Les modèles les plus volés — Toyota RAV4, Renault Mégane, Clio 4 — voient leurs prix augmenter par rareté. Les acheteurs potentiels se retrouvent face à des offres moins nombreuses et plus chères, ce qui complique encore l’accès à la mobilité pour les jeunes.

Le coût caché des vols pour les collectivités

Au-delà des particuliers, les vols de véhicules ont un coût pour les collectivités locales. Les forces de l’ordre mobilisent des moyens importants pour enquêter sur ces réseaux : la Section de recherches de Nantes a consacré plusieurs mois à cette affaire, avec des enquêteurs spécialisés, des écoutes téléphoniques et des surveillances physiques. Le coût de ces opérations est supporté par le budget de l’État, donc par les contribuables. Sans compter les frais de justice, d’incarcération et de suivi des mineurs délinquants.

Trois gestes et deux gadgets pour protéger sa voiture sans se ruiner

Face à cette menace, il n’y a pas de solution miracle. Mais quelques gestes simples et des équipements low-cost peuvent réduire les risques. Les gendarmes de la Section de recherches de Nantes, qui connaissent le mode opératoire des voleurs, recommandent trois réflexes essentiels.

Les réflexes oubliés qui dissuadent les voleurs : clés, boîtier OBD et réseaux sociaux

Le premier geste est le plus évident, mais aussi le plus souvent négligé : ne pas laisser les clés de voiture près de la porte d’entrée. Les home-jackings express décrits par Ouest-France — « barillet arraché, quelques secondes pour fracturer une porte, entrer, subtiliser les clés » — fonctionnent parce que les clés sont souvent accrochées à un porte-clés dans l’entrée, à portée de main. En les rangeant dans un tiroir fermé à clé ou dans une boîte métallique, on gagne les secondes qui feront fuir les voleurs.

Le deuxième geste concerne le boîtier OBD, cette prise de diagnostic située sous le tableau de bord. Les voleurs l’utilisent pour reprogrammer les clés électroniques et démarrer le véhicule sans avoir besoin de la clé d’origine. En verrouillant cette prise avec un petit cadenas spécifique (moins de 20 euros en ligne), on bloque cette technique de vol. 

Intérieur d'un entrepôt contenant des tapis de sol et des pneus usagés.
Intérieur d'un entrepôt contenant des tapis de sol et des pneus usagés. — (source)

Le troisième geste est numérique : ne pas publier ses trajets ou ses horaires de vacances sur les réseaux sociaux. Les voleurs surveillent les comptes Instagram, TikTok et Snapchat pour repérer les maisons inoccupées et les voitures garées dans l’allée. Un simple story « En route pour les vacances ! » peut suffire à signaler une cible potentielle.

Traceur GPS et AirTag : des solutions low-cost qui font la différence

Si les gestes préventifs sont essentiels, les gadgets low-tech peuvent aussi faire la différence. Un AirTag ou un SmartTag caché dans l’habitacle (sous un siège, dans la garniture de porte, dans le coffre) coûte entre 15 et 40 euros. Il permet de localiser le véhicule en temps réel via son smartphone, ce qui peut aider les forces de l’ordre à le retrouver rapidement après un vol.

Un traceur GPS dédié, branché sur la prise OBD ou caché dans le véhicule, coûte entre 50 et 100 euros et offre une localisation plus précise. Enfin, une canne antivol sur le volant (entre 30 et 60 euros) constitue une dissuasion visuelle efficace. Les voleurs recherchent la rapidité : si un véhicule nécessite plusieurs minutes pour être déverrouillé, ils passeront à la cible suivante.

Les gestes à adopter en cas de vol

Si malgré ces précautions votre véhicule est volé, chaque minute compte. Prévenez immédiatement les forces de l’ordre en composant le 17. Donnez le maximum de détails : modèle, couleur, immatriculation, numéro de série. Si vous avez installé un traceur GPS ou un AirTag, communiquez les informations de localisation aux enquêteurs. Plus la déclaration est rapide, plus les chances de retrouver le véhicule sont élevées.

Le démantèlement du réseau de Loire-Atlantique : quel impact réel sur la criminalité ?

Le coup de filet mené par la Section de recherches de Nantes est un succès judiciaire indéniable. Seize individus interpellés, un commanditaire mis en examen, un préjudice de deux millions d’euros mis au jour : les forces de l’ordre ont porté un coup sévère à ce réseau structuré. Mais ce démantèlement, aussi spectaculaire soit-il, ne résout pas le problème de fond.

Car le modèle de recrutement mis en lumière par cette affaire — des jeunes exécutants pilotés à distance depuis une prison via des messageries cryptées — est difficile à démanteler structurellement. Tant que le cadre juridique offrira une protection relative aux mineurs délinquants, et tant que les réseaux sociaux permettront un recrutement discret et rapide, d’autres commanditaires émergeront pour remplacer celui qui a été démantelé.

Pour les automobilistes, et en particulier pour les 16-25 ans, l’efficacité à long terme passe par la prévention et la responsabilisation. Les jeunes sont à la fois des victimes potentielles — leur voiture, souvent leur premier achat important, est une cible de choix — et des recrues potentielles pour les réseaux criminels. Comprendre les mécanismes de ces filières, adopter les gestes de protection simples, et mesurer les conséquences juridiques d’un passage à l’acte, voilà les leviers pour endiguer le phénomène. Le démantèlement de ce réseau en Loire-Atlantique est une bonne nouvelle. Mais la guerre contre le crime organisé, elle, est loin d’être terminée.

Conclusion

Le réseau démantelé en Loire-Atlantique révèle une réalité glaçante : le vol de véhicules n’est plus un simple délit de proximité, mais une industrie criminelle parfaitement organisée, connectée au grand banditisme et aux trafics internationaux. Soixante voitures dérobées, deux millions d’euros de préjudice, un commanditaire qui dirigeait ses troupes depuis sa cellule de prison via des messageries cryptées — ce bilan montre l’ampleur du phénomène.

Pour les automobilistes, les leçons sont claires. Les home-jackings explosent à Nantes et dans sa région, les modèles de milieu de gamme sont désormais aussi ciblés que les berlines allemandes, et les assureurs répercutent chaque sinistre sur l’ensemble des assurés. La hausse de la surprime vol/incendie, passée de 6 % à 9 %, pèse directement sur le budget des conducteurs, en particulier des jeunes qui paient déjà plus de 2 100 euros par an en moyenne.

Mais au-delà des chiffres, c’est le modèle de recrutement des jeunes qui interpelle. Les réseaux criminels exploitent les failles du système pénal — excuse de minorité, peines réduites pour les 13-16 ans — pour transformer des adolescents en exécutants jetables. Les 29 % de mineurs parmi les interpellés pour vols de voitures ne sont pas un hasard : c’est le résultat d’un calcul criminel froid et rationnel.

Le démantèlement de ce réseau est une victoire pour les forces de l’ordre. Mais sans une prise de conscience collective — des conducteurs qui adoptent les gestes de protection, des parents qui surveillent l’activité numérique de leurs enfants, des législateurs qui ajustent le cadre pénal —, d’autres réseaux prendront la relève. La lutte contre le crime organisé ne se gagne pas seulement sur le terrain judiciaire. Elle se joue aussi dans chaque garage, chaque domicile, chaque messagerie cryptée où un adolescent reçoit une offre trop belle pour être honnête.

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Questions fréquentes

Comment les ados sont recrutés pour voler des voitures ?

Les réseaux criminels recrutent des adolescents, parfois dès 13-14 ans, via des messageries cryptées comme Telegram, Snapchat ou Instagram. Ils leur promettent des sommes d'argent rapides et faciles pour des 'petits boulots' comme récupérer une voiture, exploitant l'excuse de minorité qui réduit les peines.

Pourquoi les Peugeot et Renault sont-elles plus volées ?

Les voleurs ciblent désormais les modèles de milieu de gamme comme les Peugeot 3008, Renault Mégane ou Toyota RAV4 car leurs pièces détachées se revendent facilement sur le marché parallèle. Les systèmes antivol des berlines allemandes se sont améliorés, rendant ces modèles plus complexes à voler.

Quel est le préjudice du réseau de vols en Loire-Atlantique ?

Le réseau démantelé en juin 2026 a dérobé soixante véhicules, causant un préjudice estimé à deux millions d'euros. Les voitures servaient à des enlèvements, des règlements de comptes et des trafics liés à la cryptomonnaie.

Comment protéger sa voiture contre le home-jacking ?

Rangez les clés loin de la porte d'entrée, verrouillez la prise OBD avec un cadenas spécifique (moins de 20 euros) et ne publiez pas vos trajets sur les réseaux sociaux. Un AirTag caché ou une canne antivol sur le volant dissuadent aussi les voleurs.

Pourquoi l'assurance auto augmente-t-elle à cause des vols ?

La surprime vol/incendie est passée de 6 % à 9 % depuis janvier 2025, répercutant chaque sinistre sur tous les assurés de la région. Les jeunes conducteurs paient déjà plus de 2 100 euros par an en moyenne, et les vols massifs font grimper les primes collectives.

Sources

  1. Le fléau de la livraison par drone dans les prisons · lemonde.fr
  2. actu.fr · actu.fr
  3. actu.fr · actu.fr
  4. auto-infos.fr · auto-infos.fr
  5. cnews.fr · cnews.fr
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Maxime Delbot @green-pulse

Ingénieur environnement à Grenoble et militant écolo discret, je suis l'actualité climatique et les transitions au quotidien. Je teste tout : vélo, compost, sobriété numérique. Je préfère les solutions concrètes aux grands discours catastrophistes.

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