Salle du conseil municipal de Drémil-Lafage avec buste de Marianne, portraits encadrés de Charles de Gaulle et d'Emmanuel Macron, et trois drapeaux dont ceux de l'UE et de la France.
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Le portrait du président dans les mairies : une tradition, pas une obligation

Aucun texte n'oblige un maire à accrocher le portrait du président de la République dans sa mairie. Le préfet de Seine-Saint-Denis l'a confirmé par écrit : il s'agit d'une coutume républicaine, pas d'une obligation légale. Cette pratique remonte à Adolphe Thiers, mais reste facultative.

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Un maire peut-il être obligé d'accrocher le portrait du président de la République dans sa mairie ? Non. Aucun texte ne le lui impose. L'affichage relève d'un usage ancré dans la tradition républicaine, et l'administration elle-même le rattache à la coutume plutôt qu'au droit. Le récent bras de fer de Saint-Denis le confirme.

Salle du conseil municipal de Drémil-Lafage avec buste de Marianne, portraits encadrés de Charles de Gaulle et d'Emmanuel Macron, et trois drapeaux dont ceux de l'UE et de la France.
Salle du conseil municipal de Drémil-Lafage avec buste de Marianne, portraits encadrés de Charles de Gaulle et d'Emmanuel Macron, et trois drapeaux dont ceux de l'UE et de la France. - (source)

Aucune loi ne l'exige

Sous la Ve République, l'affichage du portrait présidentiel dans les hôtels de ville est une tradition, sans obligation légale. Ni le Code général des collectivités territoriales, qui organise le fonctionnement des communes, ni aucun autre texte ne le rendent obligatoire.

La preuve la plus nette vient d'un préfet. Dans un courrier daté du mardi 5 mai et rapporté par Le Parisien, le préfet de Seine-Saint-Denis, Julien Charles, écrit au maire de Saint-Denis que l'accrochage du portrait du président "ne relève d'aucune obligation légale" et qu'il constitue un usage de la tradition républicaine. L'autorité qui réclame le retour du portrait reconnaît donc, noir sur blanc, qu'aucune loi ne l'impose.

Une coutume installée dès la IIIe République

La tradition a une origine identifiable. Selon la documentation officielle (DILA), Adolphe Thiers, président de 1871 à 1873, fut le premier à instaurer un affichage systématique du portrait officiel du président dans les mairies et les lieux publics. La pratique s'est ensuite diffusée dans les communes, sans jamais être inscrite dans la loi.

En 2023, un amendement voté mais jamais appliqué

La question est pourtant revenue devant le Parlement. Lors de l'examen en première lecture du 10 mai 2023, un amendement adopté a rendu obligatoire "l'affichage du portrait officiel du président de la République" dans les mairies, comme le relève l'Association des maires de France. Le même texte prévoyait des obligations de pavoisement qui, en l'état, ne devaient s'appliquer qu'aux communes de plus de 1 500 habitants : plus de deux tiers des communes (environ 26 000) auraient été dispensées. Un premier amendement avait porté le seuil à 3 500 habitants, avant qu'un second ne le ramène à 1 500.

L'issue était incertaine. L'AMF notait alors : "Il reste à voir le sort que le Sénat réservera à ce texte." Le texte n'est jamais arrivé au Sénat et la mesure n'est jamais entrée en vigueur. L'amendement a par ailleurs suscité des critiques sur la personnalisation du pouvoir.

Une proposition de loi dédiée au portrait

Avant cela, une initiative parlementaire avait déjà ciblé le sujet. Une proposition de loi n° 3861, déposée le 9 février sous la XVe législature, visait à rendre obligatoire l'affichage du portrait du président de la République dans les mairies. Déposer un texte ne crée pas une obligation : aucune règle de ce type n'est aujourd'hui en vigueur.

Saint-Denis : un retrait, une demande préfectorale

Le débat a ressurgi au printemps 2026. Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a indiqué avoir décroché le portrait d'Emmanuel Macron de sa mairie. Le préfet lui a demandé, dans ce même courrier, de "renouer avec l'usage républicain" en remettant le portrait en place. Le maire assume son choix : "Notre démarche s'inscrit dans une parfaite légalité et nous l'assumons pleinement."

Il est en effet dans son droit. Selon une analyse juridique citée par TF1 Info, lorsque le portrait du président trône seul dans le bureau du maire, il peut être retiré sans que cela constitue une atteinte au principe de neutralité.

Buste blanc de Marianne posé sur un support en bois, drapeau français et portrait encadré d'Emmanuel Macron accroché au mur dans une mairie.
Buste blanc de Marianne posé sur un support en bois, drapeau français et portrait encadré d'Emmanuel Macron accroché au mur dans une mairie. - (source)

Un choix politique et symbolique

Un maire qui décroche le portrait n'enfreint donc aucune loi, même si un préfet peut lui demander de le remettre au nom de l'usage. La décision relève d'un choix politique et symbolique, pas d'une contrainte juridique.

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Questions fréquentes

Le portrait du président est-il obligatoire en mairie ?

Non. Aucun texte ne l'impose ; l'affichage relève d'un usage de la tradition républicaine.

Qui a instauré le portrait du président dans les mairies ?

Adolphe Thiers, président de 1871 à 1873, fut le premier à instaurer un affichage systématique du portrait officiel dans les mairies et les lieux publics.

Un maire peut-il décrocher le portrait du président ?

Oui. Selon une analyse juridique citée par TF1 Info, lorsque le portrait trône seul dans le bureau du maire, il peut être retiré sans constituer une atteinte au principe de neutralité.

L'amendement de 2023 sur le portrait a-t-il été appliqué ?

Non. Le texte n'est jamais arrivé au Sénat et la mesure n'est jamais entrée en vigueur.

Que demande le préfet de Seine-Saint-Denis au maire de Saint-Denis ?

Il lui demande de "renouer avec l'usage républicain" en remettant le portrait en place.

Sources

  1. Les maires sont-ils vraiment obligés d’accrocher le portrait du président de la République dans leur bureau ? · 20minutes.fr
  2. Saint-Denis : « Nous l’assumons pleinement »… Le portrait de Macron restera décroché, confirme le maire Bagayoko · 20minutes.fr
  3. Colère des lycéens à Saint-Denis : Le préfet signale Bally Bagayoko à la justice pour « incitation à commettre un délit » · 20minutes.fr
  4. Le préfet demande à Bally Bagayoko de remettre au mur le portrait de Macron · 20minutes.fr
  5. Pavoisement, portrait du chef de l'État : l'Assemblée nationale adopte en première lecture de nouvelles obligations pour les mairies · amf.asso.fr
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Quentin Dubot @life-hacker

Je suis le roi de la débrouille. Tu veux économiser sur ton abonnement téléphone ? J'ai un hack. Ton appart est mal rangé ? J'ai un système. Originaire de Clermont-Ferrand, je travaille comme assistant administratif mais ma vraie vocation, c'est d'optimiser la vie des gens. Mes guides sont ultra-pratiques, étape par étape, avec toutes les astuces que j'ai testées moi-même. Le bon plan, c'est ma religion.

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