Document imprimé présentant le nouveau passeport américain avec le portrait de Donald Trump.
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Passeport Trump : pourquoi le document officiel est devenu le mème ultime du Web

Le 27 juin 2026, Donald Trump dévoile un passeport à son effigie, déclenchant une tempête virale. Cet article décrypte comment ce document officiel, tiré à seulement 40 000 exemplaires, est devenu le meme ultime du Web…

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De « Welcome, but be good ! » à l’explosion virale : récit d’une annonce qui a mis le feu à la Toile

Le 27 juin 2026, Donald Trump publie sur Truth Social une image qui va déclencher une tempête numérique sans précédent. On y voit un passeport américain orné de son portrait, de sa signature et d’une phrase pour le moins inhabituelle : « Le nouveau passeport des États-Unis qui dit : Bienvenue, mais soyez sages ! » (Welcome, but be good !). En quelques heures, les médias du monde entier s’emparent de l’information, les réseaux sociaux s’embrasent, et ce qui devait être une simple édition commémorative devient le nouveau terrain de jeu favori des créateurs de memes.

Document imprimé présentant le nouveau passeport américain avec le portrait de Donald Trump.
Document imprimé présentant le nouveau passeport américain avec le portrait de Donald Trump. — (source)

L’annonce tombe à un moment particulier. Les États-Unis s’apprêtent à célébrer le 250ᵉ anniversaire de la Déclaration d’indépendance, et le président multiplie les projets grandioses. Mais ce coup-ci, il touche à un symbole d’État que personne n’avait osé personnaliser avant lui. Le choc est immédiat, et la Toile ne tarde pas à réagir.

Les 140 signes qui ont changé la perception du passeport américain

Le message de Trump sur Truth Social est un chef-d’œuvre d’ambiguïté. « Le nouveau passeport des États-Unis qui dit : Bienvenue, mais soyez sages ! » La formule, à la fois paternaliste et badine, sonne comme un avertissement adressé aux voyageurs. Problème : cette phrase n’apparaît nulle part sur le document officiel. Le président décrit un passeport imaginaire, ou du moins embellit la réalité d’une manière qui lui est coutumière.

Portrait officiel du président Donald J. Trump, janvier 2025.
Portrait officiel du président Donald J. Trump, janvier 2025. — (source)

Les médias ne se font pas prier pour relayer l’information. France24, Orange, CNN, la BBC, le Guardian — tous titrent sur cette première historique. Aucun président américain en exercice n’avait jamais figuré sur un passeport. La signature de Trump, qui apparaît également sur les futurs billets de 100 dollars, achève de briser un tabou vieux de plusieurs décennies.

Ce qui frappe dans cette annonce, c’est la rapidité avec laquelle elle bascule du registre de l’information sérieuse à celui du divertissement viral. Dès le 28 juin, les premiers photomontages circulent sur X et Reddit. Le « Patriot Passport » devient un sujet de discussion dans les chaînes d’info en continu, mais aussi sur TikTok, où des tutoriels pour « fabriquer son propre passeport Trump » cumulent des millions de vues.

Le regard noir et les poings serrés : plongée dans le design du « Patriot Passport »

Le design final du passeport, dévoilé le 27 juin, diffère sensiblement de la maquette d’avril. La version définitive montre un portrait en trois-quarts de Trump, penché sur le Bureau Ovale, les poings fermés, le regard noir. La photo, signée Daniel Torok, photographe officiel de la Maison Blanche, est la même que celle exposée au Smithsonian dans le cadre de l’exposition « America’s Presidents ».

Portrait officiel de Donald Trump, 45e président des États-Unis.
Portrait officiel de Donald Trump, 45e président des États-Unis. — (source)

La première page du document superpose le drapeau américain, la signature dorée du président — passée au noir dans la version finale — et le texte de la Déclaration d’indépendance. La page intérieure reproduit le tableau de John Trumbull représentant la signature de la Déclaration en 1776. Au dos, un « 250 » doré trône au milieu de treize étoiles, rappelant les treize colonies fondatrices.

Cette esthétique martiale et quasi-monarchique n’est pas passée inaperçue. Le Guardian décrit un document qui semble « tout droit sorti d’un film de propagande », tandis que la BBC souligne le contraste entre la solennité des Pères fondateurs et la posture agressive du président. Les mèmes ne tardent pas à exploiter ce décalage : Trump en empereur romain, Trump en monarque absolu, Trump en dictateur nord-coréen. Le design lui-même, par son excès, fournit aux satiristes un matériau de premier choix.

4 juillet 2026 : l’indépendance fêtée par un roi ? L’ironie du calendrier

Le 4 juillet 2026 marque le 250ᵉ anniversaire de la Déclaration d’indépendance. C’est le jour où les treize colonies américaines ont officiellement rompu avec la monarchie britannique pour fonder une république. C’est aussi la date choisie pour le lancement du « Patriot Passport », un document qui place le portrait du président en exercice au même rang que celui des souverains européens.

L’ironie est trop belle pour que les commentateurs la laissent passer. Time Magazine, dans son édition du 29 avril, établit un parallèle direct entre Trump et le roi Charles III, en visite d’État aux États-Unis au même moment. Le contraste est saisissant : d’un côté, un monarque constitutionnel qui s’efface derrière les institutions ; de l’autre, un président élu qui s’approprie les symboles de l’État pour son propre compte.

Les historiens interrogés par Courrier International et The Bulwark ne cachent pas leur malaise. Edward Kolla, professeur à Georgetown University et spécialiste de l’histoire des passeports, résume la situation en une phrase : « Nulle part dans le monde, un chef d’État en vie n’apparaît sur un passeport. » Le parallèle avec les régimes autoritaires est immédiat, et les mèmes s’en emparent avec une gourmandise non dissimulée.

Le « Patriot Passport » décrypté : 40 000 exemplaires et zéro précédent historique

Derrière le buzz et les mèmes, il y a des faits précis qui donnent à cette affaire une dimension historique. Le « Patriot Passport » n’est pas un simple gadget présidentiel : c’est une anomalie administrative, un objet que presque personne ne pourra jamais obtenir, mais dont tout le monde parle.

Les chiffres donnent le vertige. Quarante mille exemplaires, pas un de plus. Disponible uniquement sur rendez-vous à la Washington Passport Agency. Pas de commande en ligne, pas de service postal. Deux événements spéciaux d’acceptation en août et septembre. Le tout au même prix qu’un passeport standard. La rareté physique contraste violemment avec l’omniprésence numérique du sujet.

Pourquoi seuls 40 000 privilégiés (et habitants de Washington) pourront le toucher

Le dispositif logistique est conçu pour créer une pénurie artificielle. À partir du 6 juillet 2026, seuls les résidents ou visiteurs capables de se rendre en personne à l’agence de Washington peuvent espérer obtenir le précieux sésame. Pas de dérogation, pas de file d’attente prioritaire. Les 40 000 exemplaires sont distribués selon le principe du « premier arrivé, premier servi », et une fois épuisés, ils ne seront jamais réédités.

Le New York Times, qui a révélé le chiffre exact, souligne le paradoxe : un document d’identité que presque personne ne possédera devient l’objet le plus discuté du pays. Les collectionneurs s’arrachent déjà les premières impressions sur des sites comme eBay, où les enchères atteignent plusieurs milliers de dollars. Mais pour le commun des mortels, le « Patriot Passport » reste un fantasme, une image que l’on ne peut qu’admirer sur les écrans.

Cette rareté alimente la créativité des internautes. Puisque le vrai passeport est inaccessible, on fabrique le sien. Les tutoriels TikTok pour « fabriquer un passeport Trump en carton » fleurissent. Les photomontages se multiplient. Le manque physique devient le moteur de l’abondance numérique.

« Délirant » : ce que disent les historiens des passeports de la décision Trump

Edward Kolla, professeur à Georgetown University, n’y va pas par quatre chemins. Interrogé par The Bulwark, il qualifie l’initiative de « délirante ». Son argument est simple : le passeport est un symbole d’État, pas de personne. Dans toutes les démocraties du monde, le document de voyage représente la nation, pas son dirigeant du moment.

Kolla rappelle que même dans les régimes autoritaires, cette règle a été respectée. Staline n’apparaît pas sur les passeports soviétiques. Mao ne figure pas sur les passeports chinois. Poutine, malgré vingt-cinq ans au pouvoir, n’a jamais osé imposer son effigie sur les documents officiels. Trump est le premier, et c’est ce qui rend la décision « délirante » aux yeux des spécialistes.

Le vocabulaire employé par les historiens est inhabituellement fort. « Délire », « aberration », « précédent dangereux » — les mots choisis traduisent une inquiétude qui dépasse le simple désaccord politique. Pour ces chercheurs, le passeport Trump n’est pas une fantaisie présidentielle : c’est une rupture avec les conventions qui régissent les démocraties modernes.

Poutine, Xi, Kim : un spécialiste classe le passeport Trump dans une catégorie inédite

Patrick Bixby, professeur à l’Arizona State University et auteur de License to Travel : A Cultural History of the Passport, va encore plus loin. Dans une interview accordée au HuffPost, il déclare : « Il n’y a aucun précédent, même dans les régimes autoritaires — Staline ou Mao. »

Bixby explique que le passeport est un document qui appartient à l’État, pas à l’individu qui l’utilise ni à celui qui le dirige. Mettre un dirigeant en vie sur un passeport, c’est brouiller la frontière entre la fonction et la personne. C’est transformer un symbole républicain en outil de propagande personnelle.

La comparaison avec les dictateurs est inévitable, mais Bixby insiste sur un point : même les pires régimes du XXe siècle n’ont pas franchi ce cap. Staline et Mao étaient des autocrates absolus, mais ils respectaient encore la distinction entre l’État et leur personne. Trump, lui, l’efface complètement. C’est ce constat qui donne à l’affaire une dimension historique que les mèmes, malgré leur légèreté apparente, ne parviennent pas à masquer.

L’Arc de Trump, la pièce « Fight » et le billet de 100 $ : la mécanique du culte du chef

Le passeport n’est pas un accident. C’est la pièce maîtresse — ou presque — d’une vaste opération de branding d’État lancée à l’occasion du 250ᵉ anniversaire de l’indépendance américaine. Pour comprendre pourquoi ce document a déclenché une telle tempête, il faut le replacer dans un contexte plus large : celui d’une administration qui n’hésite plus à mêler les symboles nationaux à l’image personnelle du président.

Le Figaro, dans une analyse détaillée, dresse l’inventaire des projets présidentiels. Pièces de monnaie, billets de banque, bâtiments publics, navires de guerre — rien n’échappe à la fièvre du marquage. Le passeport n’est que la dernière manifestation d’une tendance qui s’accélère depuis le retour de Trump au pouvoir.

De la pièce « Fight! Fight! Fight! » à la signature sur le dollar : une conquête systématique

En janvier 2026, la Maison Blanche annonce la frappe d’une pièce de 1 dollar à l’effigie de Trump, le poing levé, avec l’inscription « FIGHT FIGHT FIGHT ». La pièce, frappée en or 24 carats, est vendue à prix d’or aux collectionneurs. Problème : une loi fédérale interdit de représenter un président en exercice sur les pièces de monnaie. La Maison Blanche contourne l’obstacle en qualifiant la pièce d’« objet commémoratif » plutôt que de monnaie officielle.

Quelques semaines plus tard, c’est au tour des billets de 100 dollars. Pour la première fois depuis 165 ans, la signature d’un président en exercice apparaîtra sur la monnaie américaine. La décision, validée par le Trésor, brise un tabou que même les présidents les plus populaires — Reagan, Kennedy, Roosevelt — avaient respecté.

Le Figaro mentionne également les passes de parc national à l’effigie de Trump, les médailles commémoratives, les timbres-poste. Chaque symbole national est méthodiquement réquisitionné pour servir la marque « Trump ». Le passeport n’est que le dernier domino d’une série qui semble obéir à une logique implacable.

76 mètres, un MMA fight et un Grand Prix : le programme délirant des 250 ans

Le Huffington Post dresse un inventaire tout aussi spectaculaire des projets « America 250 ». Au sommet de la liste : un arc de triomphe de 76 mètres de haut, soit 26 mètres de plus que l’Arc de Triomphe de Paris. Initialement baptisé « Arc de Trump », le monument doit surplomber le National Mall à Washington. Un juge fédéral a depuis ordonné le retrait du nom présidentiel, mais le projet reste d’actualité.

Le programme inclut également un combat de MMA organisé à la Maison Blanche pour les 80 ans de Trump, le 14 juin 2026. Un « Freedom Grand Prix 250 » doit transformer les rues de Washington en circuit de Formule 1 du 21 au 23 août. Enfin, une « Great American Fair » s’installera sur le National Mall du 25 juin au 10 juillet, avec des reconstitutions historiques et des attractions foraines.

Chacun de ces projets pris isolément peut sembler extravagant. Mis bout à bout, ils dessinent une stratégie cohérente : faire du 250ᵉ anniversaire de l’indépendance une célébration non pas de la nation, mais de son président. Le passeport s’inscrit parfaitement dans cette logique.

Qui finance le rêve Trump ? L’addition salée pour l’État fédéral

Derrière le faste et les annonces grandioses, une question demeure : qui paie ? Le Département d’État a dû détourner une partie de sa capacité de production pour imprimer les 40 000 passeports commémoratifs. Le Kennedy Center a été renommé « Trump Kennedy Center » — un juge a depuis ordonné le retrait du nom, mais les frais de changement de signalétique ont déjà été engagés.

Un nouveau navire de guerre de classe « Trump » est proposé au Congrès. L’Institut américain pour la paix a été renommé. L’aéroport de Palm Beach doit être rebaptisé. Chaque projet a un coût, et ce coût est supporté par le contribuable américain.

Il ne s’agit pas ici de juger la légitimité de ces dépenses, mais de constater un fait : l’administration Trump utilise les ressources de l’État fédéral pour promouvoir l’image personnelle du président. Le passeport n’est qu’un exemple parmi d’autres, mais c’est peut-être le plus frappant, parce qu’il touche à un document que chaque citoyen possède ou possédera un jour.

« Un roi se comporte mieux » : le clash politique qui transforme le passeport en symbole

Le 29 avril 2026, le sénateur démocrate Chris Van Hollen monte à la tribune du Sénat. Il vient d’apprendre que le passeport américain va porter l’effigie de Donald Trump. Sa réaction est cinglante : « C’est un jour effrayant en Amérique quand un véritable roi se comporte de manière plus démocratique que le président des États-Unis. »

La phrase fait le tour du monde. Time Magazine la reprend en une. Les réseaux sociaux s’en emparent. En quelques heures, le parallèle entre Trump et le roi Charles III devient le sujet de discussion dominant.

Quand le Roi Charles III fait figure de démocrate : l’ironie cinglante du sénateur Van Hollen

Le contexte est crucial. Au moment où Trump dévoile son passeport, le roi Charles III est en visite d’État aux États-Unis. Le monarque britannique, pourtant chef d’un État où la monarchie est héréditaire, se montre d’une discrétion exemplaire. Pas de portrait sur les documents officiels, pas de signature sur la monnaie, pas de tentative d’appropriation des symboles nationaux.

Van Hollen exploite ce contraste avec une efficacité redoutable. « Un roi se comporte mieux », résume-t-il. La formule est simple, mais elle touche juste. Elle résume en une phrase ce que des dizaines d’éditoriaux peinent à expliquer : la dérive personnaliste de l’administration Trump est plus monarchique que la monarchie elle-même.

Les médias conservateurs tentent de minimiser l’incident. Fox News affirme qu’il s’agit d’une « édition limitée inoffensive ». Mais le mal est fait. Le parallèle avec Charles III est désormais gravé dans l’esprit du public, et les mèmes ne tardent pas à exploiter la veine.

The Bulwark et les historiens : comment le vrai scandale a été révélé

C’est The Bulwark, un média conservateur anti-Trump, qui a révélé l’information en premier. Le 28 avril 2026, le site publie un article détaillant le projet de passeport commémoratif, avec des sources au sein du Département d’État. La nouvelle est reprise par Fox News, puis par CNN, puis par le monde entier.

Le rôle de The Bulwark dans cette affaire est intéressant. En brisant l’exclusivité, le média a transformé ce qui aurait pu rester une décision administrative discrète en un débat national. Les historiens convoqués par le site — Edward Kolla en tête — ont fourni le cadre analytique qui manquait aux commentateurs politiques.

Kolla, dans son interview à The Bulwark, utilise le mot « délirante » pour qualifier l’initiative. Le terme est fort, mais il est repris par Courrier International, par la BBC, par le Guardian. En quelques jours, le consensus académique est clair : le passeport Trump est une aberration historique sans précédent.

Démocrates contre Républicains : le clivage sur la normalisation de l’effigie

La réaction politique est prévisible. Les démocrates crient au scandale. Les républicains, dans leur majorité, restent silencieux ou applaudissent le « patriotisme » du geste. Quelques voix discordantes s’élèvent dans le camp conservateur — des sénateurs comme Mitt Romney expriment leur malaise — mais elles sont rares et peu relayées.

Ce clivage révèle une réalité plus profonde : la normalisation de l’effigie présidentielle. Pour la base républicaine, voir Trump sur un passeport n’est pas choquant. C’est même une fierté. Le président est perçu non pas comme un dirigeant temporaire, mais comme l’incarnation de la nation elle-même.

Les démocrates, eux, y voient une dérive autoritaire. Ils comparent Trump à Poutine, à Orban, à Erdogan. Le débat dépasse le simple cadre du passeport pour devenir un référendum sur l’état de la démocratie américaine.

Le meme de la décennie : pourquoi les photoshops de ce passeport sont un carburant créatif infini

Si le passeport Trump est devenu un phénomène viral, ce n’est pas seulement à cause de sa portée politique. C’est aussi parce qu’il offre un terrain de jeu créatif sans précédent. Les mèmes qui en découlent sont aussi nombreux que variés, et ils témoignent d’une inventivité débordante.

La raison est simple : le design du passeport est tellement surchargé de symboles qu’il se prête à toutes les interprétations. Le regard noir de Trump, ses poings serrés, la signature dorée, la Déclaration d’indépendance en arrière-plan — chaque élément peut être détourné, exagéré, parodié.

Des dictateurs aux fast-foods : le grand déballage des photomontages

Les catégories de mèmes sont nombreuses. La plus évidente est la comparaison avec les dictateurs. On voit Trump coiffé comme Kim Jong-un, Trump serrant la main de Poutine, Trump en uniforme de général soviétique. Un photomontage particulièrement réussi montre un passeport soviétique avec le portrait de Staline, accompagné de la légende : « Même lui n’a pas osé. »

Passeports américains standards, avec le sceau officiel et les inscriptions dorées.
Passeports américains standards, avec le sceau officiel et les inscriptions dorées. — (source)

Une autre catégorie exploite l’absurdité du design. Trump en couche-culotte, Trump en empereur romain, Trump en personnage de dessin animé. Un mème viral sur X montre le passeport avec la photo de Trump remplacée par celle d’un golden retriever, avec la légende : « Au moins, lui, il est sympa. »

Les fast-foods ne sont pas en reste. Trump devant un McDonald’s, Trump tenant un seau de KFC, Trump engloutissant un hamburger. La boulimie visuelle du président se prête à toutes les exagérations.

Enfin, il y a les mèmes « méta », ceux qui commentent le phénomène lui-même. Un utilisateur de Reddit poste une photo de son passeport standard avec la légende : « J’ai le vieux modèle, celui sans le roi. » Le post cumule 50 000 upvotes en quelques heures.

TikTok, X, Reddit : la cartographie virale d’un objet que personne n’a

Le paradoxe est frappant : le passeport Trump est introuvable, mais tout le monde en parle. Sur TikTok, les vidéos utilisant le son « Welcome, but be good ! » cumulent des millions de vues. Des créateurs proposent des tutoriels pour « fabriquer son propre passeport Trump » avec du carton, des ciseaux et du scotch doré.

Sur X, le hashtag #TrumpPassport est resté dans le top 10 des tendances pendant trois jours consécutifs. Les comptes parodiques se multiplient. Un faux compte du Département d’État tweete des « mises à jour » sur la disponibilité du passeport, avec des messages de plus en plus absurdes.

Reddit, comme souvent, est le lieu où la créativité collective s’exprime le mieux. Le subreddit r/PhotoshopBattles organise un concours de détournement du passeport Trump. Les participations sont si nombreuses que les modérateurs doivent créer un fil dédié. Certains montages sont d’une qualité professionnelle, d’autres volontairement grotesques.

Le point commun de toutes ces créations ? Elles jouent sur l’absence de l’objet réel. Puisque personne ne peut montrer le vrai passeport, tout le monde peut inventer le sien.

Le cercle vertueux du buzz : des médias aux memes, et des memes aux médias

Le phénomène suit un cycle bien rodé. Un article du Guardian décrit le design du passeport. Reddit s’en empare et produit des mèmes. BuzzFeed compile les meilleurs mèmes dans un article. Franceinfo cite BuzzFeed. Les mèmes deviennent alors une source d’information à part entière.

Ce cercle vertueux — ou vicieux, selon le point de vue — explique pourquoi le passeport Trump a dominé l’actualité pendant si longtemps. Chaque nouveau mème génère un nouvel article, chaque nouvel article génère de nouveaux mèmes. L’objet physique, lui, reste inaccessible, ce qui ne fait qu’alimenter le désir et la créativité.

Les médias traditionnels, d’abord réticents à traiter le sujet, finissent par s’y intéresser. Le New York Times publie une analyse sur « la transformation du passeport en objet de culte ». Le Washington Post interviewe des historiens. CNN organise un débat entre experts.

Le passeport Trump est devenu un objet purement médiatique, un symbole qui existe davantage dans les représentations qu’il génère que dans sa réalité matérielle. C’est peut-être là sa véritable force.

Conclusion : le passeport fantôme, miroir grotesque de l’Amérique de 2026

Le « Patriot Passport » résume à lui seul l’absurdité et la gravité de l’Amérique de 2026. C’est un objet que presque personne ne possédera jamais, mais qui a dominé le cycle de l’actualité et la culture Internet pendant des semaines. C’est un document officiel qui ressemble à un accessoire de film de propagande. C’est une édition limitée qui est devenue un phénomène planétaire.

Pourquoi 40 000 passeports virtuels pèsent plus lourd que des millions de vrais documents

L’ironie centrale de cette affaire est que le passeport Trump n’existe presque pas. Quarante mille exemplaires, c’est une goutte d’eau dans un pays de 330 millions d’habitants. Pourtant, ce document fantôme a généré plus de discussions que n’importe quelle loi, n’importe quelle réforme, n’importe quelle décision de politique étrangère.

C’est le symbole d’une époque où le symbole compte plus que la substance. Le passeport Trump n’est pas important parce qu’il change quoi que ce soit à la vie des Américains. Il est important parce qu’il dit quelque chose de l’Amérique elle-même : un pays où un président peut s’approprier les symboles de l’État sans que personne ne l’en empêche, où la frontière entre la fonction et la personne s’efface chaque jour un peu plus.

Rire pour ne pas pleurer : ce que le meme dit vraiment de la démocratie américaine

Les mèmes sont un exutoire. Ils permettent de rire de ce qui inquiète, de détourner ce qui dérange, de rendre absurde ce qui est grave. Le passeport Trump est devenu le meme parfait parce qu’il est à la fois ridicule et terrifiant, réel et virtuel, intouchable et omniprésent.

Mais derrière le rire, il y a une inquiétude réelle. Le glissement vers l’effigie personnelle, la normalisation du marketing d’État, le précédent historique que même les autocrates n’avaient pas osé — tout cela dit quelque chose de la santé démocratique américaine.

Edward Kolla, Patrick Bixby, Chris Van Hollen : tous disent la même chose, avec des mots différents. Le passeport Trump n’est pas un gadget. C’est un symptôme. Le symptôme d’un culte de la personnalité qui dépasse tout ce que les démocraties modernes avaient connu.

Le rire est salvateur, mais le malaise demeure. Et c’est peut-être cette tension entre l’absurde et le grave qui fait du passeport Trump le meme le plus puissant de l’année.

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Questions fréquentes

Trump apparaît-il sur le nouveau passeport américain ?

Oui, le passeport commémoratif dévoilé le 27 juin 2026 porte le portrait, la signature et une phrase de Donald Trump. C'est une première historique : aucun président américain en exercice n'avait jamais figuré sur un passeport.

Combien d'exemplaires du passeport Trump sont disponibles ?

Seulement 40 000 exemplaires sont produits, distribués uniquement sur rendez-vous à la Washington Passport Agency. Aucune commande en ligne ni service postal n'est proposé, ce qui crée une pénurie artificielle.

Pourquoi les historiens qualifient-ils le passeport Trump de délirant ?

Les historiens soulignent que même les dictateurs comme Staline ou Mao n'ont jamais mis leur effigie sur un passeport. Edward Kolla de Georgetown University estime que cette décision brise un tabou démocratique en confondant l'État et la personne du président.

Quel lien avec le roi Charles III dans cette affaire ?

Le sénateur Chris Van Hollen a ironisé sur le fait que le roi Charles III, en visite aux États-Unis, se comporte de manière plus démocratique que Trump. Le monarque britannique n'apparaît pas sur les documents officiels, contrairement au président américain.

Quels autres symboles Trump a-t-il personnalisés pour les 250 ans ?

Outre le passeport, Trump a fait frapper une pièce de 1 dollar à son effigie avec l'inscription « FIGHT FIGHT FIGHT », et sa signature apparaît sur les billets de 100 dollars. Un arc de triomphe de 76 mètres était aussi prévu.

Sources

  1. États-Unis : un passeport à l'effigie de Trump en édition limitée · france24.com
  2. États-Unis : Donald Trump révèle de nouveaux passeports à son effigie : Actualités - Orange · actu.orange.fr
  3. bbc.com · bbc.com
  4. courrierinternational.com · courrierinternational.com
  5. Le visage de Donald Trump va figurer face aux pères fondateurs dans un nouveau passeport américain "en édition limitée" · dailymotion.com
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Hugo Lambot @fact-checker

Étudiant en journalisme à Lille, je passe mes journées à vérifier ce qui circule sur les réseaux avant de le partager. Les fake news, c'est mon ennemi juré : je préfère un fait vérifié à un buzz facile. Mon rêve, c'est de bosser dans une cellule de fact-checking d'un grand média.

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