La France compte 15 405 passages à niveau (PN) en 2017. Ces croisements entre voies ferrées et routes provoquent chaque année une centaine d'accidents et environ 20 morts.

Un parc en diminution, sous responsabilité de l'État
Le ministère chargé des transports gère ces ouvrages. En 1938, on en dénombrait 33 500, contre 25 000 en 1980. En 2017, 0,4 % se situaient sur routes nationales, 31,4 % sur départementales et 68,2 % sur voies communales.
L'article L. 1614-1 du code des transports impose un diagnostic de sécurité routière des PN. Le gestionnaire de voirie doit le réaliser avec le gestionnaire ferroviaire. Un arrêté du 3 mai 2021 précise les modalités. Ce cadre légal vise à repérer les points sensibles, mais il ne supprime pas le risque lié aux comportements.
Une centaine d'accidents et environ 20 morts par an
En 2024, la SNCF a recensé 89 accidents aux passages à niveau et 20 décès, selon le rapport annuel de sécurité de SNCF Réseau et l'EPSF cités par Centre-secufer et confirmés par ICI. C'est le plus bas niveau depuis huit ans. Pour 2025, des extraits de SNCF Réseau indiquent environ 113 accidents et 22 morts, avec un léger écart selon les sources (112 ou 113).
Les drames récents le montrent : le 7 avril 2026, un TGV percute un poids lourd à Bully-les-Mines (Pas-de-Calais). Le conducteur du train meurt, 16 personnes sont blessées. Le 25 mars 2026, un TER heurte un convoi exceptionnel à Saint-Raphaël (Var) ; le conducteur du camion, âgé de 60 ans, décède. Ces collisions à fort impact rappellent d'autres accidents mortels comme le Loiret : un hélicoptère de la gendarmerie se crashe près d’Orléans, plusieurs morts redoutés.

En Haute-Garonne, la préfecture et SNCF Réseau alertent : 8 personnes ont perdu la vie depuis le 1er janvier 2026, contre 5 sur toute l'année 2025. Le 16 juin 2026, une opération de sensibilisation a réuni automobilistes, piétons, cyclistes et utilisateurs de trottinettes au passage à niveau du boulevard Déodat-de-Séverac à Toulouse. David Foltz, directeur de cabinet du préfet, évoque « une dynamique mortifère ». La préfecture précise qu'une grande majorité de ces décès locaux relève de suicides, un facteur distinct des accidents de circulation.
Le non-respect du code de la route, cause principalement humaine
Selon la Sécurité routière, dans la grande majorité des cas, ce sont les automobilistes qui ne respectent pas le code en traversant barrières baissées ou feu rouge. Le ministre des Transports Philippe Tabarot a rappelé le 7 avril 2026 : « Quand la barrière commence à se baisser, il ne faut pas accélérer mais s'arrêter. »

Arnaud Aymé, ingénieur et spécialiste des transports chez Sia Partners, explique sur franceinfo que le train freine mal. À 160 km/h, il faut presque un kilomètre pour s'arrêter en urgence. « Il n'y a pas de solution évidente » pour sécuriser tous les PN, car supprimer un passage à niveau exige des travaux lourds (pont ou tunnel) au budget infini.
Prévention et cadre légal : sensibiliser sans cibler une tranche d'âge non prouvée
SNCF Réseau cible désormais explicitement la micromobilité : usagers « à pied, en trottinette, à vélo ou en voiture ». Des campagnes de prévention incluent des interventions gratuites d'agents en écoles, collèges et lycées, ainsi que des dispositifs en réalité virtuelle. Toutefois, les sources consultées ne confirment pas une surreprésentation statistique des 16-25 ans dans les accidents. La prévention reste donc comportementale pour tous.
Le diagnostic de sécurité routière obligatoire (art L.1614-1) et le programme de sécurisation national créé en 1997 constituent les outils réglementaires. Ils identifient les PN prioritaires, mais la plupart des accidents restent imputables aux usagers, pas à l'infrastructure.
La prévention partagée rejoint d'autres enjeux de sécurité traités par nos rédactions, comme Avalanches dans les Hautes-Alpes : comprendre les risques pour skier hors-piste en sécurité, où la connaissance du risque modifie les comportements.