Gros plan sur les pieds nus d’un bébé endormi sous une couverture rouge.
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Oise : 2,14 g d'alcool dans le sang de Jeanne (21 mois) — retour sur un coma éthylique en crèche

Le 17 mars 2026, Jeanne, 21 mois, est hospitalisée avec 2,14 g d'alcool par litre de sang après une journée à la microcrèche Les Petits Gaulois. Ses parents réclament des réponses face au silence du groupe People & Baby.

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Le 17 mars 2026, Flora et Nicolas récupèrent leur fille Jeanne à la microcrèche Les Petits Gaulois de Plailly, dans l'Oise. Le personnel les a prévenus : la petite « n'arrêtait pas de tomber ». Sur place, ils découvrent une enfant effondrée, quasi inconsciente. Direction les urgences pédiatriques de Gonesse. Le diagnostic tombe, glaçant : 2,14 grammes d'alcool par litre de sang. Un coma éthylique pour un bébé de 21 mois. Aujourd'hui, Jeanne est hors de danger, mais ses parents réclament des réponses que personne ne leur donne.

Gros plan sur les pieds nus d’un bébé endormi sous une couverture rouge.
Gros plan sur les pieds nus d’un bébé endormi sous une couverture rouge. — (source)

« Votre fille est ivre morte » : le cauchemar des parents de Jeanne, 21 mois, plongée dans le coma éthylique à Plailly

Ce jour de mars devait être une journée ordinaire. Jeanne, 21 mois, passait la journée à la microcrèche Les Petits Gaulois, comme elle le faisait depuis plusieurs semaines. Rien ne laissait présager le drame. C'est en fin d'après-midi que le téléphone de Flora sonne. La voix au bout du fil, celle d'une employée de la crèche, est hésitante : « Votre fille n'arrête pas de tomber, vous devriez venir. »

L'appel de la microcrèche Les Petits Gaulois : « Elle n'arrêtait pas de tomber »

Flora et Nicolas arrivent sur place et découvrent une scène qui les marquera à vie. Jeanne est affalée dans un coin, le regard vide, incapable de se tenir debout. Le personnel semble désemparé, incapable d'expliquer ce qui arrive à l'enfant. « On lui a donné à manger normalement, elle a joué comme d'habitude », balbutie une employée. Pourtant, l'état de la petite fille contredit cette version des faits. Les chutes répétées, la somnolence anormale, l'absence de réaction aux stimuli : autant de signes qui auraient dû alerter bien plus tôt.

Un enfant jouant avec des jouets de cuisine en plastique sur une couverture blanche.
Un enfant jouant avec des jouets de cuisine en plastique sur une couverture blanche. — (source)

Le trajet vers l'hôpital est un supplice. Dans la voiture, Jeanne ne pleure même pas. Elle est inerte, le souffle court. Ses parents la serrent contre eux, impuissants. « On ne comprenait pas ce qui se passait, raconte Nicolas au Parisien. On pensait à une intoxication alimentaire, à un virus, à n'importe quoi sauf à ça. »

Aux urgences pédiatriques de Gonesse : le choc du diagnostic

Aux urgences, les médecins comprennent rapidement que quelque chose ne tourne pas rond. L'enfant est en état de conscience altéré, ses réflexes sont quasi inexistants. Les premières analyses sanguines révèlent l'impensable : un taux d'alcoolémie de 2,14 grammes par litre de sang. Un taux qui, chez un adulte, provoque un coma profond. Chez un bébé de 21 mois, c'est potentiellement mortel.

Un pompier en uniforme avec le numéro d’urgence 18 en arrière-plan.
Un pompier en uniforme avec le numéro d’urgence 18 en arrière-plan. — (source)

« Quand ils l'ont piquée pour la perfusion, elle n'a même pas ouvert les yeux », confie le père, encore sous le choc. Les médecins sont formels : l'enfant a « forcément ingurgité quelque chose ». La piste d'une simple contamination alimentaire est immédiatement écartée. Une enquête est ouverte, et Jeanne est placée sous surveillance médicale intensive. Elle restera hospitalisée plusieurs jours avant de pouvoir rentrer chez elle.

Une hospitalisation sous haute surveillance

Pendant trois jours, Jeanne est restée sous perfusion dans le service pédiatrique de l'hôpital de Gonesse. Les médecins ont surveillé ses fonctions vitales heure par heure. Le risque d'œdème cérébral, complication fréquente des intoxications alcooliques sévères, était réel. Les parents ont passé ces nuits à son chevet, guettant le moindre signe de réveil. « On avait peur qu'elle ne se réveille pas », confie Flora.

2,14 g/L chez un bébé : pourquoi l'hôpital de Gonesse a écarté la théorie du syndrome d'auto-brasserie

Face à l'incompréhension générale, une hypothèse médicale a été évoquée : le syndrome d'auto-brasserie, une affection rare où des levures intestinales transforment les sucres en alcool. Mais très vite, les médecins de Gonesse l'ont écartée. Le taux mesuré chez Jeanne est tout simplement trop élevé pour être naturel.

Syndrome d'auto-brasserie : une piste vite abandonnée

Le syndrome d'auto-brasserie, aussi appelé syndrome de fermentation intestinale, est une pathologie extrêmement rare. Elle est causée par une prolifération de levures comme Saccharomyces cerevisiae dans l'intestin, qui fermentent les glucides ingérés et produisent de l'éthanol. Dans la littérature médicale, les taux mesurés dépassent rarement 0,3 à 0,5 g/L, même chez des patients ayant une alimentation très riche en sucres.

En mars 2022, un précédent à Nîmes avait déjà défrayé la chronique : un garçon de 2 ans et 3 mois avait été hospitalisé avec 0,3 g/L d'alcoolémie après une matinée en crèche. À l'époque, la piste du syndrome d'auto-brasserie avait été évoquée puis abandonnée, faute de preuves. Le taux de 0,3 g/L était déjà considéré comme très élevé pour une production naturelle. À 2,14 g/L, l'hypothèse est tout simplement intenable.

L'équivalent de plusieurs verres d'alcool fort ingérés par un corps de 21 mois

Pour donner un ordre d'idée : 2,14 g/L d'alcool dans le sang correspond, pour un adulte de 70 kg, à l'ingestion d'environ 6 à 8 verres d'alcool fort en une heure. Rapporté au poids d'un bébé de 21 mois (environ 10 à 12 kg), cela représente une dose massive. Les experts estiment que Jeanne a dû ingérer l'équivalent d'au moins 4 à 5 doses d'alcool pur — soit plusieurs verres de vodka ou de whisky.

Localisation du département de l'Oise sur la carte de France.
Localisation du département de l'Oise sur la carte de France. — (source)

Une ingestion accidentelle est statistiquement impossible. Même si un adulte avait renversé une boisson alcoolisée, la quantité nécessaire pour atteindre un tel taux est trop importante pour passer inaperçue. Le corps médical est catégorique : « L'enfant a forcément ingurgité quelque chose », comme le rapporte La Dépêche. La question est désormais de savoir quoi, comment, et pourquoi.

Les mécanismes physiologiques d'une intoxication chez le nourrisson

Le foie d'un bébé de 21 mois est immature. Ses capacités de métabolisation de l'alcool sont très réduites. Chez l'adulte, le foie peut éliminer environ 0,1 g/L par heure. Chez un nourrisson, ce taux est divisé par trois ou quatre. Cela signifie que l'alcool reste beaucoup plus longtemps dans le sang, aggravant les risques de dommages neurologiques. Les médecins de Gonesse ont dû administrer des perfusions de glucose et de vitamines B1 et B6 pour prévenir les lésions cérébrales.

People & Baby, le groupe derrière Les Petits Gaulois : de l'affaire Lisa au bébé alcoolisé de Nîmes

La microcrèche Les Petits Gaulois de Plailly appartient au groupe People & Baby, l'un des plus grands réseaux privés de crèches en France. Ce n'est pas la première fois que ce nom apparaît dans les rubriques judiciaires. Les précédents sont nombreux, et inquiétants.

Enseigne de la crèche people&baby, au cœur de l’affaire dans l’Oise.
Enseigne de la crèche people&baby, au cœur de l’affaire dans l’Oise. — (source)

Nîmes 2022 : un petit garçon de 2 ans avec 0,3 g/L, les mêmes questions sans réponse

En mars 2022, un garçon de 2 ans et 3 mois avait été hospitalisé au CHU de Nîmes avec 0,3 g/L d'alcoolémie après une matinée passée dans une crèche privée. Comme pour Jeanne, aucune explication n'avait été trouvée. Les parents n'avaient jamais obtenu de réponse, et la structure n'avait pas été fermée. Leur avocat, Hugo Ferri, évoquait « incontestablement des négligences et un défaut manifeste de sécurité ».

Le parallèle avec l'affaire actuelle est glaçant. Dans les deux cas, des enfants en bas âge ont été retrouvés alcoolisés à la sortie d'une crèche. Dans les deux cas, les parents se heurtent au silence des institutions. Et dans les deux cas, le groupe People & Baby est en cause. Le taux d'alcoolémie de Jeanne est sept fois supérieur à celui de l'enfant de Nîmes, ce qui rend la situation encore plus grave.

Lisa, 11 mois, tuée à la soude caustique : 25 ans de réclusion pour une employée de People & Baby

L'affaire la plus emblématique reste celle de Lisa. Le 22 juin 2022 à Lyon, une fillette de 11 mois est morte empoisonnée dans une microcrèche People & Baby. Une employée, Myriam Jaouen, lui avait fait ingérer de la soude caustique (Destop). Condamnée à 25 ans de réclusion pour torture et acte de barbarie en première instance, sa peine a été portée à 30 ans en appel en 2026.

Cette affaire avait déclenché une mission de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et une commission d'enquête parlementaire. Leurs conclusions étaient sans appel : le système des crèches privées était « à bout de souffle ». Pourtant, quatre ans plus tard, un nouveau drame survient dans une structure du même groupe.

La commission d'enquête parlementaire : des recommandations restées lettre morte

La commission d'enquête parlementaire sur les crèches privées, lancée après l'affaire Lisa, avait formulé plusieurs recommandations : renforcer les contrôles inopinés, imposer des ratios d'encadrement plus stricts, améliorer la formation du personnel. Mais ces mesures n'ont jamais été pleinement appliquées.

Le rapport de l'Igas pointait déjà un « système à bout de souffle », où la rentabilité prime sur la sécurité des enfants. Les microcrèches privées, souvent gérées par des groupes comme People & Baby, fonctionnent avec des effectifs réduits et une pression économique constante. Dans ce contexte, la vigilance peut rapidement s'effriter. Les sénateurs avaient recommandé que les contrôles soient multipliés par trois, mais le budget alloué n'a jamais suivi.

Enquête préliminaire contre X à Orry-la-Ville : les gendarmes face au mutisme du personnel

Depuis le 20 mars 2026, une enquête préliminaire contre X est menée par la brigade de gendarmerie d'Orry-la-Ville. Le signalement de l'hôpital de Gonesse et la plainte des parents ont déclenché des investigations qui cherchent encore leurs réponses.

« Pleine coopération » ou silence radio ? Les contradictions du groupe People & Baby

Sur la communication du groupe People & Baby, les sources divergent. La Dépêche affirme que le groupe « collabore pleinement avec la justice pour faire toute la lumière sur ce dossier hors norme ». Mais Le Figaro et Le Monde, citant l'AFP, indiquent que « sollicité par l'AFP, le groupe People & Baby n'était pas joignable dans l'immédiat ».

Carte du département de l'Oise (60) et de ses principales communes.
Carte du département de l'Oise (60) et de ses principales communes. — (source)

Cette contradiction est révélatrice. D'un côté, une déclaration de principe sur la coopération ; de l'autre, une indisponibilité concrète. Pour les parents de Jeanne, ce flou est insupportable. « On nous dit qu'ils collaborent, mais personne ne nous donne d'explications », déplore Flora. Le groupe n'a jamais contacté directement la famille depuis le drame.

Des analyses toxicologiques aux tests ADN : ce que les enquêteurs recherchent

Le procureur de la République de Senlis, Loïc Abrial, a confirmé que « les investigations se poursuivent actuellement ». Plusieurs pistes sont explorées : analyses toxicologiques complémentaires pour détecter d'autres substances, recherche de traces d'alcool dans la crèche, auditions des salariés.

Les enquêteurs cherchent également à comprendre comment l'alcool a pu être introduit dans la structure. Une bouteille oubliée par un adulte ? Une ingestion volontaire par un autre enfant ? Une malveillance délibérée ? Pour l'instant, aucune piste n'est privilégiée. « Les investigations n'ont pas permis d'identifier, à ce jour, d'élément de malveillance ou de maltraitance de la part des professionnels de la structure », précise la communauté de communes de l'Aire cantilienne dans un communiqué.

La fermeture administrative de la microcrèche Les Petits Gaulois

La microcrèche a été fermée administrativement à titre conservatoire le 20 mars 2026, trois jours après l'hospitalisation de Jeanne. Selon la communauté de communes de l'Aire cantilienne, elle doit rouvrir « courant juin 2026 ». Une décision qui interroge les parents : comment une structure où un tel drame s'est produit peut-elle rouvrir sans que les causes aient été identifiées ? Le délai de trois mois paraît court au regard de la gravité des faits.

Un bébé de 21 mois ivre en sortant de crèche : les signaux d'alerte ignorés par les professionnels

Comment une enfant en état d'ébriété avancée a-t-elle pu passer inaperçue pendant toute une journée ? C'est la question que se posent les parents de Jeanne, mais aussi tous ceux qui s'intéressent à la sécurité des crèches.

Odeur d'alcool, somnolence, incoordination : les signes que personne n'a vus (ou voulu voir)

Illustration d'un enfant en bas âge, sans lien direct avec l'affaire
Illustration d'un enfant en bas âge, sans lien direct avec l'affaire — (source)

Les symptômes d'une intoxication alcoolique chez un enfant sont pourtant flagrants. Une haleine caractéristique, des chutes répétées, une somnolence anormale, une incoordination motrice : Jeanne présentait tous ces signes. Pourtant, le personnel de la microcrèche n'a pas réagi avant que la situation ne devienne critique.

« Elle n'arrêtait pas de tomber », ont-ils dit aux parents. Mais pourquoi n'ont-ils pas fait le lien avec une possible intoxication ? Pourquoi n'ont-ils pas appelé les secours plus tôt ? Ces questions restent sans réponse. Pour les parents, la négligence est évidente. « On ne peut pas passer à côté d'un enfant qui a 2,14 g d'alcool dans le sang sans s'en rendre compte », estime Nicolas. Une odeur d'alcool sur les vêtements ou dans l'haleine de Jeanne aurait dû alerter n'importe quel adulte.

La formation des puéricultrices à la détection des maltraitances et intoxications

Les formations obligatoires dans les microcrèches privées incluent-elles une sensibilisation aux intoxications ? La réponse est nuancée. Les programmes de formation initiale des auxiliaires de puériculture abordent les premiers secours et la détection des signes de maltraitance, mais les intoxications spécifiques (alcool, drogues, produits ménagers) sont souvent traitées de manière superficielle.

Dans les crèches publiques, les protocoles sont généralement plus stricts. Le personnel est formé à repérer les changements de comportement inhabituels et à réagir rapidement. Mais dans les microcrèches privées, où les effectifs sont réduits et le turn-over élevé, ces formations peuvent passer à la trappe. Le référentiel de formation des auxiliaires de puériculture prévoit 8 heures sur les premiers secours, mais rien de spécifique sur les intoxications alcooliques.

12 enfants, un encadrement minimum : la réalité du métier en microcrèche privée

La microcrèche Les Petits Gaulois peut accueillir jusqu'à 12 enfants simultanément. Pour les encadrer, le ratio légal est d'un professionnel pour 5 enfants qui ne marchent pas, et d'un pour 8 enfants qui marchent. Dans la pratique, cela signifie qu'une seule personne peut se retrouver à gérer une douzaine d'enfants.

Dans ces conditions, la vigilance individuelle est difficile à maintenir. Les enfants jouent, pleurent, tombent, se disputent. Un bébé qui somnole dans un coin peut passer inaperçu pendant plusieurs minutes, voire plusieurs heures. La pression économique pousse les structures à réduire les coûts, quitte à sacrifier la sécurité. Les salaires bas et le turn-over élevé compliquent la fidélisation d'un personnel qualifié.

Flora et Nicolas, les parents de Jeanne : « Elle n'a même pas ouvert les yeux quand on lui a posé la perfusion »

Au-delà des chiffres et des analyses, il y a une famille brisée. Flora et Nicolas vivent un cauchemar éveillé depuis le 17 mars. Leur fille va bien aujourd'hui, mais les séquelles psychologiques sont profondes.

« Nous n'avons obtenu aucune explication » : l'attente insoutenable des parents

Deux mois après les faits, les parents de Jeanne sont toujours dans l'attente. « Nous n'avons obtenu aucune explication », confient-ils à La Dépêche. Le groupe People & Baby ne les a jamais contactés directement. Les gendarmes mènent leur enquête, mais les résultats tardent à venir.

Cette attente est d'autant plus insoutenable qu'elle ravive le traumatisme. Chaque jour, Flora et Nicolas revivent la scène des urgences. Chaque jour, ils se demandent ce qui a pu arriver à leur fille. « On veut juste savoir ce qui s'est passé, pour que ça n'arrive plus jamais à un autre enfant », explique Flora. L'absence de réponse les empêche de tourner la page.

Confier Jeanne à une assistante maternelle : la décision radicale qui en dit long

Depuis les faits, Jeanne ne retourne plus à la crèche. Ses parents ont pris une décision radicale : la confier à une assistante maternelle. « On ne peut plus faire confiance au système de garde collectif », expliquent-ils.

Le département de l'Oise (60) en région Hauts-de-France.
Le département de l'Oise (60) en région Hauts-de-France. — (source)

Ce choix est le symptôme d'une défiance généralisée envers les microcrèches privées. De nombreux parents, choqués par l'affaire, se tournent vers des solutions alternatives : assistantes maternelles, garde à domicile, ou crèches publiques. Mais toutes les familles n'ont pas cette possibilité. Pour beaucoup, la microcrèche reste la seule option, faute de places disponibles ailleurs. Le coût d'une assistante maternelle, souvent plus élevé, n'est pas à la portée de tous.

L'absence de séquelles physiques : une chance inouïe

Selon La Dépêche, Jeanne est aujourd'hui « hors de danger et ne devrait pas garder de séquelles physiques ». Une nouvelle qui soulage ses parents, mais qui ne suffit pas à effacer le traumatisme. « On a eu une chance inouïe, confie Flora. Mais on ne peut pas oublier ce qu'on a vécu. »

Les parents de Jeanne savent que d'autres enfants n'ont pas eu cette chance. Le souvenir de Lisa, morte à 11 mois dans une crèche du même groupe, reste présent. « On pense à ses parents, à ce qu'ils ont traversé. Nous, on a eu la chance de retrouver notre fille vivante. » Les consultations psychologiques sont devenues une routine pour la famille, qui tente de surmonter ce choc.

Confiance brisée : que change ce nouveau scandale pour l'avenir des microcrèches en France ?

L'affaire Jeanne n'est pas un fait divers isolé. Elle s'inscrit dans une série de scandales qui ébranlent la confiance des parents dans le système de garde collectif. Mais cette fois, la prise de conscience sera-t-elle suffisante pour provoquer un changement ?

Les propositions de loi qui dorment au Parlement : l'occasion d'un sursaut ?

Plusieurs propositions de loi visant à renforcer le contrôle des crèches privées dorment actuellement au Parlement. L'une d'elles prévoit l'instauration de contrôles inopinés obligatoires, une autre impose des ratios d'encadrement plus stricts. Mais aucune n'a encore été adoptée.

L'affaire Jeanne pourrait agir comme un électrochoc législatif. Après l'affaire Lisa, les promesses de réforme avaient été nombreuses, mais peu avaient été suivies d'effet. Cette fois, la pression médiatique et l'indignation publique pourraient forcer les pouvoirs publics à agir. Le gouvernement a annoncé une mission flash sur le sujet, mais les parents attendent des actes concrets, pas des annonces.

Le rôle des parents dans la détection des anomalies : quels signes doivent les alerter ?

En attendant que la loi évolue, les parents doivent rester vigilants. Certains signes doivent alerter : somnolence excessive, refus de s'alimenter, bleus inexpliqués, odeurs suspectes sur les vêtements ou la peau. Si votre enfant présente l'un de ces symptômes après une journée en crèche, n'hésitez pas à poser des questions et, si nécessaire, à consulter un médecin.

Il ne s'agit pas de tomber dans la paranoïa, mais d'être attentif. La plupart des crèches font correctement leur travail. Mais comme le montre cette affaire, les défaillances existent, et elles peuvent avoir des conséquences dramatiques. Les pédiatres recommandent de noter tout changement de comportement inhabituel et d'en parler avec le personnel de la crèche.

Les alternatives à la microcrèche privée : quelles options pour les parents ?

Face à la défiance croissante, de nombreux parents explorent d'autres solutions de garde. Les assistantes maternelles agréées offrent un suivi individualisé, mais les places sont rares. Les crèches publiques, mieux contrôlées, affichent des listes d'attente longues de plusieurs mois. La garde à domicile, solution la plus coûteuse, reste inaccessible pour la majorité des familles.

Le choix d'une solution de garde est devenu un casse-tête pour les parents français. Entre la pénurie de places, les coûts élevés et la défiance envers le privé, beaucoup se sentent piégés. L'affaire Jeanne ne fait qu'aggraver ce sentiment d'impuissance. Les associations de parents d'élèves réclament un plan d'urgence pour le secteur de la petite enfance.

Conclusion : l'histoire de Jeanne ne doit pas être un énième fait divers sans suite

Le 17 mars 2026 restera gravé dans la mémoire de Flora et Nicolas. Mais cette histoire ne doit pas rester un simple fait divers. Elle doit servir de leçon. Les microcrèches privées doivent être mieux contrôlées, le personnel mieux formé, et les parents mieux informés.

Jeanne va bien aujourd'hui. Elle a eu de la chance. Mais combien d'enfants devront encore subir des violences ou des négligences avant que le système ne change ? La justice fera son travail, mais c'est la loi qui doit protéger les enfants de demain. Il est temps que les promesses deviennent des actes.

Les parents de Jeanne attendent toujours des réponses. L'enquête se poursuit, la microcrèche doit rouvrir en juin, et le groupe People & Baby reste silencieux. Pendant ce temps, des milliers de parents confient chaque jour leurs enfants à des structures privées, sans savoir ce qui s'y passe vraiment. L'affaire Jeanne est un signal d'alarme qu'il serait dangereux d'ignorer.

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Questions fréquentes

Quel taux d'alcoolémie avait le bébé de 21 mois ?

Le bébé de 21 mois, prénommé Jeanne, avait un taux d'alcoolémie de 2,14 grammes par litre de sang. Ce taux est considéré comme potentiellement mortel pour un enfant de cet âge.

Pourquoi le syndrome d'auto-brasserie a-t-il été écarté ?

Les médecins de l'hôpital de Gonesse ont écarté le syndrome d'auto-brasserie car le taux de 2,14 g/L est trop élevé pour être naturel. Dans la littérature médicale, ce syndrome rare dépasse rarement 0,5 g/L.

Quel groupe gère la microcrèche Les Petits Gaulois ?

La microcrèche Les Petits Gaulois de Plailly appartient au groupe People & Baby. Ce groupe a déjà été impliqué dans plusieurs affaires graves, dont le décès de la petite Lisa en 2022.

Quelles sont les séquelles de Jeanne après le coma éthylique ?

Selon l'article, Jeanne est aujourd'hui hors de danger et ne devrait pas garder de séquelles physiques. Ses parents soulignent qu'ils ont eu une chance inouïe, mais le traumatisme psychologique reste profond.

Quand la microcrèche Les Petits Gaulois doit-elle rouvrir ?

La microcrèche a été fermée administrativement le 20 mars 2026 et doit rouvrir courant juin 2026. Cette décision interroge les parents, car les causes du drame n'ont pas encore été identifiées.

Sources

  1. Un bébé retrouvé avec 2,14 g d'alcool dans le sang après une ... · 20minutes.fr
  2. frequencemedicale.com · frequencemedicale.com
  3. ladepeche.fr · ladepeche.fr
  4. ladepeche.fr · ladepeche.fr
  5. lefigaro.fr · lefigaro.fr
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Mélissa Turbot @society-lens

Je m'intéresse à ceux dont personne ne parle. Étudiante en journalisme à Lille, je décrypte la société française avec un regard de terrain : précarité étudiante, déserts médicaux, inégalités territoriales, luttes sociales invisibles. Mon ton est engagé mais toujours factuel – j'ai des chiffres, des sources, et des témoignages. Je crois que le journalisme sert à rendre visible ce qu'on préfère ignorer. Mes articles ne sont pas confortables, mais ils sont honnêtes.

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