Panneau 'Baignade Interdite' sur une rivière, avec des baigneurs en arrière-plan.
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Noyades mortelles : 274 décès, dont 37 enfants, depuis le 1er mai 2026

274 noyades mortelles dont 37 enfants depuis mai 2026 : l'été le plus meurtrier jamais enregistré en France.

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L'été 2026 restera marqué par un bilan humain effroyable. Entre le 1er mai et le 15 juillet, 274 personnes ont perdu la vie par noyade en France, dont 37 enfants et adolescents. Ce chiffre, publié le 24 juillet par Santé publique France, s'inscrit dans une tendance inquiétante : 925 noyades au total, soit une hausse de 14 % par rapport à 2025. Mais ce qui frappe le plus, c'est la corrélation implacable avec la météo : 79 % des décès sont survenus pendant les jours de vigilance canicule. Les vagues de chaleur successives ont poussé des milliers de Français à chercher la fraîcheur dans l'eau, souvent dans des endroits non surveillés, avec des conséquences tragiques.

Panneau 'Baignade Interdite' sur une rivière, avec des baigneurs en arrière-plan.
Panneau 'Baignade Interdite' sur une rivière, avec des baigneurs en arrière-plan. — (source)

Le bilan de Santé publique France : 925 noyades en deux mois et demi

Le bulletin de Santé publique France publié le 24 juillet 2026 dresse un tableau sans concession. Sur la période du 1er mai au 15 juillet, 274 décès par noyade ont été enregistrés, dont 37 chez les mineurs. Ce chiffre reste stable par rapport à 2025 pour la tranche des enfants et adolescents, mais l'augmentation globale du nombre de noyades — mortelles ou non — a concerné principalement les adultes.

La répartition géographique révèle des disparités frappantes. Les régions les plus touchées sont Provence-Alpes-Côte d'Azur (152 noyades), Nouvelle-Aquitaine (128) et Occitanie (104). Mais l'élément le plus alarmant concerne les zones sans façade maritime. En Île-de-France, le nombre de noyades mortelles a bondi de 14 à 35, avec un triplement en Seine-et-Marne. En Auvergne-Rhône-Alpes et en Bourgogne-Franche-Comté, la hausse atteint 48 %.

Un policier surveille les baigneurs sur les berges du Canal Saint-Martin à Paris.
Un policier surveille les baigneurs sur les berges du Canal Saint-Martin à Paris. — (source)

Plus de 55 % des noyades ont eu lieu dans des zones non autorisées ni surveillées. Comme l'a rappelé la ministre des Sports Marina Ferrari à la mi-juillet, ces lieux sauvages — rivières, lacs, canaux, carrières inondées — concentrent l'essentiel du danger. L'absence de surveillance, de bouées de sauvetage et de signalisation transforme chaque baignade improvisée en pari risqué.

79 % des décès pendant les périodes de canicule

Les chiffres de SPF ne laissent aucune place au doute. Trois vagues de chaleur ont rythmé cet été meurtrier. La première, du 24 au 31 mai, a coïncidé avec 48 décès. La deuxième, du 16 juin au 3 juillet — la plus intense, avec 72 départements placés en vigilance rouge — a vu 234 noyades. La troisième, du 4 au 15 juillet, a ajouté 65 morts.

Mai 2026 a été le deuxième mois de mai le plus chaud depuis 1900, avec un écart de +2,0 °C par rapport à la normale. Conséquence directe : 134 noyades et 48 décès, soit une hausse de 100 % et 167 % par rapport à mai 2025. Juin 2026 a battu tous les records avec +3,8 °C, devenant le mois de juin le plus chaud jamais enregistré.

Panneaux 'Baignade Interdite' et de danger de plongeon au bord d'un plan d'eau.
Panneaux 'Baignade Interdite' et de danger de plongeon au bord d'un plan d'eau. — (source)

L'épidémiologiste Aymeric Ung, de Santé publique France, explique ce lien : « Les périodes de vigilance canicule ont démarré très tôt, avant les vacances scolaires, et la surveillance des sites de baignade n'avait pas démarré partout. » Quand le thermomètre grimpe, le réflexe naturel est de chercher l'eau. Mais cette eau, souvent froide en surface mais glacée en profondeur, provoque des chocs thermiques fatals. L'hydrocution, contraction brutale des muscles respiratoires, peut noyer un nageur en quelques secondes.

Piscines privées, lacs, rivières : la topographie du danger

Le bulletin de SPF révèle une évolution surprenante : les noyades en piscine privée et en lieux de baignade artificiels aménagés ont doublé, passant de 31 à 60. Ces décès concernent en très grande majorité des adultes, souvent à la recherche de fraîcheur, qui ont surestimé leur condition physique ou souffraient de pathologies chroniques silencieuses.

Le bond le plus spectaculaire concerne les milieux naturels non aménagés — lacs, rivières, canaux, plans d'eau. Les décès y ont augmenté de 48 %, passant de 70 à 102. Les régions intérieures, sans façade maritime, paient le plus lourd tribut. En Île-de-France, le nombre de noyades mortelles a plus que doublé, passant de 14 à 35. En Seine-et-Marne, le chiffre a triplé, de 5 à 15.

Ces lieux présentent des dangers invisibles : courants de fond, trous d'eau, variations soudaines de profondeur, branches immergées, algues glissantes. Contrairement à une plage surveillée, aucun maître-nageur n'est là pour donner l'alerte. Et contrairement à une piscine, la température peut chuter de plusieurs degrés en quelques mètres.

Jeune garçon au bord d'une piscine, équipé de brassards.
Jeune garçon au bord d'une piscine, équipé de brassards. — (source)

Chez les 13-17 ans, une noyade sur trois est mortelle

Les données de SPF sont particulièrement préoccupantes pour la tranche des 13-17 ans. Chez ces adolescents, une noyade sur trois a été suivie d'un décès. Cette proportion est bien plus élevée que chez les enfants plus jeunes, souvent secourus plus vite parce qu'ils restent en surface ou sont rapidement repérés par un adulte.

Les adolescents, eux, paniquent, luttent, et entraînent vers le fond celui qui tente de les aider. Le mécanisme est connu des sauveteurs professionnels : la victime en détresse agrippe son sauveteur, le plaque sous l'eau, l'empêche de respirer. Sans formation spécifique, même un bon nageur ne peut pas résister à cette étreinte mortelle.

Le week-end noir des 20 et 21 juin : quatre adolescents tués par les courants

Les statistiques prennent un visage humain lorsqu'on raconte les 48 heures les plus meurtrières de l'été. Les 20 et 21 juin 2026, quatre adolescents âgés de 15 à 17 ans sont morts noyés dans trois régions différentes. Ils ne se connaissaient pas, mais leur histoire se ressemble tragiquement.

L'enquête de Libération a reconstitué cette séquence funeste. Partout, le même scénario : une chaleur accablante, une baignade improvisée entre amis, un courant imprévu, et l'absence de tout dispositif de secours à proximité. Ces quatre jeunes font partie des 37 mineurs décédés depuis le 1er mai. Leur mort pose une question lancinante : que fallait-il pour les sauver ?

Besançon, Dunkerque, Dordogne : récit d'un week-end qui a tué quatre ados

À Besançon, deux garçons de 15 ans décident de se baigner dans le Doubs. Le cours d'eau est interdit à la baignade, mais la canicule du 16 juin au 3 juillet rend la tentation irrésistible. L'eau semble fraîche et accueillante. Mais le courant est puissant, traître. Les deux adolescents sont emportés. Des amis tentent de les secourir, plongeant à leur tour. En vain.

Personne en difficulté dans l'eau, un bras levé, illustrant un risque de noyade.
Personne en difficulté dans l'eau, un bras levé, illustrant un risque de noyade. — (source)

À Malo-les-Bains, près de Dunkerque, un adolescent de 16 ans se noie sur une plage pourtant ouverte. La mer, agitée par un courant de baïne, le happe en quelques secondes. Les sauveteurs, présents mais débordés par l'afflux de baigneurs, n'ont pas le temps d'intervenir.

Dans la Dordogne, un jeune de 17 ans est emporté par un courant de chasse, ces puissants écoulements d'eau qui se forment près des barrages et des écluses. Il disparaît sous les yeux de ses camarades, impuissants.

Le profil est identique dans chaque cas : des garçons, entre amis, en pleine après-midi de forte chaleur. Pas d'adulte pour surveiller. Pas de zone de baignade balisée. Juste l'envie de se rafraîchir, et la mort qui guette.

Le piège de la noyade par solidarité

Le réflexe le plus naturel — et le plus dangereux — face à une noyade est de plonger pour secourir un camarade. Mais ce geste, fait sans formation ni équipement, transforme souvent une tragédie individuelle en drame collectif.

Les témoignages des secouristes intervenus à Besançon sont édifiants. Plusieurs amis des deux adolescents se sont jetés à l'eau pour tenter de les sauver. Aucun n'y est parvenu. Certains ont failli se noyer à leur tour. Le mécanisme est implacable : la victime paniquée agrippe tout ce qui bouge, et le sauveteur improvisé se retrouve paralysé, incapable de nager.

Les chiffres de SPF confirment ce phénomène : chez les 13-17 ans, une noyade sur trois est mortelle. Cette proportion est plus élevée que chez les enfants plus jeunes, souvent secourus plus vite parce qu'ils restent en surface. Les adolescents, eux, paniquent, luttent, et entraînent vers le fond celui qui tente de les aider.

Pourquoi les 16-25 ans sont-ils en première ligne ?

Les adolescents et jeunes adultes constituent la tranche d'âge la plus exposée aux noyades mortelles. Plusieurs facteurs se conjuguent pour expliquer cette vulnérabilité. L'été 2025 avait déjà donné l'alerte : 21 adolescents de 13 à 17 ans étaient morts noyés, soit le double de l'année précédente. L'été 2026 confirme cette tendance avec 37 mineurs décédés.

Mais ce ne sont pas seulement les enfants qui sont en danger : les 18-25 ans représentent une part croissante des victimes adultes. La sociologie des comportements estivaux permet de comprendre pourquoi.

Surchauffe, apéros entre potes et défis sur les réseaux sociaux

Le scénario type se répète chaque été. Une canicule écrase la ville. La sensation d'étouffement devient insupportable. Un groupe d'amis décide d'aller se rafraîchir au bord de l'eau — un lac, une rivière, un canal. L'apéritif est partagé, l'ambiance est festive. Quelqu'un sort son téléphone pour filmer le défi « qui va sauter le premier » pour les stories Instagram ou TikTok.

Personne immergée dans une piscine, s'accrochant au bord.
Personne immergée dans une piscine, s'accrochant au bord. — (source)

L'alcool est un facteur aggravant majeur. Il altère la perception du froid : on entre dans l'eau sans ressentir le choc thermique, mais l'hydrocution n'en est pas moins mortelle. Il fausse le jugement des distances et des courants. Il réduit la capacité à nager en ligne droite. Et il retarde l'appel aux secours, parce que personne ne réalise immédiatement la gravité de la situation.

Les données de SPF confirment que 62 % des noyades mortelles chez les mineurs ont eu lieu en cours d'eau et plan d'eau. Ce sont précisément les endroits où l'on improvise, où l'on se baigne sans préparation, où l'on sous-estime le danger.

Comme nous l'expliquions dans notre article sur les 21 adolescents morts noyés en 2025 et comment éviter les morts de 2026, la répétition des drames montre que les messages de prévention peinent à toucher les jeunes.

Les lacunes de l'aisance aquatique face aux dangers naturels

Beaucoup de jeunes savent nager en piscine. Ils maîtrisent la brasse, le crawl, l'apnée en ligne droite. Mais ils ignorent tout des dangers naturels. Les courants de baïne, ces puissants courants de retour qui emportent vers le large, sont inconnus de la plupart des baigneurs. Les trous d'eau en rivière, où la profondeur passe brutalement de 50 cm à 3 mètres, ne sont pas signalés. Les déversoirs de canaux, qui créent des rouleaux d'eau où même un nageur olympique ne peut s'extirper, sont invisibles depuis la surface.

Les programmes d'apprentissage de la natation existent : « Bébé nageur » pour les moins de 3 ans, « Aisance aquatique » pour les 4-6 ans, « Apprentissage de la nage » pour les 6 ans et plus. Mais ils sont dédiés à la technique de nage, pas à la lecture du milieu. Un enfant peut passer son test de natation sans jamais avoir vu une rivière en crue ou une plage à courant de baïne.

Aymeric Ung, épidémiologiste à SPF, résume le problème : « Pour les jeunes enfants, rien ne remplace une surveillance permanente. Chez les adolescents et l'adulte, deux choses sont à prendre en compte : il faut évaluer sa condition physique et évaluer son environnement. » Cette double évaluation, personne ne l'apprend à l'école.

Campagne Gironde : la prévention change de ton pour toucher les jeunes

Face à l'ampleur du phénomène, certaines collectivités innovent. La Gironde a lancé le 2 juillet 2026 une campagne de prévention radicalement différente, destinée aux 16-25 ans. L'objectif : faire de la baignade surveillée un réflexe aussi naturel que la ceinture de sécurité en voiture.

La Nouvelle-Aquitaine est l'une des régions les plus touchées avec 128 noyades. Le tourisme balnéaire y est intense, et les plages de l'Atlantique attirent chaque été des milliers de jeunes. Mais les courants y sont parmi les plus dangereux de France.

En Gironde, la préfecture abandonne le ton scolaire pour parler aux ados

Finies les affiches institutionnelles avec des pictogrammes et des polices sérieuses. La campagne girondine, portée par la préfecture, la Ville de Lacanau, le Syndicat de Surveillance des Plages et Lacs Girondins et le SDIS 33, a choisi un ton direct, décalé, inspiré des réseaux sociaux.

Les visuels montrent des jeunes en situation réelle : un groupe sur la plage, un téléphone à la main, un maillot de bain. Le message est clair : « La baignade surveillée, c'est pas ringard, c'est la vie. » Les supports sont diffusés sur Instagram, TikTok, Snapchat, mais aussi dans les lieux de vie : campings, bars de plage, stations-service.

Groupe d'hommes nageant dans un lac entouré de forêt.
Groupe d'hommes nageant dans un lac entouré de forêt. — (source)

La phrase-phare de la campagne résume l'ambition : « Que le choix d'une zone de baignade surveillée devienne aussi naturel que la ceinture en voiture. » Un pari audacieux, mais qui repose sur une observation juste : les jeunes ne se méfient pas de l'eau, ils se méfient du discours moralisateur.

Une méthode qui pourrait essaimer dans d'autres départements

Le modèle girondin a tout pour être reproduit. Son coût est modique comparé au coût social d'un seul décès. Et son efficacité repose sur un principe simple : parler le langage de ceux qu'on veut protéger.

D'autres départements pourraient s'en inspirer. Les régions intérieures, comme l'Île-de-France ou l'Auvergne-Rhône-Alpes, ont besoin de campagnes adaptées à leurs spécificités : rivières, canaux, lacs de barrage. Le message doit varier selon les territoires.

La ministre des Sports a salué cette initiative, tout en rappelant que la prévention nationale reste indispensable. Mais l'exemple girondin montre que la décentralisation du message, avec des acteurs locaux qui connaissent leur terrain, peut être plus efficace qu'une campagne nationale uniforme.

#COULEPASTONÉTÉ : le plan national de prévention des noyades

Au niveau national, la campagne #COULEPASTONÉTÉ a été lancée dès le 1er mai par Santé publique France et le ministère de la Santé. Son objectif : sensibiliser le grand public aux gestes qui sauvent. Mais face à l'ampleur du bilan 2026, on peut s'interroger sur son efficacité.

La campagne cible principalement les enfants de moins de 6 ans et les personnes âgées, deux populations vulnérables. Elle met l'accent sur la surveillance permanente des enfants : un adulte doit garder un œil constant, sans distraction. Elle rappelle aussi l'importance d'évaluer sa condition physique avant d'entrer dans l'eau.

In response to the intense spring heat, the Ministry of Sports launched its own campaign early, starting on June 5th. Core messages include: “Always swim with someone or inform others of your swimming spot,” “Assess your physical condition,” and “Swim only in supervised areas.” A collaboration with Voies navigables de France (VNF) aims to raise awareness about the risks of swimming in unauthorized sections of the river network.

Les numéros d'urgence à connaître absolument

La campagne #COULEPASTONÉTÉ promeut quatre numéros d'urgence que tout baigneur devrait connaître. Le 112, numéro d'urgence européen, fonctionne partout et permet de joindre les secours même sans réseau mobile. Le 18 est le numéro des pompiers, compétents pour les interventions terrestres et aquatiques. Le 196 est le numéro du CROSS, le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage, spécialisé dans les secours en mer sur le littoral. Enfin, le canal 16 VHF est la fréquence d'urgence pour les plaisanciers.

Ces numéros doivent être enregistrés dans le téléphone avant de partir à la plage ou au lac. En situation de stress, chaque seconde compte. Perdre du temps à chercher un numéro peut coûter une vie.

Mais la connaissance des numéros ne suffit pas. Encore faut-il savoir quoi dire : localisation précise, nombre de personnes en danger, description de la scène. Les sauveteurs recommandent de donner le nom de la plage, le point kilométrique si on est sur une route, ou les coordonnées GPS.

Barrières de piscine et alarmes : un investissement qui sauve des vies

Le doublement des noyades en piscine privée (31 à 60) interroge sur le respect de la réglementation. Depuis 2003, la loi impose un dispositif de sécurité normalisé pour toute piscine enterrée ou semi-enterrée : barrière, alarme, couverture ou abri. Pourtant, de nombreux propriétaires ne s'équipent pas, ou laissent le portail ouvert.

Le prix d'une barrière de piscine oscille entre 300 et 1 500 euros, selon les matériaux et la configuration. Une alarme coûte entre 100 et 500 euros. Rapporté au coût social d'un décès — sans parler de la douleur humaine —, cet investissement est dérisoire.

L'État verse des subventions pour l'apprentissage de la natation, mais la responsabilité individuelle reste centrale. Comme le rappelle le ministère des Sports, les obligations légales existent. Encore faut-il les respecter. L'été 2026 montre que les messages de prévention peinent à convaincre les adultes eux-mêmes.

Les réflexes à adopter pour une baignade sans risque

Après le constat et l'analyse, place aux solutions. Voici un guide pratique des gestes qui sauvent, pour que chacun puisse profiter de l'eau sans mettre sa vie en danger.

Les recommandations qui suivent sont issues des campagnes de prévention nationales et des conseils des sauveteurs professionnels. Elles sont simples, faciles à retenir, et peuvent faire la différence entre un été réussi et un drame.

Avant de plonger, posez-vous ces trois questions

La première question est géographique : « Est-ce une zone de baignade autorisée et surveillée ? » Si la réponse est non, le risque est maximal. Les zones non surveillées concentrent 55 % des noyades. Même si l'eau semble calme, les dangers invisibles — courants, trous, objets immergés — sont partout.

La deuxième question est physique : « Suis-je en bonne forme, ai-je mangé, bu de l'alcool ou été exposé au soleil longtemps ? » L'hydrocution survient lorsque le corps, brusquement plongé dans l'eau froide, subit un choc thermique. Les symptômes : sensation d'étouffement, crampes, perte de connaissance. Pour l'éviter, entrez dans l'eau progressivement, mouillez-vous la nuque et les poignets avant de vous immerger.

La troisième question est collective : « Ai-je prévenu quelqu'un de l'endroit où je me baigne ? » Le ministère des Sports le répète : « Nagez accompagné(e) ou en signalant votre lieu de baignade. » Si vous êtes seul, donnez votre position à un proche et fixez une heure de retour. En cas d'absence, les secours sauront où chercher.

Un ami se noie : le protocole de survie à connaître

Le réflexe le plus dangereux est de sauter à l'eau pour secourir un camarade. Les doubles noyades sont presque toujours le résultat de cette impulsion. Au lieu de cela, appliquez le protocole universel des sauveteurs :

  1. Alertez immédiatement : composez le 112 ou le 18. Donnez la localisation précise (nom de la plage, point kilométrique, coordonnées GPS) et le nombre de personnes en danger.
  2. Tendez un objet flottant : bouée, planche de surf, glacière vide, branche d'arbre, corde. Tout ce qui flotte peut maintenir la victime en surface. N'entrez pas dans l'eau.
  3. Gardez un contact visuel permanent : ne quittez pas la victime des yeux. Signalez sa position aux secours à leur arrivée.

Ce protocole a sauvé des milliers de vies. Il contredit l'instinct grégaire, mais c'est le seul qui fonctionne. Comme le rappelle l'affaire Quentin Ruot, huit ans après sa noyade, ses parents attaquent l'État, les conséquences juridiques et psychologiques d'une noyade évitable sont immenses.

Apprendre à lire les drapeaux et la météo

Les plages surveillées utilisent un code couleur international. Le drapeau vert signifie baignade surveillée sans danger apparent. Le drapeau jaune indique une baignade dangereuse mais surveillée : ne vous éloignez pas, restez près du bord. Le drapeau rouge signifie baignade interdite : n'entrez pas dans l'eau, même pour patauger. Le drapeau violet signale une pollution ou la présence d'animaux marins dangereux (méduses, requins).

Avant de partir à la plage, consultez le bulletin météo. Une alerte orage, un vent fort ou une houle importante doivent vous faire reporter votre baignade. Les courants de baïne sont plus fréquents par vent de terre et marée descendante.

Enfin, une recommandation spécifique de Voies navigables de France : « Ne vous baignez pas dans les canaux, même s'ils ont l'air calmes. » Les canaux sont des pièges mortels : berges glissantes, courants de fond, écluses, absence de surveillance. Pourtant, chaque été, des dizaines de personnes s'y baignent, attirées par l'eau calme en surface.

Conclusion : L'eau ne tue pas, l'imprudence oui

Les 274 morts de l'été 2026, dont 37 enfants et adolescents, ne sont pas une fatalité météorologique. Ce sont les conséquences d'un enchaînement de décisions : se baigner dans une zone non surveillée, sous-estimer un courant, ignorer les drapeaux, plonger pour sauver un ami sans formation.

Les étés 2027 et 2028 seront probablement aussi chauds, voire plus. Le changement climatique rend les canicules plus fréquentes et plus intenses. La tentation de se jeter à l'eau pour se rafraîchir sera chaque année plus forte. Mais les gestes de prévention, eux, restent les mêmes.

Le slogan des campagnes girondines résume parfaitement l'enjeu : « La ceinture en voiture, la bouée sur l'eau. » Un réflexe, un automatisme, une habitude. Si chaque Français intégrait ces trois questions avant d'entrer dans l'eau, le nombre de noyades mortelles chuterait drastiquement. L'eau n'est pas une ennemie. L'imprudence, si.

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Questions fréquentes

Combien de morts par noyade en France en 2026 ?

Entre le 1er mai et le 15 juillet 2026, 274 personnes sont mortes par noyade en France, dont 37 enfants et adolescents. Au total, 925 noyades ont été recensées, soit une hausse de 14 % par rapport à 2025.

Pourquoi les noyades augmentent-elles avec la canicule ?

79 % des décès par noyade sont survenus pendant les jours de vigilance canicule. La chaleur pousse les gens à se baigner dans des zones non surveillées, et le choc thermique entre l'air chaud et l'eau froide provoque des hydrocutions mortelles.

Quels sont les lieux les plus dangereux pour la baignade ?

Plus de 55 % des noyades ont eu lieu dans des zones non autorisées ni surveillées : rivières, lacs, canaux et carrières inondées. Les décès en milieux naturels non aménagés ont augmenté de 48 %, passant de 70 à 102.

Que faire en cas de noyade d'un ami ?

Ne sautez pas à l'eau : alertez immédiatement le 112 ou le 18, tendez un objet flottant (bouée, planche, glacière) et gardez un contact visuel permanent. Les doubles noyades surviennent souvent quand on tente de secourir quelqu'un sans formation.

Quelle est la campagne de prévention contre les noyades ?

La campagne nationale #COULEPASTONÉTÉ sensibilise aux gestes qui sauvent, avec des messages comme « Nagez accompagné » et « Évaluez votre condition physique ». En Gironde, une campagne locale sur TikTok et Instagram cible les 16-25 ans avec le slogan : « La baignade surveillée, c'est pas ringard, c'est la vie. »

Sources

  1. En France, 274 personnes sont mortes par noyade entre le 1ᵉʳ mai et le 15 juillet, dont quatre sur cinq pendant les périodes de canicule · lemonde.fr
  2. Santé - Actualités, vidéos et infos en direct · lemonde.fr
  3. liberation.fr · liberation.fr
  4. maire-info.com · maire-info.com
  5. mer.gouv.fr · mer.gouv.fr
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Maxime Delbot @green-pulse

Ingénieur environnement à Grenoble et militant écolo discret, je suis l'actualité climatique et les transitions au quotidien. Je teste tout : vélo, compost, sobriété numérique. Je préfère les solutions concrètes aux grands discours catastrophistes.

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