À quelques semaines du scrutin décisif des 15 et 22 mars 2026, la campagne électorale parisienne est marquée par une polarisation extrême. Pourtant, face au duel frontal qui semble s'imposer entre Emmanuel Grégoire et Rachida Dati, une troisième voie tente de s'installer dans le débat avec force et conviction. Pierre-Yves Bournazel, candidat soutenu par la majorité présidentielle, déploie une offre politique singulière : un programme de rupture de 87 pages baptisé « Paris apaisé ». Loin des querelles de personnes qui empoisonnent l'atmosphère, il propose une alternative radicale, mêlant sécurité musclée, audace financière et une vision écologiste assumée. Ce plan complet, présenté comme un « projet d'alternance », cherche à séduire les électeurs lassés des clivages traditionnels et inquiets de la dégradation de leur cadre de vie.

Bournazel ou la troisième voie face au duel Grégoire-Dati
Alors que les projecteurs médiatiques sont braqués sur l'affrontement Grégoire-Dati, Pierre-Yves Bournazel construit son récit sur le rejet de ce qu'il nomme le « match du passé contre le passé ». Soutenu par des figures de premier plan telles qu'Édouard Philippe et Gabriel Attal, il incarne une tentative de dépasser le clivage droite-gauche traditionnel. Son pari est audacieux : transformer son statut d'outsider, crédité de seulement 12 % dans les sondages, en atout en se présentant comme le seul candidat capable de rassembler au-delà des barrières partisanes. Il se définit non comme un simple « rouage de la majorité », mais comme le chef de file d'une dynamique constructive, seule à même de redresser une ville qu'il estime mal gérée depuis douze ans. Pour comprendre la dynamique globale de ces élections, vous pouvez consulter les derniers sondages dans les grandes villes, qui illustrent la difficulté pour les candidats de troisième voie.
Sa stratégie repose sur une conviction profonde : la lassitude des Parisiens face à une campagne devenue toxique pourrait créer une opportunité inespérée pour un discours apaisé. Il refuse catégoriquement de s'effacer, affirmant avec force : « Le prochain maire de Paris, soit c’est M. Grégoire, soit c’est moi ». Cette affirmation résume sa volonté de forcer le destin politique en se posant comme l'unique alternative crédible à la continuité socialiste, tout en marginalisant Rachida Dati.

Refuser la « politique de la haine » entre Dati et Grégoire
Le cœur de la stratégie de Bournazel repose sur un positionnement moral qu'il martèle à chaque intervention. Il dénonce avec vigueur l'ambiance délétère de la campagne, pointant du doigt les dérives d'un affrontement personnel qui dépasse les limites du raisonnable. Les plaintes judiciaires croisées entre ses deux principaux rivaux sont pour lui le symptôme d'une dérive inquiétante. « Dans cette campagne, c'est plainte contre plainte. Mme Dati porte plainte contre M. Grégoire, M. Grégoire porte plainte contre Mme Dati », a-t-il fustigé. Il oppose à cette « politique de la haine » un discours centré sur l'apaisement et le « comportement exemplaire ».

Ce ton vise clairement une frange de l'électorat écœurée par ce qu'il appelle la « brutalisation » de la vie politique. Il endosse le costume du maire respectable, technicien et posé, qui privilégierait la gestion concrète de la cité aux invectives stériles. C'est une manière de capitaliser sur un sentiment de rejet pour proposer un retour à une politique plus sereine et orientée vers les résultats. En refusant d'entrer dans cette arène, Bournazel espère incarner le renouveau moral que beaucoup appellent de leurs vœux.
Le pari risqué de la « ligne claire » pour le second tour
L'aspect le plus périlleux de sa campagne réside dans sa ligne inflexible concernant le second tour. Contrairement aux usages politiques qui favorisent les alliances de circonstance face à l'adversaire principal, Bournazel a annoncé sans ambiguïté sur France Inter : « Je ne rejoindrai ni Grégoire ni Dati au second tour. Je mène campagne pour gagner et je crois que les Parisiens méritent un autre chemin ». Cette position le met en porte-à-faux avec la discipline républicaine traditionnelle, mais il l'assume comme une nécessité pour offrir un choix véritable.
Les chiffres, pourtant, semblent lui donner tort. Un sondage IFOP pour L'Opinion et Sud Radio, publié le 22 février 2026, place Grégoire à 32 %, Dati à 30 %, et Bournazel à 12 %. Malgré cet écart, le candidat d'Horizons estime pouvoir « rassembler plus largement » que Rachida Dati, dont le profil jugé clivant pourrait rebuter les centristes et les écologistes modérés. Il mise sur une dynamique de fond et une remontée tardive pour rendre une alliance inutile, jouant le tout pour le tout.
Un parcours politique au service d'un projet d'alternance
Pour crédibiliser son projet, Bournazel s'appuie sur un parcours politique solide et ancré à droite. Âgé de 48 ans, il est député de la 18e circonscription de Paris depuis 2017 et vice-président de la commission des affaires culturelles et de l'éducation à l'Assemblée nationale. Élu local dans le 18e arrondissement depuis 2008, il a également présidé le Fonds de soutien au cinéma et à l'audiovisuel d'Île-de-France et fut délégué spécial pour la préparation des Jeux Olympiques de 2024. Cette expérience de terrain et des institutions nationales lui permet de présenter son programme non comme une utopie, mais comme le fruit d'une expertise approfondie des dossiers parisiens.

Il se revendique d'ailleurs héritier de l'héritage chiraquien et juppéiste, se définissant comme un « écologiste convaincu » opposé au bétonnage et au gaspillage. Ce profil atypique, mariant sensibilité sociale et autorité, est au cœur de son argumentation pour convaincre qu'il est l'homme de la situation.
De 2500 à 6000 agents : le pari d'une police municipale musclée
La sécurité constitue le pilier central et le plus spectaculaire du programme « Paris apaisé ». Pierre-Yves Bournazel propose ni plus ni moins que de tripler les effectifs de la police municipale, les faisant passer de 2500 à 6000 agents. Cette proposition dépasse largement celle de sa concurrente LR, Rachida Dati, qui en promet 5000. Pour le candidat, il s'agit de rompre définitivement avec ce qu'il qualifie de « police municipale honteuse » de la mandature sortante, pour instaurer une force de dissuasion visible, omniprésente et pleinement opérationnelle.
Ce déploiement massif, d'un coût estimé à 100 millions d'euros par an, représente une transformation profonde de l'appareil sécuritaire municipal. Là où le pass anti-racailles a cristallisé les débats chez ses concurrents, Bournazel mise sur une présence humaine démultipliée et un équipement de pointe pour restaurer un sentiment de sécurité tangible. Ces agents seront armés de revolvers et dotés de gilets pare-balles, marquant une rupture symbolique forte avec une politique jugée trop timorée.

Un policier armé dans chaque rame de métro le soir
La mesure la plus emblématique de ce volet sécuritaire concerne les transports en commun nocturnes. Bournazel promet la signature d'une convention historique avec la RATP pour garantir la présence d'au moins un policier municipal armé dans chaque rame de métro en soirée. Cette proposition répond à une anxiété profondément ancrée chez les Franciliens, et particulièrement chez les femmes, qui déclarent souvent renoncer à sortir tardivement par crainte des agressions.
L'objectif est double : rassurer immédiatement les usagers par une présence visible et dissuader les délinquants par un effet de seuil. Il s'agit aussi d'une réaffirmation de l'autorité municipale sur l'ensemble de l'espace public, y compris les infrastructures de transport gérées par un opérateur public. Cette mesure concrète et facilement identifiable par les électeurs vise à matérialiser la promesse d'un « Paris apaisé » de manière immédiate, dès les premières heures de la mandature.

Écoles et chiens renifleurs : sécuriser le quartier prioritaire
Au-delà des transports, le programme cible les lieux de vie sensibles, en premier lieu les écoles. Bournazel prévoit l'installation de boutons d'alerte directement reliés aux commissariats dans tous les établissements scolaires, permettant une intervention ultra-rapide en cas d'intrusion ou d'incident grave. De plus, la vidéoprotection sera généralisée aux abords immédiats de chaque école, pour un budget de 3 millions d'euros sur la mandature.
Pour lutter avec une précision chirurgicale contre le trafic de drogue et les vols à la tire, une brigade canine spéciale sera créée. Composée de 50 chiens renifleurs et de 60 policiers municipaux dédiés, cette unité aura pour mission exclusive de traquer les dealers et les pickpockets dans les zones touristiques et les quartiers sensibles. L'utilisation de chiens, outre son efficacité pour la détection, offre un pouvoir de dissuasion visuel immédiat et renforce l'image d'une police municipale proactive et spécialisée, proche des citoyens.
Le financement par la réduction de la « bureaucratie municipale »
Une augmentation aussi massive des effectifs pose inévitablement la question cruciale du financement. La solution de Bournazel est audacieuse et provocatrice : financer cette police renforcée par la suppression de 3000 postes de fonctionnaires dans les services administratifs de la Mairie de Paris. Le candidat dénonce une « bureaucratie municipale » pléthorique et inefficace, qu'il oppose aux « missions essentielles » de terrain.
Il s'agit d'une opération de vases communicants : réduire ce qu'il estime être des dépenses superflues et improductives pour redéployer les ressources vers la sécurité directe des citoyens. Cette vision managériale et libérale de l'action publique considère que l'argent des contribuables doit prioritairement servir à des services visibles et concrets. Cette promesse de rationalisation administrative cherche à séduire un électorat en attente d'efficacité et de transparence dans l'utilisation des impôts locaux.

60 000 logements et le pari fou de racheter 80 000 places de parking
La sécurité ne fait pas tout : pour enrayer l'hémorragie démographique qui a vu Paris perdre 180 000 habitants en douze ans, il faut rendre la ville à nouveau vivable et abordable. Bournazel fixe un objectif colossal : la construction de 60 000 logements supplémentaires. Cette politique volontariste vise explicitement à rendre Paris « abordable pour les classes moyennes », ces familles et actifs repoussés en banlieue par la flambée des prix de l'immobilier.
Son approche est résolument interventionniste. Il ne se contente pas d'incitations à la construction privée, mais propose une politique foncière agressive où la Ville joue un rôle moteur. Cette ambition passe par des mesures chocs, dont la plus spectaculaire concerne la mobilité et le financement. Il s'agit de « casser » la spirale inflationniste en augmentant massivement l'offre et en fluidifiant la circulation. Pour comprendre le contexte électoral plus large, notamment sur la participation, la question de savoir si les étrangers ont le droit de vote est parfois soulevée, bien que distincte des enjeux du logement.
La grande vente : le Parc des Princes contre les parkings
La proposition la plus surprenante du programme est un montage financier d'une ampleur inédite. Bournazel envisage de financer l'achat de 80 000 places de parking commerciaux souterrains par la vente de l'emprise foncière du Parc des Princes au PSG. Le stade et ses terrains sont évalués à environ 1 milliard d'euros. Avec cette somme, la Ville rachèterait des parkings privés pour les rendre gratuits aux Parisiens et aux actifs travaillant dans la capitale.
Le pari est double. D'abord, répondre à une frustration majeure des automobilistes parisiens face au coût et à la rareté du stationnement. Ensuite, et c'est peut-être l'objectif principal, libérer l'espace public en surface en incitant les voitures à stationner en souterrain. L'idée est de réduire la circulation de surface pour récupérer de la voirie au profit des piétons, des terrasses de café et des mobilités douces, tout en apaisant les relations souvent conflictuelles entre la municipalité et les automobilistes.

Relancer la construction pour endiguer l'hémorragie démographique
La construction neuve est l'autre volet majeur de ce plan. Pour inverser la courbe de la population parisienne, Bournazel ne se contente pas de promesses vagues. Il s'engage à un rythme de construction soutenu, visant notamment à produire des logements intermédiaires. L'objectif est clair : offrir des solutions à ceux qui n'ont pas accès au social mais ne peuvent pas non plus se payer les prix du marché libre.
Cette politique s'inscrit dans une vision plus large d'une « ville apaisée » où la stabilité résidentielle est une priorité. En offrant la possibilité de s'installer et de se projeter durablement à Paris sans sacrifier son pouvoir d'achat, Bournazel espère inverser la courbe démographique négative. C'est un pari sur l'avenir : celui d'une capitale où la mixité sociale n'est pas un vœu pieux mais une réalité vécue dans chaque quartier.
Une rénovation énergétique et acoustique massive
La construction neuve ne suffit pas à rendre la ville attractive ; il faut aussi améliorer l'existant. Bournazel lance donc un plan de rénovation énergétique d'une ampleur jamais vue à Paris : 10 000 logements sociaux et 12 000 logements privés rénovés par an. L'originalité de ce plan réside dans l'intégration systématique de l'isolation acoustique aux travaux d'isolation thermique.
Pour le candidat, qui se définit comme un « écologiste convaincu », la qualité de vie à Paris passe impérativement par la réduction de la pollution sonore. En liant les deux enjeux, il espère rendre Paris « respirable » au sens propre comme au figuré. Cette approche holistique du logement, qui combine quantité, qualité environnementale et confort de vie, vise à retenir les familles et les classes moyennes en quête de tranquillité et de maîtrise de leurs charges.
Dette de 10 milliards : le plan drastique pour sauver les finances parisiennes
Derrière les promesses ambitieuses se pose la question redoutable du financement. La situation financière de la Ville de Paris est alarmante : la dette municipale a doublé en dix ans pour atteindre 10 milliards d'euros, générant un paiement d'intérêts de 200 millions d'euros par an. Pierre-Yves Bournazel se présente en gestionnaire rigoureux, celui qui viendra « nettoyer les écuries d'Augias » après douze ans de gestion socialiste. Son programme économique est un plan de sauvetage drastique, conçu pour rétablir l'équilibre budgétaire sans augmenter les impôts, tout en dégageant des marges de manœuvre pour ses investissements phares.
Ce volet, moins séduisant électoralement, est pourtant présenté comme la condition sine qua non de la crédibilité de l'ensemble du projet « Paris apaisé ». Il repose sur trois piliers : des économies sur le train de vie de la mairie, un recentrage sur les missions essentielles, et une vaste cession d'actifs jugés non stratégiques.
Privatiser le nettoiement pour un gain de 742 millions
La mesure la plus symbolique et la plus controversée de ce plan de redressement concerne la propreté. Bournazel propose la privatisation complète de la collecte des déchets et du nettoiement des rues dès le premier conseil municipal. Le service, qui coûte actuellement environ 1 milliard d'euros par an à la Ville, est régulièrement critiqué pour son inefficacité relative. Le candidat estime qu'une délégation de service public, avec des objectifs de résultats chiffrés et des pénalités en cas de non-respect, permettrait d'économiser 742 millions d'euros sur la mandature.
Cette proposition est un pavé dans la mare, même pour un candidat de droite. Elle s'attaque à un service public emblématique et à ses syndicats. L'argument de Bournazel est purement managérial : obtenir un service plus efficace et moins coûteux pour le contribuable, libérant ainsi des ressources pour d'autres priorités comme la sécurité ou le logement. C'est une application concrète de sa philosophie : recentrer la Ville sur ses missions régaliennes et faire appel au secteur privé dès que cela peut améliorer le service rendu aux citoyens.

La cession d'actifs pour désendetter la ville
Le levier principal de désendettement est la vente massive d'actifs. Le programme prévoit notamment la cession de 20 000 logements sociaux appartenant à la Ville mais situés en dehors de Paris. Cette opération, qui pourrait rapporter jusqu'à 4,5 milliards d'euros, est justifiée par le fait que ces biens sont « hors périmètre » des compétences et des priorités d'une mairie de Paris. L'argent dégagé servirait prioritairement à rembourser la dette, réduisant ainsi la charge des intérêts qui pèse sur le budget.
Ce plan d'économies est complété par une chasse aux dépenses superflues dans le fonctionnement même de la mairie : respect strict des 35 heures, lutte contre l'absentéisme, réduction de 7000 agents administratifs. L'objectif annoncé est d'économiser 1,1 milliard d'euros sur le « train de vie ». Bournazel promet une administration « agile », recentrée sur le service aux usagers, débarrassée des lourdeurs bureaucratiques qui, selon lui, grèvent son efficacité et son image.
De la vélorution aux « rues apaisées » : réconcilier Parisiens avec leur ville
Le programme « Paris apaisé » ne serait pas complet sans une dimension environnementale et sociale forte. Bournazel, bien que positionné à droite sur les questions sécuritaires, se revendique « écologiste convaincu ». Son approche n'est pas de remettre en cause les avancées en matière de mobilité douce, mais de les « ordonner ». Il propose de sortir de la guerre urbaine entre piétons, cyclistes et automobilistes pour instaurer une cohabitation harmonieuse et régulée.
Cette volonté d'apaisement se traduit par des mesures concrètes d'aménagement et de régulation, visant à améliorer le cadre de vie quotidien et à réduire les nuisances. L'objectif est de faire de Paris une ville « respirable », où chaque mode de déplacement trouve sa place dans le respect de tous. Cette vision cherche à concilier sécurité, écologie et qualité de vie, trois attentes majeures des Parisiens.
Mettre de l'ordre sur les pistes cyclables : fin de la « loi de la jungle »
Bournazel valide le principe des pistes cyclables mais dénonce la « loi de la jungle » qui y régnerait selon lui. Pour y mettre fin, son programme prévoit une réglementation très stricte : interdiction des fat bikes, des trottinettes électriques surpuissantes et des gyropodes sur les voies dédiées aux vélos. Les véhicules non conformes pourront être saisis. Cette fermeté répond aux nombreuses plaintes de piétons et de cyclistes prudents qui se sentent en insécurité face à des engins trop rapides et parfois imprévisibles.
Parallèlement, 200 carrefours accidentogènes seront entièrement repensés et sécurisés. Il s'agit de résoudre des points noirs connus pour réduire le nombre d'accidents et apaiser les tensions entre usagers. En insistant sur le respect du code de la route par tous, y compris les cyclistes, Bournazel espère récupérer une partie de l'électorat qui a rejeté la politique vélo de la mandature sortante, jugée trop permissive face aux incivilités.

1000 « rues apaisées » pour reconquérir l'espace public
Le projet urbain phare de cette dimension est la création de 1000 « rues apaisées ». Ce concept global inclut des innovations techniques comme l'utilisation de bitumes antibruit et anti-îlots de chaleur, permettant de lutter simultanément contre la pollution sonore et les surchauffes estivales. C'est une réponse pragmatique et tangible aux défis du changement climatique en milieu urbain.
Le programme prévoit également la piétonnisation systématique des abords de toutes les écoles, pour sécuriser les trajets des enfants, ainsi que la végétalisation massive des cours d'école. En créant des îlots de fraîcheur et de verdure, Bournazel veut redonner aux Parisiens, et particulièrement aux familles, un espace public de qualité, apaisé et agréable à vivre. Cette ambition dépasse la simple question des déplacements pour toucher à l'essence même de la qualité de vie en ville.
Conclusion
À l'approche du scrutin des 15 et 22 mars 2026, le programme « Paris apaisé » de Pierre-Yves Bournazel se distingue par son ampleur et sa cohérence interne. Structuré autour d'un triptyque sécurité – efficacité des services publics – désendettement, il propose une rupture doctrinale nette avec la gestion socialiste des douze dernières années. Face à une dégradation palpable de la qualité de vie dans la capitale, ses propositions concrètes sur la sécurité, la propreté et le logement répondent directement aux préoccupations d'une population souvent exaspérée. Son discours d'apaisement politique cherche quant à lui à capter les voix d'un électorat lassé des querelles personnelles.
Cependant, la faisabilité de ce projet ambitieux repose sur des hypothèses financières et politiques extrêmement audacieuses. Le financement par la vente d'actifs majeurs comme le Parc des Princes, la privatisation de services publics sensibles comme la propreté, et la réduction drastique des effectifs administratifs, constituent autant de défis titanesques. Ces mesures risquent de se heurter à des résistances politiques, syndicales et juridiques farouches. La crédibilité du candidat dépendra de sa capacité à convaincre les Parisiens que ces promesses ne sont pas des chimères mais un plan d'action réaliste.
En définitive, Pierre-Yves Bournazel incarne le pari de la troisième voie. Technicien sincère, écologiste convaincu mais partisan de l'ordre, il propose un mélange paradoxal qui pourrait séduire une classe moyenne en quête de pragmatisme et d'efficacité. Son pari ultime est de transformer son score modeste dans les sondages en une dynamique de dernier tour capable de bousculer le duel attendu entre Grégoire et Dati. Pour y parvenir, il doit démontrer que son projet de « rupture » n'est pas seulement un catalogue de vœux pieux, mais un chemin viable pour redonner à Paris son statut de ville qui « fait rêver ».