Le 12 février 2026, une rixe éclate à Lyon, en marge d'une conférence de Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Quentin Deranque, militant identitaire, est mortellement blessé et meurt dans les jours qui suivent. L'affaire devient un symbole de la violence politique et un terrain d'affrontement entre militants identitaires et antifascistes. Au centre de la polémique : Raphaël Arnault, cofondateur de la Jeune Garde, que Marion Maréchal met en cause dans la mort du jeune homme. Que dit précisément le dossier judiciaire ?

Une rixe mortelle en marge d'une conférence
La rixe du 12 février oppose des militants identitaires et des antifascistes à proximité de Sciences Po Lyon, où doit intervenir Rima Hassan. Quentin Deranque est grièvement blessé et succombe dans les jours suivants. L'enquête est ouverte dans la foulée.
Le 19 février, le parquet de Lyon confirme sept mises en exama : six pour homicide volontaire, violences aggravées et association de malfaiteurs, et une - celle de Jacques-Élie Favrot, ancien assistant parlementaire de Raphaël Arnault - pour complicité d'homicide volontaire, violences aggravées et association de malfaiteurs.
Neuf personnes mises en examen, toutes en détention provisoire
Cinq mois plus tard, le dossier s'est étoffé. Au 28 juillet 2026, dernier état connu de l'enquête, neuf personnes sont mises en exama : huit pour homicide volontaire, et Jacques-Élie Favrot pour complicité de meurtre par instigation. Toutes sont en détention provisoire. Trois juges d'instruction instruisent l'affaire.
Une seconde procédure pénale est en cours, distincte de la première : une enquête préliminaire, menée sans juge d'instruction, sur les violences commises par les militants identitaires le 12 février. D'un côté, la mort de Quentin Deranque ; de l'autre, les violences imputées à son camp.
Raphaël Arnault, cible politique mais absent des mises en examen
C'est le point central. Raphaël Arnault ne figure pas parmi les personnes mises en exama dans l'enquête sur la mort de Quentin Deranque. La justice n'a pas établi de lien entre lui et les faits. Pourtant, son nom est au coeur de la bataille politique.
Les liens entre Arnault et l'affaire sont indirects. Il est cofondateur de la Jeune Garde, organisation antifasciste dissoute en juin 2025 - une dissolution confirmée par le Conseil d'État en juillet 2026. La majorité des suspects de l'affaire se réclament de cette organisation. Arnault a par ailleurs été "définitivement condamné pour violences volontaires en réunion", un antécédent que l'accusation politique exploite. Mais cette condamnation ne figure pas dans les mises en examen de l'affaire Deranque.
Les accusations de Marion Maréchal à l'épreuve du droit
Marion Maréchal a publiquement accusé Raphaël Arnault, l'associant à la mort de Quentin Deranque. Une accusation politique qui dépasse le cadre du dossier judiciaire.
Qu'en est-il sur le plan juridique ? En l'état des éléments publics, aucune plainte en diffamation déposée par Raphaël Arnault lui-même contre Marion Maréchal n'est documentée. En revanche, des plaintes ont été annoncées : par l'avocat de Jacques-Élie Favrot et par la famille d'une étudiante faussement accusée dans ce dossier.
La distinction est essentielle. Une accusation publique, même portée par une personnalité politique, n'est pas un fait établi. À l'inverse, une mise en exama ne vaut pas condamnation : les neuf personnes mises en exama bénéficient de la présomption d'innocence.
Une instruction qui se poursuit
Au 28 juillet 2026, aucune date de procès n'est fixée et aucune ordonnance de renvoi n'a été rendue. L'information judiciaire se poursuit.
La seule certitude, à ce stade : la justice n'a pas établi de lien entre Raphaël Arnault et la mort de Quentin Deranque. Les responsabilités pénales relèvent des juges d'instruction, puis, le cas échéant, d'un tribunal. C'est à eux qu'il reviendra de dire ce qui s'est réellement passé le 12 février 2026 à Lyon.