Le déroulé du drame : une chute au moment où le camion redémarre
Dans la nuit du 9 au 10 juillet 2026, Auphélie, 17 ans, originaire de Jeumont, est morte à Aulnoye-Aymeries (Nord). Elle fêtait la victoire de l'équipe de France contre le Maroc (2-0) en quart de finale de la Coupe du monde 2026.

Selon le procureur Laurent Dumaine, elle se trouvait sur le plateau arrière d'un camion avec plusieurs autres personnes. Une vidéo consultée par France 3 montre que la jeune fille semble chuter au moment où le véhicule, un temps immobilisé, redémarre. Elle a été écrasée par l'ensemble routier. « De nombreuses personnes étaient présentes et ont assisté à ces faits », a précisé le procureur. Six mineurs étaient à proximité ; l'un d'eux, en état de choc, a été hospitalisé.
L'adjoint au maire, Jean Durieux, a indiqué que « plusieurs dizaines de véhicules s’étaient rassemblés dans le centre-ville en klaxonnant » dans une ambiance qu'il a qualifiée de « bon enfant ». Aulnoye-Aymeries compte environ 8 700 habitants.
Alcool, non-assistance : ce que retient l’enquête
Le conducteur du camion, un homme de 45 ans, a été interpellé immédiatement. Il a été placé en garde à vue pour homicide routier. Une source proche du dossier indiquait qu’il était en état d’ébriété.
Samedi 12 juillet, il a été mis en examen et présenté à un juge d’instruction. L'enquête retient deux circonstances aggravantes : l'état d'ébriété et la non-assistance à personne en danger. Il a été placé en détention provisoire. Il encourt jusqu’à dix ans de réclusion et 150 000 euros d’amende.
Des fêtes spontanées difficiles à encadrer : précédents et dispositif national
Un dispositif national orienté vers les grands rassemblements
Pour ce match, plus de 20 000 policiers et gendarmes avaient été déployés à travers le pays, dont 8 000 à Paris. Le ministre de l’Intérieur supervisait l’opération. À Paris, les terrasses avaient été autorisées à rester ouvertes jusqu’à 2 heures et plusieurs quartiers piétonnisés.
Ce dispositif massif visait les grands rassemblements urbains et les fan-zones. La fête d'Aulnoye-Aymeries s'est déroulée en marge de ce cadre. La mort d'Auphélie est intervenue dans une petite commune, là où l'encadrement sécuritaire n'est pas le même que dans les grandes villes.
Des précédents déjà mortels en 2018
Le drame n'est pas sans précédent. Lors de la finale de la Coupe du monde 2018, un incident quasi identique s'était produit à Saint-Jeoire, en Haute-Savoie : une jeune femme, juchée sur un tracteur avec des amis, était tombée avant d'être écrasée par le véhicule qui avait poursuivi sa route.
Les célébrations de 2018 avaient causé deux morts accidentels (à Annecy et Saint-Félix), 292 gardes à vue et 45 blessés parmi les forces de l'ordre, malgré la mobilisation de plus de 63 500 policiers et 46 500 gendarmes.
Un cadre de médiation existe, sans garantir l’encadrement local
Un outil public de prévention existe : le guide interministériel « Rassemblements festifs organisés par les jeunes – Guide de la médiation », créé en 2016 et réédité en 2021. Il propose des méthodes de préparation, de médiation et de réduction des rassemblements festifs spontanés.
Son existence ne garantit pas pour autant leur encadrement sur le terrain. Les sources disponibles ne permettent pas de savoir si cet outil a été appliqué à Aulnoye-Aymeries cette nuit-là.
À Aulnoye-Aymeries, environ 200 personnes rendent hommage à Auphélie
Vendredi 17 juillet, environ 200 personnes se sont réunies en mémoire d'Auphélie à Aulnoye-Aymeries. Un proche lui a adressé ces mots : « Toi qui voulais tant fêter la victoire des Bleus, ce jour-là. Cette soirée aurait dû être un moment de joie, de partage mais le destin en a voulu autrement ».

Une habitante, Vanessa, a confié : « On ne connaissait pas cette jeune fille, mais on a tous des ados, on est tristes. Elle est partie trop vite pour rien. C’est un accident bête qui aurait pu arriver à tout le monde ». Ce rassemblement a permis à la communauté de s'unir dans un moment de recueillement et de mémoire.