Kylian Mbappé en veste de l'équipe de France sous la pluie.
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«Au lieu du lait maternel, il tétait des noix de coco» : le dérapage raciste d'une sénatrice paraguayenne sur Mbappé

Une sénatrice paraguayenne insulte Kylian Mbappé avec des propos racistes après France-Paraguay en Coupe du monde 2026. L'article décrypte ce dérapage, ses racines politiques et médiatiques, et révèle un racisme d'État qui dépasse le sport.

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Le 4 juillet 2026 restera comme le jour où une sénatrice paraguayenne a franchi toutes les lignes rouges. Après la défaite du Paraguay face aux Bleus en huitième de finale de la Coupe du monde, Celeste Amarilla a publié sur X une série de messages d'une violence raciste inouïe visant Kylian Mbappé. « Au lieu du lait maternel, il tétait des noix de coco », a-t-elle écrit, déclenchant une vague d'indignation internationale. Cette affaire ne se limite pas à un dérapage isolé : elle révèle un terreau hostile, un écosystème médiatique et politique qui, au Paraguay, autorise ce genre de propos en toute impunité. 

Kylian Mbappé en veste de l'équipe de France sous la pluie.
Kylian Mbappé en veste de l'équipe de France sous la pluie. — (source)

Le 8e de finale qui a mis le feu aux poudres : France-Paraguay sous tension

Le match du 4 juillet 2026 au Lincoln Financial Field de Philadelphie n'a pas été un simple huitième de finale. C'était un affrontement sous haute tension, dont les conséquences dépassent désormais largement le cadre sportif. Pour comprendre l'explosion de Celeste Amarilla, il faut revenir sur ce qui s'est passé sur la pelouse.

Penaltys, violences et poignée de main refusée : le match qui a tout déclenché

Les Bleus affrontaient le Paraguay pour une place en quarts de finale. Le Paraguay arrivait porté par un exploit retentissant : l'élimination de l'Allemagne aux tirs au but au tour précédent. De l'autre côté, la France, favorite, devait gérer la pression d'un match couperet. 

Kylian Mbappé retenu par un officiel lors d'un match.
Kylian Mbappé retenu par un officiel lors d'un match. — (source)

La rencontre a été d'une rare intensité. Dès les premières minutes, les joueurs paraguayens ont multiplié les gestes durs, les tacles par-derrière et les accrochages. L'arbitre a distribué plusieurs cartons jaunes sans parvenir à calmer le jeu. À la 70e minute, Mbappé transforme un penalty et offre la victoire à la France (1-0). Mais le geste qui met le feu aux poudres intervient après le coup de sifflet final : le capitaine des Bleus ne serre pas la main du gardien Orlando Gill.

Ce refus de poignée de main, perçu comme un affront suprême au Paraguay, devient le prétexte idéal. Didier Deschamps, conscient des risques, envoie des gardes du corps à Mbappé après la rencontre. Dans un article détaillé sur le match, on peut retrouver les images de cette altercation et le décryptage de ce moment clé : Paraguay-France : Mbappé muselé, altercation, Doué providentiel… Le 8e de finale décrypté en images.

Un penalty qui change la donne : le but de Mbappé vu du Paraguay

Côté paraguayen, ce match est vécu comme une injustice. Après avoir sorti l'Allemagne, le pays croyait en un destin hors du commun. La défaite sur penalty, décision toujours contestée, ravive un sentiment de frustration. La presse locale, notamment Última Hora, décrit Mbappé comme « arrogant et prétentieux ». Le terreau est fertile pour que la colère sportive se transforme en haine raciale. 

Kylian Mbappé célébrant un but lors d'un match de football.
Kylian Mbappé célébrant un but lors d'un match de football. — (source)

Celeste Amarilla, la sénatrice qui a craqué sur X

Qui est Celeste Amarilla, cette élue qui a choisi la violence verbale plutôt que la retenue ? Son parcours politique éclaire la portée de son geste. Elle n'est pas une inconnue des polémiques.

Avocate, libérale, pyromane : le profil politique de Celeste Amarilla

Née le 21 octobre 1964 à San Juan Bautista, Celeste Amarilla est avocate de formation. Elle siège au Sénat depuis 2023 sous l'étiquette du Parti libéral radical authentique (PLRA), le principal parti d'opposition au Colorado, au pouvoir. Auparavant députée de 2018 à 2023, elle a été suspendue en 2020 pour avoir affirmé que des parlementaires avaient acheté leurs sièges.

Cette suspension montre une femme politique rompue aux coups d'éclat, habituée à bousculer les lignes. Mais son appartenance au PLRA, parti d'opposition, ne la protège pas d'un racisme assumé. Le libéralisme politique n'empêche pas les dérapages : Amarilla en est la preuve vivante.

« Pas fan de foot » : la succession de tweets qui a embrasé la toile

Dans la foulée du match, Celeste Amarilla a déversé sa haine sur X en plusieurs posts. Le premier message frappe par sa violence : « Un Camerounais issu de la colonisation, s'efforçant désespérément de passer pour un Français, rancunier, nouveau riche, arrogant et laid. » 

Kylian Mbappé en action lors d'un match professionnel sous la pluie.
Kylian Mbappé en action lors d'un match professionnel sous la pluie. — Balkan Photos / CC BY 2.0 / (source)

Puis vient le post qui fera le tour du monde : « Bruto n'a même pas appris à écrire ; au lieu du lait maternel, il tétait des noix de coco, et les êtres les plus cultivés qu'il ait jamais entendus, c'étaient des chimpanzés. » Elle ajoute un encouragement au gardien Gill : « Tu aurais dû lui faire un doigt d'honneur, Orlando Gill ; moi, je le fais au Sénat et il ne se passe rien !!! »

Interrogée sur ses motivations, elle admet « ne pas être fan de foot », mais justifie sa colère par l'attitude du joueur. Comme si le racisme pouvait se justifier par une mauvaise humeur sportive.

De la noix de coco au colonisé : la grammaire de l'insulte raciste

Les mots employés par Celeste Amarilla ne sont pas anodins. Ils puisent dans un répertoire raciste bien rodé, qui dépasse les frontières du Paraguay. Décortiquons cette grammaire de la haine.

« Coconut » : pourquoi ce fruit est devenu un stéréotype raciste mondial

L'expression « noix de coco » (ou coconut en anglais) est un slur raciste bien connu dans le monde anglophone. Il vise les personnes noires considérées comme « brunes à l'extérieur, blanches à l'intérieur ». Autrement dit, des individus qui auraient trahi leur culture d'origine pour adopter les codes des Blancs.

Ce terme a été utilisé contre Barack Obama, contre des joueurs de Premier League, contre des artistes noirs. En l'employant, Amarilla pioche dans le registre mondial du racisme anti-Noirs. Elle nie à Mbappé le droit d'être noir et français à la fois, comme si ces deux identités étaient incompatibles. 

Portrait de Kylian Mbappé en tenue de l'équipe de France.
Portrait de Kylian Mbappé en tenue de l'équipe de France. — (source)

« Faire semblant d'être Français » : la double peine des sportifs noirs

L'autre phrase clé, « Camerounais colonisé qui fait semblant d'être Français », est une négation totale de l'identité nationale de Mbappé. Né à Bondy, formé à Clairefontaine, capitaine des Bleus, champion du monde : rien n'y fait. Pour Amarilla, Mbappé reste un étranger, un « colonisé » qui porterait un costume de Français.

Ce déni identitaire est une constante dans le football mondial. Les sportifs noirs ou d'origine africaine sont régulièrement renvoyés à une origine extérieure, comme si leur francité était une imposture. En ajoutant le mot « colonisé », Amarilla suggère une infériorité supposée, un héritage colonial qui ferait de Mbappé un éternel dominé. C'est un marqueur de racisme ordinaire particulièrement violent.

Un écosystème hostile : le Paraguay et ses attaques en série contre les Bleus

Celeste Amarilla n'est pas un cas isolé. Ses propos s'inscrivent dans une vague de racisme venant du Paraguay, portée par des figures médiatiques et politiques.

Chilavert, le récidiviste : « sélection africaine » et attaques homophobes

Avant même le match, l'ancien gardien légendaire José Luis Chilavert avait lancé une première salve. Interrogé sur l'équipe de France, il avait répondu que les Bleus étaient une « sélection africaine ». Ce n'était pas une première : en février 2026, Chilavert avait multiplié les attaques racistes et homophobes contre Vinicius Jr et Mbappé, affirmant notamment que Mbappé vivait « avec une personne transgenre ».

Ces propos mêlent racisme, sexisme et homophobie dans un même élan de haine. Chilavert, idole nationale, bénéficie d'une impunité médiatique totale. Quand une légende du football peut insulter impunément, une sénatrice se sent légitime pour surenchérir.

« Arrogant », « prétentieux » : la presse paraguayenne orchestrant le ressentiment

Le quotidien Última Hora a également participé à cette escalade en décrivant Mbappé comme « arrogant et prétentieux ». Les médias ont préparé le terrain en diabolisant le capitaine des Bleus, créant un climat où l'insulte devient acceptable. 

Kylian Mbappé assis sur un banc, vêtu d'une veste du Real Madrid.
Kylian Mbappé assis sur un banc, vêtu d'une veste du Real Madrid. — (source)

Ce contexte médiatique est essentiel pour comprendre l'affaire. Les insultes d'Amarilla ne tombent pas du ciel : elles sont le produit d'un écosystème hostile où le racisme est une arme politique et médiatique ordinaire.

De l'indignation aux sanctions : les conséquences d'un dérapage politique

Face à la violence des propos, les réactions n'ont pas tardé. Mais quelles sanctions concrètes peut encourir une sénatrice paraguayenne ?

Vague d'indignation mondiale : Mbappé protégé, la FIFA saisie ?

L'indignation a été immédiate et mondiale. En France, l'ambassade a été saisie, la Fédération française de football a condamné les propos. Didier Deschamps a renforcé la sécurité autour de Mbappé, signe que la menace était prise au sérieux. La FIFPro, syndicat mondial des joueurs, a également réagi en dénonçant un « racisme d'État ».

Sur les réseaux sociaux, des hashtags ont circulé, des pétitions ont été lancées pour exiger des sanctions. Mbappé, lui, n'a pas répondu publiquement, laissant son entourage gérer la communication. Une attitude qui rappelle celle adoptée face à d'autres attaques, comme lors de la conférence de presse où il a été remplacé par Kanté.

Une enquête et des excuses ? Les leviers juridiques et sportifs

Le code disciplinaire de la FIFA permet de sanctionner les propos racistes émanant de responsables sportifs ou politiques. La CONMEBOL, confédération sud-américaine, peut également être mise en cause. Les sanctions potentielles vont de l'amende financière à la suspension, en passant par des matchs à huis clos.

Sur le plan économique, une fédération peut perdre des millions de droits télé ou de sponsoring en cas de sanction lourde. C'est un levier puissant, mais encore faut-il que les instances aient la volonté de l'actionner. Les excuses de la sénatrice ou du gouvernement paraguayen peuvent-elles suffire à calmer le jeu ? Rien n'est moins sûr.

Mbappé, cible du racisme mondial : ce que cette affaire dit du football post-colonial

Cette affaire dépasse le cadre du Paraguay. Elle s'inscrit dans une tendance lourde : le racisme structurel qui cible les stars noires du football mondial.

Vinicius, Benzema, Mbappé : pourquoi les stars tricolores sont des cibles privilégiées

Le traitement réservé à Mbappé rappelle celui subi par Vinicius Jr en Espagne, où les insultes racistes dans les stades sont devenues monnaie courante. Benzema, lui aussi, a été la cible d'attaques liées à ses origines maghrébines.

Le point commun ? Des joueurs noirs ou d'origine maghrébine, au sommet de leur art, qui dérangent l'ordre symbolique. En Amérique du Sud comme en Europe, le football reste un miroir des tensions raciales et post-coloniales. Mbappé cumule les stigmates : il est français, noir, camerounais par ses origines, riche et politiquement engagé. Il concentre toutes les haines. 

Kylian Mbappé à l'entraînement avec l'équipe de France.
Kylian Mbappé à l'entraînement avec l'équipe de France. — (source)

Une insulte ordinaire dans un monde qui normalise la haine

Cette sénatrice n'est pas une exception. Elle est le produit d'un racisme d'État et médiatique qu'on retrouve partout. L'affaire montre que les réseaux sociaux et la tribune politique permettent désormais à une élue de lancer une insulte raciste sans filtre, devant un Parlement, puis de la revendiquer.

Mbappé, en ne répondant pas directement, prend le dessus. Mais le problème persiste : tant que des responsables politiques se permettront ce langage, le football restera le champ de bataille du racisme ordinaire.

Conclusion : une affaire qui dépasse le sport

L'affaire Celeste Amarilla n'est pas un simple fait divers. Elle révèle la persistance d'un racisme décomplexé dans les hautes sphères politiques sud-américaines, mais aussi la banalisation d'un discours de haine qui trouve des relais médiatiques et populaires.

Le Paraguay devra choisir entre l'impunité et la condamnation de ces propos. Les instances internationales, la FIFA, la CONMEBOL, les gouvernements ont désormais une responsabilité : ne pas laisser passer ce genre de dérapage. La noix de coco d'Amarilla n'est que la dernière d'une longue série. Il y en aura d'autres, tant que le racisme restera une arme politique sans conséquence.

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Questions fréquentes

Quels propos racistes la sénatrice a-t-elle tenus sur Mbappé ?

La sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla a écrit sur X que Mbappé tétait des noix de coco au lieu de lait maternel, l'a traité de « Camerounais colonisé » et a nié son identité française. Elle a également encouragé le gardien Gill à lui faire un doigt d'honneur.

Pourquoi le match France-Paraguay a-t-il déclenché cette polémique ?

Le 4 juillet 2026, la France a battu le Paraguay 1-0 sur un penalty de Mbappé. Après le match, Mbappé n'a pas serré la main du gardien Orlando Gill, un geste perçu comme un affront au Paraguay, ce qui a servi de prétexte à la sénatrice pour déverser sa haine raciale.

Qui est Celeste Amarilla, la sénatrice à l'origine des insultes ?

Celeste Amarilla est une avocate et sénatrice paraguayenne du Parti libéral radical authentique (PLRA), en poste depuis 2023. Elle avait déjà été suspendue en 2020 pour avoir affirmé que des parlementaires avaient acheté leurs sièges, montrant un goût pour les coups d'éclat.

Quelles sanctions la sénatrice risque-t-elle pour ses propos racistes ?

Le code disciplinaire de la FIFA et la CONMEBOL peuvent sanctionner les propos racistes, avec des amendes, suspensions ou matchs à huis clos. Une enquête est possible, mais les instances doivent décider d'agir, et le gouvernement paraguayen pourrait aussi présenter des excuses.

En quoi l'insulte « noix de coco » est-elle un stéréotype raciste ?

L'expression « noix de coco » (coconut) est un slur raciste anglophone visant les personnes noires jugées « brunes à l'extérieur, blanches à l'intérieur ». Elle suggère une trahison de leur culture d'origine et a été utilisée contre Barack Obama ou des joueurs de Premier League.

Sources

  1. «Au lieu du lait maternel, il tétait des noix de coco», le dérapage raciste d’une sénatrice paraguayenne sur Mbappé · lefigaro.fr
  2. ladepeche.fr · ladepeche.fr
  3. lequipe.fr · lequipe.fr
  4. onzemondial.com · onzemondial.com
  5. rmcsport.bfmtv.com · rmcsport.bfmtv.com
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Sarah Imbot @street-voice

Originaire de Saint-Denis, je raconte la société française telle que je la vis : les quartiers, les galères du quotidien, mais aussi les solidarités qu'on ne montre jamais à la télé. Bénévole dans une asso d'aide aux devoirs, je crois au pouvoir des histoires de terrain.

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