
Surmédiatisation et insécurité : le rôle des médias
D'un point de vue médiatique, les choses se sont calmées après le séisme du 21 avril et la surmédiatisation des faits divers durant la campagne présidentielle. Au lendemain du scrutin, les voitures brûlées ont cessé de faire la une au profit d'un sujet principal : l'arrivée de Jean-Marie Le Pen au second tour. Les médias ont été vivement critiqués par la suite par de nombreuses personnalités, à l'image de Julien Dray, porte-parole du Parti Socialiste, qui — pour évoquer TF1, considérée comme ayant fait le jeu de Le Pen — a utilisé le terme de « TFN ». La chaîne s'est toujours défendue de tout manque d'objectivité, parlant simplement d'avoir représenté la situation actuelle du pays à cette époque. Les affaires plus traditionnelles sont revenues : on ne parlait plus de cette fameuse insécurité.
Les mois ont passé. J'aimerais dire que les médias ont tiré les leçons de ces événements, mais de nouvelles élections approchent et l'on voit resurgir ce thème de l'insécurité. Les problèmes dans les cités redeviennent de plus en plus présents, même si le sujet reste sensible. On peut d'ores et déjà prévoir qu'à partir de janvier, le rythme va s'accélérer. Les lois Sarkozy commencent à montrer leur côté inefficace, ce que les journalistes n'hésitent plus à souligner.
Le risque est donc important de revoir une nouvelle fois les médias se déchaîner sur les jeunes — sous-entendu « beurs » — des cités.
Pourquoi la gauche divisée risque de perdre
D'un point de vue politique, la situation n'est guère meilleure. La gauche n'a pas su tirer les leçons de son échec, dû en partie à ses divisions et à l'absence de programme cohérent du Parti Socialiste. La gauche se présente aux régionales entièrement divisée : seule la LCR a jugé bon de s'allier avec L.O. Tous les autres partis refusent les alliances. Pourtant, avec le nouveau mode de scrutin mis en place par le gouvernement — qui vise, d'après tous les observateurs, à éliminer les petits partis, en particulier le FN —, il devient difficile d'éviter les alliances comme celle de Charles Millon entre UMP et FN aux régionales. D'après ces nouvelles règles, le parti arrivé en tête obtient automatiquement un quart des sièges au conseil. Ce qui fait que le FN a toutes ses chances dans plusieurs départements.
La droite, si elle n'est pas divisée — sauf peut-être avec l'UDF qui commence à crier au loup —, doit surtout tenter de défendre son bilan de plus d'un an de mandat, très mauvais d'un point de vue économique.
Vote protestataire : un record menacé ?
Tout annonce un futur choc avec une extrême droite très en force, puisque le vote protestataire risque de battre tous les records, d'autant que l'opposition n'a toujours pas de vraie alternative à proposer face à la droite.
L'inscription sur les listes électorales doit se faire avant le 31 décembre.