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Le pouvoir marocain enchaine la presse libre

L'hebdomadaire Tel Quel, figure de proue de la presse libre marocaine, a été condamné à près de 2 millions de dirhams. Retour sur deux affaires judiciaires qui interrogent l'indépendance de la justice.

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L'affaire débute en août 2005. Hlima Assali, députée du Mouvement populaire, poursuivait alors R. Benchemsi (directeur de la publication) et Karim Boukhari (chef des actualités) pour diffamation. En effet, madame la députée, après avoir lu le Tel Quel de la semaine, s'était reconnue dans un billet humoristique (qui ne citait pas explicitement son nom). Tel Quel est condamné à une amende de 25 000 DH (soit environ 2 500 euros) ainsi qu'à deux mois de prison avec sursis pour les deux responsables.

Fait marquant de cette affaire qui semble pour l'instant plus ou moins banale : l'accusé R. Benchemsi était absent aux États-Unis en voyage d'affaires pendant la durée du procès. Un procès qui ne revêtait aucune forme d'urgence et qui aurait pu être reporté.

Le 15 août 2005, suite à une manœuvre malhonnête d'un magistrat, le jugement a été rendu en l'absence des avocats de R. Benchemsi et de K. Boukhari, mais aussi en l'absence de l'avocat de la plaignante... Du jamais vu !

Le montant de l'amende est, selon les annales judiciaires marocaines, « plus de dix fois supérieure aux sommes maximales accordées à des plaignants pour des motifs similaires » !

Pour lire l'article incriminé, rendez-vous à l'adresse suivante : http://www.soutientelquel.com/premier/article_incrimine.html

Le pouvoir marocain passe à la vitesse supérieure

Le lundi 24 octobre 2005, le tribunal de première instance de Casablanca condamnait Tel Quel à 10 000 DH (soit environ 1 000 euros) d'amende et à 900 000 DH (soit environ 90 000 euros) de dommages et intérêts. Non, nous ne parlons plus de la même affaire judiciaire.

Cette fois-ci, Tel Quel est attaqué par la présidente d'une association d'aide à l'enfance, Mme Touria Jaïdi épouse Bouabid. En effet, en mai 2005, Tel Quel a publié un billet affirmant que Mme Bouabid aurait été convoquée par la police pour répondre à des accusations de détournement d'argent au sein de son association (la source était policière). Trois autres journaux ont affirmé la même information la même semaine : Al Ahdath Al Maghribiya, Al Ayam et Al Ousbouîya Al Jadida.

L'information s'est avérée être une intox ! Tel Quel a pris soin de publier un erratum dans son numéro suivant, en caractères gras et sur fond rouge, afin de s'excuser auprès de Mme Bouabid ainsi qu'auprès de tous les lecteurs.

Mme Bouabid a tout de même décidé de poursuivre en justice les quatre journaux (dont Tel Quel), ce qui est son droit le plus légitime. Elle a gagné les quatre procès et chaque journal a écopé d'une amende d'un montant différent : 30 000 DH pour Al Ousbouîya, 100 000 DH pour Al Ahdath, 100 000 DH pour Al Ayam et... 900 000 DH pour Tel Quel !

Tel Quel est clairement la cible à abattre.

Comment soutenir la presse libre marocaine

Il faut faire entendre notre voix. Ne pas continuer à laisser faire ce pouvoir malsain qui brime notre presse libre. Ceci est un appel citoyen pour les Marocains d'ici et d'ailleurs, mais aussi pour les défenseurs des libertés fondamentales.

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