
Tragédie en Seine-et-Marne : téléphone portable et conduite ne font pas bon ménage
Une jeune fille nommée Audrey, 14 ans, faisait du vélo le 4 avril 2001 sur une route de Seine-et-Marne quand elle a été violemment fauchée et tuée par une automobiliste sous les yeux de ses proches. Celle-ci avait perdu le contrôle de son véhicule : la conductrice conduisait d'une seule main alors qu'elle téléphonait avec son portable de l'autre. Le 16 janvier 2003, au tribunal correctionnel de Fontainebleau, le procureur a requis 2 ans de prison dont 18 mois avec sursis – une peine bien méritée à mon goût.
Le tribunal rendra son jugement final le 13 mars prochain.

Pourquoi téléphoner au volant augmente le risque d'accident
Tout le monde dit que c'est dangereux, mais personne ne peut dire actuellement à quel point. Les travaux sur le sujet sont encore ponctuels et on ignore combien d'accidents sont la conséquence de l'utilisation du portable. Une seule certitude existe : les scientifiques ont établi sans doute plausible qu'il y a un lien entre le fait de téléphoner en conduisant et un risque accru d'accident.

Chiffres clés : l'usage du téléphone au volant en France
Selon le site de Norauto, en octobre 2001, 57,6 % de la population française possédait un téléphone cellulaire, soit près de 35 millions de téléphones portables en circulation.
95 % des Français sont conscients des risques liés à l'utilisation du téléphone portable au volant et des conséquences que cela pourrait avoir. Or 40 % des conducteurs déclarent utiliser le portable en voiture sans aucun remords...
Il est vrai que le téléphone portable peut offrir de nombreux avantages sur la route : prévenir les secours en cas d'accident, rechercher un dépanneur, etc. Mais pour les appels personnels, je pense qu'ils pourraient attendre. La jeune femme responsable de la mort de la jeune Audrey doit laisser son portable de côté à présent. Avoir la mort d'une jeune fille de 14 ans sur la conscience, ça doit faire un choc.

Conduite à une main : un comportement à risque
Combien de personnes conduisent quotidiennement une main sur le volant tandis que l'autre tient le téléphone ? Le conducteur devient fainéant de tenir le volant, mais aussi manchot !
Privé d'un grand nombre de possibilités de réactions, le conducteur adapte-t-il son comportement lorsqu'il téléphone ? Ses réflexes sont-ils aussi rapides et efficaces ? Des études suédoises sur le terrain ont montré que l'automobiliste qui téléphone ne prend pas de distance par rapport au véhicule qui le précède – il se rapproche même davantage pour pouvoir suivre la même trajectoire – et il ne réduit que faiblement sa vitesse. Certains devraient repasser leur permis, je pense !

Téléphone et concentration : pourquoi l'attention diminue
Superman n'est qu'une fiction jusqu'à maintenant, je me trompe ? Nous ne sommes pas des surhommes ni des super-héros ! Capables de traiter plus d'une information à la fois, c'est là la limite de l'homme. Ainsi, l'attention accordée au fait de téléphoner et aux paroles prononcées à son interlocuteur est prise sur la conduite.
Le niveau d'attention diminue, les temps de réaction augmentent au fur et à mesure, le regard se fixe sur le devant de la route et on néglige les rétroviseurs qui sont aussi importants que le reste. Le conducteur anticipe moins : il oublie de s'arrêter au passage piéton ou même au feu rouge – ce qui est plus grave ! –, mémorise moins les panneaux de signalisation, « mord » davantage la ligne médiane. Eh oui, messieurs-dames, c'est sur la droite qu'il faut rouler, et pas au milieu de la route !
Même une conversation banale diminue fortement l'attention portée à la conduite. Vous pouvez parler à votre belle-mère, à votre patron ou encore à votre cher et tendre, on en a rien à faire, en bref... Et même un conducteur aguerri est moins attentif à la route lorsqu'il téléphone – chose à retenir pour les gens qui croient faire leur malin !

Les kits mains-libres sont-ils vraiment efficaces ?
En réalité, cet équipement conçu par les opérateurs tient davantage de la supercherie que d'une réelle sécurité. S'ils permettent au conducteur de garder ses deux mains sur le volant, ils ne diminuent en rien la distraction et l'effet néfaste sur la concentration et l'attention que garde le portable au volant ! Certes, on a les deux mains au volant, mais ce ne sont pas les risques d'accident qui diminuent !

Téléphoner ou discuter avec un passager : quelle différence ?
Certainement pas la même chose. Car le passager qui dialogue avec le chauffeur est solidaire de la conduite : il l'accompagne sur la route et participe à à la sécurité à bord. Il adapte ses interventions à la route et aux dangers potentiels.
En revanche, le conducteur qui téléphone met plus ou moins de côté les commandes pour rejoindre son interlocuteur qui, lui, ne le voit pas et ne perçoit pas les risques qu'il engendre – et loin de là...

Conseils pour utiliser son téléphone en voiture en toute sécurité
Pas question de nier l'intérêt du téléphone portable : il est d'une grande utilité en cas de force majeure ! Y compris sur la route où il peut rendre de grands services, pour prévenir les secours en cas d'accident, téléphoner à un dépanneur, etc.

Pour ne conserver que les aspects positifs du portable, il est impératif de respecter quelques règles de sécurité simples :
- Couper la sonnerie lorsque l'on roule ;
- Brancher ou activer la messagerie ;
- Pour passer un coup de fil ou récupérer les messages, s'arrêter dans un lieu adapté. C'est-à-dire ni sur la bande d'arrêt d'urgence sur l'autoroute, ni en double file, ni au feu rouge si l'on est en ville...
Je sais que la meilleure solution serait d'éteindre son portable dans la voiture ! Mais on va pas trop en demander non plus, faut pas rêver ! Si déjà vous faites les 3 choses citées ci-dessus, ce sera déjà une bonne chose de faite ! :)
Téléphone au volant : que dit la loi ?
La Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, l'a rappelé aux parquets le 2 décembre 1999 par le biais d'une circulaire : même s'il n'existe pas de texte spécifique au portable, utiliser celui-ci tout en conduisant son véhicule contrevient à l'article R 412-6 du Code de la Route.