
Un débat comme celui-ci ne se résout pas en un coup de baguette magique. Comme pour d'autres sujets sociétaux, le gouvernement doit peser tous les avis pour en tirer la meilleure résolution. Dans ce cas précis, il tient le rôle le plus difficile : convenir aux deux parties en sachant qu'il n'y aura pas de compromis, mais soit un oui, soit un non.
Pourquoi le rejet des générations anciennes ?
Il se révèle que la majorité des opinions opposées au mariage homosexuel provient de l'ancienne génération, c'est-à-dire les actuels retraités de longue date (70, 80, 90 ans). La nouvelle génération serait-elle plus tolérante ? Sans aucun doute, elle l'est, sûrement car elle vit au milieu d'homosexuels et a accepté une réalité que certains trouvent "bizarre", mais qui ne l'est point.
Ou peut-être parce que cette génération compte parmi elle des personnes homosexuelles, alors que la vieille génération n'a jamais connu ce mot de manière publique, même s'il y a toujours eu des homosexuels (Jules César par exemple).
Souvent, les réponses reflètent bien la société où l'on vit. Ainsi, les avis de l'ancienne génération tendent à s'ancrer dans le respect des règles d'un monde machiste (où la femme rime avec cuisine et enfants, et l'homme avec travail) basé sur le mythe de la Genèse (où Adam doit forcément aller avec Ève).
En écoutant les réponses des opposants, qui répondent avec dégoût un grand "NON" au mariage homosexuel, on s'aperçoit que pour ce parti, ces unions ne seraient pas un extrémisme exacerbé de la nouvelle génération mais plutôt un péché écœurant. Car c'est bien le mot "péché" qu'il faut utiliser. Les personnes se basent donc sur la religion pour fonder leur opinion. Mais quel est le lien exact entre la religion et ce débat ?
Religion et tradition : les freins au mariage gay
Le premier refus du mariage homosexuel vient du rejet de l'homosexualité elle-même. Alors que pendant des années, on a imposé une idée presque incontestée venue des textes religieux, qui disait que l'homme allait avec la femme et pas autrement. Aujourd'hui, cette idée est lourdement remise en cause par les revendications du milieu homosexuel, ce qui provoque des incompréhensions chez les personnes qui n'ont jamais connu autre chose.
Le second refus vient de la notion de mariage : c'est un terme en quelque sorte sacré. En effet, même pour le mariage civil, cet acte reste profondément connecté à la religion dans les esprits. Le croyant est donc plus facilement opposé au mariage homosexuel en raison de l'idéologie qu'il a adoptée.
Quels arguments en faveur du mariage homosexuel ?
En revanche, les arguments pour le mariage homosexuel sont solides et nombreux. Une union comme le mariage représente une reconnaissance administrative, mais surtout une volonté mutuelle de fonder une famille (hé oui, tout le monde a le droit de fonder une famille). Le terme "famille" est bien sûr pris ici dans le sens d'une réunion des biens, d'une appartenance mutuelle, d'une sorte de fusion juridique et sociologique en complément des fusions physique et intellectuelle déjà présentes.
Les hommes et les femmes sont tous égaux à l'origine, à part pour les chromosomes X et Y : tous respirent, tous ont un cœur et aucun envie de finir seul à cause de l'incompréhension d'autrui. Le mariage est symbolique, et si ce symbole permet de renforcer des liens et de conforter les choix de vie, on ne peut, ne serait-ce qu'une seule seconde, interdire un droit à certaines personnes (ici les homosexuels) alors que d'autres peuvent l'avoir sans débattre.