
On savait qu'il était possible de retrouver un criminel grâce à une mèche de cheveux ou un mégot de cigarette oublié sur le lieu du crime. Désormais, grâce à l'informatique, il est possible d'aller plus loin. Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy doit présenter cette semaine (12 janvier) aux associations de victimes de tueurs en série le logiciel Salvac — Système d'Analyse et de Liens de la Violence Associée aux Crimes. Mis au point au Canada, c'est une base de données qui permet de collecter, compiler et recouper les moindres détails liés aux meurtres, assassinats ou agressions sexuelles commis par des tueurs en série.
Comment fonctionne le logiciel Salvac ?
L'utilisation de Salvac commence par la collecte de toutes les informations possibles sur le lieu d'un crime. Un questionnaire à choix multiple permet aux enquêteurs, à travers une centaine de questions, de recenser un maximum de détails : position du corps de la victime, ou toutes sortes d'indices laissés sur place comme, par exemple, une odeur qui peut trahir le métier de l'assassin. Tous ces renseignements sont autant de signatures qui peuvent aider à résoudre une énigme criminelle.
Comment l'analyse des données permet de résoudre les enquêtes
Une fois toutes ces informations collectées, elles sont introduites dans la base de données. C'est l'exploitation et l'analyse de ces données par des spécialistes du comportement qui permettent de faire des recoupements. Par exemple, cela permet de mettre en contact des enquêteurs travaillant dans des pays différents sur des affaires similaires.
Pourquoi éviter les erreurs de coordination entre enquêtes
Ce type d'outil doit permettre d'éviter les cafouillages constatés par le passé. Exemple : l'affaire du « tueur des trains » Sid Ahmed Rezala qui est parvenu longtemps à échapper à la justice en raison de nombreux ratages et dysfonctionnements dus à la séparation des enquêtes.
Le logiciel Salvac : un succès international
Le logiciel Salvac a été mis au point au Canada. Il fonctionne là-bas avec succès depuis dix ans. Après l'Allemagne, la Grande-Bretagne ou encore les Pays-Bas, la France a décidé de l'adopter.