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L'I.V.G remit en question par le gouvernement

Un amendement donnant un statut juridique au fœtus inquiète. Quels sont les risques pour l'IVG et les médecins ?

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En votant un amendement du député UMP de Gironde Jean-Paul Garraud, l'Assemblée donne donc un statut au fœtus. Désormais, toute personne qui provoquerait une interruption de grossesse par « une maladresse, une imprudence, une inattention, une négligence ou un manquement à une obligation de sécurité » s'expose à des poursuites. Jusque-là, le fœtus n'avait pas de statut légal, on ne pouvait donc pas le « tuer » au sens juridique.

En votant cet amendement, tout peut changer. Puisque l'on risque 15 000 euros pour tuer un fœtus de façon accidentelle, on conçoit implicitement que le fœtus est un être vivant comme les autres, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent. Cela sous-entend que l'on ne peut pas tuer un être vivant, et l'on pourrait ainsi voir naître une interdiction de l'IVG en France. Bien sûr, pas tout de suite, mais à force d'attaques fréquentes de la part de certaines organisations anti-avortement, souvent très violentes et plutôt de droite, le risque est réel.

Quels sont les risques pour les médecins ?

Pour le moment, le risque existe bel et bien pour les médecins. Ces derniers pourraient refuser de pratiquer certaines interventions sur des femmes enceintes par peur de leur faire perdre leur fœtus et d'être condamnés. Cela risque d'aggraver les problèmes dans les hôpitaux, en particulier dans les services de maternités. De nombreuses associations, notamment de défense du droit des femmes, et des personnalités ont déjà exprimé leur mécontentement concernant ce texte.

La montée des mouvements anti-avortement

Des femmes comme Christine Boutin, qui prône depuis des ans contre l'I.V.G, la pilule et le préservatif, représentent bien un certain idéal puritain incarné par la droite. On peut aussi citer Xavier Dor, qui a récemment manifesté contre un planning familial et est partisan du Front National. Le risque de dérives est donc très important.

Ce gouvernement favorise donc, une fois de plus, son électorat traditionaliste au bien général de la société. Même si devant la pression de l'opinion et après près de 30 ans d'avancées sur le droit des femmes — même s'il reste encore beaucoup à faire — le ministre Perben s'est déclaré contre la suppression de l'IVG. À 5 mois des régionales, le contraire aurait étonné tout le monde.

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charly+
charly+ @charly+
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