
Le 10 août 2001, Patrice S..., second-maître électromécanicien à la base sous-marine de Toulon, fête l'anniversaire d'un de ses amis dans une boîte de nuit. La soirée se déroule joyeusement, entouré de ses proches, sans que rien ne laisse présager le drame à venir.
Vers 4h du matin, fatigué par cette nuit festive, ses amis décident de le raccompagner en voiture. Ils le déposent à moins de 500 mètres de chez lui. C'est la dernière fois qu'il est vu dans sa ville.
Une disparition inexpliquée
À partir de ce moment, le jeune homme est porté disparu. Ni son père, ni sa famille ne reçoivent de nouvelles. Les jours passent et l'inquiétude se transforme en angoisse. Ils en viennent à craindre le pire et à redouter que Patrice ait été victime d'un accident, ou pire, qu'il ait été éliminé.
Une longue et pénible enquête commence alors, mobilisant les forces de l'ordre et les proches. Les mois défilent sans qu'on obtienne aucune nouvelle du sous-officier. L'espoir s'amenuise peu à peu, laissant place à la résignation face au vide laissé par son absence.
Une retrouvaille miraculeuse après 18 mois
Mais le 4 février 2003, une heureuse nouvelle tombe : un chauffard arrêté en Italie pour un contrôle de routine répondrait au nom de Patrice S..., recherché depuis 18 mois. Comment a-t-il atterri là ? Personne ne le sait vraiment.
On l'interroge immédiatement, on désire en savoir plus sur cet incroyable voyage, mais Patrice ne se souvient de rien. Tout ce dont il se rappelle, c'est un fragment de mémoire : il était dans un train qui roulait dans une direction inconnue, vers Vintimille, la ville frontière italienne. Par un réflexe incompréhensible, il décide alors de prendre un autre train en direction de Rome, la capitale italienne.
Une amnésie totale et brutale
Sans aucune raison médicale apparente, un choc psychologique s'abat sur lui : Patrice devient muet. Il lui est physiquement impossible de parler, de prononcer le moindre mot, comme si sa mémoire s'était volatilisée.
Il s'installe dans la Ville éternelle et vit comme un SDF, contraint de fouiller dans les poubelles pour se nourrir et survivre. Il dort dans la rue, à la merci des éléments, totalement coupé de son identité. Durant cette période, Patrice a parfois des flashs d'images, mais aucun souvenir cohérent de son passé ne refait surface.
Par la suite, il retrouvera la parole de manière tout aussi inattendue, après une nuit passée ivre mort. C'est comme si l'alcool avait brisé le blocage mental qui le maintenait prisonnier du silence.
Peu à peu, ses souvenirs reviennent, son passé ressurgit des ténèbres. Il comprend enfin où il est, qui il est, et désire ardemment rentrer chez lui pour retrouver les siens.
Ceci est une histoire vraie.