Le Hajj 2026 a accueilli 1 707 301 pèlerins, selon les chiffres officiels de l'Autorité générale des statistiques d'Arabie saoudite (GASTAT). C'est une hausse de 2,04 % par rapport à 2025, quand 1 673 230 fidèles avaient fait le voyage. Cette remontée inverse la baisse de 8,72 % enregistrée l'an précédent, qui avait ramené les chiffres sous le seuil de 2024. Alors que la guerre entre les États-Unis et l'Iran secoue la région, avec des attaques de drones contre le territoire saoudien, le pèlerinage attire désormais plus de monde qu'en 2025.
Un pèlerinage dans un contexte de guerre

Le Hajj 2026 se déroule dans un Moyen-Orient en crise. Les États-Unis et l'Iran sont en guerre, avec des attaques de drones lancées depuis l'Irak contre des installations saoudiennes. Le détroit d'Ormuz, passage crucial pour le pétrole, est menacé. Malgré ces tensions, les pèlerins sont venus en masse. L'ambassade des États-Unis en Arabie saoudite avait même conseillé à ses citoyens de « reconsidérer » leur Hajj.
Pour assurer la sécurité, l'Arabie saoudite a déployé une opération militaire complète. Des systèmes de défense antimissile ont été installés près de La Mecque. Des drones équipés d'intelligence artificielle et de reconnaissance faciale survolent les lieux saints. Le système Nusuk impose à chaque pèlerin un bracelet connecté qui suit sa localisation, son rythme cardiaque et son taux d'oxygène dans le sang. Ces technologies sont obligatoires. Selon Zeinab Ismail de l'organisation SMEX, « toutes ces technologies sont obligatoires et ceux qui les refusent ne sont pas autorisés à accomplir le pèlerinage ». Cette surveillance massive inquiète les défenseurs des droits numériques, qui pointent l'absence de transparence dans un pays où l'État de droit est faible.
La chaleur reste un danger mortel. En 2025, plus de 1 300 décès ont été liés aux températures extrêmes, les pèlerins marchant jusqu'à 65 km par jour sous 40 à 50 °C. En 2026, des brumisateurs, des parcours ombragés et des systèmes de refroidissement ont été installés dans les camps de Mina, Arafat et Muzdalifah. Des distributeurs d'eau et des ventilateurs manuels circulent parmi les foules.

En France, un voyage hors de prix et un quota réduit
Pour les Français, le Hajj reste un projet financier colossal. Le coût varie de 5 000 à 15 000 €, avec une moyenne autour de 9 000 à 10 000 € pour un forfait standard. Le quota français pour 2026 est un sujet de discordes entre sources. L'une indique qu'il était d'environ 6 000 places, une baisse significative par rapport aux années précédentes. Selon al-kanz.org, la France s'est vue attribuer 9 268 places, mais seulement 1 057 Français ou résidant en France auraient pu accomplir le Hajj, révélant un écart majeur entre le quota théorique et les départs effectifs, dû à des obstacles administratifs et financiers.
Malgré ces barrières, la détermination des pèlerins est intacte. Youssef Chouhoud, un politologue américain, a décrit son Hajj comme un « hard reset » personnel. « C'est pour beaucoup de pèlerins la chose la plus difficile qu'ils feront dans leur vie. Mais rien de si significatif ne sera jamais facile », a-t-il confié à Al Jazeera. L'Égyptienne Samya Abdul Moneim, elle, parle d'un état de « bénédiction et de bonheur indescriptible ». Ces témoignages illustrent une motivation spirituelle qui transcende les craintes géopolitiques et les difficultés pratiques.

Le Hajj 2026 montre que la foi peut l'emporter sur la guerre et les coûts. Pour les pèlerins français, ce voyage reste un objectif de vie, même s'il implique des années d'épargne et une navigation complexe dans un système de quotas étatiques. Dans un Moyen-Orient en crise, La Mecque attire toujours plus de fidèles, prouvant que le spirituel peut résister au chaos du monde.