Jean Castex ajustant sa veste de costume à l'extérieur, téléphone en main.
Actualités

Grands départs SNCF été 2026 : l'aveu de Jean Castex qui change la donne

Jean Castex admet que la SNCF ne peut garantir un service normal pour les grands départs estivaux 2026, révélant un réseau fragilisé par la canicule, des rames obsolètes et des années de sous-investissement.

As-tu aimé cet article ?

L'été 2026 s'annonce sous haute tension pour les voyageurs SNCF. Jean Castex, PDG de la compagnie ferroviaire, a brisé un tabou le 1er juillet sur France Inter : il ne peut « pas garantir que tout va marcher très bien à 100 % » pour les grands départs estivaux. Cet aveu, prononcé alors que la France s'apprête à subir un nouvel épisode caniculaire, marque un tournant dans la communication de l'entreprise publique. Pour les millions de jeunes et moins jeunes qui s'apprêtent à prendre le train ces prochains jours, le message est clair : la SNCF elle-même admet que son réseau est en surchauffe.

L'aveu de Jean Castex : « Service pas normal », le séisme qui secoue les départs en vacances

Jean Castex ajustant sa veste de costume à l'extérieur, téléphone en main.
Jean Castex ajustant sa veste de costume à l'extérieur, téléphone en main. — (source)

Le 1er juillet 2026 restera comme une date dans l'histoire récente de la SNCF. Pour la première fois, un PDG de l'entreprise ferroviaire reconnaît publiquement que le service ne sera pas normal pendant les grandes vacances. Jean Castex, ancien Premier ministre devenu patron de la compagnie, s'est exprimé au micro de France Inter avec une franchise inhabituelle pour une entreprise qui cultive habituellement la communication rassurante.

« On a dû annuler préventivement cette semaine des rames pour les préparer, pour vérifier que tout marche bien et qu'elles soient pleinement opérationnelles à partir de vendredi », a-t-il expliqué. Ces annulations préventives concernent les deux week-ends de grands départs, concentrés sur les vendredis 3 et 10 juillet. Un million de voyageurs sont attendus le week-end des 4 et 5 juillet, avec 2 000 trains programmés.

La déclaration de Castex intervient dans un contexte météorologique particulier. Météo-France annonce un nouvel épisode caniculaire à partir de la fin de semaine, après une première vague de chaleur qui a déjà durement éprouvé le réseau ferroviaire en juin. « En situation tout à fait exceptionnelle, on ne peut pas attendre un service complètement normal », a-t-il ajouté, tentant de justifier par avance les perturbations à venir.

« Annulations préventives de rames » : les coulisses de la stratégie d'évitement de la SNCF

Cette stratégie d'anticipation est inédite. Habituellement, la SNCF communique sur sa capacité à gérer les crises après coup, une fois les retards accumulés et les voyageurs mécontents. Cette fois, l'entreprise a choisi d'agir en amont. Les équipes de maintenance travaillent de nuit, en pleine chaleur intense, pour surveiller les voies et les caténaires.

Concrètement, annuler préventivement des rames permet de les soumettre à des tests approfondis dans les ateliers. Un train qui n'est pas en circulation ne peut pas tomber en panne en pleine ligne. Mais cette décision a un coût : moins de trains disponibles signifie moins de places pour les voyageurs, des correspondances potentiellement manquées, et une pression accrue sur les trains maintenus.

Le choix de Castex révèle aussi une rupture avec le discours habituel de la SNCF. Pendant des années, l'entreprise a martelé que « tout était sous contrôle ». Aujourd'hui, son PDG admet que le réseau est fragilisé par des décennies de sous-investissement. « On a accumulé quarante, cinquante ans de sous-investissements dans les infrastructures », a-t-il reconnu, citant les voies, la signalisation, les caténaires et le matériel roulant.

Canicule de juin : le test grandeur nature qui a annoncé la couleur (10 % de trains en moins)

L'aveu de juillet n'est pas une surprise pour ceux qui ont suivi la première vague de chaleur de juin 2026. Entre le 18 et le 22 juin, la SNCF a été contrainte de supprimer 71 trains Intercités. Les lignes les plus touchées ? Paris-Orléans-Limoges-Toulouse avec 31 annulations, et la transversale sud Bordeaux-Marseille avec 21 annulations.

La cause ? Un matériel vétuste, les fameuses voitures Corail des années 1970, dont la climatisation n'est plus adaptée aux canicules à répétition. Michel Quidort, président de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut), a été sans appel : « Le matériel aurait dû être changé il y a 20 ou 30 ans. » Les nouvelles rames ne sont pas attendues avant 2027.

Au total, selon la SNCF, près de 10 % des trains ont été annulés pendant cet épisode caniculaire. Sur les 2,7 millions de voyageurs accueillis cette semaine-là, 33 000 ont subi un problème grave, soit un retard de plus de trois heures. Cela représente 1,2 % des passagers. « C'est toujours beaucoup trop », a reconnu Castex.

78,6 % de régularité TGV : le baromètre 2025 qui prédisait le chaos de l'été 2026

Les chiffres ne mentent pas. Avant même la canicule de juin 2026, les statistiques de régularité de la SNCF pour l'année 2025 dressaient un tableau préoccupant. Le TGV Inoui et Ouigo affichaient une régularité de seulement 78,6 % en 2025, contre 79,7 % en 2024. L'objectif fixé à 79 % n'a pas été atteint.

Les Intercités ne font pas mieux : 74,4 % de régularité en 2025, contre 75,6 % l'année précédente. Seuls les Transiliens s'en sortent avec 94 % de régularité, en légère progression par rapport à 2024 (93,4 %). Les TER, souvent présentés comme la solution de repli, ont vu leur régularité baisser de 91,1 % à 90,6 %.

Ces chiffres, issus des données SNCF Open Data, montrent une tendance de fond. La baisse de régularité n'est pas un accident ponctuel lié à la météo. Elle reflète une fragilité structurelle du réseau, que la chaleur ne fait qu'exacerber.

Quand SNCF rate ses objectifs : la chute de la fiabilité en chiffres

Détaillons ces statistiques. Pour les TGV, l'objectif de 79 % de régularité n'a pas été atteint, mais le vrai problème est ailleurs : la baisse par rapport à 2024 est de 1,1 point. Cela peut sembler modeste, mais rapporté au nombre de trains quotidiens, cela représente des milliers de voyageurs supplémentaires subissant des retards chaque jour.

Les Intercités sont dans une situation paradoxale. Leur objectif était de 73,7 %, et ils l'ont dépassé avec 74,4 %. Pourtant, la tendance est à la baisse par rapport à 2024 (75,6 %). Ce détail montre que même en atteignant leurs objectifs, les trains traditionnels perdent en fiabilité.

Seuls les Transiliens, qui transportent les voyageurs en Île-de-France, tirent leur épingle du jeu. Avec 94 % de régularité, ils dépassent leur objectif de 92,2 %. Mais ce réseau bénéficie d'investissements récents et d'une maintenance plus régulière que les grandes lignes.

Lyon-Marseille, la reine des retards, et Paris-Brest, l'îlot de résistance

Pour le voyageur, certaines lignes sont de véritables pièges. Selon le classement exclusif du Point, basé sur les données SNCF de 2018 à 2024, la ligne Lyon Part-Dieu - Marseille Saint-Charles est la plus perturbée de France. Plus d'un train sur quatre est concerné par des retards ou des annulations.

Paris-Bordeaux, pourtant l'une des lignes les plus modernisées, n'est pas en reste. Avec près de 17 % de perturbations (14,2 % de retards et 2,7 % d'annulations), elle se classe en sixième position des lignes les plus problématiques.

À l'inverse, certaines lignes résistent mieux que d'autres. Paris-Brest est la championne de la ponctualité avec 91,4 % de régularité en 2025. Sur 6 577 trajets, seulement 60 annulations ont été enregistrées, et moins de 10 % des trains ont accusé un retard de plus de 15 minutes. Un îlot de stabilité dans un océan d'incertitudes.

Jean Castex faisant un geste de la main lors d'une prise de parole.
Jean Castex faisant un geste de la main lors d'une prise de parole. — (source)

Rails à 65 °C et voitures Corail de 1970 : les failles techniques qui plombent le réseau

Pour comprendre pourquoi la SNCF en est arrivée là, il faut plonger dans la physique ferroviaire. La canicule est l'ennemi numéro 1 du TGV. Les rails en acier, composés à 95 % de ce métal, se dilatent avec la chaleur. Le record de température de rail en France a été mesuré près de Nîmes en 2019 : 65 °C.

Quand le rail chauffe, il se dilate et peut provoquer des « flambées », ces déformations latérales qui rendent la voie impraticable. C'est le cauchemar des agents SNCF : une voie qui flambe, c'est un train qui doit s'arrêter ou ralentir considérablement.

Les caténaires, ces câbles électriques qui courent le long des voies pour alimenter les trains, sont tout aussi vulnérables. Un câble de 1 000 mètres s'allonge de 1,7 cm par degré Celsius. Des contrepoids de deux tonnes ajustent la tension, mais ils atteignent leurs limites lors des fortes chaleurs. Quand une caténaire se détend trop, elle peut être déchirée au passage du train, coupant immédiatement l'alimentation électrique et la climatisation.

Caténaires et flambées : quand la canicule fait plier la mécanique des LGV

Les lignes les plus fréquentées sont les plus à risque. Pourquoi ? Parce que le passage répété des trains échauffe davantage les caténaires. À la chaleur extérieure s'ajoute celle générée par le frottement du pantographe. Le cumul peut faire monter la température des câbles bien au-delà des 40 °C annoncés par Météo-France.

Ce phénomène a été observé le 18 juin près de la gare de l'Est. Un train est tombé en panne, la climatisation s'est coupée, et des passagers sont restés bloqués à l'intérieur des rames. Un scénario qui pourrait se reproduire cet été.

Les retards dus aux intempéries ne cessent d'augmenter. Entre 2011 et 2023, ils ont bondi de 35 %. Le nombre de trains supprimés pour cause météo a été multiplié par cinq, soit 1 500 trains par an. En 2024, les aléas climatiques ont représenté près d'un million de minutes de retard. En 2025, le chiffre est resté stable à 978 000 minutes.

1,8 milliard de bénéfices contre des trains obsolètes : le paradoxe de l'investissement SNCF

C'est là que le bât blesse. La SNCF a annoncé un bénéfice de 1,8 milliard d'euros pour l'année 2025, comme le détaille notre article sur les bénéfices SNCF 2025. Comment une entreprise qui dégage de tels profits peut-elle laisser circuler des trains des années 1970 sans climatisation adaptée ?

La réponse est complexe. La SNCF est une entreprise publique qui doit équilibrer plusieurs contraintes. Une partie des bénéfices est réinvestie dans le réseau, mais une autre sert à rembourser la dette colossale de l'entreprise, héritée des décennies précédentes. Les marges sont également utilisées pour financer les investissements dans les nouvelles lignes à grande vitesse, comme le prolongement de la LGV vers le sud-ouest.

Reste que les voitures Corail, qui devaient être remplacées depuis vingt ans, continuent de rouler. Leur climatisation, conçue pour des étés tempérés, ne supporte plus les 40 °C à l'ombre. Les nouvelles rames, promises pour 2027, arriveront trop tard pour les voyageurs de l'été 2026.

Voyageurs faisant la queue sur un quai de gare, prêts pour les départs en vacances.
Voyageurs faisant la queue sur un quai de gare, prêts pour les départs en vacances. — (source)

Vendredis 3 et 10 juillet : les lignes, horaires et services à fuir pour garder le sourire

Face à ce constat, le voyageur doit devenir stratège. Les vendredis 3 et 10 juillet sont les journées les plus chargées, avec un million de voyageurs attendus et 2 000 trains en circulation. Ajoutez à cela un nouvel épisode caniculaire annoncé par Météo-France, et vous obtenez une équation à haut risque.

Jean Castex lui-même a conseillé aux personnes « vulnérables » d'éviter de prendre le train pendant les pics de chaleur. Un conseil qui vaut aussi pour ceux qui veulent minimiser leur risque de retard.

Pourquoi 1 million de voyageurs le même week-end est une équation à risque pour la SNCF

Le chassé-croisé des vacances concentre le trafic sur deux week-ends. C'est un choix logistique assumé par la SNCF, qui préfère concentrer ses moyens sur des périodes courtes plutôt que d'étaler les départs. Mais cette concentration a un prix.

Quand 2 000 trains circulent le même jour, la moindre perturbation se répercute en cascade. Un train en panne sur la ligne Paris-Lyon, c'est tout l'axe sud-est qui peut être paralysé. Les retards s'accumulent, les correspondances sont manquées, et les voyageurs se retrouvent bloqués dans des gares bondées.

La canicule aggrave la situation. Les équipes de maintenance, qui travaillent déjà de nuit en pleine chaleur, doivent surveiller en continu les voies et les caténaires. En cas de problème, les interventions sont plus longues et plus dangereuses.

Ouigo vs Inoui vs TER : le match de la ponctualité pour faire le bon choix

Tous les trains ne se valent pas en matière de fiabilité. Les TER, avec 90,6 % de régularité en 2025, sont souvent plus fiables que les TGV (78,6 %). Pourquoi ? Parce qu'ils roulent moins vite et sont moins sensibles aux problèmes de caténaires. Leur vitesse modérée réduit aussi l'usure des voies.

Pour les trajets où c'est possible, le TER 100 % Eco peut être une alternative intéressante. Certes, le voyage est plus long, mais la probabilité d'arriver à l'heure est plus élevée. Et en cas de problème, les correspondances sont souvent plus faciles à gérer sur le réseau régional.

Le match entre Ouigo et Inoui est plus serré. Les deux services utilisent le même réseau et les mêmes voies. La différence se joue sur les horaires : les Ouigo, souvent programmés tôt le matin ou tard le soir, sont moins exposés aux pics de chaleur.

Train de nuit et départ à 6 h : les créneaux magiques pour échapper à la canicule et aux foules

Les horaires sont la clé. Les trains qui partent avant 8 h du matin ont plusieurs avantages : ils ne sont pas encore dans le pic de chaleur de l'après-midi, et le trafic est moins dense. Un Ouigo aux aurores a statistiquement plus de chances d'arriver à l'heure qu'un Inoui de 17 h.

Les trains de nuit sont une autre option. Ils circulent quand les températures sont plus fraîches et le réseau moins sollicité. La SNCF a développé son offre de trains de nuit ces dernières années, avec des destinations comme Paris-Nice, Paris-Toulouse ou Paris-Rodez.

Pour ceux qui n'ont pas le choix de l'horaire, la vigilance s'impose. Évitez les correspondances trop serrées (moins de 30 minutes). Prévoyez une marge d'au moins une heure si vous devez changer de train. Et surtout, gardez un œil sur l'application SNCF Connect pour les alertes en temps réel.

Remboursement, hôtel, indemnités : le kit de survie juridique pour faire face à une annulation

On ne peut pas toujours éviter la galère. Quand le train est annulé ou arrive avec plusieurs heures de retard, le voyageur a des droits. Encore faut-il les connaître et savoir les faire valoir.

La SNCF propose deux dispositifs d'indemnisation : la Garantie G30, propre à l'entreprise, et le Règlement européen 2021/782, qui s'applique à tous les trajets en train. Le cumul des deux peut permettre de récupérer jusqu'à 75 % du prix du billet en cas de retard de plus de trois heures.

G30 et Règlement Européen 2021/782 : le doublé gagnant pour remplir son porte-monnaie

La Garantie G30 est simple : pour un retard de 30 minutes à 2 heures, vous recevez 25 % du prix du billet en bon d'achat. Pour un retard de 2 à 3 heures, c'est 50 %. Au-delà de 3 heures, vous avez droit à 75 % du prix en bon d'achat.

Le Règlement européen 2021/782 est plus avantageux sur certains points. Pour un retard de 60 à 119 minutes, vous obtenez 25 % du prix en cash (pas en bon d'achat). Pour un retard de 120 minutes ou plus, c'est 50 % du prix en cash. En cas d'annulation ou de retard de plus de 60 minutes, vous pouvez choisir entre le remboursement intégral et le réacheminement.

Le cumul des deux est possible. Pour un retard de plus de 3 heures, vous pouvez demander 75 % du prix en bon d'achat (G30) et 50 % en cash (règlement UE). Attention : la SNCF peut refuser le cumul et vous proposer uniquement le bon d'achat. Insistez. Notre guide complet sur le remboursement des retards SNCF détaille la procédure pas à pas.

Grève, canicule, force majeure : les cas où la SNCF est obligée de vous payer (ou pas)

La question de la « force majeure » est cruciale. Si la SNCF invoque une circonstance exceptionnelle (canicule, inondation, tempête), elle peut refuser de vous indemniser. Mais attention : la grève n'est pas considérée comme une circonstance exceptionnelle, car elle est due à l'entreprise elle-même.

La canicule est une zone grise. Si la SNCF prouve que les conditions météorologiques étaient imprévisibles et insurmontables, elle peut échapper à l'indemnisation. Mais avec la répétition des épisodes caniculaires ces dernières années, l'argument de l'imprévisibilité devient difficile à tenir.

En cas de refus de la SNCF, vous pouvez saisir le médiateur des transports. C'est une procédure gratuite qui peut aboutir à une indemnisation. N'hésitez pas à contester un refus si vous estimez que vos droits n'ont pas été respectés.

La procédure en 5 minutes pour réclamer son dû sans passer par la case « galère »

Voici les étapes à suivre pour être indemnisé sans perdre des heures au guichet :

  1. Faites un screenshot du retard sur l'application SNCF Connect ou prenez une photo des panneaux d'affichage en gare. C'est votre preuve.
  2. Remplissez le formulaire sur sncf-connect.com ou rendez-vous au guichet. Refusez un éventuel bon d'achat si vous préférez le remboursement en cash.
  3. Respectez le délai : vous avez 60 jours après votre voyage pour faire votre demande.
  4. Si la SNCF refuse, saisissez le médiateur des transports. La procédure est gratuite et peut aboutir en quelques semaines.

N'acceptez jamais un bon d'achat par défaut. Si vous avez droit à un remboursement en cash, insistez pour l'obtenir. Les bons d'achat vous obligent à reprendre le train, ce qui n'est pas forcément votre souhait après une mauvaise expérience.

BlaBlaCar, FlixBus, TER low-cost : le vrai coût des alternatives pour sauver ses vacances

Quand le train fait défaut, d'autres solutions existent. Le covoiturage avec BlaBlaCar, les bus longue distance avec FlixBus ou encore les TER low-cost peuvent sauver vos vacances. Encore faut-il comparer les prix et la fiabilité.

Une étude de Ouest-France, basée sur les prix de l'été 2025, montre que les bus ne sont pas toujours moins chers que le train. Le yield management s'applique aussi aux cars, avec des prix qui varient selon la demande.

Paris-Marseille en août : l'enquête prix/temps entre TGV, bus et covoiturage

Prenons l'exemple de Paris-Marseille. Pour un aller le 9 août 2025, le TGV coûtait 104 €, contre 110 € en bus (FlixBus ou BlaBlaCar Bus). Le train était donc moins cher. Mais pour un aller-retour du 12 au 19 juillet, le bus était plus avantageux : 93 € contre 112 € en train.

La leçon est claire : il faut comparer les prix pour chaque trajet. Les bus ne sont pas une solution miracle, mais ils peuvent être une alternative en période de canicule, car ils ne sont pas affectés par les problèmes de caténaires ou de rails dilatés.

Le covoiturage avec BlaBlaCar reste une option fiable. Selon la plateforme, la grande majorité des billets se vendent en dessous de 20 € sur l'année. En été, les prix peuvent monter, mais le covoiturage reste souvent moins cher que le train, surtout pour les trajets de moins de 300 km.

Carte Avantage Jeune et MAX Jeune : l'abonnement SNCF est-il un pari risqué en 2026 ?

Pour les jeunes de 16 à 27 ans, la SNCF propose deux offres : la Carte Avantage Jeune à 49 € par an, qui offre 30 % de réduction sur tous les voyages, et MAX Jeune à 79 € par mois, qui permet de voyager à 0 € hors période de forte affluence.

La Carte Avantage Jeune est rentabilisée dès le troisième voyage. Mais en période de canicule, le risque est réel : si votre train est annulé, vous perdez le bénéfice de votre carte pour ce voyage. La réduction ne s'applique qu'au billet que vous avez acheté, pas à un éventuel remboursement.

MAX Jeune, à 79 € par mois, est un pari encore plus risqué. Si les trains ne sont pas fiables, vous payez un abonnement pour un service qui peut vous laisser sur le quai. Les périodes de forte affluence, comme les vendredis 3 et 10 juillet, sont exclues de l'offre, ce qui limite son intérêt pour les grands départs.

Les 3 applis à avoir dans son téléphone pour rebondir en 10 minutes chrono

Pour faire face à l'imprévu, mieux vaut avoir plusieurs cordes à son arc. Voici les trois applis à installer avant de partir :

  1. SNCF Connect : pour les alertes en temps réel sur votre train et les propositions de réacheminement.
  2. BlaBlaCar ou Karos : pour trouver un covoiturage de dernière minute si votre train est annulé.
  3. FlixBus ou Omio : pour réserver un bus longue distance en urgence.

Le conseil : ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier. Ayez un plan B pré-chargé dans une application de mobilité comme Citymapper ou Moovit, qui agrège toutes les options de transport disponibles.

Conclusion : En 2026, la meilleure garantie SNCF, c'est votre plan B

L'aveu de Jean Castex acte un changement de paradigme. Pendant des décennies, les voyageurs ont acheté un billet de train avec l'assurance implicite d'arriver à destination dans des conditions normales. Cet été 2026, cette assurance n'existe plus.

Le contrat de confiance entre la SNCF et ses usagers est rompu. L'entreprise reconnaît elle-même que son réseau est fragilisé par la chaleur, que son matériel est obsolète, et que les investissements n'ont pas suivi. Les 1,8 milliard d'euros de bénéfices de 2025 n'ont pas suffi à préparer le réseau aux canicules à répétition.

Pour le voyageur moderne, la solution n'est plus l'achat d'un simple billet. C'est la construction d'une stratégie de voyage résiliente. Choisir les bons horaires, connaître ses droits, avoir un plan B, comparer les alternatives : voilà les boucliers indispensables face à un réseau en surchauffe.

L'été 2026 impose une nouvelle discipline. Le voyageur devient chef de projet de sa propre mobilité. Et la meilleure garantie SNCF, c'est désormais votre plan B.

As-tu aimé cet article ?

Questions fréquentes

Jean Castex a-t-il garanti un service normal pour l'été 2026 ?

Non, le PDG de la SNCF a reconnu le 1er juillet 2026 qu'il ne pouvait pas garantir un service à 100 % normal pour les grands départs estivaux, en raison des canicules et du sous-investissement du réseau.

Quels sont les droits des voyageurs SNCF en cas de retard ?

Les voyageurs peuvent cumuler la Garantie G30 (jusqu'à 75 % du prix en bon d'achat) et le Règlement européen 2021/782 (jusqu'à 50 % en cash). En cas de retard de plus de 3 heures, ils ont droit à 75 % du billet en bon d'achat et 50 % en cash, mais la SNCF peut tenter de limiter le cumul.

Quels trains sont les plus fiables pour les départs en été 2026 ?

Les TER (90,6 % de régularité en 2025) sont plus fiables que les TGV (78,6 %). Les trains partant avant 8h ou les trains de nuit sont aussi conseillés pour éviter les pics de chaleur et la forte affluence.

Pourquoi la SNCF a-t-elle annulé des rames préventivement en juillet 2026 ?

La SNCF a annulé des rames les vendredis 3 et 10 juillet pour les soumettre à des tests approfondis en atelier, afin d'éviter des pannes en pleine ligne lors des canicules. Cela réduit le nombre de places disponibles mais vise à limiter les incidents.

Quelles alternatives au TGV pour les trajets en canicule ?

Le covoiturage BlaBlaCar, les bus FlixBus, et les TER low-cost sont des alternatives. Pour un Paris-Marseille en août 2025, le bus était parfois moins cher (93 €) que le TGV (112 €). Les trains de nuit et les départs matinaux sont aussi recommandés.

Sources

  1. Canicule : la SNCF ne peut pas « garantir que tout va marcher très bien à 100 % » pour les départs en vacances · lemonde.fr
  2. capital.fr · capital.fr
  3. economie.gouv.fr · economie.gouv.fr
  4. ladepeche.fr · ladepeche.fr
  5. leparisien.fr · leparisien.fr
street-voice
Sarah Imbot @street-voice

Originaire de Saint-Denis, je raconte la société française telle que je la vis : les quartiers, les galères du quotidien, mais aussi les solidarités qu'on ne montre jamais à la télé. Bénévole dans une asso d'aide aux devoirs, je crois au pouvoir des histoires de terrain.

41 articles 0 abonnés

Commentaires (8)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...

Articles similaires