La région Grand Est a voté la fin d'une subvention de 53 000 € versée à Jeunesse au Plein Air (JPA). En 2025, cette aide a aidé 700 jeunes défavorisés à partir en vacances. Pour l'été 2026, l'association craint que 300 d'entre eux restent chez eux.

Une aide de 53 000 € pour 700 jeunes
JPA recevait chaque année depuis 2018 un soutien régional de 50 000 à 60 000 €. Lors de sa session plénière du 10 avril 2026, la Région a décidé de ne pas reconduire l'enveloppe, selon l'association et 20 Minutes. Le montant était de 53 000 € l'an dernier, confirment France 3 et Le Parisien.
Avec d'autres aides (départements, communes, CAF), cette subvention contribuait au départ en vacances de 700 jeunes du Grand Est en 2025. Les séjours durent onze jours en moyenne, pour des enfants et ados de 6 à 17 ans. Olivier Kull, président de l'Union régionale JPA, déclare que le reste à charge des familles serait « beaucoup trop important » sans ce levier.
La JPA redoute que 300 enfants et ados soient privés de séjour cet été.
Contrainte budgétaire et recentrage des compétences
La Région présente sa décision comme un « choix extrêmement difficile » dans un contexte budgétaire contraint. Son budget primitif 2026 s'élève à 4,14 milliards d'euros, selon le site officiel de la collectivité. Ce budget est qualifié d'ambitieux et de responsable.
Élisabeth Del Genini, vice-présidente chargée de la vie associative, affirme que la région recentre son action sur ses compétences. L'aide au départ en vacances des enfants « ne relève pas des compétences obligatoires de la région », explique-t-elle. La politique jeunesse régionale cible les 15-29 ans. Les solidarités pour les plus jeunes relèvent des communes, départements et de l'État.
Le montant supprimé à JPA représente environ 0,0025 % du budget total. La région ne conteste pas l'intérêt du dispositif, mais estime que d'autres acteurs doivent le financer.
Alternatives incomplètes et alerte du Département
Le Département de Meurthe-et-Moselle a accordé 55 400 € en 2025, soit 100 € pour 554 jeunes. Il appelle la Région à reconsidérer sa décision. Dans un communiqué, il dénonce un « signal préoccupant » et un risque d'accentuation des inégalités. Il évoque un « effet domino » sur d'autres financements publics et privés.
D'autres mécanismes existent. La CAF et la MSA proposent l'aide vacances enfants (AVE) et l'aide vacances familles (AVF). L'État offre le Pass Colo de 200 à 350 € pour un séjour en colonie à l'année des 11 ans. Selon les éléments recueillis, ces dispositifs ne compensent pas totalement la perte pour les associations.
À l'échelle nationale, les colos apprenantes ont été supprimées du budget 2026 de l'État, après avoir permis à plus de 400 000 enfants de partir.
Ces choix publics sur le soutien aux familles varient selon les collectivités. À Paris, la gratuité des cantines pour 17 000 enfants maintient une aide directe, tandis qu'à Carpentras la nouvelle mairie RN supprime la subvention du Planning familial. Dans le Grand Est, l'été 2026 laisse 300 jeunes sans solution de vacances selon la JPA, et le Département alerte sur un trou non comblé.