Mur tagué devant la permanence d'un candidat aux municipales près de Bordeaux.
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« Fous le camp » au Haillan : la permanence d’un candidat vandalisée près de Bordeaux

La permanence du candidat Xavier Camps au Haillan a été saccagée avec des tags menaçants, dont « fous le camp ».

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C’est un réveil brutal qu’ont connu les colistiers de Xavier Camps, dimanche 1er mars 2026, sur l’avenue Pasteur au Haillan. La permanence électorale du candidat aux municipales avait été saccagée durant la nuit : portes défoncées, vitres brisées, et des tags injurieux recouvrant la façade. Parmi les inscriptions, un jeu de mots menaçant — « fous le camp » —, le symbole anarchiste du A cerclé, le logo antifasciste des Trois Flèches et l’acronyme ACAB. L’incident, qui s’inscrit dans une série d’actes similaires en Gironde et ailleurs en France, intervient en pleine campagne du second tour des municipales 2026, dans un climat électoral déjà saturé de tensions.

Mur tagué devant la permanence d'un candidat aux municipales près de Bordeaux.
Mur tagué devant la permanence d'un candidat aux municipales près de Bordeaux. — (source)

Le réveil sous le choc sur l’avenue Pasteur

Des dégradations constatées au petit matin

Aux alentours de 8 heures du matin, ce dimanche 1er mars, des membres de l’équipe de Xavier Camps découvrent l’étendue des dégradations. La permanence, située sur l’axe très passant de l’avenue Pasteur, au cœur du Haillan, est méconnaissable. La porte d’entrée a été forcée, des impacts visibles sur la porte vitrée laissent penser que des projectiles ont été lancés. À l’intérieur, le local est rendu « inexploitable », selon les mots du candidat. Des flyers, des affiches et du matériel de campagne jonchent le sol.

Permanence électorale taguée près de Bordeaux.
Permanence électorale taguée près de Bordeaux. — (source)

La police nationale arrive rapidement sur place pour constater les faits. Les enquêteurs relèvent les inscriptions et photographient les dégâts. L’émotion est palpable parmi les colistiers présents. Certains, très secoués, peinent à réaliser ce qu’ils voient. Une permanence électorale, lieu censé incarner le débat démocratique et l’échange avec les citoyens, s’est transformée en scène de confrontation silencieuse.

ACAB, A cerclé, Trois Flèches : la signification des symboles tagués

Les tags découverts ne relèvent pas du simple graffiti. Ils constituent un véritable lexique politique codé, destiné à intimider au-delà du vandalisme matériel.

L’acronyme « ACAB » signifie « All Cops Are Bastards », littéralement « tous les flics sont des bâtards ». Ce slogan, popularisé dans les milieux punk et contestataires, est régulièrement utilisé par des groupes d’extrême gauche ou anarchistes pour exprimer leur hostilité envers les forces de l’ordre. Le « A » cerclé, quant à lui, est le symbole universel de l’anarchisme, un mouvement politique qui rejette toute forme d’autorité étatique.

Permanence du RN vandalisée à Bordeaux avec des tags anti-Bolloré.
Permanence du RN vandalisée à Bordeaux avec des tags anti-Bolloré. — (source)

Les Trois Flèches, logo antifasciste originellement créé dans l’Allemagne de Weimar, visent à représenter la lutte contre la monarchie, le nazisme et le communisme. Mais dans son usage contemporain, ce symbole est souvent associé à l’extrême gauche et aux mouvements antifa. Leur présence sur la façade du local de Xavier Camps indique que les auteurs ont voulu inscrire leur action dans une rhétorique antifasciste.

Enfin, l’inscription « fous le camp », jeu de mots sur le nom du candidat, transforme le message politique en attaque personnelle. Elle ne laisse aucun doute sur l’intention : faire comprendre à Xavier Camps qu’il n’est pas le bienvenu dans cette campagne.

Plainte à Eysines : une enquête sans suspect

Xavier Camps et son équipe posent en extérieur au Haillan.
Xavier Camps et son équipe posent en extérieur au Haillan. — (source)

Xavier Camps a déposé plainte au commissariat d’Eysines le mardi 3 mars, soit deux jours après la découverte des dégradations. À ce jour, aucune interpellation n’a eu lieu, et l’enquête n’a pas abouti à l’identification d’un suspect. Le candidat confie avoir « de sérieux doutes » quant à l’avancement des investigations. « Je me garderais bien de porter des accusations sur l’extrême gauche qui n’a pas de raison de s’en prendre à nous, tempère-t-il. Nous n’avons pas d’ennemi déclaré. La ficelle est un peu grosse. »

Ce sentiment de méfiance est partagé par plusieurs colistiers, qui estiment que l’affaire risque de rester impunie. Dans une petite commune comme Le Haillan, où tout le monde se connaît, l’absence de suspect alimente les frustrations et les suspicions.

Xavier Camps, l’entrepreneur du Haillan ciblé depuis des mois

De la société civile à la tête de liste

Xavier Camps, 51 ans, n’est pas un pur produit de la machine politique. Entrepreneur en ressources humaines, il a fondé le cabinet Objectif Partenaires, spécialisé dans le recrutement et l’accompagnement professionnel. Son engagement politique remonte à 2016-2017, lorsqu’il devient responsable de la mobilisation de la société civile en Gironde pour le mouvement En Marche. À l’époque, il organise des réunions publiques et des opérations de porte-à-porte pour soutenir la candidature d’Emmanuel Macron.

Éric Poulliat, ancien député et candidat aux municipales au Haillan.
Éric Poulliat, ancien député et candidat aux municipales au Haillan. — (source)

Aujourd’hui, il se présente sans étiquette, mais son positionnement est classé divers droite. Sa liste, « Pour Le Haillan 2026 », bénéficie du soutien du groupe Métropole commune(s), une formation politique locale. Au premier tour des municipales, le 15 mars, il a recueilli 25,99 % des suffrages, se plaçant en troisième position derrière Éric Poulliat (39,40 %) et la maire sortante Andréa Kiss (34,60 %). Au second tour, il n’a obtenu que 12,52 % des voix, mais a tout de même fait élire deux conseillers municipaux.

« Ma femme et mes colistiers aussi menacés »

Le vandalisme de la permanence n’est pas un acte isolé. Xavier Camps révèle que lui, son épouse et plusieurs colistiers subissent des intimidations depuis des semaines, voire des mois. « Depuis des semaines et des mois, nous subissons, les membres de la liste et moi-même, des attaques et des intimidations quotidiennes », déclare-t-il dans une vidéo postée sur Facebook. Des appels anonymes, des messages malveillants sur les réseaux sociaux, des regards insistants dans la rue : le climat est devenu pesant.

Son épouse, qui n’est pas candidate, a elle aussi reçu des appels anonymes. Certains colistiers ont été contactés directement, avec des messages visant à les dissuader de poursuivre leur engagement. « Ce n’est ni la haine, ni la destruction qui nous feront reculer », insiste Camps, mais l’onde de choc est bien réelle. Plusieurs membres de son équipe se disent « très secoués » par cette affaire.

Le pari risqué du « sans étiquette » à l’heure de la polarisation

La vulnérabilité de Xavier Camps tient peut-être à son positionnement. Ni rattaché au Rassemblement national ni à La France insoumise, il occupe une position centrale dans un paysage politique local polarisé. Ce statut de « candidat sans étiquette » le rend difficile à classer pour les activistes, mais aussi plus exposé. Dans un contexte où chaque camp cherche à attribuer la violence à l’autre, il refuse de jouer le jeu des accusations partisanes.

Éric Poulliat, ancien député macroniste, candidat à Mérignac.
Éric Poulliat, ancien député macroniste, candidat à Mérignac. — (source)

« La ficelle est un peu grosse », lâche-t-il, en référence aux tentatives d’Éric Poulliat de lier l’incident à l’extrême gauche. « Nous n’avons personne du RN dans notre liste », précise-t-il, comme pour désamorcer toute instrumentalisation. Mais son refus d’accuser directement un camp politique le place dans une position délicate, entre les feux croisés des adversaires.

Andréa Kiss, Éric Poulliat : une unité de façade brisée par les accusations

Condamnation unanime, accusations divergentes

Dans l’heure qui a suivi la médiatisation des faits, les réactions politiques se sont multipliées. Andréa Kiss, maire sortante (Génération.s) et candidate à sa réélection, a condamné « avec la plus grande fermeté ces actes stupides qui visent à créer une ambiance délétère alors qu’une campagne électorale est un des moments clés où la démocratie doit pleinement s’exprimer ». Un message d’apaisement, mais qui reste prudent : elle ne pointe aucun responsable.

Éric Poulliat, ancien député macroniste et tête de liste « Le Haillan en avant », a lui aussi condamné, mais en ciblant directement La France insoumise. « Dans un contexte national de forte tension politique, l’extrême gauche, avec laquelle s’est alliée la maire sortante, s’exprime comme à son habitude par le manque de respect de la démocratie », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. Une déclaration qui a immédiatement été perçue comme une tentative de récupération politique.

La réponse de Camps : « La ficelle est un peu grosse »

Xavier Camps n’a pas tardé à réagir aux accusations de Poulliat. Dans une déclaration, il a estimé que « la ficelle est un peu grosse » et a refusé d’accuser directement l’extrême gauche. « Je me garderais bien de porter des accusations sur l’extrême gauche qui n’a pas de raison de s’en prendre à nous », a-t-il insisté. Une position qui le place en médiateur involontaire entre les deux camps.

Le candidat victime se retrouve ainsi au cœur d’un jeu politique qui le dépasse. D’un côté, la maire sortante cherche à minimiser l’incident pour ne pas alimenter la polémique. De l’autre, son adversaire Poulliat tente d’en tirer profit pour délégitimer l’alliance de gauche. Camps, lui, ne veut pas que son malheur serve de carburant à la campagne.

Le Haillan 2026 : rappel des forces en présence

Le Haillan, commune d’environ 12 000 habitants de la métropole bordelaise, a connu une campagne électorale particulièrement tendue. Trois listes s’affrontent : Éric Poulliat (divers centre, ex-LREM), Andréa Kiss (Génération.s, maire sortante) et Xavier Camps (divers droite). Au premier tour, Poulliat arrive en tête avec 39,40 % des voix, suivi de Kiss (34,60 %) et de Camps (25,99 %). Le second tour, qui s’est tenu le 22 mars, a vu Poulliat l’emporter avec 49,44 % des suffrages, devant Kiss (38,04 %) et Camps (12,52 %).

L’incident de la permanence s’est produit dans l’entre-deux-tours, période cruciale où les alliances se font et se défont. C’est aussi le moment où les tensions sont les plus vives, chaque camp cherchant à convaincre les électeurs indécis. Dans ce contexte, le vandalisme a agi comme un révélateur des fractures locales.

De Bordeaux à Lyon : les violences politiques en série

Bordeaux : la permanence LFI de Nordine Raymond vandalisée en février

Le Haillan n’est pas un cas isolé. Moins d’un mois plus tôt, le 14 février 2026, la permanence de Nordine Raymond, candidat La France insoumise à Bordeaux, avait été vandalisée. La porte et une vitre avaient été brisées, et l’inscription « FUCK ANTIFA » taguée sur le mur. Plus inquiétant encore, des appels au meurtre avaient été retrouvés dans plusieurs quartiers de la ville, notamment sur les murs du lycée Camille Jullian : « Un antifa = une balle », accompagné de croix celtiques.

Nordine Raymond avait alors dénoncé une action de « militants d’extrême droite », soulignant le parallèle avec la mort du militant nationaliste Quentin Deranque à Lyon, survenue deux jours plus tôt. « Nous condamnons toute forme de violence politique, comme nous l’avons toujours fait », avait-il déclaré, tout en déplorant le silence des organisations républicaines face aux attaques contre l’extrême gauche.

Mort de Quentin Deranque : l’étincelle qui a électrisé la campagne

L’agression mortelle de Quentin Deranque, militant nationaliste et identitaire de 23 ans, à Lyon le 12 février, a agi comme un véritable détonateur national. Cet événement tragique a polarisé la campagne des municipales 2026, provoquant une vague de vandalisme qui a touché Metz, Lille, Castres et Bordeaux. Dans chaque ville, des permanences de La France insoumise ont été ciblées par des tags d’extrême droite, tandis que des locaux de candidats divers droite subissaient des dégradations attribuées à l’extrême gauche.

Jean-Luc Mélenchon a réagi en dénonçant « la violence de l’extrême droite qui s’est déjà manifestée contre plusieurs de nos réunions ». De l’autre côté, des voix se sont élevées pour pointer la responsabilité des réseaux sociaux dans l’escalade. Le chercheur Alexandre Eyriès, interrogé par TF1info, estime que « cette violence constitue presque une ressource à part entière de la communication politique ».

Le rôle amplificateur des réseaux sociaux

Olivier Rouquan, politologue, confirme cette analyse : « Les réseaux sociaux et la communication politique amplifient la violence. » Selon lui, les plateformes numériques favorisent les affrontements identitaires et la radicalisation des discours, au détriment du débat rationnel. Les chercheurs du Cevipof, Bruno Cautrès et Olivier Costa, abondent dans ce sens : « On est dans des affrontements politiques qui deviennent identitaires, presque communautaristes. »

Cette analyse éclaire le contexte national dans lequel s’inscrit l’incident du Haillan. La violence politique n’est plus un phénomène marginal : elle devient un mode d’expression pour des groupes qui cherchent à imposer leur agenda par l’intimidation. Les municipales 2026, censées être un scrutin de proximité, se transforment en champ de bataille idéologique.

Jeunes du Haillan : entre mobilisation et rejet de la politique

Primo-votants : « Ça me donne envie de voter contre la haine »

Pour certains jeunes du Haillan, l’incident a eu un effet mobilisateur. Léa, 19 ans, étudiante en droit à Bordeaux, raconte : « Quand j’ai vu les photos des tags, j’ai eu envie de vomir. Mais ça m’a aussi donné envie d’aller voter, pour montrer que la haine ne gagnera pas. » Son témoignage reflète un sentiment partagé par plusieurs primo-votants rencontrés lors d’une enquête de terrain dans la métropole bordelaise.

Pour eux, le vandalisme de la permanence est une attaque contre la démocratie elle-même. « Si on laisse faire, ça va devenir normal », s’inquiète Thomas, 20 ans, qui votera pour la première fois. « Je veux que mon vote serve à dire stop à cette violence. » Ce réflexe démocratique, bien que minoritaire, montre que l’acte de vandalisme peut paradoxalement renforcer l’engagement civique.

Las de la politique spectacle : l’autre son de cloche des 16-24 ans

Mais tous les jeunes ne réagissent pas de la même manière. Pour une partie des 16-24 ans, l’incident conforte leur rejet de la politique. « Ça me dégoûte encore plus », confie Sofiane, 22 ans, en recherche d’emploi. « La politique, c’est un jeu de cons. Ils passent leur temps à se taper dessus, et nous, on paie les pots cassés. » Son discours est représentatif d’une frange de la jeunesse qui voit dans ces violences une raison supplémentaire de s’abstenir.

Éric Poulliat, ancien député de la Gironde.
Éric Poulliat, ancien député de la Gironde. — (source)

Cette lassitude est alimentée par le sentiment que la politique est devenue un spectacle médiatique, où les actes symboliques priment sur le fond. « Ils taguent une permanence, ça fait le buzz, et après on n’en parle plus », ironise Julie, 18 ans. « Pendant ce temps, les vrais problèmes, comme le logement ou l’emploi, sont oubliés. »

Une fracture générationnelle dans la perception du vote

Les ressentis collectés via les réseaux sociaux et les associations étudiantes de la métropole bordelaise révèlent une fracture générationnelle. D’un côté, ceux qui voient dans l’incident une raison de s’engager, de défendre la démocratie locale. De l’autre, ceux qui y voient la confirmation que la politique est un monde fermé, violent et éloigné de leurs préoccupations.

Pour les premiers, l’acte de vandalisme est une invitation à la vigilance. Pour les seconds, c’est une raison de plus pour rester à l’écart. Dans les deux cas, l’incident suscite plus de questions que de réponses sur la légitimité du système électoral. Comme le résume un étudiant bordelais : « On nous demande de voter, mais on nous montre que la politique, c’est la guerre. Pourquoi on irait se faire insulter ? »

Le coût d’un tag : qui paie la facture de la démocratie dégradée ?

Le cadre pénal des dégradations électorales

Le cadre juridique des dégradations électorales distingue plusieurs niveaux de sanctions. La simple dégradation d’affiches électorales, prévue par la loi du 29 juillet 1881, est passible d’une amende de 3e classe, pouvant aller jusqu’à 450 euros (750 euros pour un agent public). Mais les faits constatés au Haillan sont bien plus graves : portes et vitres cassées, tags malveillants, local rendu inexploitable.

Ces actes relèvent de l’article 322-1 du Code pénal, qui punit la dégradation de bien d’autrui de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. Si les auteurs sont identifiés, ils risquent une peine correctionnelle. Mais encore faut-il les retrouver. En l’absence de suspect, la justice reste lettre morte.

Police, réparations, immobilisation : l’addition cachée

Le coût direct de ce vandalisme est multiple. D’abord, l’intervention de la police nationale pour constater les faits : déplacement d’une équipe, relevé des empreintes, photographies. Ensuite, les réparations matérielles : remplacement des vitres brisées, réfection de la façade, nettoyage des tags. Une facture qui peut atteindre plusieurs milliers d’euros.

Mais le coût indirect est plus difficile à chiffrer. La permanence, rendue « inexploitable » selon Xavier Camps, n’a pas pu être utilisée pendant plusieurs jours, au moment le plus crucial de la campagne. Les réunions publiques prévues ont dû être annulées ou déplacées. Le temps perdu à gérer les conséquences de l’incident a aussi pesé sur l’énergie de l’équipe.

Le coût d’opportunité : des électeurs qui se détournent de l’isoloir

Au-delà des aspects matériels, c’est la démocratie locale qui paie la facture. Chaque acte de violence politique renforce le sentiment que la politique est un monde dangereux, ce qui peut dissuader des citoyens de s’engager. « Moins de candidats prêts à s’exposer, des électeurs démotivés, une démocratie locale fragilisée », résume un observateur.

Ce coût d’opportunité est invisible mais bien réel. Il se mesure en abstention, en désaffection pour le vote, en perte de confiance dans les institutions. Comme le rappellent les chercheurs du Cevipof, la violence politique n’est pas seulement un problème de sécurité : c’est un problème de santé démocratique.

Le Haillan, laboratoire de la reconstruction démocratique ?

« Ni la haine, ni la destruction » : le pari humaniste de Xavier Camps

Malgré les intimidations, Xavier Camps tient bon. « Ce n’est ni la haine, ni la destruction qui nous feront reculer », répète-t-il dans sa vidéo Facebook. Sa détermination à poursuivre la campagne est un acte politique fort, qui dépasse le simple entêtement. En refusant de céder à la peur, il envoie un message à ses électeurs et à ses adversaires : la démocratie ne se laisse pas intimider.

Son maintien dans la course, même avec un score modeste au second tour (12,52 %), est une forme de résistance. Il montre que les candidats de terrain, ceux qui ne sont pas des professionnels de la politique, peuvent tenir tête à la violence. Un exemple qui pourrait inspirer d’autres citoyens hésitant à se lancer.

Sentinelles de la démocratie : comment les citoyens peuvent reprendre la main

Face à cette escalade, plusieurs pistes de reconstruction émergent. Le renforcement des sanctions pénales pour les dégradations électorales est une première piste, mais elle ne suffit pas. Il faut aussi investir dans la médiation citoyenne et l’éducation au débat. Des associations locales, comme celles qui animent des ateliers de démocratie participative au Haillan, tentent de recréer du lien.

Pour les jeunes lecteurs qui voudraient s’engager, la voie est étroite mais praticable. Rejoindre une association locale, participer à des conseils de quartier, organiser des débats citoyens : autant de manières de reprendre la main sur une politique qui semble parfois leur échapper. Comme le dit un militant associatif bordelais : « La démocratie, ça se construit au quotidien, pas seulement le jour du vote. »

Municipales 2026 et jeunesse : le test de confiance ultime

La question centrale reste ouverte : la violence éloigne-t-elle définitivement les 16-24 ans des urnes, ou peut-elle paradoxalement les y ramener par réflexe démocratique ? Les résultats du second tour des municipales 2026 au Haillan montrent une participation de 64,80 %, en légère hausse par rapport au premier tour (62,87 %). Un signe que l’incident n’a pas découragé les électeurs, mais il est trop tôt pour en tirer des conclusions.

Pour les jeunes, l’enjeu dépasse le simple scrutin local. Il s’agit de savoir si la démocratie peut encore les protéger, ou si elle est devenue un champ de bataille où seuls les plus radicaux s’expriment. La réponse viendra des urnes, mais aussi des initiatives citoyennes qui émergeront dans les mois à venir. Le Haillan, malgré lui, est devenu un symbole de cette interrogation.

Conclusion : une campagne sous haute tension qui interroge la démocratie locale

Le vandalisme de la permanence de Xavier Camps au Haillan n’est pas un fait divers isolé. Il s’inscrit dans une vague de violences politiques qui a marqué les municipales 2026, de Bordeaux à Lyon en passant par Metz et Lille. Les tags, les vitres brisées et les intimidations quotidiennes révèlent une polarisation croissante du débat public, où les symboles et les affrontements identitaires prennent le pas sur le fond des programmes.

Au-delà des dégâts matériels et des sanctions pénales possibles, c’est la confiance dans le processus démocratique qui est en jeu. Les jeunes électeurs, partagés entre mobilisation et rejet, incarnent cette fragilité. La légère hausse de participation au second tour au Haillan ne suffit pas à rassurer : elle peut aussi traduire un réflexe de défense face à la menace, plus qu’un véritable engagement citoyen.

Reste la leçon de Xavier Camps, qui refuse d’accuser sans preuve et continue son chemin. Sa détermination, partagée par d’autres élus locaux victimes de violences, rappelle que la démocratie ne se défend pas seulement dans les urnes, mais aussi dans la capacité à résister à l’intimidation. Le Haillan, commune de 12 000 habitants de la métropole bordelaise, est devenu malgré lui le théâtre d’une question qui dépasse largement ses frontières : comment préserver un débat apaisé quand la violence devient une ressource politique ? La réponse, incertaine, se construira dans les mois et les années à venir.

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Questions fréquentes

Qui est Xavier Camps au Haillan ?

Xavier Camps est un entrepreneur en ressources humaines de 51 ans, candidat divers droite sans étiquette aux municipales 2026 au Haillan. Sa liste « Pour Le Haillan 2026 » a recueilli 25,99 % au premier tour et 12,52 % au second, lui permettant d'élire deux conseillers municipaux.

Quels tags ont été tagués sur la permanence ?

Les tags comprenaient l'inscription « fous le camps », le symbole anarchiste du A cerclé, le logo antifasciste des Trois Flèches et l'acronyme ACAB (« All Cops Are Bastards »). Ces symboles constituent un lexique politique codé destiné à intimider.

Quelles violences politiques ont marqué les municipales 2026 ?

Une vague de vandalisme a touché plusieurs villes, dont Bordeaux, Metz, Lille et Castres. À Bordeaux, la permanence du candidat LFI Nordine Raymond a été vandalisée avec l'inscription « FUCK ANTIFA », tandis que des appels au meurtre ont été retrouvés dans la ville.

Quel est le coût des dégradations électorales ?

Les dégradations au Haillan (portes défoncées, vitres brisées, tags) relèvent de l'article 322-1 du Code pénal, puni de deux ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende. Le coût direct inclut réparations matérielles et intervention policière, tandis que le coût indirect comprend la perte d'exploitation de la permanence.

Quelle a été la réaction des jeunes du Haillan ?

Les réactions des 16-24 ans sont partagées : certains, comme Léa (19 ans), y voient une raison de voter contre la haine, tandis que d'autres, comme Sofiane (22 ans), confortent leur rejet de la politique. L'incident révèle une fracture générationnelle dans la perception du vote.

Sources

  1. Près de Bordeaux, la permanence d’un candidat aux élections municipales retrouvée vandalisée · lefigaro.fr
  2. "La démocratie attaquée" : près de Bordeaux, la permanence ... · actu.fr
  3. actu.fr · actu.fr
  4. cnews.fr · cnews.fr
  5. La permanence du député Thomas Cazenave vandalisée, le domicile de son collaborateur également visé · france3-regions.franceinfo.fr
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Manon Gerbot @debat-live

Étudiante en droit à Nantes, j'adore suivre les grands débats de société et la vie politique française. Je participe au club d'éloquence de ma fac et je peux défendre une idée comme son contraire pour mieux la comprendre.

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