Vue aérienne des dégâts après une explosion dans une usine de feux d'artifice en Chine.
Actualités

Explosion d'une usine de feux d'artifice en Italie : 20 morts en 15 ans

Le 8 juillet 2026, une explosion dans l'usine Pirotecnica Mattei tue un fils et sa mère, portant à 20 le nombre de morts dans l'industrie pyrotechnique italienne en 15 ans.

As-tu aimé cet article ?

Le 8 juillet 2026, trois explosions violentes ont pulvérisé un bâtiment de l'usine Pirotecnica Mattei à Sant'Anatolia di Borgorose, dans la province de Rieti, à 70 kilomètres au nord-est de Rome. Deux employés ont perdu la vie : Simone Colle, 30 ans, et sa mère Teresa Tozzi. Ce drame porte à au moins 20 le nombre de morts dans des accidents pyrotechniques en Italie depuis 2010, selon un décompte des principaux sinistres recensés. Et ce n'est pas la première fois que cette usine familiale est endeuillée : en juillet 2023, trois membres de la même famille y avaient déjà trouvé la mort.

Vue aérienne des dégâts après une explosion dans une usine de feux d'artifice en Chine.
Vue aérienne des dégâts après une explosion dans une usine de feux d'artifice en Chine. — (source)

Le dernier drame en date : deux morts et un bâtiment pulvérisé chez Pirotecnica Mattei

L'explosion s'est produite dans une « casermette », une petite construction servant au stockage de la poudre et au conditionnement des feux d'artifice. Le feu a pris soudainement, suivi de trois déflagrations rapprochées qui ont soufflé la structure. Le bâtiment s'est effondré sur lui-même, ne laissant qu'un amas de béton et de tôles tordues.

Les pompiers de L'Aquila et le Groupe Opérationnel Spécial (GOS) de Rome sont arrivés sur place avec des excavatrices pour dégager les décombres. Les corps de Simone Colle et de Teresa Tozzi ont été retrouvés ensevelis sous les gravats. Deux autres employés, qui travaillaient dans une zone adjacente, ont survécu indemnes. Le parquet de Rieti a ouvert une enquête pour homicide involontaire.

Trois déflagrations en pleine matinée : le récit de la catastrophe

Les témoignages des survivants et des riverains décrivent une matinée ordinaire brutalement interrompue. Le feu s'est déclaré dans l'une des « casermette » où étaient entreposés des composés pyrotechniques. En quelques secondes, trois explosions distinctes se sont succédé, chacune plus violente que la précédente. Le souffle a été ressenti à plusieurs kilomètres à la ronde.

Témoins et forces de l'ordre observant les secours près de l'usine de feux d'artifice explosée.
Témoins et forces de l'ordre observant les secours près de l'usine de feux d'artifice explosée. — (source)

Le laboratoire de Torano, une fraction de la commune de Borgorose, a été entièrement détruit. Les secours ont mis plusieurs heures à sécuriser le site, craignant des explosions secondaires. Les équipes cynophiles et les détecteurs thermiques ont été déployés pour s'assurer qu'aucune autre personne ne se trouvait sous les décombres. Un des deux survivants a été légèrement blessé et transporté à l'hôpital pour des examens de contrôle.

Simone et Teresa : l'usine familiale emporte une mère et son fils

Simone Colle, 30 ans, était employé dans l'entreprise familiale depuis plusieurs années. Il manipulait les matériaux destinés à la fabrication des feux d'artifice. Sa mère, Teresa Tozzi, travaillait également sur le site. Tous deux étaient présents au moment de l'explosion.

Le caractère familial de l'entreprise rend le drame encore plus poignant. La Pirotecnica Mattei est une affaire de famille depuis des générations. Les deux victimes étaient les proches parents des trois personnes tuées dans l'accident de 2023. Le père de Simone, Franco Colle, et ses deux enfants, Anna et Claudio Colle, avaient péri dans l'explosion précédente. La famille avait déjà perdu une branche entière.

3 morts en 2023 : pourquoi l'usine Mattei était déjà sous le coup d'une enquête

L'accident du 8 juillet 2026 n'est pas un événement isolé. La Pirotecnica Mattei avait déjà été le théâtre d'une catastrophe en juillet 2023, lorsqu'une explosion avait tué trois personnes : Franco Colle, le père de Simone, et ses deux enfants, Anna et Claudio. Ce précédent drame avait déjà suscité l'émotion dans la région et ouvert une enquête judiciaire.

La question qui se pose aujourd'hui est brutale : comment une usine déjà endeuillée par un tel drame a-t-elle pu connaître une nouvelle explosion trois ans plus tard ? Les syndicats, notamment la CGIL Rieti Roma Est Valle dell'Aniene, dénoncent une situation « intolérable » et pointent du doigt l'absence de mesures correctives efficaces. Le parquet de Rieti, qui avait déjà enquêté sur l'accident de 2023, a rouvert un dossier pour homicide involontaire.

L'accident de 2023 : un père et ses deux enfants tués

En juillet 2023, une explosion similaire avait secoué la même usine. Franco Colle, le patriarche de la famille, et ses deux enfants, Anna et Claudio, avaient été tués sur le coup. Les circonstances étaient comparables : un incendie soudain dans une zone de stockage, suivi d'une série d'explosions en chaîne. Le bâtiment avait été partiellement détruit.

Des pompiers chinois interviennent après une explosion dans une usine de feux d'artifice.
Des pompiers chinois interviennent après une explosion dans une usine de feux d'artifice. — (source)

Les enquêteurs avaient alors tenté de déterminer les causes exactes de l'accident. Plusieurs hypothèses avaient été avancées : une défaillance technique, une erreur humaine, ou encore un défaut de maintenance. Mais aucun responsable n'avait été formellement identifié, et l'usine avait pu reprendre son activité.

« Les contrôles n'ont servi à rien » : la colère des syndicats et des familles

La CGIL ne mâche pas ses mots. « C'est intolérable », a déclaré le syndicat dans un communiqué. « Après l'accident de 2023, des inspections ont eu lieu. Mais elles n'ont servi à rien. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. »

Les familles des victimes expriment leur colère et leur désarroi. Comment expliquer qu'une entreprise déjà endeuillée par un drame similaire n'ait pas renforcé ses mesures de sécurité ? Le parquet de Rieti a ouvert une enquête pour homicide involontaire, visant à déterminer si des négligences ou des manquements aux règles de sécurité ont contribué à la catastrophe.

Bilan funèbre de la pyrotechnie italienne : 20 morts en 15 ans

Le cas Mattei n'est pas un accident isolé. Il s'inscrit dans une série noire qui frappe l'industrie pyrotechnique italienne depuis des décennies. Selon un décompte des principaux sinistres recensés, au moins 20 personnes ont perdu la vie dans des explosions d'usines de feux d'artifice en Italie depuis 2010.

Ce chiffre, probablement sous-estimé car il ne prend pas en compte les petits ateliers artisanaux non déclarés, témoigne d'un problème structurel. L'Italie compte des centaines de petites entreprises familiales de pyrotechnie, souvent installées dans des zones résidentielles ou agricoles, avec des normes de sécurité variables.

2013-2015 : les drames de Pescara et Bari, des précédents oubliés

Le 25 juillet 2013, une série d'explosions en masse s'est produite dans une usine de feux d'artifice à Città Sant'Angelo, dans la province de Pescara. Selon le rapport technique ARIA du ministère français du Développement durable, l'usine couvrait 30 000 m² et était classée Seveso seuil bas. Les explosions ont été déclenchées lors du transfert de feux d'artifice dans un pick-up. Bilan : 5 morts, dont un pompier décédé trois mois plus tard, et 8 blessés. Sept des onze bâtiments ont été détruits.

Bâtiment industriel dévasté après l'explosion d'une usine de feux d'artifice près de Rome.
Bâtiment industriel dévasté après l'explosion d'une usine de feux d'artifice près de Rome. — (source)

Le 24 juillet 2015, une explosion dans une usine de feux d'artifice près de Bari a tué 7 personnes. Un van a explosé en premier, déclenchant une série d'explosions qui ont duré environ une heure. L'usine a été totalement détruite. Le président Sergio Mattarella avait exprimé son émotion et demandé que toute la lumière soit faite sur les circonstances. Le parquet de Bari avait ouvert une enquête pour homicide involontaire.

Une industrie artisanale chroniquement sous-dimensionnée face au risque

L'industrie pyrotechnique italienne est caractérisée par une multitude de petites et moyennes entreprises familiales. Beaucoup sont installées dans des zones rurales, parfois à proximité d'habitations. La tradition napolitaine des « botti » (pétards) et des « fuochi » (feux d'artifice) est profondément ancrée dans la culture locale, comme le montre une étude ethnographique sur les pratiques pyrotechniques à Naples.

Cette tradition séculaire se heurte aux normes de sécurité modernes. La directive européenne 2013/29/UE harmonise les règles de mise sur le marché des articles pyrotechniques et définit les catégories F1 à F4 selon le niveau de danger. Mais son application semble lacunaire en Italie, où les contrôles sont jugés insuffisants par les syndicats et les observateurs.

Du Cobra néerlandais au feu du 14 juillet : le business opaque des artifices low-cost

Le drame de la Pirotecnica Mattei pose aussi la question de la destination des produits fabriqués. Les feux d'artifice italiens sont exportés dans toute l'Europe, parfois vers des marchés où la réglementation est moins stricte ou où la demande de produits bon marché est forte.

Le cas le plus emblématique est celui du pétard « Cobra », fabriqué illégalement ou semi-légalement en Italie et exporté aux Pays-Bas. Selon un reportage du Monde daté de janvier 2025, la nuit du Nouvel An 2024-2025 aux Pays-Bas a fait exactement 1 162 blessés et 2 morts. Le docteur Tjeerd de Faber, ophtalmologue à Rotterdam, a décrit une « nuit d'horreur » avec des mains arrachées et des blessures oculaires graves. Le Cobra, dont certaines versions ont la taille d'un aérosol et la puissance d'une grenade, est en principe réservé aux artificiers professionnels.

Le Cobra et les pétards « surpuissants » : le fléau italien qui explose aux Pays-Bas

Le Cobra est un produit italien dont la réputation a franchi les frontières. Vendu sur les marchés noirs ou semi-légaux, il est particulièrement prisé des jeunes Néerlandais qui l'utilisent lors des fêtes du Nouvel An. Sa puissance est telle qu'il peut arracher une main ou causer des lésions oculaires irréversibles.

Le lien avec l'industrie italienne est direct : une partie de ces pétards surpuissants sont fabriqués dans des ateliers italiens, parfois non déclarés, où les conditions de sécurité sont précaires. La demande de produits pyrotechniques bon marché crée une pression sur les prix qui conduit à une sous-traitance risquée. Les accidents dans les usines italiennes sont donc aussi le reflet d'un marché européen opaque où la traçabilité est souvent insuffisante.

Supermarchés et festivals : qui fabrique vraiment vos feux d'artifice ?

Pour le consommateur, il est difficile de savoir où et dans quelles conditions les feux d'artifice qu'il achète ont été fabriqués. Le marquage CE est obligatoire pour les produits mis sur le marché européen, mais il ne garantit pas à lui seul des conditions de fabrication sûres.

La différence est grande entre un produit fabriqué dans une usine aux normes européennes, comme en France ou en Allemagne, et un produit sous-traité dans un petit atelier italien ou d'Europe de l'Est. Les grandes marques européennes historiques ont des standards de sécurité élevés, mais les produits low-cost vendus en grande surface ou sur Internet peuvent provenir de fabricants aux pratiques douteuses.

Directive européenne et réalité de terrain : le grand écart des contrôles

La directive 2013/29/UE harmonise les règles de mise sur le marché des articles pyrotechniques dans l'Union européenne. Elle définit quatre catégories de danger, de F1 (risque très faible, vente dès 12 ans) à F4 (usage professionnel, autorisation préfectorale). En France, cette directive a été transposée dans le Code de l'environnement, et les contrôles sont effectués par la DGCCRF ou les services préfectoraux.

Mais en Italie, le système semble moins contraignant ou moins contrôlé. La répétition des accidents dans les usines pyrotechniques italiennes accrédite la thèse d'un « deux poids deux mesures » européen. La question se pose : le prix d'un feu d'artifice reflète-t-il le coût de la sécurité ?

Catégories F1 à F4 : ce que la loi autorise (ou pas) pour les particuliers

La réglementation européenne distingue quatre catégories de feux d'artifice :

  • F1 : articles présentant un risque très faible, pouvant être utilisés dans des espaces confinés. Vente libre à partir de 12 ans.
  • F2 : articles présentant un risque faible, destinés à être utilisés à l'extérieur. Vente libre à partir de 16 ans.
  • F3 : articles présentant un risque moyen, destinés à être utilisés à l'extérieur dans de grands espaces ouverts. Vente aux personnes majeures.
  • F4 : articles à usage professionnel, nécessitant une autorisation préfectorale.
    Sant'Anatolia di Borgorose, commune de la province de Rieti dans le Latium, à 70 km au nord-est de Rome

En théorie, cette classification permet au consommateur de savoir ce qu'il achète. Mais dans la pratique, des produits de catégorie F3 ou F4 peuvent se retrouver dans le commerce grand public, notamment via Internet, sans contrôle suffisant.

Contrôles en France vs inspections en Italie : des standards de sécurité à deux vitesses ?

En France, les inspections des usines pyrotechniques sont régulières et strictes. Les services préfectoraux et la DGCCRF vérifient le respect des normes de stockage, de manipulation et de transport. Les sanctions peuvent être lourdes en cas de manquement.

En Italie, le système est moins homogène. Les régions ont des compétences variables en matière de contrôle, et les moyens humains sont souvent insuffisants. La répétition des accidents dans les usines pyrotechniques italiennes, comme le montre la chronologie des sinistres, suggère que les inspections ne sont pas assez fréquentes ou pas assez rigoureuses.

Peut-on savoir si son feu d'artifice a été fabriqué dans des conditions dangereuses ?

Face à cette situation, le consommateur peut légitimement s'interroger sur la provenance des feux d'artifice qu'il achète. Quelques repères simples permettent de réduire les risques.

Le marquage CE est obligatoire. Il doit être apposé sur l'emballage, accompagné du numéro d'identification de l'organisme notifié qui a effectué le contrôle. La notice doit être rédigée en français. Le conditionnement individuel des articles est également un signe de qualité.

Les astuces pour repérer un artifice fabriqué dans les règles

Voici quelques éléments à vérifier avant d'acheter un feu d'artifice :

  • Le marquage CE : il doit être visible et lisible. Un marquage CE mal imprimé ou absent est un signal d'alarme.
  • La notice : elle doit être en français et détailler les précautions d'emploi, la catégorie de danger, et les instructions de mise à feu.
  • Le conditionnement : chaque article doit être emballé individuellement, avec une mèche protégée.
  • Le fabricant : privilégier les marques européennes reconnues, qui ont une longue tradition de fabrication et des standards de sécurité élevés.
  • Le prix : un prix anormalement bas doit éveiller les soupçons.

Le prix bas est-il toujours le signe d'une sécurité sacrifiée ?

La question du prix est centrale. Une fusée vendue 5 euros en supermarché peut-elle être fabriquée dans une usine aux normes de sécurité strictes ? La réponse est complexe. Les coûts de production varient selon les pays et les normes appliquées. Mais un prix très bas peut indiquer des économies sur la sécurité, que ce soit dans la fabrication, le stockage ou le transport.

Le consommateur a un rôle à jouer. En choisissant des produits de marques reconnues, en vérifiant le marquage CE et en évitant les achats sur des sites douteux, il contribue à réduire la demande pour des produits fabriqués dans des conditions dangereuses. Les initiatives des syndicats italiens, comme la CGIL, pour une meilleure traçabilité des produits pyrotechniques pourraient aussi aider à responsabiliser les fabricants.

Conclusion : la fête ne doit plus avoir un goût de cendres

La tragédie du 8 juillet 2026 à la Pirotecnica Mattei n'est pas un accident isolé. Elle s'inscrit dans une série noire qui a fait au moins 20 morts en 15 ans dans l'industrie pyrotechnique italienne. Derrière ces chiffres, il y a des vies brisées : Simone Colle, 30 ans, et sa mère Teresa Tozzi, mais aussi Franco, Anna et Claudio Colle, tués en 2023, et tous les autres.

Le constat est amer : une industrie qui n'arrive pas à se réformer, malgré les drames répétés. La responsabilité est partagée entre l'État italien, qui doit renforcer les contrôles, les fabricants, qui doivent investir dans la sécurité, et le consommateur, qui peut faire des choix d'achat éclairés.

La fête ne doit plus avoir un goût de cendres. Espérons que le drame de 2026 provoque un électrochoc et que les leçons soient enfin tirées.

As-tu aimé cet article ?

Questions fréquentes

Combien de morts dans l'usine Mattei en Italie ?

L'usine Pirotecnica Mattei a connu deux explosions : en juillet 2023 (3 morts) et le 8 juillet 2026 (2 morts). Au total, 5 membres de la même famille y ont perdu la vie.

Quelles sont les causes des explosions pyrotechniques en Italie ?

Les explosions sont souvent dues à des incendies soudains dans des zones de stockage de poudre, suivis de déflagrations en chaîne. Les enquêtes évoquent des défaillances techniques, des erreurs humaines ou un défaut de maintenance, mais les responsabilités sont rarement établies.

Où sont fabriqués les pétards Cobra vendus aux Pays-Bas ?

Les pétards Cobra, très puissants et responsables de blessures graves aux Pays-Bas, sont fabriqués en Italie, parfois dans des ateliers non déclarés aux conditions de sécurité précaires, puis exportés sur les marchés noirs ou semi-légaux.

Comment savoir si un feu d'artifice est sûr ?

Vérifiez le marquage CE lisible, une notice en français détaillant la catégorie de danger (F1 à F4), un conditionnement individuel, et privilégiez les marques européennes reconnues. Un prix anormalement bas doit éveiller les soupçons sur la sécurité.

Sources

  1. Les feux d’artifice aux Pays-Bas, une tradition mortelle · lemonde.fr
  2. aria.developpement-durable.gouv.fr · aria.developpement-durable.gouv.fr
  3. bouches-du-rhone.gouv.fr · bouches-du-rhone.gouv.fr
  4. List of fireworks accidents and incidents - Wikipedia · en.wikipedia.org
  5. Une anthropologie sonore des pétards et des feux d'artifice à Naples – ethnographiques.org · ethnographiques.org
geo-decoder
Théo Aubot @geo-decoder

Passionné de géopolitique depuis le lycée, je dévore les cartes, les atlas et les analyses internationales. Étudiant en relations internationales à Lyon, je rêve de comprendre pourquoi le monde tourne comme il tourne. Je collectionne les vieux numéros de revues géopolitiques.

40 articles 0 abonnés

Commentaires (10)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...