
Une attaque au lance-roquettes contre la prison de Fresnes
Dans un scénario dignement d'un film d'action, Antonio Ferrara, 29 ans, a réussi à s'évader de la prison de Fresnes aux alentours de 4h30 du matin. D'origine italienne, ce criminel est bien connu des services de police pour des faits graves, notamment un homicide et plusieurs vols à main armée. Son évasion n'a pas été isolée : elle a été minutieusement préparée par un commando. Quatre ou cinq individus armés ont tiré au lance-roquettes depuis l'extérieur contre deux miradors de la prison, semant la panique et désorganisant la surveillance le temps de l'extraction.
La fuite en voiture et les premières pistes
Une fois Antonio Ferrara extrait de son enclos, les complices ont pris la fuite à bord d'une voiture de marque Audi. Selon les premières investigations, le véhicule avait été volé et maquillé pour brouiller les pistes. La tentative n'a cependant pas été sans dommages pour le groupe : l'un des membres du commando a probablement été blessé par des tirs provenant des surveillants pénitentiaires. Une source policière a confirmé la présence de traces de sang sur les lieux, bien que cela reste, à ce stade de l'enquête, une hypothèse privilégiée mais non confirmée médicalement.
Qui est Antonio Ferrara, dit « Succo » ?
L'évasion a rapidement suscité une réaction au plus haut niveau de l'État. Le ministre de la Justice de l'époque, Dominique Perben, s'est personnellement rendu sur les lieux dès 7h00 du matin pour évaluer la situation et comprendre les failles de sécurité. Le détenu, surnommé « Succo », est un figure du grand banditisme. Il avait été condamné le 22 janvier précédent à huit ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de l'Essonne pour deux braquages de banques commis avec une violence rare.
Le contexte des évasions en France
Cet événement spectaculaire s'inscrit dans une tendance globale de baisse du nombre d'évasions en France. Même si cette méthode violente fait la une des journaux, les chiffres montrent une diminution des cas. Il s'agit de la troisième évasion répertoriée depuis le début de l'année. En comparaison, on dénombrait 15 évasions en 2002 (concernant 26 détenus), contre 31 (38 détenus) en 2001 et 34 en 2000 (41 détenus). Malgré cette baisse statistique, le mode opératoire inédit de Ferrara interroge sur l'évolution de la criminalité organisée.