Enseigne lumineuse Decathlon sur la façade d'un magasin.
Actualités

Decathlon Seed : 2000 € en actions gratuites pour chaque salarié, le guide complet

Decathlon offre 2000 € d’actions gratuites à ses 103 000 salariés via le plan « The Seed ». Découvrez les conditions de blocage, la fiscalité, et si ce geste vaut mieux qu’une augmentation de salaire pour les jeunes.

As-tu aimé cet article ?

2 000 euros d’actions gratuites : Decathlon lance « The Seed » pour 103 000 salariés

Le 16 juin 2026, Decathlon a dévoilé un plan d’attribution d’actions gratuites d’une ampleur inédite. Chacun des 103 000 salariés de l’enseigne, appelés « coéquipiers » en interne, recevra l’équivalent de 2 000 euros en actions. Baptisé « The Decathlon Seed », ce programme mondial marque un tournant dans l’histoire de l’entreprise, qui souffle cette année ses 50 bougies.

Enseigne lumineuse Decathlon sur la façade d'un magasin.
Enseigne lumineuse Decathlon sur la façade d'un magasin. — (source)

Fondée en 1976 par Michel Leclercq, Decathlon n’a jamais été cotée en Bourse. Son capital est détenu par trois collèges : la famille Mulliez, la famille fondatrice et les salariés eux-mêmes. Ce statut lui a toujours permis d’expérimenter des formes de rémunération alternative, mais jamais à une telle échelle. L’annonce, tombée en pleine période de tensions sociales, a de quoi surprendre.

Pour un jeune salarié, l’information est massive. 2 000 euros, c’est l’équivalent de plusieurs mois d’épargne pour un employé en début de carrière. Mais le diable se cache dans les détails : il ne s’agit pas d’un versement en cash, mais d’une attribution d’actions gratuites (AGA), avec des règles de blocage et une fiscalité spécifique. Décryptage.

Le siège social de Decathlon à Villeneuve-d'Ascq, symbole de l'entreprise.
Le siège social de Decathlon à Villeneuve-d'Ascq, symbole de l'entreprise. — (source)

103 000 « coéquipiers » dans le monde concernés par le plan « The Decathlon Seed »

Le plan est mondial. Tous les salariés de Decathlon, quelle que soit leur fonction ou leur pays, sont éligibles dès lors qu’ils justifient de trois mois d’ancienneté. CDI, CDD, temps partiel : la direction n’a pas exclu de catégorie de contrat. C’est une première dans l’histoire de la grande distribution française.

La valeur attribuée est de 2 000 euros par personne, calculée sur la base de la valorisation interne de l’action Decathlon. L’entreprise n’étant pas cotée, cette valorisation est déterminée chaque année par un expert indépendant, en fonction des résultats financiers et des perspectives de croissance. Le montant total du plan atteint donc 206 millions d’euros, soit environ 22 % du bénéfice net 2025.

Bâtiment Decathlon Atlantis, avec son enseigne et son architecture industrielle.
Bâtiment Decathlon Atlantis, avec son enseigne et son architecture industrielle. — (source)

Le mécanisme choisi est celui de l’attribution d’actions gratuites (AGA), un dispositif prévu par le code du travail. Contrairement à une prime, les actions ne sont pas immédiatement disponibles. Elles doivent passer par une période d’acquisition, puis de conservation, avant de pouvoir être revendues.

Une annonce qui intervient après un printemps social agité chez Decathlon

L’annonce du 16 juin n’est pas tombée dans un vide social. Dix jours plus tôt, le 6 juin 2026, les syndicats CFDT, CFTC, CGT, CFE-CGC et Unsa appelaient à une mobilisation nationale dans les magasins et entrepôts Decathlon. Le mot d’ordre était clair : « Nos salaires avant leurs dividendes ».

Les chiffres publiés par Le Parisien donnaient du grain à moudre aux manifestants. Pour l’exercice 2025, Decathlon affichait un bénéfice net de 910 millions d’euros, en hausse de 16 % par rapport à 2024. Le chiffre d’affaires atteignait 16,8 milliards d’euros (+4 %), et l’Ebitda progressait de 21 %. Des résultats solides, qui contrastaient avec le sentiment de nombreux salariés de ne pas voir leur pouvoir d’achat suivre.

Un salarié proteste devant un magasin Decathlon avec un tract dénonçant le partage de la valeur.
Un salarié proteste devant un magasin Decathlon avec un tract dénonçant le partage de la valeur. — (source)

Le timing de l’annonce des actions gratuites interroge. Certains y voient une réponse aux revendications sociales, d’autres une manœuvre pour calmer le mécontentement sans toucher aux salaires. La direction, elle, assure que le plan était en préparation depuis plusieurs mois et qu’il s’inscrit dans la culture d’actionnariat de l’entreprise.

Decathlon, une entreprise non cotée qui mise sur l’actionnariat salarié depuis ses origines

Decathlon n’est pas une entreprise comme les autres. Depuis sa création, elle a toujours fonctionné avec un actionnariat fermé, détenu par trois familles : les Mulliez (propriétaires d’Auchan), la famille Leclercq (fondatrice) et les salariés. Pas de Bourse, pas de pression des marchés financiers à court terme.

Le Decathlon Fitness Experience Center, un centre dédié au fitness de l'enseigne.
Le Decathlon Fitness Experience Center, un centre dédié au fitness de l'enseigne. — (source)

Cette structure lui a permis de développer une culture d’entreprise unique, où la fidélité et l’engagement sont récompensés. L’actionnariat salarié existait déjà, mais il était réservé aux cadres ou aux anciens. Avec « The Decathlon Seed », l’entreprise étend ce mécanisme à l’ensemble de ses effectifs mondiaux, y compris aux jeunes embauchés.

C’est une rupture. Pour la première fois, un vendeur en CDD de trois mois dans un magasin de province recevra la même attribution qu’un directeur de région. L’égalité de traitement est totale, ce qui est rare dans les plans d’épargne salariale. Reste à savoir si cette générosité apparente profitera réellement aux salariés, ou si elle servira surtout à verrouiller leur présence sur la durée.

Decathlon Seed : conditions de blocage, fiscalité et guide pratique pour empocher les 2 000 €

Passons aux choses sérieuses. Concrètement, comment ça marche ? Combien de temps faut-il attendre ? Et combien reste-t-il après impôts ? Voici le guide pratique pour les 103 000 bénéficiaires.

3 mois d’ancienneté minimum : qui peut vraiment bénéficier du plan ?

La condition d’éligibilité est étonnamment légère. Il suffit d’être salarié de Decathlon depuis au moins trois mois à la date de l’attribution. Cela inclut les CDI, les CDD, les contrats en alternance et les temps partiels. Les stagiaires ne sont pas mentionnés dans les documents officiels, mais la logique voudrait qu’ils soient exclus, le stage n’étant pas un contrat de travail classique.

Concrètement, un étudiant embauché en CDD pour l’été 2026, qui aurait commencé en avril, serait éligible. De même, un salarié à temps partiel de 20 heures par semaine, s’il a trois mois d’ancienneté, recevra la même attribution qu’un cadre à temps plein. C’est une mesure d’égalité rare dans le monde de l’entreprise, où les primes sont souvent proportionnelles au salaire ou à l’ancienneté.

Représentants du personnel de Decathlon mobilisés devant le magasin de Lescar pour une revalorisation des salaires.
Représentants du personnel de Decathlon mobilisés devant le magasin de Lescar pour une revalorisation des salaires. — (source)

Attention toutefois : le plan est mondial, mais les conditions précises peuvent varier selon les législations locales. En France, le dispositif des AGA est encadré par le code du travail, mais dans d’autres pays, des contraintes fiscales ou juridiques pourraient limiter l’attribution. Decathlon assure que le plan sera déployé dans l’ensemble des 79 pays où le groupe est présent, mais des ajustements locaux sont possibles.

Le mécanisme des attributions d’actions gratuites est encadré par la loi. Selon le site service-public.fr, la période d’acquisition minimale est d’un an. Pendant cette période, le salarié ne possède pas encore les actions : il a seulement une promesse d’attribution. S’il quitte l’entreprise avant la fin de cette période, il perd tout droit.

Ensuite, une période de conservation s’applique. La loi impose que le cumul des deux périodes (acquisition + conservation) ne soit pas inférieur à deux ans. Decathlon a choisi d’aller plus loin : la période de conservation totale est de trois ans. Les actions seront donc libérées en 2029.

Pendant ces trois ans, les actions sont bloquées. Le salarié ne peut ni les vendre, ni les donner, ni les utiliser comme garantie. Il perçoit en revanche les dividendes éventuels, si l’entreprise en distribue. La valeur des actions évolue chaque année en fonction de la performance collective de Decathlon : si l’entreprise fait de bons résultats, la valeur augmente ; si elle ralentit, elle peut baisser.

Les actions peuvent être transférées sur un Plan d’Épargne Entreprise (PEE) dans la limite de 3 604,50 euros par an, ce qui permet de bénéficier d’une fiscalité avantageuse sur les plus-values. Mais pour la plupart des salariés, le blocage total jusqu’en 2029 reste la règle.

Un magasin Decathlon au design contemporain, reflétant l'image de l'entreprise.
Un magasin Decathlon au design contemporain, reflétant l'image de l'entreprise. — (source)

Fiscalité des actions Decathlon : combien reste-t-il après le PFU et les prélèvements sociaux ?

C’est la question que tout le monde se pose : combien vais-je réellement toucher ? La réponse dépend de la fiscalité applicable aux actions gratuites.

Selon le site impots.gouv.fr, le « gain d’acquisition » — c’est-à-dire la valeur des actions au jour de leur attribution définitive — est imposé lors de la cession des titres. Depuis 2018, le régime par défaut est le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), aussi appelé flat tax, à 30 %. Ce taux se décompose en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux.

Prenons un exemple concret. Vous recevez 2 000 euros d’actions Decathlon. Au moment de la vente, en 2029, vous devrez payer 30 % de flat tax sur ce gain, soit 600 euros. Il vous restera donc 1 400 euros nets, si la valeur des actions n’a pas changé.

Mais si Decathlon a bien performé et que la valeur des actions a augmenté, la plus-value est également imposée. Dans ce cas, la plus-value est soumise au même PFU de 30 %. À l’inverse, si la valeur a baissé, vous subissez une moins-value, mais vous ne pouvez pas la déduire de vos autres revenus.

Il existe une exception : la CSG et la CRDS ne s’appliquent que sur la part du gain supérieure à 300 000 euros. Pour la quasi-totalité des salariés, cette règle est sans objet. En résumé, sur 2 000 euros bruts, attendez-vous à récupérer environ 1 400 euros nets en 2029, sauf si l’action prend de la valeur.

Actions gratuites ou salaire en hausse : le vrai calcul économique derrière le geste de Decathlon

Derrière le geste généreux se cache un calcul économique précis. Pourquoi Decathlon choisit-il l’équité plutôt que le cash ? Qui paie, et qui bénéficie vraiment ?

910 millions d’euros de bénéfice net en 2025 : Decathlon peut-il se permettre ce geste ?

Les résultats 2025 parlent d’eux-mêmes. Avec un chiffre d’affaires de 16,8 milliards d’euros, une progression de 4 % sur un an, et un bénéfice net de 910 millions d’euros en hausse de 16 %, Decathlon est en pleine santé financière. L’Ebitda, qui mesure la rentabilité opérationnelle, a bondi de 21 %.

Le coût total du plan Seed est de 206 millions d’euros (2 000 euros x 103 000 salariés). Cela représente 22 % du bénéfice net annuel. C’est un coût réel, mais parfaitement absorbable pour une entreprise de cette taille. Surtout, ce coût ne sort pas immédiatement de la trésorerie : les actions sont attribuées, mais les salariés ne peuvent pas les vendre avant trois ans. L’impact cash est donc différé.

Pour la direction, le calcul est simple. Plutôt que d’augmenter les salaires de manière pérenne — ce qui créerait une charge récurrente dans les comptes —, elle propose un bonus en actions qui valorise l’engagement long terme. C’est un investissement dans la fidélité, pas dans le pouvoir d’achat immédiat.

Le 6 juin 2026, les syndicats appelaient à la grève pour les salaires

Revenons à la chronologie. Le 6 juin, les syndicats descendent dans la rue. Le 16 juin, Decathlon annonce le plan Seed. Coïncidence ? Peut-être pas.

Les syndicats réclamaient du cash. Le slogan « Nos salaires avant leurs dividendes » résumait une revendication simple : une partie des 910 millions de bénéfices devait revenir aux salariés sous forme d’augmentations de salaire. Le plan Seed répond-il à cette demande ? Pas vraiment.

Une augmentation de salaire, c’est du pouvoir d’achat immédiat, qui permet de payer le loyer, les courses, les factures. Des actions bloquées trois ans, c’est une promesse d’épargne future. Pour un salarié qui galère à finir le mois, la différence est énorme.

Mobilisation de salariés Decathlon à La Tronche et Échirolles pour des hausses de salaire, avec familles et musique.
Mobilisation de salariés Decathlon à La Tronche et Échirolles pour des hausses de salaire, avec familles et musique. — (source)

Les syndicats n’ont pas encore réagi officiellement à l’annonce. Mais on peut parier que leur réponse sera nuancée : satisfaits de voir l’entreprise partager ses bénéfices, mais déçus que ce ne soit pas sous forme de salaire. Le débat sur le partage de la valeur est loin d’être clos.

Le choix de l’actionnariat plutôt que du cash : un pari sur la fidélité des jeunes

Pour Decathlon, le plan Seed est un outil de rétention des talents. En bloquant les actions trois ans, l’entreprise s’assure que ses salariés restent au moins jusqu’en 2029 s’ils veulent toucher leur bonus. C’est particulièrement efficace pour les jeunes, qui sont souvent les plus mobiles.

L’incitation économique est double. D’un côté, le salarié devient actionnaire, ce qui l’intéresse à la performance collective de l’entreprise. Si Decathlon fait de bons résultats, la valeur de ses actions augmente. De l’autre, le coût pour l’entreprise est différé et conditionnel : si le salarié part avant trois ans, il perd tout.

Pour le jeune salarié, le pari est inverse. Il accepte de reporter sa liquidité — il ne pourra pas toucher cet argent avant trois ans — contre un potentiel de gain futur. Si Decathlon continue de croître, les 2 000 euros d’aujourd’hui pourraient valoir davantage en 2029. Si l’entreprise ralentit, il risque de faire une moins-value.

Le temps joue pour lui si la croissance se maintient. Mais dans un contexte économique incertain, le risque n’est pas nul. C’est un pari sur l’avenir de l’entreprise, pas un cadeau sans contrepartie.

2 000 € d’actions Decathlon vs PPV vs Intéressement : quel levier d’épargne choisir ?

Le plan Seed n’est pas le seul dispositif d’épargne salariale disponible. Comment se compare-t-il aux autres outils ? Et que faut-il choisir quand on a le choix ?

Prime de Partage de la Valeur (PPV) ou actions Decathlon : le dilemme du pouvoir d’achat immédiat

La Prime de Partage de la Valeur (PPV), anciennement prime Macron, est un dispositif qui permet à l’employeur de verser une prime défiscalisée aux salariés, dans la limite de 3 000 euros par an (ou 6 000 euros en cas d’accord d’intéressement). Cette prime est disponible immédiatement, sans période de blocage.

Pour un jeune salarié qui a besoin de trésorerie pour un loyer, un appétit ou un projet à court terme, la PPV est nettement plus adaptée que des actions bloquées trois ans. Elle est aussi défiscalisée, contrairement aux actions qui sont soumises à la flat tax de 30 %.

Mais la PPV a un inconvénient : elle dépend du bon vouloir de l’employeur et n’est pas obligatoire. Decathlon a choisi de ne pas verser de PPV cette année, préférant le plan Seed. Pour le salarié, le choix est donc imposé : il n’a pas d’alternative en cash.

Le doublement de la prime carburant employeur à 600 euros illustre bien la tension entre épargne longue et pouvoir d’achat court. Les jeunes salariés, souvent locataires et dépendants de la voiture pour se déplacer, ont besoin de liquidités immédiates. Les actions Decathlon, même généreuses, ne répondent pas à ce besoin.

Comparaison avec les concurrents : que proposent Carrefour, Leroy Merlin et Fnac Darty ?

Dans la grande distribution, les dispositifs d’épargne salariale sont courants, mais rarement aussi massifs. Carrefour, par exemple, propose un intéressement et une participation, mais pas d’attribution d’actions gratuites à tous les salariés sans condition d’ancienneté. Leroy Merlin, filiale d’ADEO (groupe Mulliez), a un actionnariat salarié mais réservé aux cadres ou aux anciens.

Fnac Darty a mis en place un plan d’épargne entreprise avec abondement, mais là encore, l’attribution est liée à l’ancienneté et au salaire. Decathlon innove par l’ampleur et le ciblage : tous les salariés, partout dans le monde, sans condition de grade ni d’ancienneté lourde.

C’est un geste fort qui place Decathlon en tête des entreprises françaises pour le partage de la valeur. Mais il faut relativiser : 2 000 euros bloqués trois ans, c’est moins attractif qu’une augmentation de salaire de 100 euros par mois (soit 1 200 euros par an, sans blocage). Le calcul dépend de l’horizon temporel de chacun.

Lien avec l’actualité : l’épargne salariale face à la taxe sur les rachats d’actions

Le plan Seed s’inscrit dans un débat plus large sur le partage de la valeur en France. Depuis plusieurs années, le gouvernement encourage fiscalement l’actionnariat salarié, notamment via des exonérations de charges sociales sur les attributions d’actions gratuites.

En parallèle, la taxe sur les rachats d’actions du CAC 40 fait débat. L’idée est de taxer les entreprises qui rachètent leurs propres actions pour enrichir leurs actionnaires, plutôt que d’investir ou d’augmenter les salaires. Decathlon, n’étant pas cotée, n’est pas concernée par cette taxe. Mais le plan Seed peut être vu comme un contre-feu politique : en distribuant des actions à ses salariés, l’entreprise montre qu’elle partage la valeur, sans attendre la contrainte fiscale.

Pour les jeunes salariés, c’est un signal positif : l’entreprise préfère investir dans ses équipes que dans des montages financiers. Mais le débat sur l’efficacité de ce type de dispositif reste ouvert.

Faut-il postuler chez Decathlon pour les actions gratuites ? Le verdict pour un jeune salarié

La question centrale de cet article : est-ce que les 2 000 euros d’actions Decathlon justifient de postuler dans l’enseigne ? La réponse est nuancée.

Decathlon, une marque employeur qui séduit la génération Z : sport, environnement et actions

Decathlon est l’une des marques les plus admirées des Français. Selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche, l’entreprise a été classée première en 2019, 2020 et 2021. Son image est associée au sport, à l’outdoor, à l’accessibilité et à une certaine éthique environnementale.

Pour la génération Z, qui accorde de l’importance aux valeurs de l’entreprise, Decathlon est un employeur attractif. Le plan Seed ajoute une brique financière à cette marque employeur. Travailler chez Decathlon, ce n’est plus seulement faire un job étudiant dans le sport : c’est aussi devenir actionnaire de l’entreprise.

Pour un jeune qui partage les valeurs de l’enseigne — sport, écologie, accessibilité —, l’AGA est un argument d’engagement supplémentaire. Elle crée un sentiment d’appartenance et de participation à la réussite collective. C’est un levier de motivation non négligeable.

Les risques à ne pas négliger : absence de liquidité et dépendance à la performance

Mais attention aux illusions. Decathlon n’est pas cotée en Bourse. La valeur de l’action est déterminée en interne par un expert indépendant, selon les résultats financiers. Il n’existe pas de marché secondaire pour revendre ses actions avant la date de libération.

Si l’entreprise rencontre des difficultés économiques d’ici 2029, la valeur des actions peut baisser. Dans ce cas, le salarié subit une moins-value. Il n’a aucun moyen de vendre avant pour limiter la casse. Le risque est réel, même si Decathlon semble solide.

Autre point : les actions sont bloquées trois ans. Pendant cette période, elles ne peuvent pas être utilisées comme garantie pour un prêt, ni être vendues en cas de besoin urgent. Pour un jeune qui a des projets à court terme — achat d’une voiture, apport pour un logement, voyage —, ces 2 000 euros sont inaccessibles.

Le conseil est simple : ne comptez pas sur ces actions pour financer un projet à moins de trois ans. Considérez-les comme un complément d’épargne long terme, pas comme un bonus disponible.

Verdict pratique : est-ce un vrai bonus ou un simple effet d’annonce ?

Le verdict est nuancé. Si le salaire de base et les conditions de travail chez Decathlon sont bons, le plan Seed est un excellent complément d’épargne long terme. Il fonctionne presque comme un Plan d’Épargne Retraite (PER) : l’argent est bloqué, mais il peut fructifier.

En revanche, si le salaire de base est faible ou si le jeune a des besoins de trésorerie immédiats, les 2 000 euros bloqués trois ans ne remplacent pas un revenu disponible. Dans ce cas, mieux vaut privilégier un emploi mieux payé, même sans actions gratuites.

Pour un étudiant ou un jeune actif qui peut se permettre d’épargner, le plan Seed est un vrai bonus. Pour celui qui vit au mois le mois, c’est un effet d’annonce qui ne changera pas sa situation immédiate. À chacun de faire son calcul.

Conclusion : « The Decathlon Seed », un modèle pour l’épargne salariale en France ?

Le plan Seed de Decathlon est un geste inédit par son ampleur. 103 000 salariés dans le monde, 2 000 euros par personne, une condition d’ancienneté de seulement trois mois : c’est du jamais-vu dans la grande distribution française. Il s’inscrit dans la culture maison d’actionnariat, héritée de la structure familiale Mulliez, mais aussi dans un contexte social tendu.

Car le plan Seed est aussi un outil de fidélisation puissant. En bloquant les actions trois ans, Decathlon aligne les intérêts de l’entreprise et des salariés sur le long terme. Le salarié devient actionnaire, il est incité à rester et à contribuer à la performance collective. C’est un mécanisme vertueux, sur le papier.

Mais il ne règle pas les questions de pouvoir d’achat immédiat. Les revendications de juin 2026 portaient sur les salaires, pas sur l’épargne longue. Pour un salarié qui peine à finir le mois, 2 000 euros bloqués jusqu’en 2029, c’est une promesse, pas une solution.

Pour un jeune salarié, le plan Seed est un vrai bonus s’il a la capacité d’épargner et croit dans la croissance de Decathlon. Si cette tendance se répète dans d’autres grandes enseignes — Carrefour, Leroy Merlin, Fnac Darty —, le plan Seed pourrait devenir un nouveau standard de l’épargne salariale en France. Mais il ne remplacera jamais une augmentation de salaire ni un besoin de liquidité immédiat. Le débat sur le partage de la valeur, lui, est loin d’être clos.

As-tu aimé cet article ?

Questions fréquentes

Qui peut bénéficier des actions Decathlon ?

Tous les salariés de Decathlon (CDI, CDD, temps partiel) avec au moins trois mois d'ancienneté sont éligibles, soit 103 000 coéquipiers dans le monde.

Quand pourra-t-on vendre les actions Decathlon ?

Les actions sont bloquées jusqu'en 2029. La période d'acquisition dure un an, suivie de trois ans de conservation, pendant lesquels le salarié ne peut ni vendre ni donner ses titres.

Quelle fiscalité pour les actions gratuites Decathlon ?

Le gain est soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux). Sur 2 000 € bruts, il reste environ 1 400 € nets après impôt.

Pourquoi Decathlon offre-t-il 2000 € en actions ?

Le plan Seed vise à fidéliser les salariés sur le long terme en les associant à la performance collective. Il intervient après un printemps social tendu, mais la direction assure qu'il était préparé depuis plusieurs mois.

Les actions Decathlon valent-elles mieux qu'une prime ?

C'est un complément d'épargne long terme, pas un revenu immédiat. Contrairement à une prime ou une augmentation de salaire, l'argent est bloqué trois ans, ce qui ne répond pas aux besoins de pouvoir d'achat court terme.

Sources

  1. Decathlon (entreprise) — Wikipédia · fr.wikipedia.org
  2. impots.gouv.fr · impots.gouv.fr
  3. leparisien.fr · leparisien.fr
  4. lesechos.fr · lesechos.fr
  5. service-public.gouv.fr · service-public.gouv.fr
society-lens
Mélissa Turbot @society-lens

Je m'intéresse à ceux dont personne ne parle. Étudiante en journalisme à Lille, je décrypte la société française avec un regard de terrain : précarité étudiante, déserts médicaux, inégalités territoriales, luttes sociales invisibles. Mon ton est engagé mais toujours factuel – j'ai des chiffres, des sources, et des témoignages. Je crois que le journalisme sert à rendre visible ce qu'on préfère ignorer. Mes articles ne sont pas confortables, mais ils sont honnêtes.

215 articles 0 abonnés

Commentaires (14)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...