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Crise du vin français : exportations au plus bas depuis 25 ans

Le vin français affronte une crise historique avec une chute de 16% des exportations depuis 2022, plombé par les guerres commerciales américaines et chinoises ainsi que l'évolution des modes de consommation. Face à cette tempête, le secteur mise sur...

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L'hexagone traverse une tempête sans précédent dans ses vignobles. Les chiffres tombés en février 2026 sont sans appel : les exportations de vins et spiritueux français ont chuté de 8% en valeur, atteignant à peine 14,3 milliards d'euros. Derrière ces statistiques froides se cache une réalité bien plus complexe, mêlant guerres commerciales, évolution des modes de consommation et remise en question d'un modèle séculaire. Comment la France, patrie du champagne et du cognac, en est-elle arrivée là ?

grand vin français
grand vin français — (source)

Une crise historique pour le vin français

Le monde du vin français vit un véritable séisme. Après trois années consécutives de déclin, les résultats 2025 viennent confirmer une tendance qui inquiète l'ensemble de la filière. La Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux de France (FEVS) a sonné l'alarme : jamais depuis au moins un quart de siècle les volumes exportés n'avaient été aussi faibles. Cette crise n'est pas simplement conjoncturelle, elle révèle des fractures profondes dans l'écosystème viticole tricolore.

L'âge d'or de 2022 semble loin

L'histoire récente du vin français ressemble à un véritable montagnes russes. Il y a pourtant peu, en 2022 exactement, la profession célébrait un record historique avec 17 milliards d'euros d'exportations. César Giron, alors président de la FEVS, qualifiait ce bilan de « mémorable et surprenant ». Le champagne coulait à flots, le cognac faisait la joie des bars new-yorkais et les bordeaux régalaient les tables parisiennes comme shanghaiennes. Cette année-là, la balance commerciale affichait un excédent record de 15,7 milliards d'euros, consolidant la place du secteur comme deuxième contributeur à l'excédent commercial français après l'aéronautique.

Pourtant, dès cette époque faste, des signes inquiétants pointaient déjà leur nez. Les volumes vendus avaient diminué de 3,8%, masqués par une inflation mondiale qui gonflait artificiellement les chiffres. Le rebond post-Covid masquait des déséquilibres structurels qui n'attendaient qu'une étincelle pour exploser. Les contextes « turbulent » et les « limitations logistiques importantes » évoqués par César Giron résonnent aujourd'hui avec une ironie amère.

Des signes qui ne mentaient pas

Cette étincelle, ce sont les tensions géopolitiques qui l'ont fournie, transformant progressivement le rêve doré en cauchemar économique. Le secteur s'est même effondré de la deuxième à la troisième place des secteurs exportateurs français, désormais dépassée par les cosmétiques. L'excédent commercial, bien qu'encore conséquent à 13,2 milliards d'euros, a diminué de 7,6% par rapport à l'année précédente. Cette baisse estimée à 1,1 milliard d'euros a contribué à faire chuter la balance commerciale agroalimentaire française à 200 millions d'euros en 2025, son niveau le plus bas depuis plus de 25 ans.

Le résultat est implacable : 168 millions de caisses exportées en 2025, soit le niveau le plus bas depuis au moins le début du siècle. C'est tout un modèle économique qui vacille, pris en étau entre des menaces tarifaires américaines et des mesures de rétorsion chinoises.

Les guerres commerciales qui redessinent la carte mondiale

L'histoire du vin français se joue désormais sur le terrain diplomatique autant que dans les chais. Les tensions commerciales qui frappent la filière depuis 2023 ne sont pas de simples péripéties conjoncturelles, mais le signe d'une recomposition profonde des équilibres géopolitiques mondiaux. Le vin, produit emblématique de l'art de vivre français, est devenu une monnaie d'échange dans des négociations qui dépassent largement le cadre de la viticulture.

Le port de Bordeaux traite environ 30 000 conteneurs par an.
Le port de Bordeaux traite environ 30 000 conteneurs par an. — (source)

L'offensive tarifaire américaine

Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a ravivé les craintes d'une profession encore traumatisée par les droits de douane imposés lors de son premier mandat. Dès son investiture, le président américain a fait du vin et des spiritueux français une cible privilégiée de sa politique commerciale agressive. Les menaces de droits de douane allant jusqu'à 200% sur les champagnes et vins français ont plongé les exportateurs dans l'incertitude la plus totale, d'autant que ces menaces intervenaient après le refus d'Emmanuel Macron de rejoindre le « Conseil de la paix » pour Gaza proposé par Trump.

Finalement, un tarif de 10% a été instauré en avril 2025, puis porté à 15% en août de la même année. Cette escalade tarifaire a eu des conséquences immédiates sur les ventes transatlantiques. Les exportations vers les États-Unis, premier débouché mondial avec 21% des ventes françaises, se sont effondrées de 21% en valeur pour atteindre 3 milliards d'euros. Les volumes sont passés sous la barre symbolique des 30 millions de caisses, un seuil qui marque psychologiquement un tournant historique dans la relation commerciale franco-américaine. Gabriel Picard, président de la FEVS, prévient que « la correction des volumes n'a peut-être pas été suffisante, et nous verrons peut-être une nouvelle correction des volumes en 2026 ».

La riposte chinoise contre le cognac

L'enquête anti-dumping lancée par la Chine contre les spiritueux européens en représailles aux sanctions imposées aux véhicules électriques chinois a fait l'effet d'une bombe dans le monde du cognac. Les trois géants français – Hennessy, Pernod Ricard et Rémy Cointreau – se sont retrouvés pris en étau entre des exigences tarifaires chinoises pouvant atteindre 34% et la nécessité de préserver leur position sur ce marché stratégique. La décision de Pékin d'imposer ces droits de douane a contraint les producteurs à augmenter drastiquement leurs prix, rendant le cognac français nettement moins compétitif.

Cette offensive chinoise intervient dans un contexte où la France avait fait du cognac un vecteur majeur de son rayonnement culturel en Asie. Des décennies d'investissements marketing, de formation des sommeliers locaux et d'éducation des consommateurs chinois aux subtilités de l'eau-de-vie charentaise se trouvent remises en question par une simple décision politique. Les ventes à la Chine ont chuté de 20% pour atteindre 767 millions d'euros. Gabriel Picard résume la situation avec une formule cinglante : les tensions géopolitiques ont marqué « la fin du cognac en Chine ». Et d'ajouter : « Arrêter quelque chose ne prend pas longtemps, mais reconstruire prend beaucoup de temps. »

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Une réponse européenne coordonnée

Face à cette situation, la FEVS appelle à une approche européenne unie. Dans un communiqué publié en janvier 2026, la fédération souligne qu'il s'agit de « questions géopolitiques qui dépassent les enjeux sectoriels des vins et spiritueux ». La politique commerciale étant une compétence exclusive de l'Union européenne, « la question doit donc être abordée au niveau européen, de manière unie et coordonnée, et parlée d'une seule voix ». Les négociations sur les exemptions aux droits de douane américains traînent en longueur, alimentant une incertitude qui paralyse les décisions d'achat des distributeurs américains.

Des chiffres qui illustrent l'ampleur du désastre

Derrière les statistiques globales se cachent des réalités contrastées selon les régions, les types de vins et les marchés visés. L'analyse fine des données révèle l'ampleur des dégâts et permet d'identifier les points de résistance comme les failles les plus critiques. Le tableau comparatif suivant résume l'évolution spectaculaire entre l'âge d'or de 2022 et la situation actuelle :

Indicateur 2022 (record) 2025 Variation
Valeur exportations 17 milliards € 14,3 milliards € -16%
Volumes exportés ~185 millions caisses 168 millions caisses -9%
Excédent commercial 15,7 milliards € 13,2 milliards € -16%
Ventes États-Unis ~3,8 milliards € 3 milliards € -21%
Ventes Chine ~960 millions € 767 millions € -20%

Le cognac, grande victime collatérale

Le cognac, véritable fleuron de l'industrie spiritueuse française, paie un lourd tribut à cette crise. Ses exportations se sont effondrées de 15% en volume et de 24% en valeur, devenant l'une des plus grandes victimes des tensions commerciales escaladantes. Cette baisse spectaculaire s'explique principalement par les mesures de rétorsion chinoises, qui ont obligé les producteurs à revoir entièrement leur stratégie pricing. L'armagnac et les autres spiritueux à base de vin subissent le même sort, pris dans une guérilla commerciale qui dépasse largement leurs propres intérêts.

Le contraste est saisissant avec les années fastes où le cognac symbolisait le succès français à l'international, particulièrement en Asie où les classes moyennes émergentes s'arrachaient les bouteilles premium. Aujourd'hui, ces mêmes marchés se referment, laissant les producteurs charentais dans une situation précaire qui pourrait durablement affecter l'économie de toute une région.

Le champagne résiste mais s'inquiète

Le champagne, dont les exportations représentent 35% de la valeur totale des vins français, présente un bilan contrasté. Les volumes ont légèrement progressé, mais la valeur a chuté de 4,5%. Cette déconnexion s'explique par la combinaison des tarifs américains et du taux de change défavorable, la force de l'euro face au dollar ayant rendu les bouteilles françaises significativement plus onéreuses pour les consommateurs américains. David Chatillon, co-président du Comité Champagne, confie à Wine Paris : « Nous espérons voir un rebond des ventes en 2026 mais il ne sera probablement pas significatif car l'environnement n'est pas très différent. »

L'Europe comme bouée de sauvetage

Dans ce paysage sombre, le marché européen offre une lueur d'espoir. Les exportations vers l'UE sont restées globalement stables à 4,1 milliards d'euros en 2025. Le Royaume-Uni, malgré les pressions fiscales liées au Brexit, a même vu ses volumes progresser de 3%. Cette résilience du marché communautaire constitue un point d'appui précieux pour les exportateurs français en ces temps incertains, rappelant que la proximité géographique et culturelle reste un atout majeur.

Un modèle économique profondément remis en question

Au-delà des chiffres, c'est toute la philosophie du vin français qui est interrogée. La confrontation entre le modèle traditionnel hexagonal et les évolutions mondiales de consommation révèle des fractures profondes, là où l'art de vivre français croyait détenir une vérité universelle et intemporelle.

Le débat terroir contre cépage

Traditionnellement, en France, le vin se classe selon son terroir. Cette classification est née au fil des siècles, alors que les villages développaient des approches spécifiques de la vinification, aboutissant à des vins uniques par région. Les consommateurs français sophistiqués ont développé une riche compréhension de ces terroirs, leur permettant d'identifier les nuances entre les vins et l'impact géographique sur leurs saveurs. Mais comme le souligne un rapport de la Wharton School, « le consommateur moyen est plus susceptible de choisir son vin en fonction de son cépage et de la marque que de son terroir ».

Pierre Salles, directeur général de l'Association des Winemakers de l'Île de Beauté en Corse, explique que le marketing par cépage permet également aux vignerons d'abandonner les étiquettes et bouteilles françaises traditionnelles, sobres, pour les remplacer par des logos accrocheurs et des designs innovants. Le résultat en France est la création de vins de cépage de marque qui séduisent le plus grand nombre de consommateurs, à un prix inférieur à l'alternative terroir.

Le « terroirisme » comme handicap

Dans un marché en croissance, une approche terroiriste ne gênerait pas l'industrie française. Mais le marché du vin français est en crise. Entre 1980 et 2010, le pourcentage de non-consommateurs de vin en France a doublé, passant de 19% à 38% de la population adulte. Les consommateurs français boivent moins et sont devenus plus exigeants. Comme les consommateurs du monde entier, ils recherchent un vin de haute qualité à un prix raisonnable.

Pour beaucoup d'observateurs, cette volonté de perpétuer la tradition maintient un degré de complexité dans la compréhension du vin français, limitant son accessibilité aux nouveaux consommateurs et entravant les ventes. Plutôt que de s'adapter, de nombreux vignerons et critiques français se réfugient dans ce qu'on pourrait appeler le « terroirisme » – la survalorisation de l'origine géographique au détriment de l'accessibilité.

Une nouvelle génération de consommateurs

Les marchés d'exportation présentent des profils de consommation tout aussi contrastés. Les consommateurs américains, britanniques ou scandinaves recherchent avant tout des vins identifiables, dont l'étiquetage leur permet de comprendre rapidement ce qu'ils achètent. Le système français d'appellations d'origine contrôlée, avec sa complexité et ses références géographiques obscures pour le non-initié, constitue souvent un frein à l'achat. Les vins du Nouveau Monde, qui mettent en avant le cépage sur l'étiquette et développent des identités de marque fortes, raflent des parts de marché que l'hermétisme français a fini par concéder.

Stratégies de survie et reconversion du vignoble

Face à cette tempête parfaite, les acteurs de la filière multiplient les initiatives pour s'adapter et survivre. Des solutions émergent, portées tant par les pouvoirs publics que par les professionnels eux-mêmes, dessinant les contours d'un vignoble français en pleine mutation.

L'arrachage massif des vignes

Le gouvernement français a mis en place un fonds d'urgence de 130 millions d'euros pour subventionner l'arrachage des vignes non rentables. Cette mesure, annoncée lors de la visite d'Emmanuel Macron au salon Wine Paris en février 2026, vise à réduire une surproduction chronique estimée à 100 000 hectares. L'organisation professionnelle CNAOC indique que 50 000 hectares ont déjà été arrachés et que 30 000 supplémentaires le seront dans le cadre du nouveau programme gouvernemental. Les zones les plus touchées sont celles produisant des rouges bas de gamme du Sud-Ouest, notamment Bordeaux et le Languedoc.

Cette solution radicale n'est pas sans soulever des questions humaines et territoriales. L'arrachage d'une vigne représente la fin d'un savoir-faire, parfois transmis sur plusieurs générations. Emmanuel Macron a assumé cette brutalité : « Cela doit être fait pour que les autres producteurs gardent leur valeur. » Le président a insisté sur le fait que le vin faisait partie du « mode de vie à la française », promettant de défendre la filière tout en acceptant les restructurations nécessaires.

La diversification comme alternative

D'autres voies de reconversion se dessinent pour les vignerons les plus audacieux. La conversion vers l'agriculture biologique ou la biodynamie permet de toucher une clientèle prête à payer plus cher pour des produits perçus comme plus authentiques et respectueux de l'environnement. Pour la première fois, Wine Paris 2026 a ouvert une zone dédiée aux vins et spiritueux sans alcool ou à faible teneur alcoolique, soulignant la demande croissante des consommateurs abstinents ou modérés.

Les techniques de désalcoolisation ont suffisamment progressé pour proposer des produits qualitatifs qui préservent l'identité du vin tout en répondant aux attentes des consommateurs soucieux de leur santé. L'oenotourisme représente également un complément de revenu significatif pour les domaines qui investissent dans cette voie, attirant chaque année des millions de visiteurs français et étrangers.

L'innovation marketing indispensable

L'adaptation au marketing moderne ne peut plus être différée. Étiquettes plus lisibles, communication sur les cépages en plus du terroir, présence sur les réseaux sociaux, collaborations avec des influenceurs : les codes de la communication viticole doivent évoluer. Les jeunes consommateurs ne s'intéressent pas aux mêmes arguments que leurs aînés, et les producteurs français doivent apprendre à leur parler leur langage.

Nouveaux horizons et marchés émergents

Alors que les marchés américains et chinois se referment, les exportateurs français cherchent activement de nouveaux relais de croissance. Les accords de libre-échange récemment négociés par l'Union européenne offrent des perspectives, même si leur impact à court terme restera limité.

L'accord UE-Inde : un potentiel à long terme

Le traité de libre-échange entre l'Union européenne et l'Inde, officialisé fin janvier 2026, fait baisser drastiquement les droits de douane sur les vins et spiritueux européens. Les tarifs indiens, qui atteignaient 120%, chutent immédiatement à 75%, puis diminueront progressivement sur sept ans jusqu'à 40% pour les spiritueux, 30% pour les bouteilles de vin de moins de 10 euros et 20% pour les vins haut de gamme. Ces réductions tarifaires ouvrent théoriquement l'accès à un marché de 1,4 milliard de consommateurs potentiels.

Toutefois, les professionnels restent prudents. En 2025, l'Inde n'était que le 55e pays d'exportation des vins et spiritueux français, avec seulement 16,8 millions d'euros de ventes, soit 0,12% du total des exportations. Florent Morillon, président du Bureau National Interprofessionnel du Cognac, tempère les enthousiasmes : « C'est une superbe perspective, mais sur le très long terme, au moins une décennie. » Gabriel Picard renchérit : « Dix ans, c'est même optimiste. À court terme, soyons honnêtes, ça ne va pas changer la face du marché. »

Le Mercosur et les marchés européens

L'accord avec le Mercosur sud-américain pourrait également ouvrir des opportunités, même si le Brésil et l'Argentine produisent leurs propres vins. Emmanuel Macron a cité le Canada et le Brésil comme marchés à fort potentiel lors de sa visite au salon Wine Paris. Les classes moyennes émergentes d'Amérique latine représentent un potentiel de croissance pour les produits français premium.

Le marché européen a montré une certaine résilience avec des exportations stables à 4,1 milliards d'euros en 2025. Les pays nordiques, les Pays-Bas et l'Allemagne restent des débouchés importants, notamment pour les vins bio et les productions haut de gamme. Cependant, Gabriel Picard prévient que « 2026 pourrait rester difficile sans amélioration de l'accès aux marchés ».

Conseils pratiques pour naviguer la crise

Face à cette crise sans précédent, les producteurs, exportateurs et professionnels du vin doivent adapter leurs stratégies. Des recommandations concrètes émergent pour naviguer dans ces eaux troubles et préparer l'avenir.

Diversification géographique prioritaire

La première priorité concerne la diversification géographique. Ne dépendre que des marchés américain et chinois s'est révélé une erreur stratégique majeure. Les producteurs devraient intensifier leurs efforts sur les marchés européens, qui ont montré une certaine résilience. Emmanuel Macron a souligné lors de sa visite : « L'un des points clés est d'exporter efficacement en Europe, de défendre [le vin français] à l'international quand il est attaqué par des pratiques agressives, puis d'aller conquérir de nouveaux marchés. »

La révision de l'offre produit est tout aussi cruciale. Les vins rouges bas de gamme du Sud-Ouest sont les plus touchés par la crise. Il faut envisager la conversion vers d'autres cépages, d'autres couleurs, ou d'autres productions. Les rosés de Provence continuent de bien se vendre, les blancs connaissent un regain d'intérêt, et les effervescents hors champagne séduisent une nouvelle clientèle.

Ressources et accompagnement disponibles

Pour les professionnels souhaitant approfondir ces questions, plusieurs ressources méritent d'être consultées. La FEVS publie régulièrement des analyses de marché détaillées et des guides pratiques pour les exportateurs. Les interprofessions régionales proposent des formations et des accompagnements personnalisés. Les salons professionnels restent des moments clés pour prendre le pouls du marché et nouer des contacts.

Les programmes d'aide gouvernementaux et européens peuvent soulager les trésoreries tendues. Le fonds de 130 millions d'euros pour l'arrachage des vignes n'est que la partie émergée de l'iceberg. D'autres dispositifs existent pour la reconversion, l'innovation, ou l'export. Se renseigner auprès des chambres d'agriculture et des DRAAF permet d'identifier les aides accessibles.

Conclusion

La crise que traverse le vin français est historique par son ampleur et sa durée. Les exportations au plus bas depuis 25 ans, les vignes arrachées par dizaines de milliers d'hectares, les marchés traditionnels qui se referment : le tableau est sombre. Pourtant, l'histoire du vin français est faite de cycles, de renaissances, d'adaptations successives. Ce secteur qui a survécu au phylloxéra, aux guerres mondiales et à toutes les crises économiques sait se réinventer.

Les défis sont immenses : guerres commerciales imprévisibles, évolution des modes de consommation, concurrence internationale accrue, changement climatique qui bouleverse les terroirs. Mais des opportunités existent aussi : nouveaux marchés émergents, engouement pour le bio et le nature, digitalisation de la filière, montée en gamme de certaines productions. Comme le rappelait Emmanuel Macron, le vin fait partie du « mode de vie à la française », de cet art de vivre qui fascine et attire dans le monde entier.

L'avenir du vin français se jouera sur sa capacité à équilibrer tradition et modernité, à préserver son identité tout en s'ouvrant au monde, à maintenir ses standards de qualité tout en devenant plus accessible. Cette richesse culturelle, nulle taxe douanière ne pourra jamais l'éradiquer. Le vin français traverse une tempête, mais ses racines sont profondes, et les racines profondes sont celles qui résistent le mieux aux orages.

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Marie Barbot @screen-addict

Étudiante en histoire de l'art à Aix-en-Provence, je vois des connexions partout. Entre un tableau de la Renaissance et un clip de Beyoncé. Entre un film de Kubrick et une pub pour du parfum. La culture, pour moi, c'est un tout – pas des cases séparées. J'écris pour ceux qui pensent que « l'art, c'est pas pour moi » et qui se trompent. Tout le monde peut kiffer un musée si on lui explique bien.

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