Une nouvelle plainte pour violences en garde à vue au commissariat des 5e et 6e
Un ressortissant chinois de 37 ans, sous le pseudonyme « Wen », a déposé plainte pour sévices lors d'une garde à vue au commissariat des 5e et 6e arrondissements de Paris, fin 2025 source. Il est artiste et est entré en France via un passeport talent.

Le 30 novembre 2025, Wen était en état de faiblesse : déshydraté, à jeun. Selon sa plainte relatée par Le Monde, des agents lui ont fait des pressions derrière les oreilles et des tractions sur les paupières pour déverrouiller son téléphone. Il aurait subi des insultes et des coups. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique source.
Moins d'un an plus tôt, l'affaire Mario avait déjà conduit à des condamnations
Dans la nuit du 24 au 25 juillet 2024, dans le même commissariat, un Péruvien de 42 ans sous le pseudonyme « Mario » a été placé en garde à vue. Deux policiers ont été condamnés à des peines de douze à vingt-quatre mois de prison avec sursis pour violences (fracture de l'avant-bras, gifles, coups de pied) source source.

Un officier a été condamné pour dénonciation calomnieuse. Le chef de poste a été poursuivi pour dénonciation calomnieuse et non-assistance. La salle de fouille ne disposait pas de caméras, seul le hall était filmé source.
Le 4 mai 2024, trois policiers hors service affectés à ce commissariat ont été impliqués dans une rixe devant un bar du Ve. Le 20 mars 2025, ils ont été condamnés à dix mois et huit mois de prison avec sursis source. Cette condamnation supplémentaire confirme une récurrence des faits dans ce commissariat.
Notre rédaction a aussi suivi d'autres faits divers parisiens, comme les violences périscolaires à Paris ou la menace visant Goldman Sachs à Paris.
Quel contrôle indépendant des lieux et des enquêtes policières ?
La visite du contrôleur des lieux de privation de liberté
Le commissariat des 5e et 6e arrondissements a fait l'objet d'une seconde visite du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) en octobre 2024. Cette autorité indépendante a formulé des observations et recommandations source. Le CGLPL contrôle les conditions de garde à vue.
Le partage des enquêtes entre IGPN et structures locales
Le rapport « Flagrant déni » (novembre 2025) indique que l'IGPN ne traite qu'environ 10 % des enquêtes pénales visant des policiers. Les 90 % restants sont confiés à des structures locales placées sous l'autorité des directeurs départementaux. L'ONG dénonce un conflit d'intérêts interdit par la jurisprudence de la CEDH source.

Le même rapport note une hausse de 59 % des affaires impliquant des dépositaires de l'autorité publique depuis 2016 et une chute de 25 % du taux d'élucidation. La DGPN rétorque que l'IGPN vise les affaires les plus graves et affiche un taux d'élucidation de 95 à 100 % sur trois ans source.
Vos recours concrets si vous êtes confronté à des violences policières
Deux voies officielles : plainte et Défenseur des droits
Deux voies complémentaires existent pour signaler des violences policières. Vous pouvez déposer une plainte pénale auprès de l'IGPN ou du procureur (en gendarmerie si ce sont des policiers en cause). Vous pouvez aussi saisir le Défenseur des droits, en ligne et gratuitement source.
Le signalement en ligne auprès de l'IGPN ne constitue pas une plainte. Le Défenseur des droits peut recommander, médiatiser, saisir le procureur ou demander des poursuites disciplinaires, sans suspendre les délais de justice source.
Réflexes immédiats pour conserver la preuve
Notez le matricule RIO de l'agent. Filmez, dans la limite du droit d'expression. Conservez des preuves : photos datées, vêtements. Demandez une unité médico-judiciaire (UMJ). Agissez dans les 48 heures source.