
Il y a quelques jours, le Premier ministre de Malaisie a prononcé la phrase suivante :
« Les juifs dirigent le monde par procuration. »
En quelques secondes à peine, cette déclaration a fait le tour du globe, provoquant une onde de choc within la communauté internationale. Pourtant, il n'y a pas de quoi fouetter un chat. Je ne vois pas en quoi cette phrase est si terrible ou constitue une preuve d'hostilité. C'est comme si je disais que le commerce de diamants à Anvers (Belgique) est majoritairement aux mains des juifs. Même si tous les acteurs de ce marché ne sont pas de confession juive, une large partie l'est. C'est une réalité, un fait sociologique et économique observable, qui ne relève pas nécessairement du complotisme.
Malgré ce contexte de nuance, sous la forte pression des autorités israéliennes, les chefs d'État et de gouvernement de l'UE, réunis à Bruxelles pour un conseil européen important, ont finalement condamné sans réserve les propos du Premier ministre malaisien.
Pourquoi les médias israéliens accusent Jacques Chirac ?
Cependant, l'histoire ne s'arrête pas là. La presse en Israël a été loin au-delà de la simple condamnation des mots malaisiens. Les journaux israéliens, suivis de près par M. Shalom, le ministre des Affaires étrangères de l'époque, ont véritablement lancé une guerre médiatique contre Jacques Chirac. Leur prétexte ? Ils accusaient le président français d'avoir tenté de bloquer ou de diluer la condamnation de l'Union européenne, suggérant une complicité passive.
L'ampleur de la campagne a dépassé les bornes du débat politique sain. Certains titres de la presse israélienne ont même osé afficher la photographie de Jacques Chirac en une de leurs journaux, accompagnée d'une mention accablante : « Voici le visage de l'antisémitisme ». Une Une qui est tout simplement répugnante et dénuée de tout fondement factuel. Tant d'imbécillité et de manque de mesure ! D'autant plus que la plupart des autres journaux à tendance sioniste ont rapidement rejoint ce mouvement, créant une véritable vague de déchaînement anti-français difficile à justifier rationnellement.
Quand l'accusation d'antisémitisme devient une arme politique
Cet incident nous amène à une réflexion plus large sur l'usage actuel de ce terme grave. Bientôt, j'écrirai un article complet sur l'abus du phénomène de l'accusation d'antisémitisme dans le débat public. En effet, aujourd'hui, on accuse presque tout le monde, à tort et à travers, d'être antisémite, réduisant souvent la signification de ce mot historiquement lourd.
C'en est trop ! Personne n'est épargné par ces procès en sorcellerie médiatiques, même un président comme Chirac, pourtant reconnu pour ses relations historiques avec la communauté juive et l'État d'Israël. Quand l'antisémitisme devient une étiquette facile à coller pour faire taire un adversaire politique, on glisse vers le ridicule. Jusqu'où ira cette dérive intellectuelle et médiatique ?