
Le Président Chirac est arrivé en début de matinée à l'aéroport d'Oran. L'effervescence a grandi lorsque le chef de l'État est descendu de sa Mercedes, qui l'avait conduit depuis l'aéroport.
Un accueil triomphal dans les rues d'Oran
Entre 600 000 et 800 000 personnes, massées dans les principales artères d'Oran, attendaient le président Jacques Chirac. Le 4 mars coïncidait avec le 1er Moharrem, jour de l'an hégirien, jour férié en Algérie.
Oran, deuxième ville algérienne et métropole de l'Ouest, capitale économique du pays, a été entièrement repeinte et rénovée à l'occasion de son arrivée. Les drapeaux bleu-blanc-rouge et vert-blanc-rouge ont coloré les rues, symbolisant l'amitié franco-algérienne que M. Chirac a qualifiée de « nouvelle alliance ».
Peu avant midi, le président Abdelaziz Bouteflika et Jacques Chirac ont foulé le sol de l'avenue Loubet. Les groupes folkloriques ont entonné des chants pour célébrer l'arrivée de l'invité d'honneur.

Défilé sur l'avenue Loubet et front de mer
Le long des magnifiques immeubles datant de l'époque coloniale de cette avenue, considérée comme une artère principale d'Oran, le président et son homologue algérien ont marché jusqu'au front de mer. Ils ont pu admirer la vue spectaculaire sur la mer, le port et le château Santa-Cruz, vestige de l'époque de la colonisation espagnole.
On a aussi entendu des chants comme lors des rencontres du club MCO, l'équipe de football favorite des Oranais : des « One, two, three, viva l'Algérie » auxquels on a accolé « One, two, three, viva Chirac ».
Le couple présidentiel ainsi que M. Bouteflika se sont arrêtés pour lever leurs mains ensemble dans un salut commun à la foule.
À un moment, les barrières ont cédé, provoquant une panique momentanée chez le service de sécurité rapprochée du président français, mais l'incident est resté sans gravité.

Cérémonie au front de mer
Avant de remonter dans leur limousine, le président Chirac, son épouse Bernadette ainsi que M. Bouteflika ont admiré la splendeur du front de mer, sous une météo parfaite. Ils ont observé des grappes de ballons multicolores s'élever dans le ciel, des oriflammes aux couleurs des deux pays flottant au-dessus de la magnifique rade d'Oran.
Un bateau-pompe envoyait des gerbes d'eau irisées vers le ciel, tandis que les sirènes des bateaux retentissaient.
Discours au Centre Culturel Français
Après cette visite mémorable, Jacques Chirac, Abdelaziz Bouteflika, Dominique de Villepin, Ali Benflis et Bernadette Chirac se sont rendus au CCF (Centre Culturel Français) pour prononcer des discours.
Un vieil homme se présentant comme le président des marabouts (confréries musulmanes) algériens a déclaré : « C'est notre deuxième indépendance. Avec Chirac, nous allons avoir des investisseurs français et être indépendants économiquement. »
Symbole fort de cette réconciliation, deux des acteurs emblématiques de la « Bataille d'Alger » de 1957, Yacef Saadi, l'ancien chef des « poseurs de bombes », et Zohra Drif, sont montés à la tribune pour serrer longuement la main de M. Chirac à l'issue de son discours.
Derrière le président, des jeunes, en riant, lançaient aux journalistes et au chef de l'État : « Visas ! Visas ! »
Conférence de presse et discours final
Le président a ensuite donné une conférence de presse au siège de la Wilaya.
Pour clore cette visite, le président français a prononcé un dernier discours aux étudiants algériens à l'université d'Es-Senia, déclarant : « Cet accueil a été tellement chaleureux qu'il y a eu du retard dans notre programme ! »
Jacques Chirac a ensuite quitté Oran depuis l'aéroport d'Es-Senia.