Ce 17 février 2026, la montagne a encore repris ses droits. Deux skieurs hors-piste ont perdu la vie dans une avalanche à La Grave, dans les Hautes-Alpes, tandis qu'un promeneur trouvait également la mort en Savoie, emporté par une vaste coulée. Ces tragédies surviennent en pleine période de vacances d'hiver, moment où des milliers de passionnés se pressent sur les pentes enneigées. Au-delà du choc de l'actualité, ces drames posent une question essentielle : pourquoi des skieurs parfois expérimentés prennent-ils des risques mortels en hors-piste, et comment mieux évaluer le danger avant de s'aventurer au-delà des pistes balisées ?
Le drame de La Grave : un groupe encadré surpris par la montagne
Des circonstances tragiques
Mardi 17 février 2026, en début de matinée, cinq skieurs évoluaient en hors-piste sur la commune de La Grave, dans le secteur de la Côte Fine. Ce groupe international comprenait un guide de haute montagne français qui encadrait la sortie, accompagné de quatre pratiquants venus de plusieurs pays d'Europe. Le lieu est réputé parmi les amateurs de freeride : la Meije offre des pentes sauvages et techniques qui attirent les skieurs confirmés du monde entier.
Mais ce matin-là, les conditions météorologiques étaient particulièrement défavorables. Le risque d'avalanche dans le secteur était évalué à 4 sur une échelle de 5, soit un niveau qualifié de « fort » par les services de Météo-France. Cette évaluation élevée résultait de la conjonction de deux facteurs critiques : des chutes de neige fraîche importantes et un vent violent qui avait chargé les pentes en neige soufflée. Une combinaison classique mais redoutable, propice au déclenchement de plaques à vent.
Un bilan humain lourd
L'avalanche s'est déclenchée soudainement, emportant plusieurs membres du groupe. Les secouristes du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Briançon, intervenus rapidement sur les lieux, ont découvert deux victimes en arrêt cardiorespiratoire. Malgré leurs tentatives de réanimation, ils n'ont pas pu les sauver. Les deux hommes décédés étaient des trentenaires : un ressortissant polonais né en 1987 et un Britannique d'origine polonaise résidant en Suisse, né en 1989.
Le guide français qui encadrait le groupe a été évacué par la route vers le centre hospitalier de Grenoble, son état nécessitant des soins. Deux autres skieurs, un Allemand et un Australien, sont sortis indemnes de ce drame. Le parquet de Gap a immédiatement ouvert une enquête en recherche des causes de la mort, une procédure systématique dans ce type d'accident.
Ce qui frappe dans cette tragédie, c'est que le groupe disposait d'un encadrement professionnel. La présence d'un guide de haute montagne, théoriquement formé à l'évaluation des risques, n'a pas suffi à éviter le drame. Cette réalité interpelle : même avec une expertise technique, la montagne garde une part d'imprévisible qui commande une humilité permanente.
Un contexte de risque élevé dans tout le massif
Ce même jour, une autre avalanche meurtrière s'est produite à Valloire, en Savoie. Cette fois, il ne s'agissait pas de skieurs hors-piste mais de promeneurs emportés par une « vaste plaque » qui s'est déclenchée naturellement sur les pentes est du hameau de La Rivine. La coulée, impressionnante, mesurait 1000 mètres de hauteur pour 300 mètres de large. Elle a traversé la route départementale et deux sentiers, dont l'un était déjà fermé par arrêté municipal. Un homme est décédé et deux autres personnes ont été grièvement blessées.
En Savoie, le risque d'avalanche était évalué à 5 sur 5, le niveau maximal. Une situation exceptionnelle qui avait conduit les autorités à émettre une vigilance rouge la veille, une rareté dans le domaine de la prévention avalanche. Ces événements dramatiques portent à 27 le nombre de personnes décédées dans des avalanches en France depuis le début de la saison hivernale.
Une série noire dans les Hautes-Alpes
Trois accidents mortels en quelques jours
Le drame de La Grave n'est malheureusement pas un cas isolé dans les département des Hautes-Alpes cette saison. Mercredi 5 février, deux skieurs de randonnée ont trouvé la mort dans une avalanche à Saint-Véran, le plus haut village des Alpes françaises. La coulée de grande ampleur s'était déclenchée vers 15 heures sur la face nord de la tête de Longet, qui culmine à 3146 mètres d'altitude.
Les deux victimes, un homme né en 1991 domicilié en Haute-Marne et un autre né en 1997 travaillant dans la région, faisaient partie d'un groupe de quatre randonneurs qui skiaient en hors-piste sans encadrement. Contrairement au groupe de La Grave, ces pratiquants n'étaient pas accompagnés d'un professionnel. Les deux autres skieurs du groupe ont réchappé de l'accident.
Deux jours plus tard, lundi 9 février, un nouveau drame s'est produit à Montgenèvre, toujours dans les Hautes-Alpes. Un skieur trentenaire a été victime d'une « avalanche de très grande amplitude » alors qu'il évoluait en hors-piste avec un compagnon. Ce dernier en a réchappé indemne, mais le bilan humain s'alourdissait encore.
Un bilan saisonnier déjà lourd
Ces accidents successifs portent à au moins cinq le nombre de décès liés à des avalanches dans le seul département des Hautes-Alpes depuis le début du mois de février 2026. À l'échelle des Alpes françaises, suisses et autrichiennes, plus d'une vingtaine de skieurs ont péri depuis le début de l'année dans des coulées.
La saison 2024-2025 avait déjà enregistré 126 accidents d'avalanche en France, avec 190 personnes emportées et 21 décès répartis dans 15 accidents mortels selon les données de l'ANENA (Association Nationale pour l'Étude de la Neige et des Avalanches). La saison en cours s'annonce encore plus meurtrière, avec déjà 27 morts recensés à la mi-février.
Ces statistiques rappellent une réalité implacable : le hors-piste reste une activité à risque majeur, même pour des pratiquants expérimentés. Chaque hiver, la montagne prélève son tribut, indifférente à l'expérience ou aux compétences techniques de ceux qui s'y aventurent.
Pourquoi le freeride fascine-t-il autant les jeunes skieurs ?
L'attrait des pentes sauvages
Le ski hors-piste, aussi appelé freeride ou backcountry selon les pratiques, exerce une fascination grandissante sur les amateurs de glisse. Quitter les pistes balisées pour traquer la poudreuse dans des versants vierges représente l'aboutissement de nombreuses carrières de skieurs. Cette quête de la trace parfaite dans une neige immaculée nourrit les rêves de toute une génération.
Les sites comme La Grave incarnent cet idéal. Station atypique des Hautes-Alpes, elle n'offre que très peu de pistes aménagées. Les skieurs y viennent spécifiquement pour le terrain d'aventure que constituent les pentes de la Meije. Cette philosophie attire une clientèle internationale de passionnés, prêts à parcourir des milliers de kilomètres pour goûter à cette expérience unique.
Le développement du ski de randonnée a amplifié ce mouvement. Cette pratique permet d'accéder à des secteurs encore plus reculés, loin des remontées mécaniques. Les jeunes skieurs, particulièrement dans la tranche 20-35 ans, sont de plus en plus nombreux à se lancer dans cette aventure, parfois avec une préparation insuffisante.
L'influence des réseaux sociaux
Les réseaux sociaux ont profondément transformé la manière dont les jeunes appréhendent la montagne. Instagram, TikTok et YouTube regorgent de vidéos spectaculaires montrant des riders dévalant des pentes vertigineuses dans une poudreuse immaculée. Ces images soigneusement montées, souvent filmées dans des conditions idéales par des professionnels, créent une représentation biaisée de la réalité.
Les secouristes des CRS Alpes tirent la sonnette d'alarme depuis plusieurs mois. Le commandant responsable des opérations de secours en montagne constate une hausse inquiétante des comportements à risque chez les jeunes de 20-25 ans. Des groupes entiers se lancent dans des randonnées techniques après avoir vu une vidéo virale sur TikTok, sans équipement adapté ni connaissance du terrain.
Le phénomène de mimétisme est particulièrement préoccupant. Un spot devient tendance sur les réseaux ? Des dizaines de jeunes s'y précipitent, parfois sans même vérifier les conditions météorologiques. L'exemple du lac Blanc dans le massif de Belledonne illustre cette réalité : cinq jeunes s'y sont retrouvés bloqués après avoir voulu reproduire une randonnée vue sur les réseaux sociaux, sans réaliser que les conditions hivernales rendaient l'itinéraire bien plus dangereux que la vidéo ne le laissait entendre.
Le piège, selon les professionnels de la montagne, réside dans la déconnexion entre l'image et la réalité. Une vidéo de trois minutes montrant une descente magnifique masque les heures de préparation, l'expertise accumulée sur des années de pratique, et parfois même les conditions exceptionnellement favorables du jour du tournage.
Les erreurs fatales les plus fréquentes en hors-piste
Sous-estimer le bulletin d'avalanche
La première erreur, et probablement la plus fréquente, consiste à négliger l'information officielle sur les risques. Le Bulletin d'Estimation du Risque d'Avalanche (BERA), diffusé quotidiennement par Météo-France pour chaque massif, constitue pourtant l'outil de base de toute sortie hors-piste. Ce document indique le niveau de risque sur une échelle de 1 à 5 et précise les orientations de pentes les plus exposées.
Pourtant, de nombreux pratiquants consultent ce bulletin de manière superficielle, voire l'ignorent complètement. L'erreur courante consiste à penser qu'un risque de niveau 3 sur 5, qualifié de « marqué », reste acceptable. Or c'est précisément à ce niveau que se produisent la majorité des accidents : suffisamment de skieurs s'aventurent en montagne, mais le danger reste réel.
Un risque de niveau 4, comme celui en vigueur à La Grave le jour du drame, signifie que des déclenchements naturels sont probables et que des déclenchements provoqués par le passage de skieurs sont très probables. Dans ces conditions, même un groupe encadré par un professionnel prend un risque significatif en s'aventurant sur des pentes chargées.
Partir sans équipement de sécurité
Le trio DVA-pelle-sonde forme l'équipement minimal de tout pratiquant évoluant hors des pistes. Le DVA (Détecteur de Victime d'Avalanche) permet de localiser une personne ensevelie sous la neige. La sonde sert à confirmer la position précise de la victime. La pelle permet de dégager la neige pour l'extraire. Ces trois éléments sont indissociables : un DVA sans pelle ni sonde sert à localiser un corps, pas à sauver une vie.
Pourtant, une proportion significative de pratiquants s'aventure en hors-piste sans cet équipement complet. Certains se contentent du DVA, d'autres n'ont aucun matériel. L'argument souvent avancé — « je ne fais que des pentes faciles » — ne tient pas : une avalanche peut se déclencher sur une pente de 30 degrés, ce qui reste modéré en termes de raideur.
Les sacs à dos airbags représentent une protection complémentaire intéressante mais pas suffisante. Ce dispositif, qui se gonfle en cas d'avalanche, vise à maintenir la victime en surface grâce à un effet de flottaison. S'il augmente les chances de survie, il ne garantit en aucun cas une protection totale et ne dispense pas du trio DVA-pelle-sonde.
Ignorer les pièges du terrain
La lecture du terrain constitue une compétence essentielle que seule l'expérience permet de développer. Les pièges naturels abondent en montagne : barres rocheuses, creux, combes, couloirs. Ces accidents topographiques peuvent transformer une avalanche mineure en tragédie, en retenant la neige ou en précipitant la victime dans une chute mortelle.
Une erreur fréquente consiste à skier plusieurs personnes simultanément dans une même pente. Or, le poids combiné de plusieurs skieurs augmente considérablement la probabilité de déclenchement. La règle de base veut qu'une seule personne s'expose à la fois, pendant que les autres observent depuis une zone sécurisée.
Les passages en forêt, souvent perçus comme des refuges sûrs, peuvent également piéger les imprudents. Si les arbres freinent effectivement les avalanches, ils compliquent aussi singulièrement les secours : une victime ensevelie parmi les troncs sera plus difficile à localiser et à dégager.
Comment évaluer soi-même les risques avant une sortie
Consulter les sources officielles
La préparation d'une sortie hors-piste commence bien avant le départ, souvent la veille au soir. Le site de Météo-France propose une rubrique Météo Montagne qui centralise toutes les informations essentielles : bulletin météorologique détaillé, BERA par massif, épaisseur de neige fraîche, vent et orientation des pentes concernées.
L'application mobile de Météo-France intègre également ces données avec un système de notifications Vigilance qui alerte en cas de conditions dangereuses. Pour les professionnels et pratiquants réguliers, l'application GRIMMs centralise les informations météo et les bulletins d'avalanche de plusieurs sources, offrant une vue synthétique particulièrement utile.
L'ANENA, Association Nationale pour l'Étude de la Neige et des Avalanches, complète ces ressources par des contenus pédagogiques et des archives d'accidents historiques. Consulter cette base de données permet de comprendre les mécanismes d'accidents passés et d'en tirer des leçons pour ses propres pratiques.
Observer les conditions sur le terrain
Le bulletin d'avalanche fournit une évaluation à l'échelle d'un massif, mais les conditions locales peuvent varier considérablement. Une observation attentive sur le terrain reste indispensable. Les indices révélateurs sont nombreux : traces d'avalanches récentes, neige qui « plaque » sous les skis, bruits d'effondrement dans le manteau neigeux, fissures qui se forment autour des pieds.
La météo du jour influence également la stabilité du manteau neigeux. Une journée ensoleillée qui réchauffe les pentes peut déstabiliser des couches jusqu'alors stables. À l'inverse, un refroidissement brutal peut figer la neige humide en une croche fragile. Le vent, enfin, transporte la neige et forme des plaques à vent particulièrement instables sur les versants sous le vent.
Adapter son itinéraire aux conditions
Une évaluation honnête des conditions doit conduire à adapter, voire abandonner, un projet initial. La montagne sera toujours là l'année prochaine, comme le disent les anciens guides. Un risque élevé commande de privilégier des pentes moins raides, des orientations moins exposées, voire de rester sur les pistes balisées.
L'expérience des professionnels confirme que les accidents surviennent souvent quand l'investissement personnel dans une sortie empêche de renoncer. Le skieur qui s'est levé à l'aube, a parcouru des kilomètres pour atteindre son spot et rêve de cette trace depuis des semaines aura tendance à minimiser les signaux d'alerte. Pourtant, cette rigidité mentale peut coûter la vie.
La vidéo suivante illustre la réalité des opérations de secours en montagne et l'importance de la préparation avant toute sortie hors-piste.
Que faire si l'on se retrouve pris dans une avalanche
Les premières secondes sont cruciales
Une avalanche se déroule en quelques secondes, parfois en une dizaine de secondes pour les coulées les plus rapides. Le temps de réaction est donc minimal. Dès le déclenchement, il faut tenter de fuir latéralement pour sortir du flux principal. Cette manœuvre n'est possible que si la réaction est immédiate.
Si la fuite est impossible, la priorité absolue consiste à rester en surface. Il faut « nager » dans la neige en effectuant des mouvements de brasse, pour tenter de flotter au-dessus du flux. Se débarrasser des skis et bâtons peut aider à conserver sa mobilité, mais cette action doit être rapide car le flux gagne en puissance.
Juste avant l'arrêt de la coulée, il est essentiel de créer un espace devant son visage en écartant les bras. Cette cavité, même minime, peut fournir l'oxygène nécessaire à la survie pendant les minutes qui suivent. Une fois la neige figée, tout mouvement devient extrêmement difficile.
L'organisation des secours
Si l'on est témoin d'un accident, la première règle consiste à ne pas se mettre en danger. Une avalanche peut en déclencher une autre, et les secouristes improvisés se transforment vite en victimes supplémentaires. Une observation attentive de la zone de dépôt permet de repérer les derniers endroits où les victimes ont été vus.
L'alerte doit être donnée immédiatement, en appelant le 112 (numéro d'urgence européen) ou le 04 92 22 22 22 (numéro spécifique pour les secours en montagne dans les Alpes du Sud). Il faut préciser la localisation exacte, le nombre de victimes, l'heure de l'accident et les conditions météorologiques.
Pendant ce temps, les compagnons équipés de DVA doivent commencer la recherche immédiatement. Chaque minute compte : après un quart d'heure d'ensevelissement, les chances de survie chutent drastiquement. La méthode de recherche suit un protocole précis : recherche de signal, puis affinage pour localiser le point précis, enfin sondage et fouille à la pelle.
L'importance de la formation et de l'accompagnement
Se former aux risques d'avalanche
Aucun équipement ne remplace une formation solide aux risques d'avalanche. Les stages de formation, proposés par de nombreux organismes dont l'ANENA, permettent d'acquérir les bases théoriques et pratiques de la nivologie. On y apprend à lire un manteau neigeux, à comprendre les mécanismes de déclenchement et à prendre des décisions éclairées.
La formation comprend également la manipulation du matériel de secours. Un DVA non maîtrisé peut coûter des minutes précieuses lors d'une recherche réelle. Les exercices réguliers, idéalement avant chaque saison, permettent de garder les réflexes affûtés.
Les compétences en secourisme complètent utilement cette formation. Une victime extraite d'une avalanche peut être en arrêt cardiaque ou présenter des traumatismes graves. Savoir pratiquer les gestes qui sauvent dans un environnement hostile fait la différence entre la vie et la mort.
Faire appel à des professionnels
Pour les skieurs souhaitant s'initier au hors-piste, l'accompagnement par un professionnel reste la meilleure garantie de sécurité. Les guides de haute montagne et les moniteurs de ski spécialisés connaissent le terrain, lisent les conditions au jour le jour et savent adapter leurs choix en fonction du niveau du groupe.
Il est important de comprendre que même un guide ne peut éliminer tout risque. La montagne conserve une part d'imprévisible, comme l'a tragiquement démontré l'accident de La Grave. Cependant, un professionnel saura minimiser les dangers en choisissant des itinéraires adaptés et en appliquant des protocoles de sécurité stricts.
Les premières sorties avec un guide permettent également d'observer un expert en action. On y apprend à lire le terrain, à interpréter les signaux d'alerte, à communiquer efficacement en groupe. Ces observations constitueront le socle d'une pratique autonome future, toujours plus sûre grâce à cet encadrement initial.
Conclusion
Les tragiques événements de ce 17 février 2026 dans les Hautes-Alpes et en Savoie rappellent brutalement que la montagne ne pardonne aucune imprudence. Deux skieurs hors-piste ont perdu la vie à La Grave, un promeneur a péri à Valloire, et d'autres accidents ont marqué ce début d'année dans les massifs alpins. Chaque drame laisse derrière lui des familles brisées et des communautés endeuillées.
Pourtant, ces accidents ne sont pas des fatalités. Elles résultent le plus souvent d'une combinaison de facteurs : sous-estimation des risques, préparation insuffisante, équipement incomplet, influence trompeuse des réseaux sociaux. Dans un monde où les images de freeride se multiplient sur les écrans, il est plus que jamais essentiel de rappeler que la montagne réelle n'a rien à voir avec les vidéos montées des réseaux sociaux.
La pratique du hors-piste reste accessible à tous ceux qui acceptent de s'y préparer sérieusement. Consulter quotidiennement le BERA sur le site de Météo-France, s'équiper du trio DVA-pelle-sonde, se former aux risques d'avalanche, commencer par des accompagnements professionnels : ces mesures simples sauvent des vies. La montagne offre des expériences inoubliables à ceux qui l'abordent avec humilité et respect. À ceux qui la sous-estiment, elle peut tout retirer en quelques secondes.
La mémoire de ceux qui ont disparu cette saison nous rappelle que chaque sortie mérite une préparation minutieuse. Comme le disait un ancien guide de la Meije : « La montagne est patiente, elle attend ceux qui la respectent. Ceux qui la brûlent, elle les rend à la plaine. » À méditer avant chaque trace hors-piste.