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Ali Lmrabet

Journaliste marocain, Ali Lmrabet a été condamné à trois ans de prison. En grève de la faim, son état de santé alarme. Une affaire qui interroge la liberté d'expression au Maroc.

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Condamné à quatre années de prison par le tribunal de première instance, à une amende de 20 000 DH et à l'interdiction de ses journaux, Ali Lmrabet entame son deuxième mois de grève de la faim illimitée commencée le 6 mai dernier. Le 26 mai, il est transporté à l'hôpital Avicenne de Rabat. L'information de son hospitalisation s'est répandue comme une traînée de poudre. Gardant toujours espoir, Lmrabet décide de faire appel. Parallèlement, son état de santé se dégrade et il est mis sous perfusion. Même Reporters Sans Frontières clame son inquiétude quant à l'état de santé de son correspondant au Maroc.

Mobilisation et sit-in des journalistes

Le 28 mai, un sit-in est organisé par des journalistes et des militants des droits de l'Homme devant le ministère de la Justice. L'actuel ministre de la Justice n'est autre que Bouzoubâa, l'avocat qui s'était élevé contre l'application de l'article 400 en 1992, en vertu duquel Lmrabet a été incarcéré.

Les avocats du journaliste satirique, Me Benjelloun et Me Jamaï, sont consternés. Ali Lmrabet dira lui-même lors de son procès : « C'est un procès politique, je suis condamné d'avance, je le sais. »

Verdict de la cour d'appel et recours devant la Cour suprême

Le tribunal d'appel a rendu son verdict le 17 juin dernier, réduisant la peine de quatre à trois ans de prison ferme, tout en maintenant la décision d'interdiction de publication de Demain Magazine et de Doumane ainsi que l'amende de 20 000 DH. Me Jamaï a déclaré que ce jugement n'est pas définitif et qu'il allait examiner avec son client Lmrabet un moyen de présenter le dossier devant la Cour suprême.

L'état de santé de Lmrabet reste tout aussi préoccupant. Un appel est lancé à tous les journalistes pour soutenir — de façon légale — la position d'Ali Lmrabet. Pour tous ceux qui désirent lui apporter leur soutien, une pétition internationale circule sur Internet. Pour la signer, il suffit d'écrire à l'adresse suivante : [email protected].

Liberté de la presse au Maroc : un constat alarmant

Aujourd'hui, tout est remis en cause au Maroc, et notamment les libertés individuelles. Le régime se durcit depuis les attentats du 16 mai à Casablanca. Le Maroc serait-il capable d'évoluer dans le sens du bien, de la justice et du respect du citoyen ? Ali Lmrabet s'éloigne chaque jour de la vie, se rapproche chaque jour de la mort. Sa revendication ? La liberté d'expression.

Demain est un autre jour, me direz-vous. Pour moi, il ne présage rien de bon. Notre système archaïque continue son petit bonhomme de chemin parsemé d'abus de pouvoir, d'intimidation et de corruption. Pourtant, l'article 9 de la Constitution marocaine stipule clairement que « la liberté d'opinion [et] la liberté d'expression sous toutes ses formes » sont garanties. Mais il ne faut pas oublier la réalité de notre pays.

On assiste ainsi à un retour des procès politiques au Maroc. Celui-ci va assombrir l'image du pays car vous avez face à vous un homme qui se meurt pour sa liberté et ses droits.

N.B. : [email protected]

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tita
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