Éric Ciotti s'adressant au conseil municipal de Nice.
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Airbnb Nice : comment Éric Ciotti enterre les restrictions d'Estrosi

Éric Ciotti enterre les restrictions anti-Airbnb de Christian Estrosi à Nice, assouplissant quotas, durée de location et autorisations.

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Sept mois. C’est le temps qu’il aura fallu à Éric Ciotti pour défaire ce que Christian Estrosi avait construit en un mandat. Le 19 juin 2026, le nouveau maire de Nice a fait voter au conseil municipal un assouplissement massif des règles encadrant les locations touristiques de type Airbnb. Les mesures anti-Airbnb adoptées à l’unanimité en novembre 2025 — quotas stricts, limitation à 90 jours, autorisations réduites à trois ans — sont remises en cause. La rupture est brutale entre deux visions de la ville : loger les Niçois ou respecter la propriété privée. Voici comment Ciotti enterre l’héritage d’Estrosi et ce que cela change concrètement.

Éric Ciotti s'adressant au conseil municipal de Nice.
Éric Ciotti s'adressant au conseil municipal de Nice. — (source)

De l’unanimité à la volte-face : comment Ciotti efface l’héritage Estrosi

En novembre 2025, Christian Estrosi fait voter un arsenal réglementaire inédit. Le conseil municipal approuve à l’unanimité des mesures qui visent à réduire de moitié le nombre de locations saisonnières dans les quartiers les plus tendus. L’objectif est clair : endiguer la prolifération des meublés touristiques qui, selon les chiffres de la mairie, représentent alors 6 % du parc immobilier niçois — contre 3 % à Marseille ou à Paris.

Le nouveau maire Éric Ciotti arrive en mars 2026 avec un programme opposé. Dès son premier conseil municipal important, il propose un démantèlement partiel du dispositif. La gauche locale crie au « scandale ». Les professionnels de l’immobilier soufflent. Entre les deux, les Niçois — et surtout les jeunes — assistent à un revirement politique spectaculaire.

Ce qui frappe, c’est la rapidité de l’opération. Estrosi avait mis des années à élaborer sa stratégie anti-Airbnb. Ciotti la défait en quelques semaines.

Éric Ciotti, maire de Nice, prend la parole lors d'un conseil municipal.
Éric Ciotti, maire de Nice, prend la parole lors d'un conseil municipal. — (source)

90 jours, 3 ans, 671 quotas : le tableau de chasse d’Estrosi passé à la trappe

Le dispositif Estrosi reposait sur trois piliers. Premier pilier : la limitation à 90 jours par an de la location de la résidence principale, contre 120 auparavant. Deuxième pilier : la durée des autorisations de changement d’usage — pour les logements entièrement dédiés au tourisme — ramenée de six à trois ans non renouvelable. Troisième pilier : l’instauration de quotas par quartier, avec un maximum de 671 autorisations temporaires par an réparties sur les quatre secteurs les plus touchés : Californie, Riquier, Vieux-Nice-Mont Boron et Centre-ville.

Christian Estrosi justifiait cette politique par une phrase choc, reprise par actu.fr en avril 2025 : « On préfère loger les Niçois et leurs enfants plutôt que de devenir une destination balnéaire. » À l’époque, la ville comptait 13 692 annonces Airbnb. Les offres de meublés touristiques étaient sept à dix fois supérieures aux offres de logements longue durée. La moitié de la population niçoise est locataire.

Aujourd’hui, ces trois piliers sont ébranlés. Les 90 jours repassent à 120. Les trois ans deviennent cinq. Les quotas passent de 671 à 691. Le tableau de chasse d’Estrosi est vidé de sa substance.

Une promesse de campagne tenue en 7 mois

Éric Ciotti n’a jamais caché ses intentions. Pendant sa campagne municipale, il a fait de l’assouplissement des règles Airbnb un marqueur fort. Son argument : les mesures Estrosi étaient une atteinte à la propriété privée et une usine à gaz administrative qui pénalisait les petits propriétaires sans régler la crise du logement.

Éric Ciotti s'exprimant lors d'un événement officiel, micro en main.
Éric Ciotti s'exprimant lors d'un événement officiel, micro en main. — (source)

Une fois élu maire de Nice en mars 2026, puis président de la Métropole Nice Côte d’Azur, Ciotti met son programme à exécution immédiatement. Le 19 juin, le conseil municipal adopte sa délibération. C’est son premier acte fort, le symbole de la rupture avec le macronisme local d’Estrosi.

Pour mesurer le chemin parcouru, il suffit de lire les comptes rendus des deux mandatures. Là où Estrosi parlait de « régulation nécessaire pour protéger les habitants », Ciotti évoque le « respect de la propriété privée » et le « pragmatisme ». Deux philosophies qui s’affrontent dans les rues de Nice.

Quotas Airbnb Nice : le détail des 3 mesures choc de l’assouplissement Ciotti

Concrètement, que change la délibération du 19 juin 2026 ? Trois modifications principales, qui redessinent la carte de la location touristique à Nice.

Location courte durée : le retour aux 120 jours pour les résidences principales

Premier levier actionné : la durée maximale de location de la résidence principale repasse de 90 à 120 jours. Soit quatre mois par an au lieu de trois.

La justification officielle, donnée par Ciotti en conseil municipal et rapportée par Le Monde, tient en une phrase : l’allongement procède du « respect de la propriété privée ». Dans les faits, cela redonne un mois de flexibilité aux particuliers qui arrondissent leurs fins de mois en louant leur appartement pendant les vacances.

Pour un Niçois qui part en juillet-août et pendant les vacances de Noël, les 90 jours d’Estrosi étaient souvent insuffisants. Avec 120 jours, le calcul devient plus confortable. Mais pour les associations de locataires, c’est un signal désastreux : plus de jours de location signifie moins de logements disponibles à l’année pour les habitants.

Changement d’usage : l’autorisation passe de 3 à 5 ans

Le point qui fâche le plus l’opposition. Pour les logements entièrement dédiés à la location touristique — ceux qui nécessitent un changement d’usage — la validité de l’autorisation passe de trois ans non renouvelable à cinq ans.

Ciotti justifie cette mesure par un argument administratif. Le service municipal chargé des contrôles ne dispose que de dix agents. Si les dossiers ne reviennent que tous les cinq ans, cela libère du temps pour les vérifications sur le terrain, jusqu’ici quasi inexistantes. Un argument de pragmatisme, selon lui.

Mais la gauche locale y voit un cadeau fait aux investisseurs. « On met désormais autant de meublés touristiques sur le marché qu’on crée de logements sociaux », a dénoncé Juliette Chesnel-Le-Roux, conseillère municipale de gauche, citée par Le Monde. Une critique qui résume le paradoxe niçois : plus de touristes, moins de logements pour les habitants.

Éric Ciotti répondant à la presse le 2 décembre 2021 à Paris, après l'annonce de son arrivée en tête du premier tour de la primaire du Parti Républicain.
Éric Ciotti répondant à la presse le 2 décembre 2021 à Paris, après l'annonce de son arrivée en tête du premier tour de la primaire du Parti Républicain. — Siren-Com / CC BY-SA 4.0 / (source)

La nouvelle carte des quartiers : +20 % dans le Vieux-Nice, -11 % au Port

Le système de quotas par quartier est assoupli mais pas supprimé. Le nombre total d’autorisations temporaires passe de 671 à 691. Une hausse modeste, mais la répartition change du tout au tout.

Selon les chiffres rapportés par Yahoo Finance et Nice-Matin, le Vieux-Nice et l’Ouest de la ville voient leur quota augmenter de 20 %. Le centre-ville gagne 8 % de places supplémentaires. En revanche, le Port et le Mont-Boron subissent une baisse de 11 %.

Ce jeu à somme nulle politique redistribue la pression touristique. Le Vieux-Nice, déjà saturé de boutiques de souvenirs et de restaurants pour touristes, va accueillir encore plus de meublés. Le Port, quartier plus résidentiel, respire un peu. Mais pour les habitants du Vieux-Nice, la mesure est vécue comme une déclaration de guerre : leur quartier devient un parc d’attractions.

Le couteau sous la gorge : pourquoi Ciotti n’avait pas vraiment le choix

Après le « quoi », le « pourquoi ». Si Ciotti assouplit les règles, ce n’est pas seulement par idéologie. C’est aussi parce qu’il y est contraint par la justice.

La suspension du tribunal administratif de Nice en janvier 2026

Le 29 janvier 2026, le tribunal administratif de Nice suspend partiellement le règlement métropolitain adopté sous Estrosi. Le motif : le mode de calcul des quotas était jugé inadapté car il excluait les résidences secondaires. Or, dans une ville comme Nice, où de nombreux logements sont des résidences secondaires, cette exclusion faussait complètement l’évaluation.

Les syndicats de propriétaires — SPLM et UPLT — avaient attaqué le règlement. Ils ont obtenu gain de cause. Depuis janvier 2026, les dépôts de dossiers pour les autorisations temporaires sont gelés jusqu'au 31 août 2026. Un vide juridique que Ciotti doit absolument combler.

Le nouveau maire se retrouve dans une position inconfortable. S’il ne fait rien, le règlement d’Estrosi reste suspendu et la ville perd tout contrôle sur les meublés touristiques. S’il négocie un assouplissement, il peut sauver une partie du dispositif.

L’accord négocié pour solder les contentieux

C’est exactement ce que fait Ciotti. En assouplissant les règles, il désarme les recours en justice des professionnels. Il troque une régulation stricte mais illégale contre une régulation plus souple mais juridiquement solide.

Le calcul est simple : mieux vaut garder un certain contrôle que de perdre toute capacité à limiter les meublés touristiques. Ciotti le vend comme du pragmatisme. Ses opposants y voient une capitulation devant les intérêts privés.

Éric Ciotti de profil, s'exprimant dans un cadre intérieur avec mobilier en bois.
Éric Ciotti de profil, s'exprimant dans un cadre intérieur avec mobilier en bois. — (source)

L’accord prévoit que les nouvelles règles s’appliquent à partir du 1er septembre 2026. En attendant, le moratoire court jusqu’à fin août. Les propriétaires qui avaient déposé des dossiers avant la suspension peuvent les retirer ou les adapter aux nouvelles conditions.

Ce qui devait être le grand soir de la régulation Airbnb à Nice se transforme en retraite organisée. Le couteau sous la gorge, Ciotti choisit la sortie de crise plutôt que l’affrontement judiciaire.

Taxe de séjour à Nice : les 10,6 millions d’euros qui pèsent sur la décision

Qui paie, qui bénéficie ? L’angle économique éclaire la décision de Ciotti d’un jour différent. Nice empoche 25 millions d’euros de taxe de séjour par an. Sur cette somme, 10,6 millions proviennent directement des locations meublées touristiques — Airbnb, Abritel, Booking.

C’est une manne financière considérable pour une ville de 340 000 habitants. Et c’est un conflit d’intérêts structurel : serrer la vis sur les meublés, c’est se priver de recettes fiscales.

Propriétaires « vaches à lait » du macronisme selon Ciotti

En conseil municipal, Éric Ciotti a lâché une phrase qui résume sa philosophie. Selon Le Monde, il a estimé que « le macronisme avait fait des propriétaires ses vaches à lait ». Une attaque directe contre la politique fiscale du gouvernement précédent, qu’il accuse d’avoir taxé les propriétaires sans contrepartie.

Derrière la formule choc se cache un calcul économique. Les propriétaires niçois qui louent leur bien sur Airbnb génèrent 10,6 millions d’euros de taxe de séjour par an. Si la ville les étrangle avec des quotas trop stricts, elle perd cette recette. Et dans une période de restrictions budgétaires pour les collectivités locales, c’est un risque que Ciotti n’est pas prêt à prendre.

Taxe de séjour vs pénurie de logements : le calcul politique

Le vrai trade-off est là. D’un côté, 25 millions d’euros de taxe de séjour qui financent les équipements publics, les transports, la culture. De l’autre, une pression immobilière qui rend le logement inaccessible pour les jeunes actifs et les étudiants.

Ciotti parie que les Niçois préfèrent une ville animée et des finances saines plutôt que des logements en quantité. Un pari risqué quand la tension locative atteint 7,5 demandes pour une offre. À ce niveau, chaque logement retiré du marché locatif classique aggrave la crise.

La gauche locale ne s’y trompe pas. « L’extrême droite dit défendre les Niçois en remplaçant les habitants par des porteurs de valises à roulettes », a lancé Juliette Chesnel-Le-Roux. Une formule qui résume le dilemme : tourisme ou logement, il faut choisir.

Crise du logement à Nice : ce que le revirement Ciotti change pour les étudiants

C’est le cœur du sujet pour les 18-25 ans. Nice est une ville étudiante avec 40 000 étudiants. Mais se loger y est devenu un parcours du combattant.

Les chiffres de Nice Premium donnent le vertige. Le loyer moyen d’un studio à Nice atteint 675 euros, contre 558 euros à Marseille. La tension locative — le ratio entre le nombre de demandes et le nombre d’offres — est passée de 3,08 à 7,5 en un an. Un étudiant sur trois cherchant un logement en PACA le cherche à Nice. 65 % des étudiants demandent un T1.

Dans ce contexte, l’assouplissement des règles Airbnb est une mauvaise nouvelle pour les jeunes locataires. Chaque studio transformé en meublé touristique est un logement de moins pour un étudiant.

Location mixte : la solution miracle ou le cache-misère pour se loger ?

Face à la pénurie, la mairie de Nice vante la « location mixte » : un logement loué trois mois en meublé touristique l’été, puis neuf mois en location nue à l’année pour un étudiant. Le dispositif, maintenu par Ciotti, est présenté comme une innovation sociale.

Dans les faits, la location mixte existe déjà de manière informelle. De nombreux propriétaires louent leur appartement aux touristes pendant l’été et aux étudiants pendant l’année universitaire. La nouveauté, c’est que la mairie l’encadre et l’encourage.

Les associations étudiantes sont sceptiques. Pour elles, la location mixte est une légalisation de la précarité. Un étudiant qui signe un bail de neuf mois ne sait pas s’il pourra rester l’année suivante. Le propriétaire peut reprendre le logement chaque été pour le louer plus cher aux touristes. C’est l’instabilité permanente.

Benjamin Mondou, de Century 21, cité par Nice Premium, confirme que la location mixte répond à une demande réelle. Mais il reconnaît que ce n’est pas une solution structurelle à la pénurie de logements.

Un étudiant sur trois cherche à Nice : le chiffre qui inquiète

Maxime a 22 ans. Il est étudiant en Master à Nice. Son témoignage, rapporté par Nice Premium, est éloquent : « C’est compliqué de trouver un logement. » Il a cherché pendant deux mois avant de dénicher un studio à 680 euros par mois, dans un quartier excentré.

Le ratio demande/offre de 7,5 signifie que pour chaque logement disponible, 7,5 personnes postulent. Dans les petites surfaces — les T1, très demandés par les étudiants — le ratio est encore plus élevé. Les propriétaires peuvent choisir leurs locataires et fixer des loyers élevés.

L’assouplissement des quotas Airbnb risque d’aggraver la situation. Avec 20 % de meublés supplémentaires dans le Vieux-Nice et le centre-ville, ce sont des dizaines de studios qui échappent au marché locatif classique. Pour les étudiants, la chasse au logement devient encore plus féroce.

Louer son appart sur Airbnb pour payer son loyer : l’autre facette du débat

Le débat ne se résume pas à « jeunes contre Airbnb ». Il existe une frange de jeunes propriétaires pour qui la location courte durée est vitale.

Un étudiant qui a hérité d’un petit appartement ou qui l’a acheté avec ses parents peut le louer sur Airbnb pendant les périodes de vacances pour payer ses études ou son propre loyer. Les 120 jours autorisés par Ciotti offrent une flexibilité appréciable.

Pour ces jeunes propriétaires, la régulation d’Estrosi était une entrave. Elle les empêchait de tirer un revenu complémentaire de leur bien. L’assouplissement de Ciotti est une bouffée d’air.

Le conflit n’est donc pas entre les jeunes et Airbnb. Il oppose jeunes locataires et jeunes propriétaires. Les premiers veulent des logements abordables. Les seconds veulent rentabiliser leur investissement. Les deux sont légitimes, mais leurs intérêts divergent.

« Scandale » contre « pragmatisme » : le match politique qui divise Nice

La décision de Ciotti a déclenché une tempête politique. D’un côté, la gauche locale et les associations de locataires dénoncent un retour en arrière. De l’autre, les professionnels de l’immobilier saluent le retour du bon sens.

La gauche dénonce un « scandale » et prédit une explosion des loyers

Juliette Chesnel-Le-Roux, conseillère municipale de gauche, a qualifié la délibération de « scandale ». Selon Le Monde, elle a estimé que la ville « met désormais autant de meublés touristiques sur le marché qu’elle crée de logements sociaux ».

Les arguments de l’opposition sont rodés. L’assouplissement des règles va favoriser la spéculation immobilière. Les investisseurs vont acheter des logements pour les transformer en meublés touristiques, ce qui fera monter les prix. Les loyers vont exploser, chassant les classes moyennes et les jeunes du centre-ville.

La gauche prédit une aggravation de la crise sociale. Nice deviendrait une ville musée, réservée aux touristes et aux riches retraités. Les habitants — et surtout les jeunes — seraient relégués en périphérie.

Les professionnels de l’immobilier soufflent (enfin)

En face, les syndicats de propriétaires — SPLM, UPLT — et les agents immobiliers comme Benjamin Mondou (Century 21) voient dans l'assouplissement un retour à la raison.

Pour eux, les quotas d’Estrosi étaient une usine à gaz. Le système de « premier arrivé, premier servi » pour les autorisations était opaque. Les délais de traitement étaient interminables. Les propriétaires se tournaient vers la location clandestine, échappant à tout contrôle.

L’assouplissement de Ciotti simplifie les règles et réduit les contentieux. Les propriétaires savent désormais à quoi s’en tenir. Les agents immobiliers peuvent conseiller leurs clients en toute transparence.

Les chiffres de l’Urssaf sur la fraude aux meublés touristiques montrent que le problème est réel. Plus la régulation est complexe, plus les contournements sont nombreux. Une régulation simple et claire a plus de chances d’être respectée.

Nice, laboratoire national de la régulation Airbnb ?

Le revirement niçois dépasse les frontières de la ville. Il intervient dans un contexte national où la régulation des meublés touristiques est en plein débat.

La loi Le Meur et le débat à l’Assemblée : Nice donne-t-elle le la ?

En novembre 2024, la loi Le Meur a réduit les avantages fiscaux du meublé de tourisme. L’objectif était d’aligner la fiscalité des locations courte durée sur celle des locations nues, pour décourager la transformation de logements en Airbnb.

Nice fait le chemin inverse. Là où le législateur national serre la vis, la ville de Ciotti desserre le boulon. Ce paradoxe pose question : assiste-t-on à un backlash des mesures pro-locataires prises depuis 2024 ?

Pour les défenseurs de la régulation, Nice donne un mauvais signal. Si une ville touristique comme Nice assouplit ses règles, d’autres pourraient suivre. Le mouvement national vers plus de régulation serait freiné.

Pour les libéraux, au contraire, Nice montre la voie du pragmatisme. La régulation excessive tue la poule aux œufs d’or du tourisme. Mieux vaut des règles souples mais respectées que des règles strictes mais contournées.

Une mesure temporaire… en attendant le verdict du Conseil d’État

L’assouplissement voté par Ciotti n’est pas définitif. Il est valable jusqu’au 31 décembre 2026. Passé cette date, tout peut changer.

Pourquoi cette date butoir ? Parce que le feuilleton judiciaire n’est pas terminé. Le tribunal administratif de Nice a suspendu le règlement d’Estrosi en janvier 2026. Mais un recours est pendant devant le Conseil d’État. Si la plus haute juridiction administrative valide une version dure des quotas, Ciotti pourra revenir en force.

En attendant, la mesure temporaire permet de sortir de l’impasse. Les propriétaires peuvent déposer leurs dossiers. La ville perçoit la taxe de séjour. Les contentieux sont gelés. C’est une trêve, pas une paix définitive.

Le prochain round est attendu pour le 31 décembre 2026. D’ici là, le Conseil d’État aura tranché. Et les Niçois sauront si leur ville reste un laboratoire de la régulation ou si elle devient le symbole du retour en arrière.

Conclusion : le dilemme niçois reste entier entre tourisme et logement

Au terme de ce tour d’horizon, une évidence s’impose : l’assouplissement Ciotti ne règle pas la crise du logement à Nice. Il déplace le curseur politique, mais le dilemme fondamental demeure.

D’un côté, la liberté des propriétaires de louer leur bien comme ils l’entendent. De l’autre, le droit des habitants à se loger à un prix abordable. Entre les deux, une ville touristique qui doit choisir son modèle.

Pour les jeunes Niçois, le dilemme est personnel. Êtes-vous propriétaire ou locataire ? Si vous avez la chance d’avoir un bien, l’assouplissement est une bonne nouvelle. Vous pourrez le louer plus longtemps, plus facilement. Si vous cherchez un logement, l’assouplissement est une menace. Les studios vont se raréfier, les loyers vont monter.

Nice devient un cas d’école national. La ville montre que la régulation des plateformes comme Airbnb n’est pas une science exacte. Entre la volonté politique, les contraintes juridiques et les intérêts économiques, l’équilibre est instable.

Le 31 décembre 2026, le prochain round aura lieu. D’ici là, les Niçois — et surtout les 18-25 ans — devront vivre avec ce dilemme. Louer ou se loger, il faudra choisir.

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Questions fréquentes

Quels sont les nouveaux quotas Airbnb à Nice ?

Le nombre total d'autorisations temporaires passe de 671 à 691 par an. La répartition change : le Vieux-Nice gagne 20% de places, tandis que le Port et le Mont-Boron subissent une baisse de 11%.

Pourquoi Ciotti assouplit-il les règles Airbnb ?

Ciotti est contraint par la justice : le tribunal administratif de Nice a suspendu le règlement d'Estrosi en janvier 2026, créant un vide juridique. En assouplissant les règles, il désarme les recours des propriétaires et sauve une partie du dispositif.

Combien de jours pour louer sa résidence principale à Nice ?

La durée maximale de location de la résidence principale repasse de 90 à 120 jours par an. Cette mesure, justifiée par le « respect de la propriété privée », offre un mois de flexibilité supplémentaire aux particuliers.

Quel impact pour les étudiants à Nice ?

L'assouplissement aggrave la pénurie de logements pour les 40 000 étudiants niçois. Avec une tension locative de 7,5 demandes pour une offre, chaque studio transformé en meublé touristique réduit les chances de se loger pour les jeunes.

Quelle est la taxe de séjour générée par Airbnb à Nice ?

Nice empoche 25 millions d'euros de taxe de séjour par an, dont 10,6 millions proviennent directement des locations meublées touristiques. Cette manne financière pèse sur la décision de Ciotti d'assouplir les règles.

Sources

  1. actu.fr · actu.fr
  2. Du changement pour les Airbnb à Nice, les règles bientôt assouplies ? · fr.finance.yahoo.com
  3. france3-regions.franceinfo.fr · france3-regions.franceinfo.fr
  4. immover.fr · immover.fr
  5. Airbnb : à Nice, comment Éric Ciotti va revenir sur les restrictions votées sous le mandat de Christian Estrosi · lefigaro.fr
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Inès Colbot @campus-echo

Étudiante en sociologie à Toulouse, je m'intéresse à tout ce qui agite ma génération : précarité étudiante, santé mentale, engagement, façons de vivre. J'anime un petit podcast sur la vie de campus le week-end.

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